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Toutes les organisations syndicales et tous les partis ouvriers doivent prendre position

 

Arrêt de la répression contre les lycéens !
Aucune inculpation !


 

 

Le 20 avril, 158 lycéens ont été arrêtés, 9 ont été inculpés pour avoir occupé un bâtiment du ministère de l’Education nationale et pour avoir résisté courageusement aux forces de police. Le gouvernement Chirac-Raffarin-Fillon montre son vrai visage, en misant sur la trahison du mouvement des lycéens par ses directions : la défense du capitalisme au moyen de mercenaires professionnels.

La loi Chirac-Fillon organise une diminution du droit à l’enseignement, dont seront victimes au premier chef les enfants des ouvriers, des employés et des chômeurs. Les conséquences du budget 2004 et l’annonce des suppressions de postes en application du budget 2005 ont nourri le rejet de la loi par les élèves des LP et des lycées.

Mais le gouvernement a toujours bénéficié de complicités. Il a procédé d’abord à un prétendu « grand débat sur l’école » au printemps 2004. Les fédérations de parents d’élèves (dont la FCPE dirigée par le PS), les syndicats de travailleurs de l’enseignement (dont la FSU dirigée par le PCF, la CGT dirigée par le PCF, le tout avec l’aide de la LCR, de LO ; l’UNSA dirigée par le PS…), les squelettiques « syndicats lycéens » (la FIDL et l'UNL, dirigées par deux fractions du PS) ont tous cautionné la manœuvre de Chirac et Fillon, en participant au « grand débat ».

Ensuite, les directions des organisations syndicales de l’enseignement public ont laissé adopter à l’automne le budget Sarkozy 2005. En octobre, elles ont participé aux « groupes de travail » de Fillon pour discuter du projet que rejetaient les élèves et les personnels. Le 4 octobre, le ministre de l’Intérieur et celui de l’Education signaient un « protocole » pour préparer la répression policière dans l’enseignement. Quand, le 6 janvier, de Villepin et Fillon ont organisé une grande opération policière aux portes des collèges, des LP et des lycées, les chefs syndicaux ont couvert le gouvernement et la police, en parlant de « spectacle ».

Alors que des centaines de milliers de lycéens ont manifesté dans toute la France, toutes les directions syndicales ont réclamé de « négocier » avec le ministre le projet de loi. Les principaux syndicats de professeurs de lycées, le SNES-FSU, et de professeurs des LP, le SNETAA, ont laissé les lycéens isolés. Cela a permis, le 8 mars, à des bandes de jeunes déclassés (voués à la ségrégation et au chômage par le capitalisme) d’attaquer les manifestants, avec l’aide de policiers en civil. L’objectif était de terroriser les jeunes pour qu’ils renoncent à manifester.

La « Coordination lycéenne n’est pas la représentation de véritables AG des lycées. Sous l’impulsion du PCF, de la LCR et de LO, elle a appuyé les « journées d’action » hebdomadaires de la FIDL et de l’UNL. La « coordination », la FIDL et l’UNL ont refusé d’exiger que les syndicats de l’enseignement appellent à la grève générale nécessaire pour obtenir le retrait du projet Fillon. Ainsi, Fillon a pu faire voter l’essentiel de son projet par l’Assemblée UMP. A l’Assemblée, le 18 février, le PCF a fait ajouter à la loi Fillon l’obligation d’enseigner les religions.

Après l’adoption de la loi Chirac-Fillon selon les règles « républicaines », la FIDL et l’UNL ont multiplié les rencontres avec le ministre, tandis que la Coordination et les anarchistes appelaient à des « grèves reconductibles », dispersées établissement par établissement puis à des occupations minoritaires. Le mouvement des lycéens, laissé isolé des travailleurs de l’enseignement, a commencé à perdre son caractère de masse.

Alors, le gouvernement a estimé le moment venu de frapper la frange la plus combative, qui ne s’est pas résignée à abandonner le combat contre le gouvernement, ni à voir appliquer sa loi contre le droit aux études. A Paris, à Lille, à Béziers, à Toulouse… la police a matraqué les lycéens, les a mis en garde à vue comme des délinquants dangereux. Avec l’arrestation, le 20 avril, de plus de 150 lycéens, le gouvernement vient de franchir un cran dans la violence et la répression contre la jeunesse.

Les chefs syndicaux n’appellent toujours pas à la grève générale et mettent sur le même plan les flics et les jeunes : « La FSU se refuse à cautionner tout recours à des actes de violence » (communiqué FSU du 21 avril).

La jeunesse est confrontée à l’absence d’une organisation de jeunesse révolutionnaire et d’un parti ouvrier internationaliste, décidés à lutter contre le gouvernement Chirac-Raffarin-fillon, contre la 5e République, pour en finir avec le capitalisme. Le Groupe bolchevik veut aider l’avant-garde à se regrouper et à construire de telles organisations.

Arrêt de la répression contre la jeunesse ! Aucune sanction contre les lycéens en lutte pour le droit aux études !

Pour arracher l’abrogation de la loi, il faut la grève générale des lycées ! Dirigeants des syndicats de l’enseignement, rompez toute discussion avec le gouvernement qui maintient sa loi et matraque les lycéens !

Autodéfense des manifestations et des occupations organisée en commun par les jeunes et les travailleurs de l’enseignement !

26 avril 2005