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Entrevue accordée à la revue Internacionalismo nº 1 – juin 2004

publiée par la TCI qui  regroupe la FT du Brésil et le CC pour un POR d’Argentine http://www.pormasas.com.ar/

 

Les élections récentes au Parlement européen ont eu lieu dans un contexte économique, social et politique complexe. Pouvez-vous faire une brève analyse de de ce dernier ?

Le Groupe bolchevik (pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l'Internationale ouvrière révolutionnaire) remercie la TCI pour avoir pu décrire à ses militants et ses sympathisants la situation européenne et avoir pu se présenter.

Le développement des forces productives est entravé à l’échelle mondiale par le maintien des rapports de production capitaliste. Le capitalisme a achevé son rôle (relativement) progressiste depuis un siècle, il ne survit plus qu’au prix de grandes crises économiques et de guerres mondiales. Toute l’humanité est menacée par la survie de ce mode de production archaïque.

Le prolétariat mondial est concentré dans l’Amérique du Nord, le Japon, l’Europe de l’Ouest et quelques pays dominés (Brésil, Chine, Corée du Sud, etc.). Les puissances impérialistes sont dominées par les bourgeoisies les plus riches, les plus expérimentées et les plus puissantes, celles qui exploitent non seulement leur prolétariat mais la planète entière. Elles peuvent ainsi corrompre les appareils des organisations ouvrières (syndicats et partis).

Depuis les années 1960 pour l’Amérique du Nord et l’Europe, depuis les années 1980 pour le Japon, le chômage est massif. Même dans les pays les plus avancés économiquement, la classe dominante remet en cause les conquêtes antérieures des travailleurs : libertés démocratiques, réglementation du travail, protection sociale, droit à l’instruction et à la santé... Il n’y a pas assez d’argent pour soigner et instruire, mais il y en a toujours plus pour les armements, les services secrets, les policiers, les prisons. Partout, les polices, les douanes et les armées persécutent les réfugiés politiques et les travailleurs immigrés.

Cette offensive au sein des centres impérialistes et le renouveau des agressions coloniales à l’extérieur, ont été rendues possibles par la trahison des grandes luttes et des situations révolutionnaires des années 1960-1970 par les directions traditionnelles. Paralysée par les bureaucraties syndicales, les partis ouvriers bourgeois (travaillistes, sociaux-démocrates et staliniens) et leurs alliés centristes, la classe ouvrière d’Europe n’a pas renversé le capitalisme en France, en Italie, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Espagne, etc. Elle en paye aujourd’hui le prix. La réaction est encouragée par chaque recul du prolétariat, en particulier par la défaite des mineurs britanniques en 1985 et par le rétablissement du capitalisme en Russie en 1991.

L’Europe, berceau du capitalisme, est particulièrement victime du caractère anachronique du capitalisme, car les frontières nationales y sont des plus étroites. L’Union européenne est une réponse bourgeoise à ce problème. Sous l’impulsion des principales bourgeoisies du continent, principalement grâce à des accords entre celles d’Allemagne et de France, l’UE a permis de libérer les échanges de marchandises et de capitaux entre les pays membres, de créer une nouvelle monnaie (l’euro, partagé par 12 pays membres). Elle attire peu à peu l’ensemble des Etats du continent : partie de 6 pays en 1957, l’UE en comporte 25 depuis le 1er mai.

Mais la bourgeoisie a depuis longtemps achevé son rôle de classe révolutionnaire en Europe : dès 1848, la bourgeoisie française a préféré écraser les ouvriers de Paris que reprendre le cours de la Révolution de 1789 et la bourgeoisie allemande a choisi de capituler devant la monarchie prussienne plutôt que mobiliser le peuple. Le continent en porte la marque : il comporte un grand nombre de monarchies, la plupart des Etats y financent les églises, certains oppriment des peuples en leur propre sein : Irlandais du Royaume-Uni, Basques de l’Etat espagnol, minorités en Serbie, en Bosnie ou au Kosovo…

Sur le papier, l’Europe des 25 peut paraître impressionnante : 455 millions d’habitants (292 aux Etats-Unis d’Amérique), 8 300 milliards de dollars de production (pour 10 200 aux Etats-Unis), 940 milliards de dollars d’exportations (contre 700 pour les Etats-Unis), 148 milliards d’euros de dépenses militaires (contre 347 aux Etats-Unis). Pour autant, l’Union européenne n’est pas une véritable fédération, elle ne constitue pas un véritable Etat : à l’époque de l’impérialisme, la bourgeoisie est incapable d’unifier un continent et de supprimer les frontières archaïques. En particulier, les bourgeoisies impérialistes d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, d’Espagne… tiennent à leur Etat national, à la fois contre leur prolétariat et contre leurs rivales, y compris celles d’Europe.

Par conséquent, le budget de l’UE est très réduit et elle n’a pas le droit de prélever d’impôt, elle n’a pas à proprement parler de gouvernement et elle n’a pas d’armée propre, etc. Presque tous ses Etats membres adhèrent pour l’instant à l’OTAN, une alliance militaire sous domination américaine.

En outre, l’UE s’est ouvertement déchirée en 1989, lors de l’absorption de l’Est de l’Allemagne dans l’Etat capitaliste le plus puissant du continent, de nouveau de 1990 à 1999, au moment de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. L’UE s’est de nouveau divisée en 2002 et 2003, au moment des préparatifs de la deuxième guerre impérialiste contre l’Irak : d’un côté, les gouvernements de France et d’Allemagne, qui avaient participé à la première intervention en 1991, en préconisant avec la Russie de poursuivre l’étranglement de l’Irak par le blocus de l’ONU ; de l’autre, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et la plupart des pays d’Europe centrale se ralliant à la puissance impérialiste dominante qui avait décidé d’écraser une nouvelle fois l’Irak et de chasser leur ancienne créature, Saddam Hussein, du pouvoir.

Seule la classe sociale révolutionnaire de notre époque, le prolétariat, pourra accomplir la tâche historiquement progressive d’unifier l’Europe.

 

Quelle évaluation faites-vous des résultats électoraux ? Quelle relation existe entre ces résultats et les luttes de résistance qui se produisent contre les attaques des divers gouvernements aux conditions de vie des masses ?

Avant tout, l’Union européenne est déterminée par les intérêts du capital ; d’instinct, la plupart des travailleurs n’y trouvent pas leur compte.

En plus, les gouvernements bourgeois nationaux invoquent souvent les nécessités de la construction de l’UE et les exigences de la « Commission européenne » de Bruxelles (qui exécute en réalité les décisions des gouvernements des Etats membres) pour justifier leurs privatisations et leurs attaques contre les droits des travailleurs. D’ailleurs, certains partis bourgeois, misant sur le chauvinisme traditionnel, accusent l’Union européenne de tous les maux et ont fait campagne contre la demande d’adhésion de la Turquie.

Enfin, même s’il est désigné au suffrage universel, le « Parlement européen » de Strasbourg joue un rôle très faible, puisque les décisions importantes sont prises par le « Conseil européen », c’est-à-dire la réunion des chefs des gouvernements des pays membres.

Dans ces circonstances, il n’est pas surprenant que l’abstention soit le principal résultat des dernières élections au Parlement européen : le 13 juin, seuls 44,2 % des électeurs ont voté.

Ceux qui se sont déplacés ont généralement sanctionné les gouvernements bourgeois en place, qui attaquent tous de la même manière les travailleurs. Qu’ils soient ceux de partis bourgeois (Autriche, Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal…) ou qu’ils soient constitués par les partis ouvriers traditionnels seuls (Grande-Bretagne, Suède) ou, plus souvent, en coalition avec des formations bourgeoises (Allemagne, Finlande, Hongrie, Tchéquie).

Une exception est l’Espagne, où le Parti social-démocrate (PSOE) au pouvoir est de nouveau passé devant le principal parti bourgeois, le PP, qu’il vient de battre aux élections législatives, à l’occasion de la puissante mobilisation ouvrière contre le précédent gouvernement, celui de l’héritier du franquisme, Aznar.

Il n’y a aucune « vague rose » : sur 732 députés, 201 sont travaillistes et sociaux-démocrates. En ajoutant 39 députés des débris du stalinisme autrefois si influent en Europe, les partis ouvriers traditionnels analogues au PS et au PCCh du Chili, au PT du Brésil, etc. ont 240 députés au total, soit un tiers des sièges.

Les divers partis bourgeois ont obtenu 439 sièges : 338 aux partis dirigeants de la bourgeoisie (dont la plupart adhère au groupe parlementaire PPE et une minorité au groupe ELDR), 46 aux partis « souverainistes » ultra-chauvins, 42 aux partis « écologistes ».

 

Dans le cas particulier de la France, quel résultat a obtenu la soi-disant « extrême-gauche » qui avait connu une nette progression électorale aux dépends du PS et du PC ?

En France, le 5 mai 2002, Jacques Chirac, un vieux politicien gaulliste, était élu au second tour de l’élection présidentielle avec plus de 82 % des voix. Le PS, le PCF, la LCR et les directions syndicales avaient appelé à voter pour lui contre l’autre candidat bourgeois présent au second tour, le fascisant Jean-Marie Le Pen (Front national). Le nouveau parti de Chirac, l’UMP, obtenait 369 députés, sur les 577 sièges de l’Assemblée nationale, lors des élections législatives, en juin 2002.

Grâce à ce plébiscite, Chirac et son premier ministre Raffarin ont multiplié les attaques contre la classe ouvrière : lois contre les libertés, chasse aux immigrés, licenciements, privatisations, diminutions des allocations chômage et une attaque frontale contre les retraites. Le projet du gouvernement contre les retraites a pourtant suscité une vague de grèves et de manifestations en mai et juin 2003. Mais les directions syndicales, avec l’aide des pseudo-trotskystes, ont réussi à protéger le gouvernement et à empêcher la grève générale. La classe ouvrière a subi alors une importante défaite.

Aux élections régionales qui se sont déroulées en mars 2004, juste après les élections législatives dans l’Etat espagnol, les travailleurs ont utilisé les bulletins de vote pour exprimer leur rejet de la politique de Chirac et Raffarin. L’UMP de Chirac s’est effondrée et les listes constituées par le PS l’ont largement emporté, si bien que toutes les régions, sauf l’Alsace, ont désormais un président PS.

La consultation européenne a confirmé les élections régionales, la suprématie électorale du PS sur l’UMP. La presse bourgeoise a titré : « Le scrutin du 13 juin scelle l’affaiblissement de MM. Chirac et Raffarin », « Trois mois après les élections régionales, l’UMP essuie un sérieux revers ». En effet, l’UMP de Chirac a eu moins de 17 % des votes. Ses rivaux bourgeois font de bons scores, que ce soit les partisans d’une Europe fédérale (l’UDF : 11,94 %) ou ceux qui rejettent l’Union européenne (MPF, RPF et FN totalisent 18,18 %).

Au total, les partis ouvriers ont recueilli un peu moins de 38 % des suffrages. Le PS a obtenu 28,89 % des voix exprimées et le PCF 5,25 %. Sur leur gauche, les trois organisations issues de la dégénérescence de la 4e Internationale ont subi un échec électoral, totalisant 3,33 %.

Le Parti des travailleurs (lambertiste) s’est présenté séparément et a obtenu 0,77 % des voix. Il a défendu, à son habitude, une orientation réformiste et chauvine. Le PT repose sur le CCI, qui prétend frauduleusement être en France la 4e Internationale, l’organisation révolutionnaire fondée par Trotsky après le passage à l’ordre bourgeois de la 3e Internationale et des partis communistes.

La Ligue communiste révolutionnaire (pabliste) affirme également, et tout aussi mensongèrement, être la section française de la 4e Internationale. Lutte ouvrière (hardyste) prétend, quant à elle, qu’il faut la reconstruire. LO et la LCR avaient, comme pour les élections régionales, des listes communes qui ont obtenu seulement 2,56 % (contre 5,18 % en 1999 et 10 % au premier tour de la présidentielle de 2002). Par conséquent, ils ont perdu leurs députés, qui siégeaient au Parlement européen au sein du groupe stalinien GUE. Ces organisations n’ont ouvert durant la campagne électorale aucune perspective, à part de « lutter » pour améliorer la situation des travailleurs : ni celle d’un parti révolutionnaire, ni des Etats-Unis socialistes d’Europe, ni d’un gouvernement ouvrier, ni même de chasser Chirac.

Pourtant, ces deux organisations ont attiré dans leurs meetings publics, en avril 2002 et en mars 2004, des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes qui cherchent la voie de la révolution. Les courants pseudo-trotksytes ont des milliers de militants, souvent dévoués, qui rejettent à juste titre le PCF et le PS. Mais leurs directions réformistes souillent en permanence le trotskysme.

Ni la LCR, ni LO, ni le PT ne se sont prononcés pour la défaite de l’impérialisme lors des guerres d’agression contre le pays dominés. La LCR soutient même l’ONU. La LCR et LO soutiennent, comme leur bourgeoisie, l’existence d’Israël. La LCR s’est illustrée en votant Chirac en mai 2002. LO a soutenu les réclamations et les manifestations des forces de répression contre la classe ouvrière (les policiers et les gendarmes), en décembre 2001. LO et le PT ont préparé et soutenu les mesures de Chirac-Raffarin contre les jeunes musulmanes (arabes et turques) toute l’année 2003. Comme le PS et le PCF, LO, la LCR et le PT particpent à la cogestion des établissements scolaires et des entreprises. A chaque lutte importante des travailleurs, ils aident les directions traîtres des syndicats à empêcher la grève générale.

 

Quelle a été votre position électorale ?

Le Groupe bolchevik n’a pas les forces de présenter des candidats. Sinon, il aurait participé aux élections régionales et à l’élection « européenne » pour défendre le programme du communisme.

Le GB a estimé qu’il ne pouvait soutenir aucun programme d’aucune liste, toutes acceptant le cadre du capitalisme. Mais, suivant les conseils de Lénine et de Trotsky, les bolcheviks font une différence entre d’une part les partis créés par la classe bourgeoise et d’autre part les organisation qui ont été fondées par la classe ouvrière, même si elles ont capitulé devant la classe dominante. Ainsi, le PS est né du rassemblement de tous les courants socialistes sous l’impulsion de l’Internationale ouvrière en 1905. Lors des dernières manifestations à Paris, l’organisation de jeunesse du PS chantait le chant ouvrier connu dans le monde entier, « L’Internationale ». Quant au PCF, il est né du vote de la majorité du PS-SFIO d’adhérer en 1921 à l’Internationale communiste.

D’ailleurs, pour beaucoup des travailleurs qui ne se sont pas abstenus, le vote pour le Parti « socialiste » (et dans une moindre mesure, le Parti « communiste » français) a semblé le moyen le plus efficace d’exprimer leur haine du gouvernement au service des patrons et des riches. Mais il y a très peu d’illusions dans les masses sur le PS et le PCF, à cause de leur respect de la 5e république et des expériences répétées de leur gestion loyale du capitalisme dans la dernière période (1981-1986, 1988-1995, 1997-2002).

La bourgeoisie a domestiqué depuis longtemps ces partis dans toute l’Europe. Elle a toujours besoin de leur capacité à duper les masses et à protéger l’Etat bourgeois et le règne du capital. Tant que n’aura pas été construit un parti révolutionnaire qui ait la confiance d’une fraction significative du prolétariat et de la jeunesse, les vieux partis traîtres conserveront une place électorale, parlementaire et politique. Ils pourront continuer à exploiter les votes des travailleurs pour gouverner, contre eux, des communes, des départements, des régions, pour défendre le capitalisme français et sa 5e République.

Pour détruire cet obstacle contre-révolutionnaire, l’avant-garde doit se regrouper dans un nouveau parti, révolutionnaire, internationaliste et marxiste. Parce qu’ils veulent construire un parti qui dirigera une insurrection pour détruire l’Etat bourgeois, les révolutionnaires léninistes ne veulent pas couper l’avant-garde de la masse des ouvriers et des employés. Pour édifier un parti de type bolchevik, la dénonciation ne suffit pas : la participation à la lutte des classes est indispensable. Elle implique souvent des tactiques de front unique ouvrier qui répondent à l’aspiration des masses à l’unité de leurs rangs dans la lutte contre le patronat et les gouvernements bourgeois.

Sans semer aucune illusion dans les élections, dans le Parlement européen ni dans leurs programmes, le GB a appelé les travailleurs à voter, s’ils voulaient voter, pour les organisations ouvrières (c’est-à-dire PS, PCF, LO-LCR, PT), contre toutes les listes et contre tous les candidats bourgeois. La déclaration commune au Grupo Germinal et au Groupe bolchevik pour ces élections figure sur notre site, www.revolution-socialiste.info, avec quelques autres documents en espagnol.

 

Comment reliez-vous votre expérience concrète de construction (politique, syndical, etc.), dans votre pays, avec le travail pour l’édification du parti mondial de la révolution socialiste, que vous revendiquez ?

Le Groupe bolchevik est issu du combat pour construire la 4e Internationale en France, puis sauver la section française (qui s’est appelée successivement LC, GBL, POI, PCI, OCI, PCI). Ce combat a finalement échoué, localement et mondialement puisque la 4e Internationale a disparu sans gloire comme organisation révolutionnaire et que rien ne peut la ressusciter, plus de 70 ans après l’appel à la fonder (1933).

Mais le problème de la direction du prolétariat est plus brûlant que jamais. Sans construction d’une internationale ouvrière révolutionnaire et d’un parti ouvrier révolutionnaire dans chaque pays, les plus grandes luttes et l’héroïsme des travailleurs aboutiront à des défaites, à cause des agents de la bourgeoisie qui garderaient le contrôle de la classe ouvrière. Pour résoudre la question de la direction, il faut partir de l’expérience historique du prolétariat mondial, c’est-à-dire de la théorie marxiste et du point le plus élevé du programme, à savoir les quatre premiers congrès de l’Internationale communiste, précisés et enrichis par les documents principaux de la 4e Internationale bolchevik-léniniste (le programme L’Agonie du capitalisme de 1938, le manifeste La Guerre impérialiste de 1940…).

Parce que la lutte des classes est mondiale, on ne saurait construire un parti vraiment ouvrier dans un pays sans participer à la construction de l’Internationale de tous les travailleurs du monde. Sans la critique de ses camarades d’autres pays, il n’est pas possible de s’orienter correctement et de limiter les pressions de toutes les autres classes.

Dès sa fondation, le GB s’est efforcé de nouer ou renouer des liens internationaux, sur une base programmatique ferme, pour regrouper les authentiques révolutionnaires de France (quelle que soit leur nationalité) et collaborer loyalement avec les bolcheviks qui existent forcément dans d’autres pays.

Dans cette voie, il a été déçu par ses tentatives avec la FTSI France (rebaptisée FTQI Europe) liée au PTS argentin, qui nous avons jugés être un regroupement de des bavards qui s’adaptent au Forum social mondial et aux staliniens.

Il a rencontré le groupe EDM d’Espagne à Barcelone, un groupe honnête, mais qui a adopté des positions révisionnistes et sceptiques sur la classe ouvrière.

La LBI du Brésil a cessé tout contact avec le GB sans expliquer pourquoi.

Malgré nos efforts d’ouverture, le GB a constaté que le CRI de France adoptait avec toutes sortes de positions révisionnistes et, surtout, était plus attaché à la participation gaulliste et à la cogestion syndicale qu’au rassemblement des révolutionnaires.

De décembre 2002 à mars 2004, le GB a participé à un Collectif lancé avec la LOI, le CWG de Nouvelle-Zélande, le GOI du Chili et Lucha marxista du Pérou qui a adopté, en particulier, un Appel en 21 points à une conférence internationale. S’y sont adjoints PO de Bolivie et le GG d’Espagne.

Mais le Collectif a échoué à tirer la LOI d’Argentine du caudillisme, du gauchisme verbal et des pratiques opportunistes. Le GB a participé à cet effort, en dépensant toute sa trésorerie en décembre 2002 pour un voyage en Argentine, en améliorant les documents internationaux, en hébergeant un cadre argentin durant 9 mois et en l’accueillant de confiance dans sa direction. Mais la direction de la LOI, comme tant de sectes nationales, veut échapper à tout contrôle international. Elle ne veut que des satellites à l’étranger. Voilà pourquoi la LOI a quitté le Collectif en avril 2004, en lançant toutes sortes d’accusations infondées et de mensonges grotesques à l’égard de LM d’abord, puis du GB, du GG et de PO ensuite.

Grâce à l’Appel, qui s’efforçait de tirer les leçons de la lutte des classes mondiales, la LOI a étendu ses relations en Amérique latine. Le GB a resserré ou noué des liens avec le Grupo Germinal de l’Etat espagnol, LM du Pérou et Poder obrero de Bolivie. Nous continuons avec ces derniers à préparer une conférence internationale pour rassembler les bolcheviks aujourd’hui dispersés. Concrètement, le Collectif a lancé pour le 1er mai 2004 une déclaration internationaliste avec vous, Poder obrero de Colombie et les Devrimci parti gücleri (Forces du parti révolutionnaire) de Turquie.

Grâce à ces tentatives de rapprochement et de travail en commun, à travers échecs et réussites, le noyau léniniste-trotskyste français a renforcé son niveau politique. Il publie un meilleur journal pour l’avant-garde. Malgré des forces réduites, il a débuté un travail de solidarité avec les Palestiniens et chez les ouvriers immigrés.

Le Groupe bolchevik construira le parti en France avec tous ceux qui veulent préparer la révolution et il construira un centre international avec les bolcheviks du monde entier. Nous souhaitons que la FT du Brésil et le Comité constructor por un POR d’Argentine participent à ce processus de délimitation et de regroupement.