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Intervention au congrès SNUIPP-FSU
des Hauts de Seine

Issy-les-moulineaux, 10 mai 2004

 

Camarades,

Avant tout, je constate que l’ordre du jour du congrès prévoit l’intervention d’André Santini, député UDF. Santini n’a rien à faire dans notre congrès, c’est un ennemi des travailleurs qui a notamment voté la loi Fillon contre les retraites et les budgets d’austérité. L’indépendance de notre syndicat passe par ne pas accueillir Santini à notre congrès.

D’ailleurs, le gouvernement comme Santini s’est ramassé une défaite aux élections régionales. Les travailleurs et la jeunesse ont infligé une déroute électorale à Chirac. Mais Chirac maintient tout.

Il n’y a rien à attendre du gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy. Depuis 2002, le gouvernement :

·         réduit et supprime les allocations chômage,

·         privatise EDF-GDF et la SNECMA,

·         continue la casse de la recherche et de l’Université,

·         liquide le statut d’intermittents du spectacle.

·         redouble de coups contre l’enseignement primaire et secondaire (postes, grand débat, précarité, budget, TOS, Etats généraux de la recherche…).

·         a l’intention de licencier de nombreux postiers et par son plan " Hôpital 2007 " s’attaque à l’hôpital public et à ses personnels

·         surtout, veut détruire la Sécurité sociale

En prenant la suite de Mattéi, le ministre de la Santé Douste-Blazy poursuit la mis een cause du droit aux soins. Aujourd’hui, il tente de culpabiliser les travailleurs et la jeunesse en les accusant de trop dépenser, de tricher !

Seuls des coups sont à attendre. Il faut chasser Chirac et son gouvernement.

 

Chirac et Raffarin veulent détruire la Sécurité sociale

 

Depuis vendredi dernier, les tractations se sont accélérées entre le gouvernement et les directions des confédérations syndicales autour du projet de destruction de l’assurance-maladie préparé par Chirac et Douste-Blazy. Ce plan ne fait que reprendre les propositions du gouvernement précédent qui s’était déjà longuement concerté avec les dirigeants des CGT, FO et UNSA, avec la Fédération des mutuelles et avec le PS dans le cadre du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie.

En vérité, ce Haut conseil est celui de la destruction de la Sécurité sociale, et les « négociations » actuelles aident le gouvernement Chirac, alors même qu’il vient de subir un échec électoral cuisant.

Après avoir cassé le droit à la retraite pleine à 60 ans en portant à les cotisations nécessaires à 42 annuités, après avoir lancé le plan " Hôpital 2007 " contre les hôpitaux publics et leurs personnels, Chirac veut liquider l’assurance maladie. Cette branche de la Sécu gère les cotisations des salariés et rembourse les frais de santé des travailleurs (hôpital, médecins, spécialistes, médicaments…).

Les bases de la Sécurité sociale sont très simples : une fraction du salaire est directement versée pour que les salariés en usent comme prestations sociales. Ce régime et cette caisse sont nationaux et tout salarié y a droit. Au sein d’une caisse gérée uniquement par les représentants des salariés, les cotisations réunies ne profitent qu’aux travailleurs et sont une part du salaire sous forme collective, différée. C’est seulement aux travailleurs de gérer leur salaire, pas aux patrons, ni à leur Etat !

Il faut choisir son camp : soit le plan de Chirac, Raffarin, Sarkozy, DousteBlazy et Santini, soit la défense inconditionnelle de la Sécu.

 

Faire passer l’attaque grâce au " diagnostic partagé "

 

Pour casser l’assurance-maladie, Chirac et Douste-Blazy s’appuient sur toutes les attaques antérieures, notamment le plan Juppé qui est appliqué par tous les gouvernements depuis 1995. Depuis cette date et malgré la puissante mobilisation des travailleurs et la grève générale de la SNCF et de la RATP, c’est le parlement et non pas les caisses de la Sécu qui décide des recettes et des dépenses de l’assurance-maladie. Grâce à cela, le gouvernement de l’Etat français a pu :

·         Multiplier les exonérations des cotisations patronales au nom du " soutien à la croissance ". Il s’agit de plus de 21 milliards d’euros manquants dans les comptes !

·         Dérembourser des soins, des médicaments (dont plusieurs centaines depuis l’arrivée de Raffarin)

·         Augmenter le forfait hospitalier journalier (fixé à 13 euros cette année !)

·         Augmenter la CSG (contribution social généralisée créée en 1990 par Rocard) et la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale créée par Juppé en 1995) pour faire payer les travailleurs et non les patrons

·         Réduire le budget de l’hôpital public (150 000 lits fermés en 20 ans, 100 maternités en 6 ans), le nombre de médecins (en baisse depuis 2002), d’infirmières, d’aides-soignants. Et le plan " Hôpital 2007 " exige de nouvelles coupes, des gains de productivité dans les soins apportés…

De la même manière que le " Conseil d’orientation des retraites " de Jospin avait préparé l’attaque contre la branche vieillesse, le " Haut conseil " est mis en place par Chirac et Raffarin dès octobre 2003 pour légitimer leur attaque contre la branche maladie de la Sécurité sociale. Son rapport, remis fin janvier 2004, établit un " diagnostic partagé " par Guillaume Sarkozy, les assurances privées et les représentants syndicaux CGT, FO, UNSA.

 

Rupture de toute négociation des plans Chirac-Fillon ! Défense de la Sécu !

 

Après le rapport Chadelat (ancien dirigeant d’AXA) et le Haut conseil, le ministre annonce ses premières mesures avec la création prévue d’une " nouvelle gouvernance " chargée de "l'évaluation scientifique des produits de santé et pratiques médicales", et d’une "Union nationale des caisses d'assurance maladie", qui serait gérée par les partenaires sociaux. (Libération, 4 mai 2004). Ces instances seront ouvertes directement aux assurances et aux mutuelles, qui avec le MEDEF et les directions syndicales auront la gestion des dépenses toujours ordonnées par l’Etat. En un mot, il s’agit de privatiser l’assurance-maladie, de faire payer les travailleurs et de faire cogérer la " réforme " par les dirigeants syndicaux.

Comme en 1995, le " trou " de la Sécu serait une question vitale pour sa survie. C’est un mensonge. Le déficit se s’explique qu’avec les exonérations de cotisations et les dettes contractées par l’Etat et les patrons. Quant aux dépenses, elles augmentent parce que la science et l’espérance de vie augmentent. Quoi de plus normal ? Les travailleurs doivent exiger une augmentation de leur salaire différé. Que les patrons paient !

Pour le gouvernement il faut suivre le Haut conseil et aller vers un " panier de soins " minimal et remboursé. Le reste sera à la charge des patients et de leurs assurances ou mutuelles. Ce plan ne doit pas passer, le gouvernement doit être battu et chassé ! Pour cela, pour sauvegarder la Sécu, il faut enlever au gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy tout soutien. Il faut imposer la rupture de toute négociation, il faut empêcher que les directions syndicales renouvellent leur trahison du printemps dernier quand ils n’ont pas appelé à la grève générale. Il faut que toutes les confédérations se prononcent :

·         Représentants du PS, de la CGT, de FO, de l’UNSA, de la FNMF, quittez immédiatement le prétendu Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie !

·         Dirigeants des syndicats, cessez toute " concertation ", boycottez toute " négociation " du projet du gouvernement !

·         Syndicats et partis qui dites parler au nom des travailleurs, réalisez le front unique ouvrier contre le projet du gouvernement ! Préparez ensemble une gigantesque manifestation à l’Assemblée pour le retrait du projet !

A ces conditions, il est possible de battre et chasser Chirac et son gouvernement, d’empêcher la destruction de la Sécu. C’est pourquoi je propose au congrès du SNUIPP des Hauts de seine de s’adresser à sa direction nationale ainsi qu’à celle de la FSU en adoptant la motion suivante :

Le congrès du SNUIPP 92 se prononce pour

·         la défense inconditionnelle de la Sécurité Sociale et de l’assurance-maladie

·         le boycott de toute concertation et négociation avec le gouvernement de ses projets de estruction de la Sécu

Le congrès du SNUIPP 92 s’adresse à la direction nationale du SNUIPP et à la direction de sa fédération, la FSU pour qu’elles reprennent ses positions à leur compte et proposent sur cette base le front unique aux confédérations CGT, FO, UNSA, SUD pour organiser une gigantesque manifestation à l’Assemblée pour le retrait du projet.

(Vote du congrès : 1 pour, 28 contre, 5 abstentions)

Pour finir, il manque à l’ordre du jour une proposition de prise de position contre les massacres en Irak. Une motion de notre congrès devrait être adoptée pour le retrait immédiat de toutes les troupes d’occupation sous couvert de l’ONU ou pas, pour l’indépendance de l’Irak, pour la victoire des peuples d’Irak. Cette motion devrait aussi s’adresser aux directions de toutes les confédérations syndicales pour qu’elles la reprennent.