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Tract publié dans Révolution
Socialiste n°9-10 (juin 2003)
Depuis des mois dans l’enseignement
public contre la destruction des postes et des statuts nationaux, contre la
décentralisation, et avec une force incontestable depuis le 13 mai, les
travailleurs de la fonction publique, comme des milliers de salariés des
entreprises privées, ont massivement manifesté et fait grève pour imposer le
retrait du plan Chirac-Raffarin-Fillon contre les retraites. Dans nombre
d’endroits, ils ont poursuivi la grève.
Tous ceux qui expliquent que « la mobilisation n’est pas assez forte »… qu’il faut « s’inscrire dans la durée »… tous ceux-là ont permis au gouvernement de maintenir son calendrier : le 28 mai, le conseil des ministres a adopté le texte gouvernemental cosigné par la CFDT, la CGC et le MEDEF ; ce 10 juin, le plan contre les retraites arrive à l’Assemblée nationale à majorité UMP.
Depuis le 13 mai, les journées de grève de 24 heures se sont succédées, les débrayages, les grèves « reconductibles » émiettées par secteur. Chaque travailleur, chaque secteur, chaque établissement est invité à décider seul. A la veille de chaque « temps fort », les dirigeants syndicaux déclarent que la journée sera décisive. Le soir même, ils se félicitent de l’ampleur des défilés et… donnent rendez-vous à la prochaine.
Il faut donc maintenir la pression, continuer l’action
et faire du mardi 10 juin un nouveau grand rendez-vous de grèves et de
manifestations. (Aschieri, secrétaire général
de la FSU, 5 juin)
Pour arracher le retrait du plan Chirac-Fillon, le prolétariat tout entier doit faire sentir sa force, parce qu’il s’agit d’affronter et de vaincre le gouvernement.
Dirigeants de la CGT, de FO, de la FSU, de l’UNSA,
votre responsabilité est totale : pour arracher le retrait du plan
Chirac-Fillon, appelez maintenant à la grève générale, appelez à une
gigantesque manifestation à l’Assemblée nationale !
Les dirigeants des syndicats et leurs relais opposent doctement aux assemblées, aux travailleurs qui les exhortent à appeler clairement tout le prolétariat à cesser le travail que « la grève générale ne se décrète pas » : mais les « journées d’action », les « temps forts », ça ne les gêne pas de les décréter d’en haut ? ça ne les ennuie pas « d’appuyer sur un bouton » pour 24 heures ?
Comment croire qu’ils « construisent la grève générale », tandis que FO et l’UNSA n’ont pas appelé à la grève à la RATP ; que le secrétaire général de la CGT-cheminots explique que les conducteurs et contrôleurs vont s’arrêter « pour mieux rebondir le 10 juin » ; que les fédérations syndicales de l’enseignement public n’ont pas appelé tous les personnels à la grève générale alors que le mouvement de protestation dure depuis des mois, que des catégories (MI-SE, AE), des départements se sont battus seuls ? Blondel a déclaré qu’il ne lancerait pas le mot d’ordre de grève générale, « de nature politique, voire insurrectionnelle » (Le Monde, 28 mai). Le Duigou, chargé des retraites à la CGT, « insiste sur la continuité du mouvement. Ce qui ne se confond pas avec la permanence de la grève partout » (Le Monde, 5 juin).
L’attaque contre les retraites est nationale ; c’est une attaque contre tout le prolétariat, avec les travailleurs du public en première ligne : imposer la grève générale constitue la seule réponse efficace.
Si les dirigeants des centrales syndicales n’en veulent pas, c’est qu’ils protègent le gouvernement :
Nous n’avons pas un objectif politique, celui de battre le gouvernement (Le Duigou, CGT, Le Monde, 5 juin).
Mais comment obtenir le retrait du plan Chirac-Fillon sans battre le gouvernement ? Faudrait-il s’en remettre à la comédie des amendements PS et PCF au texte gouvernemental, précédant l’adoption par la majorité UMP des mesures contre les retraites ?
Retrait du plan Chirac-Fillon, ni amendable, ni
négociable !
Satisfaction des revendications ouvrières : 37,5 annuités pour tous,
retraite à taux plein à 60 ans, défense des droits et acquis
statutaires !
Le combat pour que la grève générale déferle est indissociable du combat pour le front unique des organisations ouvrières contre le gouvernement et sa politique. Cette unité de lutte pour les véritables revendications ouvrières, et pas pour « une bonne réforme », les bureaucraties qui accaparent les syndicats n’en veulent pas ; il faut la leur imposer.
Pour faire valoir cette orientation qui seule peut conduire à la victoire contre ce gouvernement ultra réactionnaire, l’heure est à l’organisation des comités de grèves avec des délégués élus et révocables.
9 juin 2003
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Groupe Bolchevik |
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