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7 juin 2005
Chers camarades,
Je ne vous envoie pas ce tract du cercle pour la
construction du POR par provocation suite à votre appel au boycott
lors du referendum du 29 mai . Je pense seulement que la position du
cercle me semble plus juste que celle que vous avez adoptée car elle permet de
ne pas se couper des travailleurs qui nous connaissent et qui voulait
mettre à profit ce référendum pour rejeter Chirac, sa politique et
l'Europe qu'il défend. L'appel au vote Non avait également été adopté par
le comité pour la construction du POR lors du référendum de 1992. Je pense
qu'il faut partir de l'état d'esprit des masses qui voulait en découdre avec ce
gouvernement pour définir sa position et non se conformer à une position
puriste qui nous isole.
X, abonné à « Révolution Socialiste », à
« CPS » (Cercle) et à « PLS ».
Déclaration du Cercle pour
la construction du parti et de l’internationale ouvriers révolutionnaires
Le 29 mai, Chirac a été
défait !
La responsabilité des
directions syndicales CGT, FO, FSU, du PS, du PCF,
c’est de rompre avec Chirac
et son gouvernement, de convoquer dans l’unité :
Manifestation centrale à un
million et plus à l’Assemblée nationale
pour exiger « Dehors
Chirac, son gouvernement, sa majorité UMP ! »
Le verdict du référendum est clair
et net : dehors Chirac et la majorité UMP
Le 29 mai, Chirac a pris de plein fouet le
projectile du « non ». Ouvriers, employés, personnels de santé, de
l’éducation, jeunes, le prolétariat dans son ensemble a voté « non à
Chirac », à ses contre-réformes ; « non » aux salaires
comprimés, aux loyers exorbitants ; « non » à la destruction du
secteur public, à la privatisation d’EDF-GDF ; « non » au
matraquage des lycéens et à la loi Fillon, « non » au chômage et à la
précarité.
En votant « non » à la constitution
européenne, ils ont aussi voté contre un instrument et une expression de cette
politique, « non » à tous les traités antérieurs de l’UE, élevés au
rang de « constitution » pour codifier et sanctifier les politiques
menées au sein de « l’Union Européenne » au compte du capital
financier.
Ils ne se sont pas « trompés de
scrutin », comme dit Hollande, dirigeant d’un PS en crise pour avoir
voulu à nouveau faire voter Chirac.
La crise gouvernementale, précipitée par le
résultat du référendum, leur donne raison. Il y a eu un vaincu : Chirac.
Mais encore faut-il un vainqueur.
Chirac a chargé son majordome, Galouzeau de
Villepin, de constituer un gouvernement de crise. La mission de ce gouvernement
resserré, des « cent jours », si toutefois Chirac parvient à
se ressaisir, a été donnée par Seillière au lendemain du référendum :
« la mise en oeuvre immédiate et
accélérée d'un programme de réformes ».
Sarkozy rentre au gouvernement ? C’est
après avoir tenu un discours de guerre contre le « système social
français », avoir annoncé au soir du référendum qu’il voulait « des
remises en causes profondes, rapides et vigoureuses, un tournant majeur ».
Or, les projets de contre-réforme sont déjà
prêts ! Villepin a affirmé qu’il voulait « lever les
obstacles » sur le marché du travail ? La casse du droit du
travail, la remise en cause des contrats de travail, du code du travail, sont
en chantier sous la houlette de Borloo, dans le « dialogue social ».
Le statut de la fonction publique est menacé de
mort dans des négociations associant les fédérations syndicales.
Breton a planifié la privatisation d’EDF-GDF et
se vante déjà d’engager une nouvelle étape de la « réforme de
l’Etat », la suppression par milliers de postes de fonctionnaires. Les
décrets d’application de la réforme Fillon sont prêts, tandis que les leaders
lycéens sont condamnés à des peines scandaleuses. Un nouveau pas est à l’ordre
du jour vers l’instauration du service garanti dans les transports à Paris.
Un projet scélérat contre les travailleurs
immigrés a été annoncé par Villepin, alors à l’Intérieur.
Tout cela se prépare depuis des semaines, ce
sont les mêmes ministres, la même politique brutale qui se concocte dans les
marmites gouvernementales.
Mais comment une telle politique pourrait-elle
se mener après une telle défaite ?
Sans le secours des directions syndicales, de
celles du PS (y compris les partisans du « non »), celle du PCF,
Chirac serait réduit à l’impuissance.
L’unité des organisations du
mouvement ouvrier peut se réaliser
dans le combat pour chasser Chirac, De Villepin-Sarkozy et la
« majorité » UMP-UDF.
En convoquant les dirigeants syndicaux à Matignon
le 6 juin, comme pour préparer avec eux son discours de politique générale, De
Villepin leur a demandé un vote de confiance anticipé, plus précieux pour lui
que celui de sa propre « majorité » parlementaire.
Chirac avait appelé, lui, lors de son
intervention télévisée : « les syndicats à agir ensemble » avec
le Medef et le gouvernement « pour gagner la bataille de l’emploi».
En acceptant l’invitation du gouvernement et de
Chirac, affirmant même « il faut attendre et voir» (Mailly,
FO) les dirigeants syndicaux se dressent contre la volonté exprimée par les
travailleurs le 29 mai, au lieu de refuser d’aller discuter, remettre en selle,
légitimer Chirac et son gouvernement, archi-battus le 29 mai.
De même, comment Chirac pourrait-il se maintenir
dans ces circonstances si les dirigeants PS (notamment ceux qui ont appelé à
voter « non ») et PCF appelaient dans l’unité au combat pour en finir
avec Chirac ? Mais ils disent vouloir attendre 2007.
Buffet Emmanuelli, Mélanchon affirment eux que
Chirac aurait été « mandaté » par le référendum pour
« renégocier » lors du sommet européen du 16 juin. Chirac,
porte-parole du « non » ?!
Mais le «mandat» du référendum, ce n’est pas la
« renégociation » entre les gouvernements qui sévissent contre tous
les prolétariats de l’UE ! C’est : « Chirac, dehors»! Et telle
est effectivement la première condition pour que cesse l’avalanche de coups
contre la population travailleuse, pour voir les revendications satisfaites.
Chirac bien entendu ne partira pas de lui-même,
ni sa « majorité » UMP. Les dirigeants du PS (« oui » comme
« non »), du PCF, n’entendent certes pas remettre en question le
fonctionnement de la Vème République. Les directions CGT, FO et FSU
fonctionnent à l’unisson.
Mais, déjà, lors de la campagne du référendum,
tous occultaient la place de Chirac, du plébiscite, et n’avaient que
« l’Europe » à la bouche. Tenants du « non » comme du
« oui » se livraient à de savantes dissections du projet de
« constitution », proposaient leurs bons offices pour « réorienter »
l’édifice réactionnaire qu’est l’Union Européenne – dont tous les traités ont
été battus le 29 mai. Quant à eux, les dirigeants des confédérations et
fédérations syndicales CGT, FO, FSU, se sont refusés à appeler à
voter « non à Chirac». Et pourtant, le résultat est là :
malgré les obstacles, le « non » des travailleurs a ruiné tous ces
artifices, Chirac a été le principal vaincu.
Et de plus, ces dernières semaines, les
centaines de milliers de manifestants du 10 mars, les grévistes de Citroën Aulnay,
de Carrefour, de Total, les manifestations lycéennes ont traduit la volonté des
travailleurs et de la jeunesse de combattre pour en finir avec cette politique,
ce président, cette majorité aux ordres du Medef.
Il y a eu un
vaincu : Chirac. Il peut y avoir un vainqueur.
Pour cela il faut
imposer aux directions CGT, FO, FSU, au PS, au PCF :
- Qu’ils constituent un front uni contre Chirac, son gouvernement, sa majorité UMP-UDF !
- Qu’ils rompent
immédiatement à tous les niveaux les discussions et concertations en cours avec
le gouvernement, le Medef, dans la fonction et les entreprises publiques,
qu’ils refusent de se prêter à toute rencontre sous prétexte de
« l’emploi » avec les responsables du chômage et de la
précarité !
- Qu’ils appellent dans
l’unité à la montée en masse des travailleurs et de la jeunesse, à Paris, à
l’Assemblée nationale, sur un mot d’ordre clair :
« dehors Chirac et
la « majorité » UMP-UDF »
Assurément, Chirac, son gouvernement, sa majorité,
n’y résisteraient pas. Assurément, dans ce mouvement se réuniraient les
conditions de la venue au pouvoir d’un gouvernement émanant de ce front uni,
produit de la mobilisation des masses, dont il s’agirait d’exiger qu’il
applique une politique favorable aux travailleurs, la jeunesse.
En votant « non » à
Chirac, « non » à la « constitution européenne », les
travailleurs, la jeunesse, ont voté « non » aux politiques menées au
service du capital
Quel gouvernement assurera le droit au travail,
en interdisant les licenciements, le travail précaire, en diminuant le temps de
travail sans flexibilité pour embaucher les chômeurs ?
Quel gouvernement assurera le droit au logement,
en décrétant le gel des loyers, l’interdiction des expulsions, l’annulation des
dettes des classes populaires, en mettant en chantier les logements
nécessaires ?
Quel gouvernement procèdera au rattrapage du
pouvoir d’achat perdu depuis 1982, sa garantie par l’échelle mobile des
salaires et des prix ?
Quel gouvernement procèdera aux embauches
nécessaires dans les secteurs publics pour assurer le droit à la santé, à
l’éducation, annulera sans indemnité les privatisations ? Quel
gouvernement abrogera l’édifice des contre-réformes et en particulier rétablira
les 37,5 annuités pour tous, abrogera la contre-réforme de la sécurité
sociale ?
Seul un gouvernement prenant des mesures
radicales, n’hésitant pas à s’affronter au Medef, à la bourgeoisie, à ses
hommes, ses partis. Un gouvernement brisant le carcan de la cinquième
République, rompant avec l’Union Européenne, dénonçant la dette publique,
nationalisant les banques, pour se donner les moyens de sa politique. Un
gouvernement issu de la mobilisation du prolétariat, c’est-à-dire l’immense
majorité des travailleurs, s’appuyant sur eux pour aller de l’avant, vers le
socialisme, pour les Etats-Unis d’Europe.
C’est pour cette politique, pour le front uni
des organisations du mouvement ouvrier (partis, syndicats) contre Chirac et sa
« majorité », pour un gouvernement émanant de ce front que le Cercle
appelle à se regrouper et à combattre, et pour commencer : pour la
réalisation de l’unité des organisations du mouvement ouvrier pour chasser
Chirac, son gouvernement, et la « majorité » UMP-UDF à l’Assemblée.