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Déclaration du Collectif pour une conférence internationale des trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires

Bolivie

 

Vive l’héroïque lutte révolutionnaire et anti-impérialiste de la classe ouvrière et des paysans boliviens !

Vive la grève générale avec le blocage des routes dans le pays !

À bas Sánchez de Lozada, assassin du peuple et serviteur de Bush et du FMI !

Pour un gouvernement ouvrier et paysan, pour un gouvernement de la Direction Nationale Unique, de la COB, de toutes les organisations ouvrières et paysannes qui la composent, basé sur les milices ouvrières et paysannes et sur l'auto-organisation des travailleurs et du peuple !

Hors de Bolivie et d’Amérique latine, l'impérialisme et ses monopoles pillards !

 

Le samedi 20 septembre, une nouvelle fois du sang ouvrier et paysan a été versé sur la terre de la Bolivie. L'armée et la police assassines aux ordres du compradore Sánchez de Lozada ont ouvert le feu sur la population de Warisata et de Sorata. Là où des travailleurs et des paysans maintenaient un blocus total des routes, pour empêcher le bradage de la richesse gazière du pays aux étrangers, pour le droit de cultiver la traditionnelle coca et pour réclamer des terres. Six nouveaux martyrs ouvriers et paysans sont tombés massacrés, notamment une mère et sa fille de huit ans ; des dizaines sont blessés, prisonniers ou disparus.

Ce nouveau massacre a été perpétré par le gouvernement de Sánchez de Lozada (“Goni”), par le régime de la nouvelle “Rosca” des larbins de l'impérialisme américain, des barons du gaz et du pétrole, de la caste des officiers de l'armée. Il visait le mouvement de dizaines de milliers de travailleurs et paysans qui avaient envahi les rues de la capitale La Paz, de Cochabamba, d’Oruro et des principales villes du pays, qui avaient bloqué les routes. La classe ouvrière et le peuple de Bolivie ont engagé le combat sous les mots d’ordre :  « Le gaz est à nous et non aux étrangers ! », « Pour l’avenir pour nos enfants, gardons le gaz et la coca ! », « Dehors les gringos ! », pour empêcher le pillage du gaz bolivien comploté par l'impérialisme, les groupes capitalistes pétroliers et le gouvernement bolivien

Mais le massacre de Warisata n'a pas réussi à effrayer les héroïques ouvriers et paysans boliviens. Au contraire, tandis qu'ils enterraient leurs martyrs, à Warisata, ils ont organisé leurs milices ouvrières et paysannes pour défendre leur vie contre l'armée qui massacre. A Sorata, le peuple s’est soulevé, a incendié la préfecture, les commissariats, les palaces. La ville est entre les mains des travailleurs et des paysans insurgés qui se sont déclarés en « état de guerre civile ». Des milliers de travailleurs et de paysans de la province d'Omasuyos -où se trouvent Warisata et Sorata- se sont réunis le 22 septembre en assemblée générale, au cri de « A mort Gonzalo Sánchez de Lozada ! », « Guerre civile, guerre civile ! », « Le gaz n'est pas à vendre ! », en exigeant la démission du ministre de la Défense et celle du président “Goni” lui-même.

Le blocage illimité des routes s’est étendu à toutes les régions, assiégeant La Paz et étranglant l’approvisionnement de la capitale. La SUTCB (Centrale syndicale des paysans) a déclaré un deuil national de 30 jours avec des barrages, la grève paysanne et l'état de siège paysan qui interdit aux soldats et aux policiers de patrouiller dans les zones rurales. En même temps, elle appelle les travailleurs et paysans à « raser les sous-préfectures, mairies, postes militaires, pour que règne la Wipala (le drapeau des Indiens) comme seule bannière nationale ».

Aujourd'hui, les travailleurs et les paysans de la Bolivie ont obligé leurs organisations, la centrale syndicale COB, le MAS d’Evo Morales et le Mouvement indien Pachacuti de Felipe Quispe à mettre en place une Direction nationale unique de mobilisation. La Direction nationale a appelé au blocage général des routes et à la grève générale illimitée à partir du 29 septembre, contre le bradage du gaz, pour les revendications, pour la démission du gouvernement assassin de Goni et la mise à bas du régime d’exception.

Ainsi, les travailleurs salariés et les paysans boliviens ont fait irruption à nouveau et ont ainsi mis fin à la trêve que le secrétaire exécutif de la COB Jaime Solares, les dirigeants paysans Quispe et Morales avaient accordée au gouvernement. En février 2003, tous ces membres du Forum social mondial avaient alors permis l'avortement d’un premier soulèvement révolutionnaire. Avec les mots d’ordre: « Des fusils, des mitraillettes ! On ne fera pas taire la Bolivie ! »,  les ouvriers et les paysans avaient affronté l'armée bourgeoise qui menaçait de se diviser et  avaient été sur le point de chasser Goni et le régime militarisé, d’ouvrir la quatrième révolution bolivienne après celles de 1952, 1971 et 1985.

Vive « la guerre du gaz » des ouvriers et des paysans boliviens  ! Dehors, l'impérialisme américain, les monopoles pétroliers impérialistes et le gouvernement compradore qui veulent leur voler les richesses naturelles !

 

Après avoir pillé pendant des décennies les richesses minières de la Bolivie, après s’être taillé la part du lion avec le pétrole, après avoir ruiné et épuisé le pays, après avoir réduit à la misère les salariés et les paysans, cette bande de voleurs que sont les monopoles impérialistes pétroliers, la bourgeoisie compradore et Sánchez de Lozada, s'apprête à perpétrer un vol de grande envergure.

L’impérialisme convoite les énormes réserves de gaz, évaluées à 80 milliards de dollars (la production annuelle totale de la Bolivie -le PIB- atteint seulement 8 milliards). Tandis que la grande majorité de la population continue à utiliser du bois de chauffage pour cuisiner et passe l’hiver sans chauffage. Le gouvernement a signé un décret par lequel il livre tout le gaz à Pacific LNG, un consortium constitué par des groupes américains, espagnol et britanniques (Bechtel, Amoco, YPF Repsol, British Gaz et British Petroleum), pour que celui-ci construise un gazoduc jusqu'au port chilien de Patillos, à destination des Etats-Unis. Cette affaire laisserait à cette co-entreprise impérialiste 1,3 milliard de dollars de profit par an pendant 20 années (soit 26 milliards de dollars !) et à la Bolivie… seulement 70 millions de dollars par an au titre de redevance (soit au total 1,4 milliard durant 20 ans).

Les mêmes bouchers américains et leurs monopoles voraces qui ont écrasé et occupé l'Irak pour accaparer son pétrole, veulent aujourd'hui voler le gaz des travailleurs et des paysans boliviens. Nos frères de classe boliviens avaient bien raison d’avoir pour mot d’ordre, lors de leurs manifestations contre la guerre envers l'Irak : « En Irak pour leur pétrole, à Kollasuyu pour notre gaz : Américains, hors d'Irak ! »."

Face à un tel pillage, la lutte des travailleurs et du peuple de Bolivie démontre à nouveau que ces derniers ne sont pas disposés à se laisser spolier, comme ils l’ont déjà démontré, en 2000 à Cochabamba en se révoltant contre les monopoles impérialistes qui voulaient leur voler l'eau et contre le gouvernement assassin de Banzer ; en faisant face à la véritable guerre civile engagée par la politique pro-impérialiste d'éradication de la coca. Comme ils l’ont prouvé en février 2003 en se soulevant contre la baisse des salaires décidée par Goni sur ordre du FMI, le mettant au bord de la chute et l'obligeant à reculer.

Cela démontre, une fois de plus, que la classe ouvrière -avec ses alliés les paysans pauvres- est la seule classe qui n'a aucun lien à l'impérialisme. Elle est, pour cette raison, la seule classe capable de mener jusqu’au bout la lutte contre l'impérialisme et apte à libérer la nation opprimée de son joug.

A bas Sánchez de Lozada et le régime d’exception !
Dehors, l'impérialisme et ses monopoles, pillards de la Bolivie !
Pour un gouvernement ouvrier et paysan de la Direction Nationale Unique, de la COB et de toutes les organisations ouvrières et paysannes qui la composent, basé sur les milices ouvrières et paysannes et sur l'auto-organisation des travailleurs et du peuple !

 

La bande de voleurs et d’assassins, de massacreurs du peuple et de pilleurs de la nation que sont la bourgeoisie impérialiste, ses monopoles avides, les patrons et le gouvernement de Goni, veut voler les richesses du peuple par le sang et par le feu, le condamner à la faim et la misère et transformer la Bolivie en une colonie d’esclaves.

Ouvrir la révolution est le seul chemin pour l'empêcher, pour arrêter le pillage du gaz et des ressources naturelles du pays, pour arracher le pain, le travail, la terre, des salaires dignes, le droit de planter la coca. Il s’agit de mener à la victoire la grève générale et les barrages routiers, de contrôler les usines, les banques et les transports, d’étendre et de centraliser les milices ouvrières et paysannes, de liquider la caste des officiers issus des écoles militaires américaine de West Point, de mettre à bas le gouvernement compradore et criminel de Goni, de réduire à néant le régime militarisé, d’expulser l'impérialisme et ses monopoles, d’imposer, à la place, un gouvernement de la Direction Nationale Unique, de la COB et de toutes les organisations ouvrières et paysannes qui la composent, basé sur les milices ouvrières et paysannes et sur l'auto-organisation des travailleurs et du peuple.

Pour mener ce combat décisif, la Direction nationale unique et toutes les organisations ouvrières et paysannes qui la composent doivent impulser la lutte par la dissolution de la police et son désarmement, la constitution et la centralisation des milices ouvrières et paysannes armées. L’armement du peuple peut détruire l'armée, le pilier du régime d’exception armé et de l'Etat bourgeois. En même temps, il faut appeler les soldats du rang et les sous-officiers, fils de travailleurs et de paysans, à s’organiser dans des comités de soldats armés, à se rebeller contre la caste des officiers de West Point, à les désarmer,  à se coordonner avec les organisations ouvrières et paysannes et à se joindre à la grève générale, en mettant leurs armes à la disposition des milices ouvrières et paysannes.

En renversant Goni et le régime d’exception, un gouvernement ouvrier et paysan chassera l'impérialisme et expropriera les expropriateurs ; il nationalisera sans indemnité et sous contrôle ouvrier le gaz, le pétrole, les mines et toutes les entreprises qui ont été privatisées ; il rompra avec le FMI, la Banque Mondiale et la Banque inter-américaine de développement ; il libérera la culture de la coca et approvisionnera les petits producteurs agricoles et les coopératives en équipements agricoles ; il annulera leurs dettes et leur octroiera des crédits bon marché, il nationalisera les banques sous contrôle de leurs travailleurs et créera une banque étatique unique ; il instaurera le contrôle du commerce extérieur ; il garantira l’emploi de tous et des salaires dignes, la santé et l’éducation du peuple. Ainsi, la classe ouvrière et les paysans boliviens pourront en finir avec la catastrophe, le pillage, l'oppression et la colonisation imposés par l'impérialisme, les patrons et le gouvernement boliviens.

Aucune nouvelle trêve, ni accord avec Goni et la bande de voleurs du peuple !
Congrès national ouvrier et paysan de délégués de base avec mandat, démocratiquement élus, pour organiser le combat décisif et préparer l'insurrection pour renverser Goni et le régime d’exception !

 

Après avoir massacré à Warisata, et devant la grève générale illimitée, le gouvernement de Sánchez de Lozada essaie une fois de plus d'ouvrir des négociations secteur par secteur, en tentant de « dialoguer » avec les organisations qui ont des revendications sectorielles, comme celle des paysans dirigée par Quispe et en négligeant celles qui, comme la COB exigent sa démission. Pour sa part, Evo Morales a déclaré que les cultivateurs de coca de Chapare ne seront pas tenus de maintenir les barrages de routes jusqu'au 10 octobre. Cela a conduit le secrétaire exécutif de la COB à appeler à « une mobilisation nationale » et à critiquer ouvertement Quispe.

Il faut empêcher que l'unité imposée dans la lutte par les travailleurs salariés et les paysans soit divisée par les directions réformistes, que leur énergie, leur lutte et leur sang soient trahis par celles-ci pour conclure de nouvelles trêves et de nouveaux accords afin de sauver le gouvernement et le régime.

Pour cela, la seule voie est d'imposer la plus vaste démocratie directe, avec un Congrès national ouvrier et paysan de délégués de base démocratiquement élus, avec mandat et révocables, incluant la COB et toutes les organisations ouvrières et paysannes qui constituent la Direction nationale unique, en impulsant en même temps dans chaque village, dans chaque ville, dans chaque région, des comités de grève avec des délégués mandatés de toutes les organisations en lutte qui se transforment en un pouvoir ouvrier et populaire effectif qui organise ses milices.

Un tel Congrès national, un véritable Parlement ouvrier et paysan -opposé au pouvoir bourgeois- serait un organisme respecté par toutes les masses en lutte, avec une autorité énorme pour garantir la constitution des milices ouvrières et paysannes, pour engager le contrôle ouvrier et paysan sur la production et la distribution, pour imposer le programme d’urgence. Surtout, le Congrès national ouvrier et paysan sera en mesure d’organiser une insurrection triomphante qui renverse Goni et son régime et instaure un gouvernement ouvrier et paysan, une perspective qui n’est pas celle des directions bureaucratiques des syndicats, du stalinisme et de la social-démocratie.

Les travailleurs et les paysans boliviens montrent le chemin aux exploités de tout le continent pour rompre trêves et accords et affronter l'impérialisme, ses régimes et  ses gouvernements

 

Les ouvriers et les paysans boliviens sont aujourd’hui à la pointe du combat du prolétariat et de tous les exploités du continent qui tentent de rompre les trêves et les accords que les directions réformistes ont imposés, une politique qui lie les mains des masses face à l'impérialisme, aux patrons, à leurs régimes et à leurs gouvernements compradores, affameurs et répressifs.

Le chemin qu’ont pris les masses boliviennes est à l’opposé de la ligne de Fidel Castro, des bureaucraties syndicales du continent, des directions des organisations paysannes. La bureaucratie cubaine et toutes les directions réformistes regroupées dans le Forum social mondial, mènent une politique de trêves et de collaboration de classes avec les fronts populaires pro-impérialistes comme celui de Lula au Brésil, celui du colonel Gutiérrez en Équateur, celui de Lagos au Chili, avec les gouvernements qualifiés de « anti-libéraux » comme celui de Kirchner en Argentine, tout autant soumis à Bush et au FMI,  aux gouvernements nationalistes bourgeois comme celui de Chávez au Venezuela, qui utilisent la lutte des masses comme pression pour négocier au mieux avec l'impérialisme, mais qui capitulent dès que la classe ouvrière et les exploités menacent d’une irruption révolutionnaire.

Le chemin qu’empruntent les ouvriers et les paysans boliviens n’est pas non plus celui des FARC de Colombie qui refusent d'exproprier une seule entreprise ou le moindre hectare de terre dans les territoires qu'ils contrôlent, qui se déclarent prêts à signer un nouvel accord avec le gouvernement assassin d'Uribe, avec la bénédiction de Lula, sur le dos des milliers de paysans massacrés et des travailleurs abandonnés dans les villes aux « escadrons de la mort » du régime colombien.

Mettant en échec les directions réformistes, la lutte des travailleurs et des paysans ouvre la voie à la quatrième révolution bolivienne, vers le renversement du gouvernement et du régime d’exception, vers la destruction de son pilier, la caste des officiers assassins de West Point, vers la constitution d’un gouvernement ouvrier et paysan basé sur l'auto-organisation et l'armement des masses.

La lutte des travailleurs et des paysans boliviens est inséparable du combat des ouvriers et paysans équatoriens, rompant aussi la trêve et la politique de collaboration de classes de leurs directions, qui reprennent le chemin de la révolution entamée en 1997. Elle est inséparable de la lutte pour que la révolution argentine, aujourd'hui en recul à cause de l'action de la bureaucratie syndicale, de la nouvelle bureaucratie « piquetera » des organisations de chômeurs et des directions réformistes, relève la tête. Elle est inséparable des tentatives des travailleurs péruviens pour faire voler en éclats les trêves et les accords avec lesquels la centrale syndicale (CGTP) et les différents courants staliniens ont protégé Toledo. Elle est inséparable de la nécessité, pour la classe ouvrière et les paysans brésiliens, de casser le corset du PT, de la direction de la CUT et du MST, pour mener la lutte de classe contre le gouvernement de Lula et du capitaliste Alencar qui , avec la participation du PT, applique les plans du FMI, réprime les travailleurs et massacre les paysans.

En Bolivie, se pose à nouveau comme pour l’ensemble des exploités d’Amérique latine, l’alternative :

ü       ou bien la victoire de la révolution ouvrière et socialiste ;

ü       ou bien  de nouvelles et terribles défaites, avec pour conséquence la transformation des nations du continent en colonies et protectorats où le pillage et le colonialisme impérialistes n'auront pas de limites.

Pour cette raison, le combat actuel du prolétariat et des paysans de Bolivie est inséparable du sort de la révolution ouvrière et socialiste dans tous les pays du continent, qui renversera la bourgeoisie, qui détruira ses forces armées et qui imposera des gouvernements ouvriers et paysans basés sur l'auto-organisation et l'armement des travailleurs et du peuple, qui en finira avec le joug impérialiste et avec l'exploitation capitaliste, qui débouchera sur une Fédération des Républiques ouvrières et paysannes d'Amérique latine.

Cette tâche historique ne pourra être menée à bien par le prolétariat latino-américain qu’avec l’aide de son plus important allié, la classe ouvrière américaine, en particulier avec sa fraction la plus exploitée et opprimée, les millions de travailleurs noirs et latino-américains, surexploités et traités comme des parias par cette bourgeoisie impérialiste, l'aristocratie ouvrière arrogante et la bureaucratie syndicale de l'AFL-CIO. Ces fractions du prolétariat sont celles qui sont le plus affectées par la flexibilité du travail, par le chômage, par la pauvreté, mais aussi sont les plus persécutées et harcelées par la police.

La présence aux Etats-Unis de travailleurs américains d'origine latino-américaine peut faciliter la jonction et l’unité de la classe ouvrière d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud avec la classe ouvrière d’Amérique du Nord, pour affaiblir l'impérialisme et pour avancer sur le chemin de la révolution aux Etats-Unis qui assurera la victoire décisive du prolétariat du continent et du socialisme mondial. A condition que la classe ouvrière et les exploités des Etats-Unis rejettent l'influence de l'aristocratie ouvrière américaine arrogante et mettent en échec la bureaucratie syndicale de l'AFL-CIO, qui est au service de Bush et de la bourgeoisie impérialiste américaine.

Solidarité avec la lutte héroïque de nos frères de classe de Bolivie !

Les ouvriers et les paysans boliviens sont en première ligne dans la lutte contre l'impérialisme et contre les gouvernements à son service. Ils montrent le chemin à tous les travailleurs et exploités du continent, pour rompre les trêves et les accords que les directions réformistes ont imposés qui attachent les mains des travailleurs face à l'impérialisme, aux patrons, à ses régimes et aux gouvernements compradores. Leur lutte est la lutte des travailleurs de tous les pays :  en ce sens, nous sommes tous des Boliviens !

Les organisations révolutionnaires appellent toutes les organisations syndicales ouvrières et étudiantes, tous les partis qui se disent ouvriers et anti-impérialistes, à impulser le plus vaste appui et la solidarité avec nos sœurs et frères de classe de Bolivie, par des manifestations de rue à l'ambassade de Bolivie. Les organisations révolutionnaires se prononcent pour la plus large unité d'action pour : Assez de massacres et répressions ! Vive la lutte des travailleurs et paysans boliviens ! A bas le gouvernement de Sánchez de Lozada, assassin et affameur du peuple bolivien !, L'impérialisme, hors d'Amérique latine ! Nous,  internationalistes trotskystes, sommes disposés à prendre part à l’ unité d'action avec tous ceux qui défendent pratiquement  la lutte héroïque des travailleurs nos frères boliviens.

En même temps, les organisations révolutionnaires appellent les travailleurs des villes et des campagnes du continent à exiger des directions de toutes les organisations politiques qui, en Amérique latine, parlent au nom de la classe ouvrière et des paysans pauvres, de toutes les organisations syndicales : CTA, organisations de chômeurs d'Argentine, CUT et MST du Brésil, CUT du Chili, CGTP du Pérou, CONAIE et syndicats d'Équateur, PIT-CNT d’Uruguay, etc. qu’elles rompent toute trêve avec les gouvernements compradores, qu’elles rompent toute subordination au patronat.

Les révolutionnaires appellent le mouvement ouvrier à mettre immédiatement sur pied un campagne ouvrière et paysanne mondiale en soutien et en solidarité avec la lutte héroïque révolutionnaire et anti-impérialiste des travailleurs et des paysans boliviens, contre l'impérialisme pilleur des peuples d'Amérique latine et contre les gouvernements qui sont ses serviteurs.

Construire un parti révolutionnaire trotskyste et internationaliste, pour doter l’héroïque prolétariat bolivien de la direction dont il a besoin et qu’il mérite, telle est la tâche des forces saines et internationalistes du trotskysme

Les travailleurs et les paysans boliviens ont donné de multiples preuves d'héroïsme, de disposition au combat, de volonté révolutionnaire. S'ils n'ont pas encore débuté leur quatrième révolution, c’est à cause des directions qu'ils ont à leur tête et qui cherchent en permanence à l'arrêter. Le prolétariat bolivien a besoin d’urgence d’avoir à sa tête un parti révolutionnaire, trotskyste et internationaliste, apte à déjouer le piège des trêves et des accords, capable d’empêcher sa trahison par les politiques de collaboration de classes et par les alliances avec des « patrons progressistes », avec les « militaires patriotes ».

Le programme du léninisme et du trotskysme a été défendu en Bolivie durant les années 1940 par le POR, section bolivienne de la 4e Internationale. Il s’est incarné dans les Thèses de Pulacayo adoptées en 1946 par la classe ouvrière bolivienne comme son programme de combat révolutionnaire. Ce programme est plus nécessaire que jamais. Malheureusement, le révisionnisme de la direction pabliste de la 4e Internationale, qui dirigeait et guidait politiquement le POR, ont empêché que celui-ci joue un rôle révolutionnaire dans la révolution de 1952 et dans la lutte des classes qui ont suivi.

Si le programme de la révolution permanente a passé l’épreuve de la lutte des classes, les courants qui se revendiquaient du trotskysme ont tous failli. Durant les trois révolutions boliviennes -en 1952, en 1971 et en 1985- ces courants l’ont démontré en reniant de fait les Thèses de Pulacayo, en renonçant à l'armement des masses et à la stratégie des conseils ouvriers et paysans. Les faux trotskystes se sont subordonnés à la bureaucratie de la COB, à des courants nationalistes bourgeois comme le MNR ou à une aile de l’armée bourgeoise prétendument « patriote ». Les courants centristes, pablistes et autres, ont empêché que la classe ouvrière bolivienne ait à sa tête la direction révolutionnaire qu’elle mérite, un parti révolutionnaire trotskyste et internationaliste.

ü       Au feu du début de la révolution, les forces pour construire ce parti sont en train de se dégager avec les travailleurs d’avant-garde qui dénoncent l’abandon par les dirigeants actuels du mouvement ouvrier des Thèses de Pulacayo.

ü       Des forces apparaissent avec les militants qui reconstruisent la COB, pour que celle-ci devienne l'organisme qui permette au prolétariat de diriger les paysans et les couches semi-exploitées vers une insurrection qui renverse le régime et son gouvernement.

ü       Des milliers de travailleurs, d’exploités de la campagne et de femmes ouvrières héroïques participent à la formation de milices ouvrières et paysannes, d'assemblées, de comités de grève, de barrages routiers, des milliers de travailleurs armés surveillent les chefs, attentifs à tout indice de trahison.

Les travailleurs boliviens qui cherchent un chemin révolutionnaire, joints aux trotskystes honnêtes qui refusent les adaptations à la bourgeoisie et les capitulations des courants renégats du bolchevisme, sont les bases de ce parti révolutionnaire.

Mais le parti ne sera forgé et ne conduira à la victoire la révolution bolivienne que s'il s’intègre à la lutte pour un regroupement international des forces saines et principielles du trotskysme, que si ses militants et ses cadres se forment à partir des leçons des événements les plus importants de la révolution et de la contre-révolution mondiales, que si son programme part des Thèses de Pulacayo qui voient la Bolivie comme un maillon de la révolution latino-américaine et mondiale, que s’il combat en pratique les directions petites-bourgeoises capitulardes (la bureaucratie syndicale de la COB, le MAS de Morales, le Pachacuti de Quispe…) qui font partie de cette nouvelle internationale contre-révolutionnaire qu’est le Forum social mondial, que si les révolutionnaires boliviens rejettent les faux trotskystes qui sont dans le monde entier aux pieds des directions traîtres et du Forum social mondial.

Dans le cadre de ce combat qui est forcément international, en démasquant les courants révisionnistes et liquidateurs qui usurpent le drapeau du trotskysme dans le monde et en Bolivie, le parti révolutionnaire et internationaliste dont la classe ouvrière bolivienne a besoin et qu’elle mérite pourra être mis sur pied, comme composante de la construction du parti mondial de la révolution socialiste.

C’est la tâche de tous les internationalistes, qui se regroupent actuellement pour une conférence internationale des trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires, de collaborer à cette tâche indispensable au triomphe de la quatrième révolution bolivienne.

12 octobre 2003

Collectif pour une conférence internationale des trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires :

ü       Communist workers’ group (Nouvelle-Zélande)

ü       Groupe bolchevik pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire (France)

ü       Grupo obrero internacionalista - Cuarta internacional (Chili)

ü       Liga obrera internacionalista - Cuarta internacional (Argentine)

ü       Lucha Marxista (Pérou)

Co-signataires de la déclaration Bolivie :

ü       Fracción trotskista-Vanguardia proletaria (Brésil)

ü       Grupo Germinal (Etat espagnol)

Des extraits ont été publiés par :

ü     Poder obrero (Bolivie)