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Révolution Socialiste n°11-12

 

Convocation d’une conférence internationale
des trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires

 

Les organisations révolutionnaires qui ont élaboré et signé ce document –le Communist workers’ group de Nouvelle-Zélande, le Groupe bolchevik de France, le Grupo obrero internacionalista - Cuarta internacional du Chili et la Liga obrera internacionalista - Democracia obrera d’Argentine, Lucha marxista du Pérou– se sont mises d’accord pour convoquer, sur la base des principes programmatiques, une Conférence internationale des trotskistes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires internationalistes.

En décembre 2002, nous nous sommes réunis pendant la Conférence du COTP-QI à Buenos Aires et, au feu de la révolution argentine, de la lutte héroïque du peuple palestinien et des préparatifs de guerre contre l'Irak, nous avons décidé de lancer une convocation pour une Conférence internationale, sur la base des leçons révolutionnaires et des accords programmatiques essentiels sur ces faits cruciaux de la lutte de classes mondiale.

Le fruit de ces convergences et de cette lutte commune a été la déclaration conjointe pour la victoire de l’Irak face à la l’agression impérialiste du 22 janvier 2003. Elle défendait une position principielle internationaliste, concentrant la lutte contre les directions traîtres groupées dans le Forum Social Mondial - vraie internationale contre-révolutionnaire - et contre les courants révisionnistes du trotskisme et liquidateurs de la 4e Internationale qui lui sont subordonnés ou non.

Depuis, dans les mois qui ont suivi, le prolétariat mondial a livré de durs combats et a subi de nouvelles défaites et trahisons, en Irak, en Palestine, en Argentine, en Bolivie, et au Venezuela.

Révolutionnaires internationalistes nous devons dire avec fermeté que les triomphes partiels obtenus par la contre-révolution et la réaction bourgeoise impérialiste ne sont pas dus au manque d'héroïsme au combat des exploités, pas plus qu’aux progrès techniques et militaires des troupes génocidaires impérialistes.

La montée révolutionnaire de la fin des années 1960 et du début des années 1970 a été mondiale : mobilisation de la jeunesse et des ouvriers en Chine, révolution antibureaucratique en Tchécoslovaquie, guerre du peuple vietnamien, grève générale en France, grèves à grande échelle en Italie, grève victorieuse des mineurs en Grande-Bretagne, mouvements nationaux en Irlande et au Pays Basque, mouvement étudiant au Mexique, révolution en Bolivie, lutte des Noirs et mouvement anti-guerre aux Etats-Unis, Cordobazo en Argentine, révolution au Chili et au Portugal... Mais cette vague a été contenue et trahie par les nationalistes bourgeois ou petits-bourgeois et les directions traîtres du mouvement ouvrier.

A partir des années 1980, ce nouveau retard infligé à la révolution mondiale a permis aux bourgeoisies des pays impérialistes de reprendre l’offensive. Un épisode marquant fut la défaite des mineurs britanniques en 1985, mais l’événement décisif fut la destruction de l’URSS en 1991 et le rétablissement consécutif du capitalisme en Russie par la bureaucratie stalinienne qui usurpait le pouvoir des travailleurs depuis 1924.

Cette victoire historique de la bourgeoisie mondiale a encouragé l’impérialisme américain à prendre la tête de coalitions qui ont écrasé l’Irak en 1991, les Balkans en 1999, l’Afghanistan en 2002, l’Irak de nouveau en 2003.

Mais les puissances impérialistes sont incapables de stabiliser la situation. A la fin du XXe siècle, se sont succédées des luttes de masse en Afrique du Sud, l’Intifada de 1987 en Palestine, des manifestations massives en Allemagne de l’Est et en Chine en 1989, les grèves de novembre décembre 1995 en France, les grèves de 1997 en Corée du Sud, les révolutions d’Albanie et d’Indonésie en 1997.Le XXIe siècle a débuté avec de puissantes mobilisations de masse, comme la lutte héroïque palestinienne en 2000, le soulèvement algérien en 2001, les grèves et manifestations italiennes et la révolution en Argentine en 2001, le soulèvement en Bolivie en 2003… La guerre contre l’Irak a été contestée par une énorme mobilisation anti-impérialiste de masse à travers le monde, jusqu’au cœur des métropoles impérialistes. Les prolétariats d’Europe combattent contre la liquidation des acquis arraché durant les précédentes poussées révolutionnaires.

Il faut dire la vérité aux masses, aussi dure et cruelle soit-elle, toutes ces défaites, les reculs des processus révolutionnaires et les déroutes militaires des nations opprimées, ont été des produits de la trahison des directions du prolétariat et des masses exploitées, aujourd'hui groupées pour la plupart dans le Forum Social Mondial.

L'impérialisme, à travers ses victoires contre-révolutionnaires, cherche une sortie à la crise économique mondiale, en affrontant la classe ouvrière et les peuples opprimés du monde et, en même temps, en accentuant les rivalités inter impérialistes. Il reste à voir s'il pourra l'obtenir.

Les directions contre-révolutionnaires toute couleurs confondues, cherchent à consolider ce triomphe de la contre-révolution, en faisant tirer aux masses la conclusion que l'impérialisme ne peut pas être mis en échec.

La perspective immédiate de la situation mondiale, dès lors, dépend des leçons que tirent les masses des riches expériences laissées par les guerres, le krach et l'aggravation des conditions de l'époque.

Dans ces nouvelles conditions, nous croyons indispensables, sur la base des leçons tirées des combats livrés, des défaites et des trahisons subies par le prolétariat mondial, de délimiter avec clarté les révolutionnaires internationalistes des réformistes, des liquidateurs et des centristes, et de préparer les prochains combats auxquels devra faire face le prolétariat international au moment où s’accentue la contre-offensive impérialiste menée au début des années 1980 contre les classes ouvrières, les États ouvriers (les pays où le capital avait été exproprié) et les peuples opprimés du monde.

Le combat des internationalistes, dans les conditions de la crise économique, de la guerre et de la révolution, pour un regroupement international, se dotant d’un programme révolutionnaire pour préparer les prochains combats, est une course contre la montre.

La guerre impérialiste contre l'Irak, comme hier la lutte héroïque palestinienne et la révolution argentine, a établi une nouvelle ligne de partage non seulement avec les directions traîtres, mais aussi et fondamentalement avec les révisionnistes du trotskysme qui les soutiennent et légitiment par la gauche.

Les différentes ailes des liquidateurs de la 4e Internationale se sont pendues aux basques de l'ONU et des impérialistes de l'axe franco-allemand, capitulant devants les restes malodorants du stalinisme et devant la social-démocratie ; ou encore devant les positions des bourgeoisies nationales comme au Venezuela, ou des variantes radicales du mouvement nationaliste petit-bourgeois comme le Hezbollah et le Hamas.

Dans la révolution argentine, ils ont combattu l'armement, la mise sur pied et le développement des organismes de démocratie directe et d’auto-organisation des masses, et ont utilisé les revendications minimales et démocratiques du programme révolutionnaire pour ligoter les masses. Ils sont devenus des serviteurs du stalinisme défait et des soutiens du régime infâme haï par les masses.

Au Brésil, tous les courants révisionnistes du trotskysme et liquidateurs de la 4e Internationale ont ouvertement soutenu et ont appelé à voter pour le gouvernement de collaboration de classes de Lula-Alencar, et des rangs de certains d'entre eux proviennent des ministres, gouverneurs et secrétaires d'état du régime brésilien réactionnaire.

En France, ces courants sont des soutiens du régime impérialiste de la 5e République : ils ont directement appelé à voter pour « le moindre mal », pour Chirac contre le Pen ; ou bien ils l’ont soutenu en refusant de combattre pour le boycott et la grève générale avant le second retour.

En France, en Espagne, l'Italie et Grande-Bretagne, etc., ces courants se trouvent totalement subordonnés à la social-démocratie, aux partis des staliniens recyclés, à l’aristocratie ouvrière et aux bureaucraties syndicales.

Ce sont seulement quelques exemples prouvant que les liquidateurs de la 4e Internationale ont franchi le Rubicon. Ces courants liquidateurs et révisionnistes n'a pas laissé pierre sur la pierre de la théorie et du programme du marxisme révolutionnaire. Leur banqueroute est totale.

Pour cette raison, pour tirer les leçons révolutionnaires des combats livrés et des trahisons subies, pour empêcher que le drapeau du trotskysme et du marxisme révolutionnaire reste entre les mains de ces usurpateurs et imposteurs, pour regrouper les rangs dispersées des internationalistes révolutionnaires, pour combattre pour mettre sur pied des partis léninistes de combat, pour les doter d'un centre international, la convocation immédiate au regroupement des forces saines du mouvement ouvrier et en particulier de ceux qui se revendiquent de la continuité du trotskysme et de la 4e Internationale est indispensable.

Organisateurs de cette Conférence, nous provenons tous de l’éclatement de la 4e Internationale et gardons des divergences que nous examinerons publiquement dans l’organe de discussion de cette conférence internationale. La plus importante de ces divergences tourne autour de la caractérisation actuelle de l’Internationale révolutionnaire :

ü  Pour certains, la lutte pour une nouvelle internationale, la Cinquième, est devenue indispensable.

ü  D’autres affirment que l'organisation construite par Trotsky, le 4e Internationale, est morte, mais que son programme est vivant et que des militants et des regroupements continuent à chercher la voie de la révolution socialiste mondiale en se référant à elle, et ils avancent par conséquent une formule algébrique "pour l’Internationale ouvrière révolutionnaire", en affirmant que la discussion et l'action consciente des forces vives qui la construirons lui donnerons son contenu concret.

ü  Pour d’autres, le combat est, plus que jamais aujourd'hui, pour la régénération et la refondation de la 4e Internationale, parce que sa théorie et son programme restent totalement valides et d’actualité et qu’ils ont passé l’épreuve de l’histoire, et ce sont les usurpateurs et renégats du trotskysme ceux qui ne l’ont pas passée. Parce que c'est la validité et l’actualité de la théorie, du programme et de la stratégie qui détermine le numéro que porte l’Internationale, tel que l’a démontré l'expérience du prolétariat mondial depuis le milieu du 19e siècle.

Mais ces discussions - ainsi que d'autres qui sont posées devant la Conférence Internationale - nous les aurons dans un Centre International commun, parce que le programme nous a uni face à des événements incandescents de la situation internationale: la crise, la révolution et la guerre. Nous sommes loin de toute alchimie centriste et de signer des accords avec ceux qui trahissent le prolétariat après les avoir signé.

Nous convoquons une Conférence Internationale pour avancer dans la mise sur pieds d’un Centre International du marxisme révolutionnaire. Le programme n'est pas écrit pour de petits cercles de savants ni pour des comités de rédaction des périodiques marxistes. C'est un programme que nous soumettons aux organisations ouvrières de nos différents pays, que nous défendrons en leur sein. Des centaines d'organisations ouvrières sont emmenées par les directions traîtres aux pieds de l'ONU et des impérialistes français et allemands dans le Forum social mondial. Nous proposons aux organisations de combat de la classe ouvrière ce programme révolutionnaire. Elles auraient une place d'honneur dans cette conférence avec les révolutionnaires trotskystes.

L'époque des crises, des guerres et des révolutions ne donnera pas le calme ni la paix aux liquidateurs du marxisme et de la 4e Internationale. Nos forces sont plus que faibles, mais notre programme et les idées que nous défendons sont le résultat plus d'un siècle et demie de lutte du prolétariat mondial. Ils méritent de vivre, et de s’incarner pour les millions d'exploités qui entrent au combat.

Vive le combat pour une conférence internationale des forces saines du trotskysme et des organisations ouvrières révolutionnaires internationalistes !

Le 20 août 2003

 

Collectif pour une conférence internationale des trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires internationalistes

Communist Workers’ Group (Nouvelle-Zélande)

Groupe Bolchevik pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l'Internationale ouvrière révolutionnaire (France)

Grupo Obrero Internacionalista Cuarta Internacional (Chili)

Liga Obrera Internacionalista Cuarta Internacional - Democracia Obrera (Argentine)

Lucha Marxista (Pérou)

 

 

Accords programmatiques pour la conférence internationale

 

Nous convoquons une Conférence Internationale, à laquelle pourront prendre part tous les courants, groupes, fractions, militants en accord avec les points programmatiques suivants.

1.  Tout types de pseudo théories ont été admises ou inventées par les révisionnistes pour expliquer que le capitalisme décadent trouve les moyens de surmonter ses crises et de développer sans limites les forces productives: « révolution scientifique et technique », « capitalisme monopoliste d'État », « néocapitalisme », « économie d'armement permanente », « globalisation néo-libérale », « nouvelle économie ».

Contre toutes ces élucubrations, nous affirmons que depuis longtemps le capitalisme a épuisé son rôle progressiste : l’Impérialisme, c’est la réaction sur toute la ligne. La contre-offensive impérialiste actuelle et la guerre contre l'Irak sont la réponse du système capitaliste agonisant, dans sa phase impérialiste, incapable de surmonter l'étroitesse des frontières nationales. Le capitalisme se survit en exploitant férocement les salariés, en écartant de la production des millions de travailleurs condamnés à la misère, en soumettant la plus grande partie de la planète au sous-développement, à la dette et à la domination, en détruisant les ressources naturelles, en détruisant des forces productives sous la forme des crises économiques et des guerres, devenant chaque fois plus parasitaire et destructeur et menaçant de détruire la civilisation humaine.

 

2. Dans la phase actuelle de crise et de krach récurrents de l'économie mondiale -qui depuis 1997, successivement, ont frappé l'Asie et le Japon, le Brésil et la Russie, l'Argentine et la Turquie, puis les États-Unis eux-mêmes, toutes les puissances impérialistes ont besoin impérieusement des sources de matières premières à bon marché, de réserves de main-d'oeuvre esclave ou en réserve, pour augmenter les profits tirés de l'exploitation du monde colonial et semi-colonial, à quoi il faut ajouter l’augmentation de l’exploitation de leur propre classe ouvrière.

L’impérialisme cherche à sortir de la crise actuelle en augmentant le taux de profit. L'actuelle offensive colonisatrice de l'impérialisme américain est aussi un nouveau partage du monde au détriment des puissances impérialiste de second ou troisième ordre. La seconde guerre contre l'Irak, portée par les États-Unis et la Grande-Bretagne, en dépit de l'opposition la France et de l'Allemagne, illustre l’exacerbation inévitable des rivalités entre les impérialismes. Si la révolution prolétarienne ne l'empêche pas, le capitalisme apportera à l'humanité une nouvelle boucherie mondiale, supérieure aux deux que nous avons vus au 20e siècle.

 

3. Nous sommes aux côtés de toute nation opprimée attaquée par l'impérialisme, pour leur victoire militaire et pour la défaite militaire de l'impérialisme, mais nous combattons pour une direction prolétarienne de la guerre nationale, anti-impérialiste, qui la transforme en révolution socialiste, dans le pays dominé attaqué et au sein du pays impérialiste agresseur. Nous proclamons que celui qui n'est pas inconditionnellement pour la défaite de son propre impérialisme, et pour le triomphe de la classe ouvrière et des nations opprimées par ce même impérialisme n'est pas un révolutionnaire anti-impérialiste.

Nous appelons la classe ouvrière américaine, aujourd'hui enchaînée par la politique chauvine de l'AFL-CIO, les classes ouvrières du Japon et d’Europe à combattre pour casser la subordination des organisations ouvrières à la bourgeoisie impérialiste et à combattre contre cette dernière, en s'alliant à leurs frères et sœurs de classe des pays semi coloniaux et coloniaux, en combattant pour le déroute de leur propre bourgeoisie impérialiste, leur gouvernement et de leur régime, sur le chemin de la révolution socialiste.

 

4. Nous dénonçons l'utopie d'une Europe capitaliste unifiée, et appelons la classe ouvrière européenne à engager la lutte pour renverser la monarchie et le gouvernement réactionnaire d'Aznar en Espagne, la 5e République gaulliste française, le gouvernement anti-ouvrier et impérialiste de l'Allemagne unifiée, la monarchie et le gouvernement impérialiste de Tony Blair en Grande-Bretagne, etc. C'est-à-dire, nous appelons au combat pour mettre en échec les gouvernements et les régimes des puissances impérialistes, pour renverser la bourgeoisie, démolir l'Etat bourgeois et imposer la dictature du prolétariat dans ces pays, ouvrant le chemin aux Etats-Unis Socialistes d'Europe.

 

5. Nous réaffirmons la validité du programme de la révolution permanente contre la politique du « front unique anti-impérialiste » avec la bourgeoisie nationale qui est réfutée depuis la tragédie de la révolution chinoise de 1927. Nous impulsons l’unité d’action la plus large de tous les exploités contre l’impérialisme, tout en maintenant l’indépendance totale vis-à-vis de tout courant bourgeois et de tout gouvernement capitaliste. Toutes les bourgeoisies des pays semi coloniaux sont nécessairement pro-impérialistes. Elles voudraient bien récupérer la part de la plus-value extraite des travailleurs de leurs propres pays qui va à leurs maîtres impérialistes, mais, comme classe exploiteuse, ils craignent plus le déclenchement de la révolution prolétarienne que la victoire de l’impérialisme. Voilà pourquoi le nationalisme bourgeois et petit bourgeois, laïque ou clérical, capitule de façon permanente devant l'impérialisme et maintient le prolétariat et les peuples sous l'exploitation capitaliste. Notre perspective est le gouvernement ouvrier et paysan, car la seule classe qui peut émanciper de la domination impérialiste la nation opprimée est la classe ouvrière, prenant la tête des paysans et de toutes les masses opprimées et exploitées.

 

6. Nous dénonçons la reddition de la bourgeoisie irakienne, de la caste des fonctionnaires anti-ouvrier de Saddam Hussein et de la Garde Républicaine devant les agresseurs impérialistes, qui ont livré ainsi la guerre nationale du peuple irakienne et la lutte anti-impérialiste des masses de tout le Moyen-Orient, tandis qu'aujourd'hui les restes du parti nationaliste bourgeois Baas se révèlent être d’empressés collaborateurs des occupants américains et britanniques.

Nous dénonçons les directions nationalistes bourgeoises du peuple kurde opprimé, qui se sont alliées aux envahisseurs yanquis et britanniques dans leur guerre de colonisation contre l'Irak, lesquels ne feront qu'approfondir l'oppression et écraser toute lutte de ce peuple par son droit légitime à l'autodétermination nationale, y compris son droit à la séparation de l'Irak, de la Turquie, de la Syrie et d’Iran.

Nous dénonçons les gouvernements et les régimes des bourgeoisies arabes et perses du Moyen-Orient, qui sont restés « neutres » dans la guerre contre l'Irak, en refusant de constituer, contre la coalition militaire impérialiste, une coalition de toutes les nations opprimées du Moyen-Orient, d’envoyer ses armes, équipements, approvisionnements et ses armées combattre l'impérialisme en Irak.

 

7. Nous dénonçons la bourgeoisie palestinienne et son expression politique l'OLP d'Arafat, qui a trahi la lutte révolutionnaire du peuple palestinien, qui a capitulé devant l'impérialisme, devant le plan de « deux États » de l’ONU et devant le sionisme. La bourgeoisie palestinienne prétend administrer un pseudo-Etat comme agent des impérialismes, négociant le sang du peuple martyr.

Nous déclarons la guerre à toutes les directions traîtres et aux renégats du trotskysme qui soutiennent l'État sioniste d'Israël et la politique contre-révolutionnaire de « deux États » de l'ONU et des impérialistes. Nous combattons pour la destruction de l'État d'Israël, et pour un État palestinien laïque, démocratique et non raciste pour un gouvernement ouvrier et paysan dans la perspective d’une Fédération des républiques socialistes du Proche-Orient.

 

8. Nous dénonçons Chavez et son Mouvement bolivarien bourgeois qui sacrifient la lutte anti-impérialiste des masses vénézuéliennes. A la table de négociation avec les Etats-Unis, avec des gouvernements comme celui de Lula et avec des « messagers de la démocratie » comme Carter et Alfonsín, Chavez a signé un accord dans lequel il a livré à la réaction impérialiste et putschiste, ce que celles-ci n'avaient pas pu conquérir dans les rues dans leurs deux tentatives contre-révolutionnaires.

Nous dénonçons également la direction syndicale de la COB de Bolivie, Quispe et Morales –tous au Forum social mondial- qui ont accordé une trêve au gouvernement assassin de Sánchez de Lozada et ont empêché que la classe ouvrière et les paysans mènent à la victoire le soulèvement de février dernier.

En Colombie, depuis des années, les trêves et les accords du FARC avec les gouvernements assassins successifs de ce pays, ont isolé la guerre paysanne et en même temps ont laissé passer sa chance au prolétariat des villes face aux fascistes des « escadrons de la mort ». En même temps, la direction stalinienne des FARC refuse d'exproprier les puits de pétrole, et le moindre hectare de terre dans les territoires qu'elle contrôle.

A bas les trêves et les accords ! Pour l'indépendance des organisations ouvrières des régimes, des gouvernements et des bourgeoisies compradores ! Seule cette orientation ouvrière pourra permettre de construire un mouvement ouvrier et paysan latino-américain qui, en lien avec ses frères et sœurs de classe nord-américains, combattra pour mettre fin à l'ignominie et à l'esclavage dans « l’arrière-cour » de l’impérialisme américain. Seule la classe ouvrière, à la tête des masses exploitées et des nations opprimées, pourra libérer les nations latino-américaines du joug impérialiste, en renversant la bourgeoisie et en imposant des gouvernements ouvriers et paysans, sur le chemin des Etats-Unis Socialistes de l'Amérique latine. Impérialistes yankees, hors de Cuba, de la Colombie, de Porto Rico, d'Équateur, de Bolivie et de toute l’Amérique latine ! Dehors les puissances impérialistes européennes qui spolient et vampirisent les peuples d’Amérique latine ! Impérialistes anglais, hors des Malouines ! Pour une fédération des républiques socialistes d’Amérique latine !

 

9. Nous appelons la classe ouvrière russe à reprendre le chemin des travailleurs, des soldats et des paysans rouges qui en octobre 1917 imposaient la première république ouvrière et socialiste victorieuse. La lutte pour la restauration de la dictature révolutionnaire du prolétariat dans les territoires de ex-l'URSS est aussi une tâche du prolétariat européen et mondial. Nous affrontons Kim Song Il de Corée du Nord, Fidel Castro et la bureaucratie restaurationniste cubaine, et les nouveaux bourgeois restaurationnistes chinois, qui ont conçu la pseudo théorie réactionnaire et anti-ouvrière du « socialisme de marché », comme le démontre l'exploitation brutale de la classe ouvrière chinoise, l'avance des mesures restaurationnistes à Cuba. En même temps, nous défendons inconditionnellement face à l'impérialisme ces États ouvriers bureaucratiques qui subsistent, à l'agonie ; nous combattons pour construire des soviets ouvriers et paysans et pour le renversement des bureaucraties restaurationnistes qui s’apprêtent à achever la rétablissement du capitalisme.

 

10.  Nous déclarons la guerre à toutes les directions qui servent de flanc-garde à la bourgeoisie, à leur politique de collaboration de classes et à leurs coalitions de « fronts populaires ». L'histoire a démontré maintes et maintes fois que le chemin de la conciliation d'intérêts entre les capitalistes et les travailleurs est le chemin de la défaite et du massacre des masses. Aucune amélioration du sort du prolétariat mondial, a fortiori l’émancipation d'une classe exploitée ou semi-exploitée, ne peut être obtenue par la soumission à une quelconque fraction d’exploiteurs.

 

11.   Nous dénonçons tous les serviteurs de l'ONU, y compris la majorité des renégats du trotskysme. Ils se sont agenouillés devant l’ONU, à l’instar de la nouvelle dirigeante stalinienne Gladys Marin du Chili, secrétaire générale de la conférence des Partis communistes d'Amérique latine que se réunit deux fois par an. Ces partis agissent en lien avec Fidel Castro, qui fut le fossoyeur de la révolution chilienne de 1973, qui enterra la révolution en Amérique centrale dans les années 1980 et qui voyage maintenant en Argentine pour soutenir Kirchner et essayer de liquider la révolution.

Fidel Castro et son porte-parole Gladys Marin, participants du Forum Social Mondial, ont déclaré que « un autre monde est possible »… sans exproprier les capitalistes, en poursuivant l'exploitation de la classe ouvrière, en appelant à « redistribuer la richesse » comme de vulgaires démocrates libéraux. Ils prétendent que l’ONU peut engendrer cet « autre monde », cette caverne de bandits impérialistes qui a approuvé la première guerre contre l'Irak et le blocus assassin qui s’ensuivit. Cette même ONU qui essaie maintenant de reprendre pied en Irak pour défendre les intérêts des impérialistes français et allemands, ceux qui en 1948 ont consacré l'occupation de la Palestine et la création de l'État d'Israël et soutiennent aujourd’hui le massacre des Palestiniens avec la politique de « deux États »; ceux qui ont promu et ont soutenu la guerre contre la Corée en 1950, etc.

 

12.   Nous proclamons que, comme l’a prouvé la révolution argentine, l'axe de tout programme révolutionnaire, dans une situation pré-révolutionnaire ou révolutionnaire, doit être articulé autour du développement, de l’extension, de la centralisation et de l’armement des organismes de démocratie directe et d’autodétermination des masses qui, comme les assemblées populaires, les usines occupées, les commissions internes des usines arrachées à la bureaucratie syndicale et le mouvement piquetero, expriment la tendance des masses à établir un régime de double pouvoir. Quand commence une révolution, celui qui ne lutte pas pour le pouvoir et dans la perspective de la dictature du prolétariat, est un serviteur de l'État bourgeois. C'est pourquoi nous approuvons le slogan lancé en décembre 2002 : « Pour un gouvernement de la troisième assemblée nationale des travailleurs employés et sans emploi, et des assemblées populaires avec leurs organes d’autodéfense ! ».

 

13.   Nous appelons à combattre ouvertement le pacifisme qui infecte la conscience de la classe ouvrière, comme nous nous opposons à la politique petite bourgeoise du terrorisme individuel qui est isolé des masses dans une lutte impuissante, qui les prive d’armes. Le soulèvement de la classe ouvrière et des paysans boliviens, au cri de « Fusil, metralla, Bolivia no se calla ! » (« Des fusils et des mitraillettes ! La Bolivie ne se tait pas ! »), montre la voie pour l'armement du prolétariat.

Ce sont les directions bourgeoises et contre-révolutionnaires qui empêchent l'armement du prolétariat, la création de la milice ouvrière et la destruction de la caste de fonctionnaires des forces armées bourgeoises. Ainsi, en Palestine, Arafat et la direction bourgeoise de l'OLP, avec le Hamas et le Hezbollah, empêchent l’armement généralisé du peuple palestinien et le livrent au massacre de Sharon et de son armée génocidaire. Il en découle aussi que nous défendons contre la répression tout combattant anti-impérialiste et d'exigeons la liberté inconditionnelle de tous les prisonniers anti-impérialistes du monde.

 

14.   Nous affrontons partout les bureaucraties des organisations ouvrières de tous poil, achetées et corrompues par le grand capital, les bureaucraties syndicales nationalistes bourgeoises, social-démocrates et staliniennes, corrompues par l'État, qui soumettent les travailleurs à leurs intérêts de camarilla et aux intérêts de la bourgeoisie et de l'impérialisme. Nous affrontons les nouvelles bureaucraties organisations piqueteros de la classe ouvrière argentine qui gèrent les miettes octroyées par la bourgeoisie et, avec les bureaucraties syndicales, empêchent la jonction entre travailleurs au chômage et travailleurs avec emploi, qui divisent les rangs ouvriers.

Les syndicats, qui sont nés pour la défense des intérêts économiques des travailleurs, ont été de plus en plus transformés pendant des décennies par la bureaucratie syndicale, dont la base réelle est l’aristocratie ouvrière, en des appareils chargés de soumettre les travailleurs à la bourgeoisie et leur État au bénéfice de cette bureaucratie, en accompagnant l’appauvrissement croissant de la classe ouvrière. Les trotskystes combattent dans les syndicats pour éliminer leur bureaucratie, restaurer la démocratie ouvrière et nous affirmons que cela n’est possible qu’en luttant pour l’indépendance totale des organisations ouvrières vis-à-vis de l’Etat bourgeois qui les corrompt et les intègre . Nous combattons pour imposer la démocratie ouvrière par les comités d’usine, les piquets de grève, pour renouveler les directions syndicales en proposant résolument des dirigeants combatifs aux moments critiques et pour arracher une direction révolutionnaire des syndicats.

 

15.   Nous proclamons que tout peuple qui en opprime un autre ne peut se libérer lui-même. Les bourgeoisies impérialistes exercent une oppression coloniale contre les restes de leur empire (Porto Rico, Irlande du Nord, Martinique, Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie...) et occupent de nouveau des pays dominés (Bosnie, Afghanistan, Irak...).

Nous sommes pour l’indépendance de tous les protectorats et de toutes les colonies. De multiples peuples sont maintenus par la violence au sein de l’Etat bourgeois aux mains d’un peuple dominant (Basques, Kurdes, Kabyles, Tamouls...). Nous sommes catégoriquement du côté de la nation tchétchène opprimée et agressée, contre le génocide des troupes de l’armée blanche de Poutine et de la bourgeoisie russe, agents de l’impérialisme. Nous sommes pour le droit à l’autodétermination nationale des peuples opprimés, incluant le droit de se séparer s’ils le désirent.

En aucun cas, nous ne nous adaptons au nationalisme petit-bourgeois ou bourgeois. Seule la reconnaissance du droit à l’autodétermination des peuples opprimés assure l’unité du prolétariat. Pour la même raison, nous nous prononçons pour la liberté de circulation et d’établissement des travailleurs, pour la complète égalité des droits des prolétaires.

 

16.   Nous réaffirmons la pertinence du léninisme et du trotskysme, le programme de la 4e Internationale et sa mise à jour, comme continuité de la 3e Internationale de Lénine et de Trotsky, école de stratégie révolutionnaire.

Dans cette perspective stratégique, nous appelons tous les courants qui disent combattre pour les intérêts de la classe ouvrière, à rompre avec la bourgeoisie et à entamer la lutte pour le pouvoir basés sur les organismes d’autodétermination et sur l’armement des masses. Dans le processus de ce combat, nous serons disposés à développer tout front unique ou unité d'action avec tout courant ouvrier qui est disposé à faire un pas en avant pour notre classe. Mais comme disait Lénine, si nous sommes disposés à frapper ensemble, nous marchons séparément : avant, pendant et après, nous ne renonçons pas à la critique des directions réformistes qui sont obligées de laisser leurs bureaux luxueux et se mettent à la tête de l'action de masses.

 

17.  Le réformisme social-démocrate ou stalinien empoisonne les travailleurs avec sa prétention à la réforme de l’État capitaliste. Il sert les plans de la bourgeoisie à travers les appareils politiques et syndicaux, il s'allie avec elle par une « démocratie participative » ou « citoyenne » et il gère loyalement son Etat pour empêcher la révolution prolétarienne. Sociaux-démocrates et staliniens sont achetés par l’ennemi capitaliste.

 

18.   Le centrisme pseudo trotskyste a bavardé sur la révolution pendant cinquante ans tandis que, dans la pratique, il se subordonnait aux appareils réformistes. La « 4e Internationale »-SU pabliste, la « 4e Internationale »-EIT lambertiste, la LIT moreniste, l'UCI-LO hardyste, la TSI cliffiste, le CIT ou le Militant grantistes, le MRQI altamiriste, etc. représentent la soumission, et même le passage pour la plupart, au camp du réformisme.

 

19.   La social-démocratie, le stalinisme et les bureaucraties syndicales ont sacrifié les plus élémentaires principes et la morale de classe. Les centristes, les révisionnistes et les liquidateurs de la 4e Internationale les suivent sur ce chemin. Le prolétariat a soif de droiture, d'honnêteté, de dévotion, de la plus vaste démocratie ouvrière. Pour examiner, pour résoudre et pour agir, les travailleurs et la jeunesse doivent exiler des organisations ouvrières la méthode introduite par ces directions qui essayent de dissoudre ou de faire taire les différences politiques à l'intérieur du mouvement ouvrier par la calomnie, les amalgames, et la violence physique.

 

20.  Nous affirmons que le XXIe siècle commence comme a fini le XXe, comme une époque de crises, de guerres et de révolutions, exhibant toutes les caractéristiques du capitalisme en décomposition. Contre tous les révisionnistes du trotskysme qui veulent décharger sur les masses la responsabilité des défaites subies et dissimuler ses propres capitulations et trahisons en affirmant que le problème est la « crise de subjectivité » des masses, le « retard de sa conscience », nous affirmons que le début du XXIe siècle confirme la prémisse centrale du programme de la 4e Internationale : sans révolution sociale dans la prochaine période historique, toute la civilisation humaine est menacée par une catastrophe. Tout dépend du prolétariat, c'est-à-dire, d'abord, de son avant-garde révolutionnaire. La crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire.

 

21.   Les participants de la conférence internationale affirment la nécessité pour les noyaux révolutionnaires et internationalistes de construire des partis ouvriers révolutionnaires et le parti mondial de la révolution socialiste, à partir des forces qui se dégageront de la lute des masses. Avec de telles organisations, l’insurrection prolétarienne pourra gagner, la révolution mondiale pourra triompher, le socialisme pourra se développer.

 

Collectif pour une conférence internationale des trotskystes principiels et des organisations ouvrières révolutionnaires internationalistes