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Révolution Socialiste n°9-10 (juin 2003)

 

2 millions de travailleurs ont manifesté le 13 mai
 pour le retrait du projet Chirac-Fillon contre les retraites

Dirigeants de la CGT, de FO, de la FSU, de l’UNSA, assez de manœuvres dilatoires : appelez maintenant à la grève générale
pour battre le gouvernement

 


Le prolétariat a exprimé dans la rue le 13 mai son rejet massif du plan contre les retraites. De gigantesques cortèges dans toutes les villes de France ont exigé son retrait. Plus nombreux encore ont été les grévistes, dans la fonction  publique et dans les entreprises.

Les dizaines de milliers de personnels de l’Enseignement public qui cherchent aussi à défaire les attaques du gouvernement dans ce secteur (casse des statuts, licenciements, baisse des recrutements), la poursuite de la grève dans la foulée du 13 à la RATP, à la SNCF, dans les hôpitaux de plusieurs villes : tout démontre que le prolétariat est prêt à affronter le gouvernement Chirac-Raffarin, à lui infliger une défaite politique en le contraignant à remballer la « réforme » des retraites.

Tout démontre que les travailleurs sont prêts à dégainer l’arme de la grève générale pour gagner contre le gouvernement.

 


Raffarin : « Ce n’est pas la rue qui gouverne »

 


Mais au soir de la démonstration de force du prolétariat de ce 13 mai, les dirigeants des syndicats ouvriers, CGT et FO, n’ont pas appelé à la grève générale. Ils ont déclaré tout au contraire que ce gouvernement ultra réactionnaire pouvait bien continuer à gouverner :

La rue ne prétend pas exercer le pouvoir mais elle fait partie des éléments de la démocratie que le gouvernement doit prendre en compte. (B. Thibault, L’Humanité, 14 mai)

Le but est de dire à Raffarin que s’il veut être le représentant démocratique de la population, il faut tenir compte de l’opinion des gens. (M. Blondel, L’Humanité, 14 mai)

Ils ont permis au gouvernement de souffler, de garder des marges de manœuvres contre le prolétariat.

Dès le lendemain, Fillon a obtenu la participation des confédérations syndicales à une « négociation » en précisant : « on est là pour améliorer le texte » (Le Monde, 16 mai 2003), autrement dit, « on maintient la réforme, vous amendez à la marge ».

Le 15 mai, le gouvernement a fait annoncer par Chérèque que la CFDT et la CGC se ralliaient officiellement au projet contre les retraites. Beaucoup de travailleurs n’ont pas été surpris, ils connaissent les positions pro-patronales que la CFDT et la CGC, par nature, ont coutume de prendre. Mais ces signatures servent d’argument au gouvernement pour marteler que la « réforme » est sur les rails, qu’elle va passer.

Les travailleurs ne veulent pas du plan Chirac-Fillon ; ils comprennent qu’il faut lui opposer la grève générale.

 


Assez de division, de « journées d’action » !

 


Cependant ils constatent que les dirigeants des syndicats refusent cette possibilité. Une fois encore, contre la réalisation de la grève générale, ils morcèlent la riposte :

Le 14 mai, l’intersyndicale de l’enseignement (FSU, UNSA, CGT, FO, FAEN, SGEN-CFDT) « a confirmé son appel à poursuivre, étendre et reconduire les grèves au niveau local » (Le Monde, 16 mai 2003).

Assez de grèves au pluriel (reconductibles, tournantes, disloquées, locales, catégorielles) !

C’est parce que les directions de la CGT et de FO les ont laissé seuls, sans aucun soutien effectif à la continuation de la grève qu’ils avaient poursuivie par volonté de leurs assemblées générales, que les cheminots et les conducteurs de la RATP ont repris le travail vendredi.

Alors que 2 millions de travailleurs du public et du privé ont manifesté côte à côte mardi dernier, les directions syndicales appellent les seuls salariés de la Fonction publique à une « journée d’action » le 19 mai. Et les cheminots, les traminots, les conducteurs de la RATP et des transports urbains du pays sont conviés en fait à … rester au boulot jusqu’au 3 juin, date à laquelle la direction de la CGT convoquerait un nouveau « temps fort ».

Alors que 2 millions de travailleurs du public et du privé ont manifesté côte à côte mardi dernier, les dirigeants de la CGT, avec l’accord de ceux de la FSU et de l’UNSA, rejoints par les dirigeants de FO, organisent une « journée d’action » le 25 mai. Un dimanche, « pour permettre à un grand nombre de salariés du privé de rejoindre la manifestation » (M. Dumas, du bureau confédéral de la CGT). En clair, ils se prononcent pour que les travailleurs ne fassent pas grève.

Cette politique des sommets syndicaux désarme le prolétariat et laisse les mains libres au gouvernement.

 


Combattre pour le retrait du plan Fillon

 


La défense des revendications ouvrières exige le retrait du plan Fillon : 37,5 annuités pour tous ! Abrogation des mesures Balladur ! Droit à la retraite pleine à 60 ans ! Défense de tous les droits acquis et statutaires ! Remboursement aux caisses de retraite du pillage patronal baptisé « exonérations de charges » ! Augmentation des cotisations patronales !

Pour arracher cette victoire, la mobilisation politique du prolétariat est nécessaire : elle seule peut imposer la réalisation de la grève générale, le Front unique ouvrier contre la politique du gouvernement, contre le gouvernement Chirac-Raffarin, contre sa prétention à présenter en juin sa réforme à l’Assemblée nationale.

Organisons-nous pour disposer d’assemblées générales démocratiques et de délégués élus, pour élire en assemblées générales nos comités de grève révocables à tout moment, pour les centraliser.

19 mai 2003


Groupe Bolchevik
pour la construction
du Parti ouvrier révolutionnaire,
de l’Internationale ouvrière révolutionnaire