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Tract publié dans Révolution Socialiste n°11-12(novembre 2003)

 

Halte à la répression des travailleurs de Bolivie !

À bas le gouvernement assassin de Sánchez de Lozada et le régime militarisé de la Bolivie ! Vive la révolution bolivienne !


Le 20 septembre, les troupes boliviennes ont tué 6 personnes dans la ville de Warisata. Le 12 octobre, le gouvernement de Sánchez de Lozada (dit « Goni ») a ordonné une répression brutale à La Alto, ville proche de La Paz, causant 30 morts. Le 14 octobre, 16 soldats ont été exécutés par leurs officiers pour avoir refusé de réprimer les travailleurs et les paysans... Soit au total au moins 400 blessés et 86 morts.

La protestation contre l’exportation du gaz naturel vers les Etats-Unis par le port chilien de Potillos a débuté à la mi-septembre. En outre, de nombreux paysans ont bloqué les routes en exigeant le droit de cultiver la coca et le respect des concessions antérieures du gouvernement. Déjà, en février, au cri de « Nous voulons des fusils et des mitraillettes, la Bolivie ne se tait pas ! », la Bolivie avait connu un soulèvement des travailleurs salariés contre les baisses de salaires et des paysans pour l’accès à la terre et à l'eau.

Contre le bradage des richesses gazières aux monopoles impérialistes, contre le gouvernement et le régime militarisé

 

Le gouvernement veut livrer l'extraction et la vente du gaz naturel bolivien à British Gaz, à British Petroleum et à Repsol-YPF. Ce consortium impérialiste empocherait un profit annuel de 1 300 millions de dollars par an, ne cédant comme redevance à l’État bolivien que 70 millions de dollars.

Les travailleurs appauvris et spoliés des villes et des campagnes se sont soulevés aux crix de : « Le gaz est à nous, pas aux gringos ! », «Mort à Sanchez de Lozada ! », « Guerre civile, guerre civile ! ». Le prolétariat et les paysans se défendent contre la rapine des groupes impérialistes et contre leurs laquais, la bourgeoisie bolivienne et la caste des officiers formée aux Etats-Unis.

Malgré la répression, les mineurs et les travailleurs de toutes les branches, les paysans pauvres et la jeunesse ont approfondi leur lutte anti-impérialiste et révolutionnaire, ce qui a ébranlé le gouvernement et le régime. Bien que le gouvernement ait reculé sur son projet de livraison du gaz, les cortèges continuent à converger vers la capitale La Paz, pour exiger la démission de Goni et de tout son gouvernement, responsable des massacres.

Nos sœurs et nos frères de Bolivie ont démontré leur capacité à la lutte, en mettant sur pied des assemblées de travailleurs et de paysans, des comités de grève, des milices armées, en affrontant l’armée de guerre civile.

L’intensification de la mobilisation des masses boliviennes a débordé les directions syndicales ouvrières (la COB) et paysannes (le SUTCB). Les masses insurgées ont unifié la lutte malgré la politique de division de ces directions, les obligeant à former une Direction Nationale Unique des mobilisations qui a appelé à la « grève générale illimitée » et au blocage des routes, qui exige le départ du  gouvernement de Goni.

Mais la Direction Nationale Unique, entre les mains des bureaucraties syndicales, n’ouvre pas d’issue à la lutte des masses, en refusant de postuler au pouvoir, en essayant de disperser les luttes ville par ville, en opposant les revendications les unes aux autres. Evo Morales, le dirigeant paysan du MAS,  et les staliniens du PCB proposent de sauver le régime par « des élections constitutionnelles ». Tous ces appareils syndicaux et politiques font partie du Forum Social Mondial. Cette internationale contre-révolutionnaire, en Bolivie comme au Venezuela, en Équateur, en Argentine, au Brésil, etc. fourvoie les travailleurs dans l’utopie de l’aménagement du système impérialiste, dans l’impasse de la collaboration de classe et des accords avec les gouvernements compradores de tout poil.

Pour l'armement et l'auto-organisation des travailleurs et des paysans en lutte

 

Seule l'organisation des travailleurs des villes et des campagnes dans un Congrès National pourra ouvrir une issue révolutionnaire à la crise actuelle. Composé de délégués de base révocables, élus par les milices et les organismes d'auto-organisation, le Congrès national ouvrier et paysan pourrait appeler les soldats à éliminer la caste des officiers assassins, à liquider l’armée bourgeoise, à mettre les armes au service des masses en lutte. Il pourrait imposer un gouvernement ouvrier et paysan.

Seul un tel gouvernement pourra rompre avec l’emprise impérialiste; nationaliser sans indemnité les banques et les groupes capitalistes (comme le français Suez), exproprier les grandes propriétés foncières, donner la terre et l’eau aux paysans, garantir des crédits bon marché pour les petits producteurs des campagnes et des villes ; partager le travail en assurant la dignité des mineurs et de tous les travailleurs boliviens; combattre la pauvreté avec un plan de travaux publics, mettre au service de la majorité des Boliviens les énormes ressources naturelles, garantir à tous le droit au travail, à l’alimentation, à la santé et à l'éducation.

Seul un parti révolutionnaire, membre d’une internationale révolutionnaire, combattant pour diriger cette lutte pourra assurer la victoire aux travailleurs et aux masses boliviennes. Un tel parti reprendra les « Thèses de Pulacayo » adoptées par les mineurs boliviens en 1946, un programme pour la révolution socialiste en Bolivie, ouvrant le chemin à la Fédération des Républiques Socialistes d'Amérique latine.

ü   Assez de répression ! À bas le gouvernement assassin de Sanchez de Lozada et son régime militarisé ! Gouvernement de la Direction Nationale Unique !

ü   Pour un Congrès National de travailleurs et paysans en lutte, composé de délégués mandatés et révocables, basé sur leurs organismes d'auto-organisation, sur les milices ouvrières et paysannes !

ü  Pour un gouvernement ouvrier et paysan qui rompe avec l'impérialisme et le FMI !

Pour la solidarité ouvrière internationale

 

Aujourd'hui même, en France, dans toute l'Europe, dans le monde entier, les travailleurs doivent soutenir la révolution bolivienne, leurs sœurs et frères qui affrontent le pillage impérialiste européen et américain, qui luttent contre le gouvernement compradore de Sánchez de Lozada.

Les travailleurs doivent exiger de leurs organisations politiques et syndicales qu'elles appellent à la mobilisation internationaliste, en organisant des manifestations à l'ambassade de Bolivie, pour exiger l’arrêt de la répression, la destitution du gouvernement assassin et la destruction du régime militarisé, pour appuyer un gouvernement ouvrier et paysan en Bolivie qui mette un terme à la soumission à l'impérialisme et aux souffrances des masses.

17 octobre 2003

Groupe Bolchevik
 pour la construction du Parti Ouvrier Révolutionnaire, de l’Internationale Ouvrière Révolutionnaire (France)

Lisez la déclaration internationale commune du 12 octobre sur la situation révolutionnaire en Bolivie du CWG (Nouvelle Zélande), de la FT-VP (Brésil), du GB (France), du GG (État espagnol), du GOI-CI (Chili), de LM (Pérou) et de la LOI-CI (Argentine) : en castillan : germinal_1917@yahoo.es ou en français : groupe_bolchevik@yahoo.fr.