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Groupe Bolchevik pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire,
de l’internationale ouvrière révolutionnaire
Destinataires :
Collectif et organisations signataires de l’Appel international
Objet : La discussion avec le groupe CRI France
Date : 5 avril 2004
Veuillez trouver ci-joint :
·
la
contribution du CRI France sur l'Appel pour une conférence internationale et la
réponse du GBFrance;
·
la
récente réponse du GCRI.
Face à la défense du programme du bolchevisme et de l’Appel par le GB,
le dernier texte du GCRI essaie de noyer le poisson :
·
La
réponse du GCRI recourt à des accusations odieuses, en identifiant l’ouvrier
révolutionnaire et honnête Just et le bureaucrate corrompu et réformiste
Lambert. Elle assimile abusivement la polémique politique des bolcheviks avec
les calomnies et les violences des lambertistes (condamnés explicitement par le
GB dans sa plateforme de fondation).
·
Elle
multiplie les jérémiades : les citations de Lénine ou de Trotsky sont trop
nombreuses et les citations de ses propres textes sont trop courtes. Alors que
tous les militants du GB ont étudié sa contribution intégrale et ont discuté de
ce texte dans leur cellule respective.
·
Le
GCRI prétend que le GB n’a pas argumenté. Qu’il ne soit pas d’accord, soit. Mais
quiconque lit la réponse du GB, que les camarades de la LOI Argentine
traduisent actuellement en castillan, peut vérifier qu’il s’agit d’une
plaisanterie. Le CRI le sait lui-même : aurait-t-il consacré 50 pages (!)
pour répondre une absence d’arguments ?
Le seul aspect positif de cette réponse est que ce courant demande
l’avis des autres organisations qui ont aussi signé l’Appel. En effet, jusqu’à
présent, le GCRI affirmait qu’il l’approuvait, mais sans en tirer aucune
conséquence :
·
Le
GCRI n’a jamais rendu compte de sa participation à la 2e conférence
du GB, où il a rencontré en outre LM Pérou et la LOI. Il n’a jamais publié
l’Appel dans sa presse, malgré la demande du GB et de la LOI.
·
Il
a refusé d’ouvrir ses propres discussions sur l’Appel aux militants du GB et de
la LOI, malgré la demande conjointe de la LOI et du GB.
·
Il
a refusé de combattre avec le GB contre les appareils syndicaux lors des grèves
de mai-juin 2003.
·
Il
a refusé de s’associer à un tract sur la révolution bolivienne, en arguant
qu’il n’avait pas de position sur cette question.
·
Il
n’a pas répondu à la récente proposition de rencontrer le GB.
L’apport des autres organisations révolutionnaires semble la seule
possibilité de faire évoluer favorablement le CRI. Votre intervention sera utile,
car le GCRI diverge en fait avec l’Appel sur des questions décisives :
·
Pour
le GCRI, l’époque n’est pas celle de la décadence du capitalisme (Contribution CRI, 2Aa), il n’y a pas de
crise structurelle du capitalisme(2Aa).
·
Par
conséquent, pour le groupe CRI, ce n’est pas la trahison des directions
politiques et syndicales actuelles de la classe ouvrière qui explique que la
révolution marque le pas (2Ac, 3A), mais la crise de la subjectivité
prolétarienne (2Ac).
·
Autre
conséquence : pour le CRI, l’époque permet de réelles révolutions
nationales anti-impérialistes (4).
·
Une
des conclusions politiques qu’en tire le CRI est la régression dans le front
uni anti-impérialiste qui a signifié pour l’IC l’alliance avec la bourgeoisie
nationale. Le GCRI reprend à son compte l’analogie hasardeuse de Zinoviev entre
front unique ouvrier et front uni anti-impérialiste (3B), malgré les leçons de
la révolution chinoise (et aussi de la révolution bolivienne), contre le
développement vivant du marxisme et la généralisation de la théorie de la
révolution permanente (qui est la base de tout l’Appel).
·
Une
autre conséquence politique est la mise en avant systématique de l’Assemblée
constituante. Il présente cet héritage lambertiste comme une véritable solution
-et non comme transition- en Palestine (2Bb) et l’applique même à l’Argentine
où elle n’a d’autre sens qu’un nœud coulant autour du cou du prolétariat (2Ba).
·
Pour
ce groupe la théorie de Burnham - Shachtman du « collectivisme
bureaucratique », couverture idéologique de la capitulation devant
l’impérialisme, l’emporte sur la théorie de l’Etat ouvrier de Trotsky (4).
Que trois étudiants qui ont choisi à 20 ans une organisation
bureaucratique, réformiste et chauvine (le PT France) ne comprennent pas en un
jour le programme du bolchevisme n’est guère surprenant.
Le plus inquiétant n’est pas l’existence de divergences, mais que ce
groupe s’interdit lui-même de progresser. Au lieu d’utiliser la perspective
internationale et les liens nouveaux que lui ouvre l’Appel pour se rapprocher
du programme de la révolution socialiste, pour collaborer avec le GB, il croit
pouvoir se targuer d’une dimension internationale sans modifier d’un iota son
orientation et son activité :
·
La
contribution CRI considère que l'Appel ne vaut rien pour définir une stratégie
et une orientation politiques (Contribution
CRI, 1). Pour le CRI, il n'est bon que par ses motivations (1), ce qui est
une manière à la fois idéaliste et opportuniste de traiter un texte
programmatique révolutionnaire.
·
Pour
le GCRI, signer l'Appel ne l'engage donc à rien, même pas à le publier dans son
journal, malgré la demande expresse du GB et de la LOI.
·
Le
GCRI, contre le programme de l’IC et celui de la 4e internationale,
a constitué un syndicat minoritaire avec des débris staliniens et les
morénistes français (FSE).
·
Il
dirige même ce syndicat étudiant, ce que le GB ignorait avant la réponse du
GCRI de mars. Cette direction syndicale CRI pratique, comme les syndicats
dirigés par le PS et le PCF, la cogestion des universités, c’est-à-dire qu’il
applique la participation gaulliste.
Or, la pratique réelle du
GCRI, la cogestion et la participation, est le nœud de la question.
La participation est un thème permanent de la doctrine de De Gaulle.
Elle vise à faire disparaître la lutte des classes. Après la révolte de la
jeunesse de mai 1968 et la grève générale de mai-juin, De Gaulle et Pompidou
décidèrent de l’appliquer à l’Université, d’intégrer les étudiants à la
cogestion.
Le principal syndicat étudiant, celui qui était lié au mouvement ouvrier,
l’UNEF, refusa de participer. Alors, le PCF organisa une scission de l’UNEF
pour appliquer la doctrine gaulliste, pour cogérer l’université et faire un
barrage aux aspirations révolutionnaires de la jeunesse. Peu après, les
maoïstes et les pablistes complétèrent le travail du PCF en quittant l’UNEF.
Malgré la puissance de l’appareil stalinien, qui contrôlait le syndicat des
enseignants universitaires (SNESup), l’UNEF sous la direction des trotskystes
tint le choc et se développa, en combattant la participation.
Mais la dégénérescence de l’OCI-PCI se manifesta quand, après avoir
soutenu Mitterrand dès le premier tour de l’élection présidentielle de 1981, sa
direction capitula devant le gouvernement front populaire de l’UG. En
particulier, Lambert décida que l’UNEF devait désormais
« participer ». Quelques années après, la direction du syndicat
étudiant scissionnait du PCI pour passer au PS. Depuis, l’UNEF sous direction
PS cautionne au nom des étudiants toutes les attaques contre le droit aux
études des gouvernements bourgeois, en siégeant dans les conseils d’université
qui sont chargés de les appliquer. Elle reçoit pour cela des subventions de
toutes sortes, comme tous les syndicats qui participent.
L’orientation de participation qu’impulse le GCRI à la tête du syndicat
FSE est contraire à l'Appel, à son esprit (à ses « motivations »)
comme à sa lettre (Appel, points 14 et 17). Les faits sont têtus : le GCRI
marche en pratique sur les traces des renégats du trotskysme, de la social-démocratie
et du stalinisme.
L’opportunisme syndical a joué un grand rôle dans la dégénérescence de
la section française de la 4e Internationale, dans l’abandon du
trotskysme par Lambert et dans la liquidation du PCI par Lambert et Gluckstein.
Visiblement, le CRI n’a pas encore tranché le cordon ombilical avec le
lambertisme, un courant qui sait employer à l’occasion des phrases
« marxistes » creuses pour dissimuler son adaptation à l’aristocratie
ouvrière, aux appareils contre-révolutionnaires et à son impérialisme (pour des
exemples de ce double langage, voir La
Vérité de la « 4e internationale » et aussi la FUR
France).
La pratique réelle de cogestion syndicale et de participation gaulliste
explique le caractère platonique de l’accord du GCRI avec l’Appel et aussi son
refus de travailler avec le GB qui a déclaré pour sa part une lutte à mort à
toutes les bureaucraties contre-révolutionnaires, aussi bien politiques que
syndicales.
Camarades, votre intervention sur la base de l’Appel dans la discussion
sera donc bienvenue.
Avec notre salut bolchevik,
La cellule centrale du Groupe bolchevik
Annexe 1 / 4
Le test de mars 2004 en
Espagne et en France
La classe ouvrière a définitivement tourné le dos au Parti socialiste. (L.
Wolfgang, représentant du GCRI, à la 2e conférence du GB)
Les conditions ne sont pas réunies pour infliger une
défaite électorale de classe à Chirac et à l’UMP. Ceux-ci, manifestement, vont
remporter la majorité des voix exprimées. Mais les ouvriers, les exploités, les
opprimés n’ont pas d’illusion, ils s’apprêtent à boycotter massivement les
prochains scrutins… (dernier numéro du journal Le
Cri des Travailleurs)
Annexe 2 / 4
Courriel du 2 avril 2004 du GB au groupe CRI
Camarades,
Veuillez trouver ci-joint la version française de la déclaration de nos
camarades de l'État espagnol, qu'ils proposent à toutes les organisations
signataires de l'Appel de cosigner.
Avec mon salut bolchevik-léniniste, Ph. Couthon
Annexe 3 / 4
Courriel du 16 mars 2004 du GB au groupe CRI, resté à ce jour sans
réponse
Chers camarades,
Nous restons à votre disposition pour entamer la discussion autour de
l'appel, de votre contribution et de notre réponse, ainsi que vous nous l'aviez
proposé.
Nous pouvons aussi discuter de toute initiative politique en commun.
Salut communiste, D.
Annexe 4 / 4
Lettre du 27 septembre 2003
de la LOI et du GB au groupe CRI restée sans conséquence
Chers camarades,
Nous avons bien reçu vos messages électroniques du 4 et du 20 août.
L’élaboration de l’Appel à une conférence internationale des
trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires a
abouti, comme vous pourrez le constater avec la version française ci-jointe.
Veuillez nous pardonner si nos propos, lors des rencontres d’avril et
de mai ont conduit à une confusion entre, d’une part, l’élaboration de l’Appel
et, d’autre part, la proposition de vous inscrire dans la discussion et la
préparation de la conférence internationale.
La décision d’élaborer une déclaration commune face aux menaces
impérialistes contre l’Irak et aussi, sur cette base, un appel à une conférence
internationale avait été prise dès le 6 décembre 2002 à Buenos Aires entre cinq
organisations.
Vous n’en faisiez pas partie, pas plus que, par exemple, le Groupe
Germinal de Valence et nous l’espérons, d'autres groupes qui prendront leur
place dans la tâche énorme de tirer des leçons révolutionnaires de la situation
internationale et de mettre sur pied un centre qui regroupe les forces saines
que se réclament du trotskysme et de l’internationalisme.
L’élaboration de la déclaration des Cinq en défense de l’Irak avait été
intégralement publiée dans le BIOI. La discussion politique qui a permis
l’adoption d’un Appel des mêmes cinq constitués en Collectif le sera également
en espagnol. Nous tenons à votre disposition la totalité de ces documents, dont
une partie est en français.
Vous pouvez ainsi vérifier qu’il ne s’agit pas pour les initiateurs de
l’Appel, le CWG, le GB, le GOI, la LOI et LM, de trouver un compromis à la
façon des bureaucraties, ni de ménager les susceptibilités typiques des
centristes et des sectes, mais d’un retour au léninisme, c’est-à-dire à la
confrontation d’idées qui aboutit à se convaincre pour un document bien
supérieur à l’élaboration initiale ou, à défaut, à enregistrer les divergences,
sans les cacher à l’avant-garde.
Jusqu'à présent, vous n'avez pas fait état de votre accord avec la
déclaration Irak ni rendu compte de la conférence du groupe français à laquelle
vous avez participé ; vous n'avez pas donné votre position sur la
révolution argentine ni agi en commun en France avec le Groupe bolchevik.
Nous savons qu’il sera difficile de regrouper les forces actuellement
dispersées qui s’efforcent de combattre pour le programme révolutionnaire. Sur
ce chemin, il se présentera de nombreux problèmes et nous commettrons
probablement bien des erreurs. Mais, pour avancer, nous ne voyons pas d’autre
perspective que celle de la conférence internationale, de la discussion entre
ceux qui se retrouvent dans l’Appel et des pas en avant principiels qui
permettent, par exemple, d'approfondir les relations établies déjà avec vous à
l’occasion de la 2e conférence du GB.
Le contenu programmatique de l’Appel à la conférence internationale des
trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires n’a pas
changé par rapport à la traduction rudimentaire en français de juin et à la
première édition en espagnol de juillet dont vous disposiez jusqu’à présent.
Si vous confirmez votre accord avec l’Appel, notamment en le publiant dans votre organe, il nous semble qu’il faudra tirer les conséquences de notre convergence sur le programme de la révolution prolétarienne et sur les leçons de la lutte des classes mondiales. Le but est clair : il s’agit de fusionner en France sur un programme intransigeant les forces qui se dégagent du centrisme de droite camouflé en « trotskysme », comme une étape vers un parti révolutionnaire, reprenant le programme originel de la 3e et de la 4e Internationales.
Cela permettra de porter des coups à tous les usurpateurs du drapeau du
socialisme, du communisme, de la 4e Internationale, à ceux qui ont
pour boussole l’aristocratie ouvrière et tel ou tel appareil bourgeois du
mouvement ouvrier, à ceux qui cherchent des substituts syndicalistes à la
construction du parti révolutionnaire ou qui entendent mettre sur pied des
partis « larges », à ceux qui protégent les bureaucraties syndicales
et la cogestion, à ceux qui soutiennent le Forum social mondial et le Forum
social européen ou qui pactisent avec les partis « écologistes », à
ceux qui votent Chirac ou qui veulent réformer les institutions de la
bourgeoisie avec l’ONU ou une « constituante ».
L’accord principiel déjà réalisé doit déboucher naturellement sur un
effort coordonné du CRI et du GB en direction de l’avant-garde francophone pour
préparer la conférence et pour intervenir en commun dans la lutte des classes
en France.
Puisque vous comptez discuter prochainement de l’Appel, nous vous
proposons de le faire aussi en présence des représentants du Collectif, comme
la 2e conférence du Groupe bolchevik a procédé avec les
représentants du CRI.
Vous avez proposé d'élaborer une contribution à la plateforme élaborée
par le Collectif des 5. Nous attendons avec impatience et intérêt votre apport
et vos propositions pour avancer dans la voie du regroupement des
révolutionnaires, des internationalistes, des marxistes.
En avant pour le regroupement des trotskystes principiels !