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Halte à la répression des
travailleurs de Bolivie !
Le 20 septembre, les troupes boliviennes ont tué 6 personnes dans la ville de Warisata. Le 12 octobre, le gouvernement de Sánchez de Lozada (dit « Goni ») a ordonné une répression brutale à La Alto, ville proche de La Paz, causant 30 morts. Le 14 octobre, 16 soldats ont été exécutés par leurs officiers pour avoir refusé de réprimer les travailleurs et les paysans... Soit au total au moins 400 blessés et 86 morts.
La protestation contre l’exportation du gaz naturel vers les Etats-Unis par le port chilien de Potillos a débuté à la mi-septembre. En outre, de nombreux paysans ont bloqué les routes en exigeant le droit de cultiver la coca et le respect des concessions antérieures du gouvernement. Déjà, en février, au cri de « Nous voulons des fusils et des mitraillettes, la Bolivie ne se tait pas ! », la Bolivie avait connu un soulèvement des travailleurs salariés contre les baisses de salaires et des paysans pour l’accès à la terre et à l'eau.
Le gouvernement veut livrer l'extraction et la vente du gaz naturel
bolivien à British Gaz, à British Petroleum et à Repsol-YPF. Ce consortium
impérialiste empocherait un profit annuel de 1 300 millions de dollars par
an, ne cédant comme redevance à l’État bolivien que 70 millions de dollars.
Les travailleurs appauvris et spoliés des villes et des campagnes se
sont soulevés aux crix de : « Le
gaz est à nous, pas aux gringos ! », «Mort à Sanchez de
Lozada ! », « Guerre civile, guerre civile ! ». Le
prolétariat et les paysans se défendent contre la rapine des groupes
impérialistes et contre leurs laquais, la bourgeoisie bolivienne et la caste
des officiers formée aux Etats-Unis.
Malgré la répression, les mineurs et les travailleurs de toutes les
branches, les paysans pauvres et la jeunesse ont approfondi leur lutte
anti-impérialiste et révolutionnaire, ce qui a ébranlé le gouvernement et le
régime. Bien que le gouvernement ait reculé sur son projet de livraison du gaz,
les cortèges continuent à converger vers la capitale La Paz, pour exiger la
démission de Goni et de tout son gouvernement, responsable des massacres.
Nos sœurs et nos frères de Bolivie ont démontré leur capacité à la
lutte, en mettant sur pied des assemblées de travailleurs et de paysans, des
comités de grève, des milices armées, en affrontant l’armée de guerre civile.
L’intensification de la mobilisation des masses boliviennes a débordé
les directions syndicales ouvrières (la COB) et paysannes (le SUTCB). Les
masses insurgées ont unifié la lutte malgré la politique de division de ces
directions, les obligeant à former une Direction Nationale Unique des
mobilisations qui a appelé à la « grève générale illimitée » et au
blocage des routes, qui exige le départ du
gouvernement de Goni.
Mais la Direction Nationale Unique, entre les mains des bureaucraties syndicales, n’ouvre pas d’issue à la lutte des masses, en refusant de postuler au pouvoir, en essayant de disperser les luttes ville par ville, en opposant les revendications les unes aux autres. Evo Morales, le dirigeant paysan du MAS, et les staliniens du PCB proposent de sauver le régime par « des élections constitutionnelles ». Tous ces appareils syndicaux et politiques font partie du Forum Social Mondial. Cette internationale contre-révolutionnaire, en Bolivie comme au Venezuela, en Équateur, en Argentine, au Brésil, etc. fourvoie les travailleurs dans l’utopie de l’aménagement du système impérialiste, dans l’impasse de la collaboration de classe et des accords avec les gouvernements compradores de tout poil.
Seule l'organisation des travailleurs des villes et des campagnes dans
un Congrès National pourra ouvrir une issue révolutionnaire à la crise
actuelle. Composé de délégués de base révocables, élus par les milices et les
organismes d'auto-organisation, le Congrès national ouvrier et paysan pourrait
appeler les soldats à éliminer la caste des officiers assassins, à liquider
l’armée bourgeoise, à mettre les armes au service des masses en lutte. Il
pourrait imposer un gouvernement ouvrier et paysan.
Seul un tel gouvernement pourra rompre avec l’emprise impérialiste;
nationaliser sans indemnité les banques et les groupes capitalistes (comme le
français Suez), exproprier les grandes propriétés foncières, donner la terre et
l’eau aux paysans, garantir des crédits bon marché pour les petits producteurs
des campagnes et des villes ; partager le travail en assurant la dignité
des mineurs et de tous les travailleurs boliviens; combattre la pauvreté avec
un plan de travaux publics, mettre au service de la majorité des Boliviens les
énormes ressources naturelles, garantir à tous le droit au travail, à l’alimentation,
à la santé et à l'éducation.
Seul un parti révolutionnaire, membre d’une internationale
révolutionnaire, combattant pour diriger cette lutte pourra assurer la victoire
aux travailleurs et aux masses boliviennes. Un tel parti reprendra les « Thèses de Pulacayo »
adoptées par les mineurs boliviens en 1946, un programme pour la révolution
socialiste en Bolivie, ouvrant le chemin à la Fédération des Républiques
Socialistes d'Amérique latine.
ü
Assez
de répression ! À bas le gouvernement assassin de Sanchez de Lozada et son
régime militarisé ! Gouvernement de la Direction Nationale Unique !
ü
Pour
un Congrès National de travailleurs et paysans en lutte, composé de délégués
mandatés et révocables, basé sur leurs organismes d'auto-organisation, sur les
milices ouvrières et paysannes !
ü Pour un gouvernement ouvrier et paysan qui rompe avec l'impérialisme et le FMI !
Aujourd'hui même, en France, dans toute l'Europe, dans le monde entier,
les travailleurs doivent soutenir la révolution bolivienne, leurs sœurs et
frères qui affrontent le pillage impérialiste européen et américain, qui
luttent contre le gouvernement compradore de Sánchez de Lozada.
Les travailleurs doivent exiger de leurs organisations politiques et
syndicales qu'elles appellent à la mobilisation internationaliste, en
organisant des manifestations à l'ambassade de Bolivie, pour exiger l’arrêt de
la répression, la destitution du gouvernement assassin et la destruction du
régime militarisé, pour appuyer un gouvernement ouvrier et paysan en Bolivie
qui mette un terme à la soumission à l'impérialisme et aux souffrances des
masses.
17 octobre 2003
Groupe Bolchevik
pour la construction du Parti Ouvrier
Révolutionnaire, de l’Internationale Ouvrière Révolutionnaire (France)