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Editorial de
Révolution Socialiste n°11-12
Le PS, le PCF, les dirigeants des
syndicats lui laissent
les mains libres
Rarement
un gouvernement aura œuvré aussi visiblement pour satisfaire les intérêts des
capitalistes français, dont la voracité est décuplée par la situation de
quasi-récession économique. Ceux-ci licencient les travailleurs par dizaines de
milliers, avec l’aval de la machine étatique qui autorise les « restructurations » et envoie la
police contre les manifestants. Officiellement, 60 000 emplois ont été
supprimés au premier semestre 2003. À la fin de cette année, officiellement,
10 % de la population active risque de se retrouver au chômage. Tous les
secteurs sont touchés : transport (Air Lib, Air littoral, Grimaud, Tat),
télécommunications (Daewoo, Alcatel, Solectron, Viasystems, STMicroelectronics,
Thomson, Philips), aéronautique (Astrium, Sogerma),
agroalimentaire (Doux, Altadis, Nestlé, Yoplait), cristallerie Daum, automobile
(Matra, Française de mécanique), BTP (Muller), chimie (Atofina), construction
électrique (Schneider), métallurgie, sidérurgie (Alstom, Métaleurop, Sollac,
APM, Péchiney, Comilog), la liste n’est malheureusement pas exhaustive. Ce sont
des dizaines de milliers de familles ouvrières frappées, pour que les patrons,
les actionnaires, ceux qui vivent de l’exploitation du travail salarié,
établissent les conditions d’un profit supérieur.
Le
gouvernement apporte toute l’aide nécessaire aux fauteurs de chômage, de
précarité accrue. Ainsi, il a avalisé le plan de licenciement de 30 000
intermittents du spectacle, comme il a couvert toutes les vagues de
licenciements. Par un décret publié le dimanche 27 juillet, en douce, Raffarin
a divisé par deux le montant maximum des indemnités versées aux salariés des
entreprises en faillite (Les Échos,
29 juillet 2003), modifiant le code du travail. Depuis, aux journées
parlementaires de l’UMP, le 23 septembre, le ministre Fillon des Affaires
sociales a prôné une « réécriture du
droit du travail », reprenant, entre autres, deux propositions
directement tirées de la « refondation
sociale » du MEDEF.
Flexibiliser certaines clauses
relatives à l’embauche ; définir un nouveau contrat de travail
correspondant à une durée de projet. (Le Monde, 24
septembre 2003).
En
clair, faire sauter les restrictions actuelles au contrat à durée déterminée
(dont la limitation à dix-huit mois), affranchir les patrons de toute entrave
au licenciement.
Dans
la même veine, son projet de loi relatif au « dialogue social » étend la possibilité de conclure des accords
d’entreprise dérogatoires aux accords de branche ou interprofessionnels. Le
MEDEF apprécie : le prolétariat divisé en petites unités sera bien moins à
même de défendre ses intérêts ; sa résistance isolée site par site pèsera
moins lourd contre les visées patronales.
Une
proposition de loi émanant de députés UMP (dont Madelin) vise à compléter ce
dispositif en liquidant l’inspection du travail.
Il
n’est pas sain de maintenir en permanence entre les salariés et les employeurs,
un représentant de l’État. Celui-ci, par son interventionnisme, est un frein
pour l’instauration de relations constructives entre partenaires sociaux.
La
présente proposition de loi prévoit de modifier les règles de recrutement des
inspecteurs du travail. Ils devront obligatoirement avoir deux ans d’expérience
professionnelle dans une entreprise, soit en tant que salarié, ou en tant
qu’employeur. Par ailleurs, après le recrutement, des stages devront être
effectués, au minimum tous les deux ans, dans un souci de meilleure
compréhension des réalités économiques.
Pour
les amis de Fillon, il est temps d’embaucher des alliés des patrons en guise
d’inspecteurs du travail, appellation qu’ils proposent d’ailleurs de modifier.
Il est temps de se débarrasser de tous ces fonctionnaires (contrôleurs et
agents du ministère du travail) « employés
dans des directions départementales et régionales à des tâches entravant bien
souvent la liberté d’entreprendre. »
Avec
l’application du PARE, des dizaines de milliers de travailleurs ont été rayés
des listes de chômeurs. 850 000 vont être touchés par la réduction des durées
d’indemnisations. L’UNEDIC prévoit de passer de 52,7% de chômeurs indemnisés
cette année, à 45,3% en 2004. Le 1er janvier 2004, 180 000
prolétaires perdront toute allocation (accord MEDEF, CFDT, CFTC, CGC de
décembre 2002). En février, ils seront 250 000. Ensuite, chaque mois, des
milliers d’autres se retrouveront pareillement étranglés.
Dans
le même temps, l’État décide de limiter à deux ans le versement de l’Allocation
de solidarité spécifique (ASF) pour les chômeurs « en fin de droit » et d’en baisser le montant (calcul sur le
revenu global du foyer). 30 000 sortis de l’ASF n’auraient pas droit au
RMI.
Un
tiers des chômeurs que les ASSEDIC n’indemnisent plus percevait le RMI. Le
gouvernement a fait adopter par l’Assemblée nationale le RMA, qui s’y
substituera. Plus exactement, le montant du RMI ira directement dans la poche
du patron, qui aura la bonté de compléter à hauteur du SMIC (183 euros pour 20
h minimum de travail par semaine). Les départements prendront en charge les
coûts à l’embauche et de formation et le patron sera exonéré de charges sur le
montant correspondant au RMI. Autrement dit, il disposera de main d’œuvre à
2,28 euros de l’heure ! Le coût horaire est divisé par 5, par rapport à un
CDD « classique » au SMIC. L’affaire est si juteuse que les députés
UMP ont décidé d’ouvrir le revenu minimum d’activité aux entreprises de travail
temporaire (premier employeur en France aujourd’hui) et de ne pas limiter aux
5 % initialement prévus le nombre de RMA dans les entreprises de plus de
vingt salariés. Quant aux allocataires, ils cotiseront pour la retraite et les
indemnités chômage sur un tiers de la rémunération mensuelle, ce qui fait du
RMA une véritable entreprise d’exclusion pour le présent et l’avenir.
Dans
une interview aux Échos (20 novembre
2003), le ministre Fillon parfait le boulot en annonçant pour 2004 « une réforme du marché du travail au travers
d’une nouvelle loi ». Elle prévoit de « s’attaquer aux pénuries de main d’œuvre dans les secteurs
déficitaires : bâtiment, restauration, services aux personnes, etc. »
Pour cela, « le rapprochement ANPE -
UNEDIC » sera réalisé, car « c’est
la même main qui doit verser l’allocation et aider à retrouver le chemin du
travail. » « Le chômeur ne
peut pas éternellement refuser les offres si elles sont proportionnées. »
Les
travailleurs ne portent aucune responsabilité quant aux conditions de salaires
et de travail dans les différents secteurs où les patrons les exploitent ;
ils ne portent pas davantage la responsabilité des licenciements. Les fauteurs
de chômage, ce sont les capitalistes : à eux de payer !
A
l’ère du capitalisme ascendant aussi bien qu’à l’époque du déclin capitaliste
et la désintégration économique, les crises se produisent au cours de
cycles : d’abord une expansion, ensuite une dépression, suivie d’une autre
expansion, une autre dépression. (L. Trotsky, 1921, The first five years of the
Communist international)
Les
politiciens bourgeois et les journalistes superficiels avaient vu, dans la
précédente expansion, la preuve de la santé retrouvée de ce qu’ils baptisent
pudiquement « l’économie de marché ». Mais, à mi-2000, la récession
américaine a entraîné un ralentissement mondial de la croissance. L’économie
capitaliste française n’y a pas échappé. La croissance ralentit un peu plus
chaque année, jusqu’à la quasi-stagnation actuelle du PIB : 3,8 % en
2000 ; 2,1 % en 2001 ; 1,2 % en 2002 ; sans doute
0,3 % en 2003. Le déficit budgétaire se creuse et le Pacte de stabilité
que l’État français (avec l’Allemagne) a imposé à ses concurrents en Europe,
vole en éclats.
Les
économistes bourgeois s’inquiètent, l’expansion américaine n’a pas entraîné de
reprise généralisée à l’échelle mondiale et elle porte les stigmates du
capitalisme décadent.
L’embellie
qui s’annonce, en aggravant dangereusement les déséquilibres qui menaçaient
déjà l’économie mondiale, a peu de chances d’amorcer une nouvelle période
d’expansion durable. (L’Expansion,
octobre
2003)
En
Europe, l’activité stagne (- 0,1 % pour la zone euro au deuxième
trimestre) et, selon le FMI, la croissance en 2004 y serait inférieure de
moitié à celle des États-Unis (1,9 % contre 3,9 %). (Le Monde, 21 octobre 2003)
La
croissance atteindrait 3 % aux États-Unis en 2003, au prix de remèdes pour
malade incurable : nouvelles baisses d’impôts pour les riches, taux
d’intérêt directeur extrêmement bas (1,15 %) et déficit budgétaire inédit
(500 milliards de dollars, 5 % du PIB). Ce denier est creusé par les dépenses
d’armement qui devraient atteindre 401 milliards de dollars en 2004 (à titre de
comparaison, le PIB entier du Tchad ou de la Mauritanie est de l’ordre
d’1 milliard de dollars). Que le militarisme sévisse à ce point et que la
première économie du monde soit stimulée par les dépenses colossales en moyens
de destruction de l’humanité est un terrible acte d’accusation contre le
capitalisme. Cependant, aucune politique économique bourgeoise ne peut empêcher
la baisse du taux de profit et, par conséquent, les crises qui en découlent.
Les palliatifs du gouvernement Bush et de la Réserve fédérale portent en eux
les facteurs de la prochaine crise financière et économique : alimentation
de la spéculation immobilière, aggravation du déficit commercial,
affaiblissement du dollar…
Mais
tant que le prolétariat n’a pas pris le pouvoir, ce sont les travailleurs
salariés, particulièrement les femmes, les immigrés et les ouvriers ou employés
peu qualifiés, qui paient partout le prix du maintien du capitalisme en termes
d’intensification du travail, d’allongement de sa durée, de flexibilité, de
baisse des droits aux soins, à l’instruction. Un des traits répugnants du mode
de production basé sur le profit est la mise à l’écart, en permanence, d’une
partie du prolétariat.
Voilà
l’objectif inlassablement poursuivi par le gouvernement pour permettre aux
capitalistes de remonter leurs profits, de rétablir leurs positions face à
leurs concurrents sur le marché mondial. Au travers de toutes ces mesures
contre les prolétaires employés ou non, s’affirme l’incompatibilité absolue
entre les légitimes besoins du prolétariat et les intérêts des exploiteurs.
En
2003, 100 000 « contrats jeunes
en entreprise » ont été signés, le gouvernement avance le doublement
de ce nombre pour l’année prochaine. Rappelons que ces contrats exonèrent
l’employeur du paiement des « charges sociales », c’est à dire de sa
part du salaire différé.
En
2004, nous travaillerons gratuitement un jour jusque là férié : pour les
salariés, cela signifie l’augmentation de la durée du travail sur l’année et la
diminution du salaire horaire. Les patrons seront « solidaires » en
se contentant de payer 0,25 % de cotisation en plus sur le salaire brut,
le reste tombera encore une fois dans leurs griffes. La nécessité de financer
un plan d’urgence pour les vieux n’est qu’un prétexte. Blondel vend la mèche
dans Le Monde des 9 et 10 novembre
2003 :
M.
Raffarin m’en avait parlé officieusement avant la réforme des retraites.
Donc
à un moment où la température était encore clémente…
Sans
cesse, le pouvoir d’achat de la population laborieuse est attaqué : hausse
du prix du gazole, du tabac, déremboursement de milliers de médicaments, baisse
du montant des retraites, envol des loyers. La hausse des prix des produits de
base est comprise entre 3 et 8 % selon les marchandises. Les impôts votés
par les conseils généraux ont augmenté en moyenne de 4,7 %.
Dans
le budget que le gouvernement fait voter en ce moment à l’Assemblée nationale,
les aides aux personnes en difficultés baissent de 11,5 % par rapport au
précédent. Moins 7 % pour le logement social, suppression des subventions
aux transports en commun des villes. L’aide médicale (AME), qui permet aux
travailleurs étrangers auxquels l’État refuse des papiers, de se soigner, est
financée à 233 millions quand il en faut 600. Les postes de fonctionnaires sont
réduits de 5 000.
Évidemment,
le gouvernement C-R-S, la presse qui le sert, invoquent la mauvaise situation
économique, le poids des déficits pour justifier ces restrictions.
Seulement
voilà, le budget de la police augmente de 5,1 %, celui de la justice de
4,1 % ; les dépenses d’équipement de l’armée gonflent de 10 % et
son budget global de 4,3 %.
L’impôt
sur les grosses fortunes (ISF) a été allégé de 400 millions d’euros en
juillet par la loi Dutreil sur « l’initiative
économique » ( ! ) et Raffarin prévoit une retouche de l’ISF
en 2005 pour réduire le nombre d’assujettis (Le Monde, 16 octobre 2003).
Les
patrons ramassent 3 milliards 300 millions d’euros d’allègement de charges (que
le gouvernement demandera ensuite aux travailleurs de payer en les baptisant
« trous de la Sécurité sociale »). Le budget leur alloue également un
report illimité des déficits fiscaux (auparavant, 5 ans maximum) : coût du
cadeau, 80 millions d’euros. Les « jeunes entreprises innovantes » bénéficieront d’une
exonération d’impôt pour les trois premières années et de moitié pour les deux
suivantes. Les collectivités territoriales pourront les exempter de taxe
foncière et de taxe professionnelle pendant sept ans.
Le
gouvernement Chirac – Raffarin - Sarkozy constitue l’état major politique de la
classe capitaliste, il sert ses intérêts avec zèle, contre le prolétariat et la
jeunesse.
·
Contrôles
au faciès, assimilation constante entre immigrés et délinquants, une campagne
puante est orchestrée depuis le ministère de l’Intérieur, via les médias aux
ordres. La chasse aux jeunes arabes, aux Roms, est ouverte. Depuis son arrivée
au pouvoir, ce gouvernement a férocement durci l’arsenal répressif contre les
travailleurs étrangers. La dernière loi Sarkozy entrave plus encore la
possibilité de séjour des étrangers en France : durcissement des
conditions du scandaleux certificat d’hébergement, fichier informatique
d’empreintes et de photos à partir des visas et des contrôles aux frontières.
Elle allonge, de 12 à 32 jours, la durée pendant laquelle un travailleur auquel
Chirac et Sarkozy refusent des papiers sera enfermé avant d’être chassé du
territoire. La loi Sarkozy instaure une amende de 3 750 euros et trois ans
d’interdiction de résider en France pour tout étranger qui travaille au noir.
Jusqu’à présent, le code du travail stipule que c’est l’employeur qui est
coupable en pareil cas, c’est lui qui profite, au sens précis du terme, d’une
telle situation. Le travailleur la subit, n’ayant pour seul moyen de vivre, que
la vente de sa force de travail. Elle exige que les étrangers qui viennent en
France visiter leur famille, souscrivent une assurance particulière pour être
soignés ici en cas de besoin. Elle impose deux ans de vie commune aux couples
franco-étrangers avant d’accorder une carte de résident au conjoint non
français ; cette attribution sera également soumise au fait de parler le
français et de justifier d’une formation professionnelle.
·
Le
gouvernement a publié la liste des privatisations qu’il entend mener à
terme : Air France, Thomson, Sanef, Thalès, EADS, Snecma, Renault. Le sort
des fonctionnaires et des autres salariés de France Télécom se discute en ce
moment à l’Assemblée nationale. EDF-GDF, c’est pour le début de l’année
prochaine.
·
Le
ministre de la Fonction publique, Delevoye, a annoncé « pour avant la fin de l’année, un projet de
loi sur la fonction publique ». Il teste d’ores et déjà « un salaire favorisant le mérite ».
Depuis l’année 2000, la perte du pouvoir d’achat du point d’indice atteint
4 % : l’État patron escompte imposer qu’aucun rattrapage n’ait lieu.
Depuis la désindexation de 1982, la perte se chiffre à 20 %.
·
Avec la décentralisation de 10 000 ouvriers, agents et
techniciens des collèges et des lycées, l’offensive contre l’enseignement
national public a franchi un cap. Le budget 2004 la met en musique :
suppression de 9 000 postes de surveillants, d’un millier d’emplois
administratifs ; zéro création de poste d’enseignant dans l’enseignement
supérieur ; redéploiements massifs (1 610 postes perdus dans le
second degré), moins 2 500 postes de professeurs stagiaires anticipant les
baisses de postes au concours, alors que des dizaines de milliers d’enseignants
vont partir à la retraite ; après l’annulation de 30 millions d’euros
en mars 2003 sur les bourses, secours d’études, fonds sociaux, nouvelle
diminution de 10 % adoptée. Évidemment, l’annonce d’un budget de
l’éducation nationale augmentant de 2,9 % est mensongère : l’écart
entre les crédits votés en 2003 et ceux annoncés pour 2004 est de 1,7 %.
Si on prend en compte la donnée INSEE d’augmentation des prix de 2 %,
c’est un budget en négatif que l’UMP a voté.
·
Dans « l’agenda, pour juillet
2004 », le gouvernement a inscrit la « modernisation de l’assurance maladie ».
Nous
avons l’intention d’aller cette fois au bout de la réforme. (Raffarin, Le Monde, 15 octobre
2003).
La
campagne bat son plein pour enfoncer au marteau dans les têtes que la
population se soigne trop, qu’elle gaspille. Les « statistiques »,
d’une fiabilité toute chiraquienne, foisonnent :
Chaque
Français consomme en moyenne 4 boîtes de médicaments par jour. […] Le déficit de la branche maladie
atteint 10,6 milliards d’euros, au delà du déficit historique de 1995. (Mattei)
Le
ministre de la privatisation de la santé n’a pas choisi la date au
hasard : il entend finir le travail de Juppé. La majorité UMP à
l’Assemblée nationale tient les rennes du budget de la Sécurité sociale, il
reste à inviter les copains à se servir dans le plat. Un des objectifs du
gouvernement est de permettre aux capitalistes de la Fédération française des
sociétés d’assurances de mettre la main sur les milliards qui leur échappent
encore, en réduisant à pas grand chose la couverture maladie des travailleurs
et donc en imposant de s’assurer à titre personnel ou de ne plus se soigner.
La
Fédération française des sociétés d’assurances, invitée par le gouvernement à
faire des propositions pour la réforme de l’assurance-maladie, l’invite à
redéfinir les champs d’intervention de la Sécurité sociale et des assurances
complémentaires. […] Elle
demande que la Sécurité sociale se recentre sur la prise en charge des maladies
graves et propose que les assureurs complémentaires prennent en charge dès le
premier euro les remboursements de certaines prestations comme l’optique, le
dentaire, les prothèses auditives et les petits appareillages. La FFSA prône le
développement de l’assurance volontaire. (Le Monde, 6 juin 2003).
Le
président de la FFSA s’appelle de La
Martinière, ce n’est donc pas un vulgaire voyou… Il veut que les soins
courants ne soient plus remboursés par la Sécurité sociale, qu’on se passe de
lunettes, de soins dentaires, de « petits
appareillages » si on n’est pas assuré individuellement pour cela,
chez lui. Monsieur de La Martinière n’est pas un vulgaire voyou, c’est
l’inspirateur de Raffarin :
Le
gouvernement sera « particulièrement attentif aux réflexions sur la
distinction entre ce qui doit relever de la solidarité collective et ce qui
doit relever de la responsabilité personnelle ». Il distingue
« petits risques » et « risques lourds. Le sentiment de
gratuité » étant, selon M. Raffarin, l’une des causes de la dérive, la
réforme devra faire prendre conscience aux Français de la réalité des coûts. (Le Monde, 15 octobre
2003).
Augmentation
du forfait hospitalier, déremboursement de milliers de médicaments, d’ores et
déjà dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2004, la population
laborieuse paie le prix fort. Mais comme on le voit, Mattei, Raffarin et de La
Martinière n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin.
Le
prolétariat a la capacité de combattre, sa puissance sociale est gigantesque.
La bourgeoisie française le sait. Ses difficultés dans la conjoncture
économique, l’usure du chef du gouvernement, l’appétit des chéfaillons bavant
déjà sur le fauteuil de président ne sont pas des signes de force. Ce qui lui
donne son arrogance contre la classe ouvrière, la jeunesse, c’est la certitude
que les dirigeants des organisations ouvrières, syndicats en tête, ne mettront
pas de bâton dans les roues, prendront même leur part du sale boulot.
Leur
trahison patente de l’action engagée en mai et juin par des millions de
travailleurs pour défendre les retraites l’a montré une fois de plus. Après
avoir justifié l’attaque gouvernementale en réclamant eux-mêmes « une réforme », ils se sont
arc-boutés contre les grévistes et les manifestants en protection du
gouvernement : pas question d’appeler à la grève générale qui, à coup sûr,
l’obligerait à retirer le plan Fillon. Par les journées d’action et les
« temps forts », par l’organisation directe de la reprise du travail
à la SNCF et à la RATP, par les reconductions ailleurs, de jour en jour, de
grèves impuissantées parce que sectorielles, locales, Thibault, Blondel,
Aschieri et leurs compères ont épuisé le mouvement des travailleurs et laissé
le gouvernement à l’abri. Pas question d’appeler à la grève générale qui
ouvrait la possibilité de le chasser. Dans la foulée, les félicitations
réciproques ont fleuri :
François
Fillon a d’ailleurs tenu à rendre hommage à la CGT et à son secrétaire général,
Bernard Thibault, pour son « attitude responsable ». En soulignant
ainsi « l’opposition raisonnable » de la CGT, « même dans les
moments de tension », le ministre du travail sait gré à la centrale de
Montreuil de s’être évertuée à empêcher la généralisation du mouvement. (Le Monde, 17 juin 2003)
À
l’Assemblée nationale, Debré a laissé se dérouler le jeu inoffensif des
amendements et des débats :
L’important
était de donner l’idée que l’on se bat. (Bocquet, le jour de l’adoption de la
loi Chirac-Fillon, Le
Monde,
24 juillet 2003)
En
remerciements, les chefs des groupes parlementaires PCF et PS ont chanté ses
louanges :
M.
Bocquet et Ayrault ne lui ont-ils pas décerné un brevet de « bon
président » ? Un président qui dira son « estime » et sa
« considération » à M. Ayrault, mardi 1er juillet, après
les attaques du premier ministre contre le PS. (Le Monde, 3 juillet 2003).
Vous
reprendrez bien un peu de champagne ?
Les
dirigeants syndicaux, le PS, le PCF, flanqués de la LCR, ont appelé à voter Chirac
au second tour de l’élection présidentielle. Ils lui ont renouvelé leur soutien
au moment du déclenchement de la guerre impérialiste contre l’Irak. Quelques
marques d’affection réciproques : parmi les emplois fictifs de la mairie
de Paris figurait le financement, entre 1990 et 2001 (Chirac puis Tibéri), d’un
garde du corps de Blondel, ce champion de l’indépendance syndicale ; Olive
(UNSA) et Aschieri (FSU) serrent en juin la pince de Sarkozy qui ordonne la
matraque contre les manifestants ; Bové, pas rancunier, fait de même en
août au Larzac ; l’ex-président de SOS-Racisme et actuel secrétaire
national du PS « chargé des
questions de société » complimente Sarkozy à l’université d’été du
MEDEF, où tout ce beau monde se rend bien sûr :
Un
responsable qui redonne espoir aux jeunes dans l’action politique. (Le Monde, 30 août 2003)
Pour
tous ceux-là, le gouvernement Chirac – Raffarin – Sarkozy - Fillon est
légitime, il peut continuer à gouverner, c’est à dire à pilonner le prolétariat
et la jeunesse.
Après
le coup terrible contre les retraites, les dirigeants de la CGT et de FO (ne
parlons pas de la CFDT de Chérèque qui se tient systématiquement du côté du
manche patronal) se sont mis aux abonnés absents alors que pleuvaient les coups
contre les chômeurs, que déferlaient les licenciements, que Sarkozy organisait
la traque aux immigrés. Aucune riposte nationale. Pas un mot tandis que le
gouvernement faisait adopter, à l’Assemblée, le condensé de sa politique :
le budget 2004. Pire, non seulement ils n’entravent pas l’offensive de ce
gouvernement ultra réactionnaire contre les droits et acquis ouvriers,
mais ils y participent.
·
Le
mardi 30 septembre, le gouvernement obtient la signature des dirigeants de la
CGT, après celle de FO, au bas de son texte sur la formation professionnelle.
Le MEDEF a paraphé avec plaisir un document dont il est le rédacteur et qui
institutionnalise la formation hors temps de travail avec une indemnité de
50 % du salaire, une rémunération des jeunes en contrat de
professionnalisation à 55 ou 70 % du SMIC ou encore l’impossibilité de se
soustraire aux demandes de « formation »
émanant de l’employeur, pour qui cette possibilité devient une variable
d’ajustement des effectifs. Maryse Dumas, secrétaire confédérale qui a
représenté la CGT dans cette affaire, s’explique dans un organe du capital
financier :
La
CGT se refuse à signer un accord synonyme de régression sociale. Ici, ce n’est
globalement pas le cas. L’accord comporte plusieurs avancées, mais aussi des
aspects pouvant être dangereux pour les salariés. C’est en signant cet accord
que nous serons le plus à même d’empêcher, dans chaque entreprise, que ces
aspects dangereux voient le jour. (La Tribune, 30 septembre 2003)
Résumons :
la CGT apporte sa caution à des dispositifs défavorables aux travailleurs qu’il
faudrait ensuite combattre entreprise par entreprise. La justification de cette
signature frise le grotesque : la CGT aurait approuvé l’accord au niveau
national interprofessionnel, pour bloquer son application à la base !
La
Tribune : Concrètement, comment comptez-vous améliorer cet accord ?
M.
Dumas : Tout d’abord, nous serons présents dans chaque négociation,
entreprise par entreprise. C’est là que les salariés ont besoin de la CGT.
En
effet, au ministère, ce n’était pas les travailleurs qui avaient besoin de la
CGT, mais le gouvernement et le MEDEF, et la bureaucratie qui la contrôle n’a
pas manqué. Signer en ce moment un accord avec le patronat, avec Chirac –
Raffarin, est une aide précieuse dans l’offensive qu’ils déploient contre la
classe ouvrière. Elle vise à légitimer l’action du gouvernement et à
déboussoler les travailleurs qui voient les dirigeants syndicaux passer
beaucoup de temps à serrer la main des ministres. Le premier d’entre eux a
salué cette signature comme « une
étape très importante dans notre dialogue social. » Dumas a bien
compris le message, elle fait allégeance déjà pour les prochaines étapes :
Nous
abordons les prochaines négociations dans le même esprit que celles sur la
formation. La CGT veut se mettre en situation de signer des accords.
·
Et
dans la foulée, la direction de la CGT a accepté, comme celle de toutes les
organisations syndicales, de participer au Haut
conseil pour l’avenir de l’assurance – maladie, mis en place à Matignon le 13 octobre. Chirac, Raffarin, Mattei
étranglent la Sécurité sociale à coups d’exonérations de cotisations
patronales, de milliards d’euros de dettes impayées ; ils asphyxient les
hôpitaux publics ; ils suppriment et limitent les remboursements aux
travailleurs : les dirigeants syndicaux vont siéger à leurs côtés, comme
si de rien n’était, comme si les orientations de la « réforme » n’étaient pas connues.
Devant
les députés, le ministre de la santé, Jean-François Mattei, a assuré aujourd’hui
qu’il n’y aura « pas d’étatisation » ni de
« privatisation » de la sécurité sociale et que le gouvernement est
« profondément attaché à notre système à la française ». On verra ce
qu’il adviendra du système après les négociations avec les interlocuteurs
promises avant la finalisation du projet de réforme qui est annoncé pour l’été
prochain. (FO Hebdo, 14 octobre
2003)
La
bourgeoisie française renouvelle, sans même s’en cacher, le coup du « Conseil d’orientation des retraites »
qui lui avait si bien réussi : on hurle que la Sécurité sociale est
malade, les dirigeants des syndicats donnent leur accord pour l’élaboration
d’un « diagnostic partagé ».
Ils cautionnent ainsi la préparation de la « modernisation de l’assurance – maladie ».
·
Tandis
que le gouvernement supprime des postes de fonctionnaires, prépare les
privatisations, gèle les salaires des fonctionnaires, déclare son intention de
les payer au mérite, les dirigeants de toutes les fédérations de fonctionnaires
acceptent de s’asseoir dans les fauteuils de « l’Observatoire de l’emploi public » dont Delevoye annonce la
mise en place. Objectif de cette instance supplémentaire de
participation :
Il
devrait favoriser l’émergence d’un diagnostic partagé sur la rémunération des
fonctionnaires et l’évolution de leur pouvoir d’achat. (Le Monde, 17 septembre
2003)
·
Le
15 septembre, Raffarin, flanqué de Ferry et Darcos, installe la commission de
pilotage du « débat national sur
l’avenir de l’école ». Figurez-vous qu’elle est chargée d’organiser
à
partir de novembre, de multiples débats dans les établissements scolaires,
permettant de dresser un « diagnostic partagé sur l’état de
l’école », avec les syndicats, les parents, les entreprises, les salariés,
les élus. Son rapport, attendu pour le printemps prochain, doit mener au vote
d’une loi d’orientation ou de programmation d’ici à la fin de 2004. (Le Monde, 16 septembre
2003)
Les
directions de la FSU et de l’UNSA éducation obtempèrent aussitôt. Elles
effacent le tableau des suppressions de postes et de classes, des attaques
incessantes contre les personnels de l’enseignement public, contre le droit aux
études. Le gouvernement Chirac – Ferry est pour eux un partenaire :
Nous
souhaitons jouer le jeu. Mais il ne faudrait pas que le gouvernement donne l’impression,
avec ce débat, d’esquiver les revendications des personnels de l’éducation. (Aschieri,
secrétaire général de la FSU, Le Monde, 17 septembre 2003)
On
aimerait que ce débat ne conduise pas à une loi de retouches mais donne le cap
pour l’école pour les vingt ans qui viennent. (Gonthier, UNSA éducation, Le Monde, 17 septembre
2003)
La
presse syndicale engage les enseignants, les personnels, contre leurs intérêts
les plus élémentaires, à participer à l’opération. Le journal du SNES, L’US, titre le 24 octobre :
École :
saisir toutes les occasions d’en débattre.
Dans
le cadre du grand débat sur l’école, le SE - UNSA a pris l’initiative de lancer
une consultation nationale sur le bilan que font les enseignants de
l’application de la loi d’orientation de 1989. (La lettre des enseignants, 17 octobre
2003)
La
palme revient au SNUIPP (FSU), syndicat majoritaire dans le premier degré. Il
est incontestablement sur la ligne du référendum, la ligne de Chirac en 1995,
avant que la mobilisation des travailleurs du secteur public pour le retrait du
plan Juppé, ne lui impose d’en rabattre, par prudence.
Le
système éducatif mérite assurément un large débat mené avec l’ensemble de la
société. (Fenêtres sur
cour,
14 octobre 2003)
Non
seulement il réclame que les enseignants s’impliquent dans le « débat », mais il leur fait porter
la responsabilité des mesures que le gouvernement arrêtera par la suite. Pour
compléter, il dénonce les petits camarades comme fauteurs d’échec scolaire.
Sans doute à la grande satisfaction du patron.
La
future loi sera aussi le résultat de l’engagement des enseignants dans cette
réflexion. (Fenêtres
sur cour, 13 novembre 2003)
Si
le SNUIPP souhaite un débat sans complaisance, il n’est cependant pas disposé à
laisser se développer une campagne laissant à penser que toutes les difficultés
du système éducatif se concentrent à l’école primaire. Le collège, le lycée,
l’université doivent aussi évoluer pour conduire tous les enfants et les jeunes
sur le chemin de la réussite. (Fenêtres sur cour, 14 octobre 2003)
Le
PS et le PCF ne sont pas en reste ; ils ont convoqué l’un des « Assises », l’autre un « Forum » pour participer aussi de
l’entreprise de démolition de l’enseignement public.
Dans
la ligne du vote Chirac, la participation à toutes les instances de préparation
des attaques anti ouvrières, le dévoiement des ripostes que les masses engagent
pour se défendre, confirment chaque jour que les bureaucraties syndicales,
comme le PS et le PCF auxquelles elles sont liées, sont définitivement passées
du côté de la défense de l’ordre bourgeois.
Cette
collaboration active des appareils syndicaux corrompus, des partis ouvriers
traîtres et dégénérés, est absolument nécessaire à la bourgeoisie pour faire
passer ses plans. Elle vise à corseter le prolétariat, à l’empêcher de défaire
la politique du gouvernement, de chasser ce gouvernement ultra réactionnaire.
Cela signifie que la puissance de la bourgeoisie n’est que relative, que le
prolétariat et la jeunesse, certes déboussolés par la politique de ceux qui
disent les représenter, disposent d’un gigantesque potentiel de combat. Comme
l’attestent la mobilisation de mai et juin contre la « réforme » des
retraites, les multiples tentatives pour bloquer les licenciements, la
mobilisation étudiante qui essaie de se dresser en ce moment contre le plan
Chirac – Ferry de dislocation de l’enseignement supérieur public (voir tract
reproduit dans ce numéro), la classe ouvrière, la jeunesse, agressées par les
attaques du capital, cherchent à se défendre. Elles ne renoncent pas à lutter
et cette spontanéité est capable de renverser tous les dispositifs de
collaboration de classe.
L’orientation
des masses est déterminée, d’une part, par les conditions objectives du capitalisme
pourrissant ; d’autre part, par la politique de trahison des vieilles
organisations ouvrières. De ces deux facteurs, le facteur décisif est, bien
entendu, le premier : les lois de l’histoire sont plus puissantes que les
appareils bureaucratiques. (Trotsky, Programme de transition)
Aucun
licenciement, répartition des heures de travail entre toutes les mains
disponibles ; augmentation générale des salaires, garantis contre la
hausse des prix ; abrogation de toutes les mesures contre la Sécurité
sociale, établissant une véritable solidarité ouvrière pour la gratuité des
soins ; droit pour tous les travailleurs de circuler et de s’installer
librement partout, annulation de toutes les lois contre le séjour des étrangers
en France ; droit pour tous à l’instruction, à la qualification :
voilà ce que revendique légitimement la population laborieuse, elle qui crée
toutes les richesses que les capitalistes s’accaparent.
Ces
revendications vitales pour le prolétariat résultent des maux que le
capitalisme a lui–même engendrés et sont en même temps incompatibles avec le
maintien de ce mode de production. Voilà pourquoi il faut l’abattre. Pour
garantir le droit au travail pour tous, les revendications élémentaires du
prolétariat, pour sortir l’humanité de la misère et des guerres, il faut
exproprier le capital, socialiser les moyens de produire et d’échanger. Ainsi
pourra être élaboré par les travailleurs un plan de production dont l’objectif
sera de satisfaire les immenses besoins des masses. Seule la prise du pouvoir
par le prolétariat, la réalisation du socialisme ouvriront une ère nouvelle
pour tous les exploités, pour le genre humain dans son ensemble.
Cette
perspective s’incarne dans la lutte de classe de chaque pays contre la bourgeoisie
et son État ; en France, elle est inséparable du combat contre le
gouvernement Chirac – Raffarin et sa politique, contre la ligne
collaborationniste des dirigeants syndicaux, du PS et du PCF, qui protège un
tel gouvernement.
Parce
que les travailleurs ne disposent pas d’un Parti ouvrier révolutionnaire, ils
subissent la politique traître des vieilles directions (partis et syndicats) du
mouvement ouvrier, mais ils n’ont aucun autre instrument dans la lutte des
classes. C’est pourquoi ils cherchent à utiliser ces organisations quand ils se
mettent en mouvement pour se défendre. Ainsi en mai et juin, se sont-ils
efforcés de contraindre la direction de la CGT, de FO, de la FSU, de l’UNSA
d’appeler à la grève générale. Ils exprimaient le nécessaire pour gagner. De
même, les étudiants essaient-ils de se servir de l’UNEF, qu’ils ont contrainte
de se prononcer pour le retrait des plans gouvernementaux.
Aider
à la mobilisation du prolétariat, préparer des victoires, réclament de formuler
les mots d’ordre qui permettraient que la puissance du prolétariat se dresse
contre la bourgeoisie, que les obstacles des vieilles directions soient
dénoncées et finalement balayées :
Rupture des organisations
ouvrières (partis et syndicats) avec le gouvernement Chirac – Raffarin :
Pas un représentant dans ces instances où le gouvernement fait cautionner sa politique,
Organisez la mobilisation unie
contre ses attaques,
L'édification
d'un parti ouvrier révolutionnaire est une tâche urgente, décisive. Le parti ouvrier
révolutionnaire se construira en aidant les masses à édifier leurs propres
comités, les conseils, pour submerger les directions traîtres, les
bureaucraties syndicales et les partis ouvriers bourgeois, en permettant à la
classe ouvrière d'avancer vers un authentique gouvernement ouvrier, vers son
propre pouvoir, vers l'expropriation du capital. Ainsi se trouveront établis
les rapports politiques qui ont manqué -en France en 1936, en 1944, en 1968 et
en 1981- pour que s'engage un processus révolutionnaire qui s'étendra
internationalement.
Le
Groupe bolchevik se définit par son objectif : construire le parti ouvrier
révolutionnaire dans ce pays, l’internationale ouvrière révolutionnaire à
l’échelle mondiale, pour la révolution prolétarienne, pour le pouvoir de
l’immense majorité, pour l’expropriation de la minorité capitaliste, pour la
fin de l’exploitation, pour les États-Unis socialistes d’Europe, pour le
triomphe mondial du socialisme. °Pour cela, il participe au Collectif pour une
Conférence internationale (voir au centre de ce numéro de Révolution Socialiste) dont il soumet le texte d’appel à toutes les
organisations, groupes, militants qui veulent œuvrer consciemment au
regroupement des forces authentiquement révolutionnaires.
Aux
travailleurs et aux jeunes qui se révoltent contre le capitalisme, les
militants du Groupe bolchevik disent : pour préparer de nouveaux Octobre,
il faut s’organiser sur la base du marxisme, travaillons à la tenue d’une
Conférence internationale sur la base du programme des quatre Internationales
ouvrières. Rejoignez-nous !