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Tract à paraître dans Révolution Socialiste n°14

 

 

Front unique ouvrier pour défendre la Sécurité sociale

Retrait du projet Chirac - Douste !

 


 

Après avoir cassé le droit à une pleine retraite à 60 ans, grâce au refus des directions syndicales d’appeler à la grève générale en mai et juin 2003, Chirac et son gouvernement s’en prennent à la branche maladie de la Sécurité sociale des travailleurs salariés. Le Président a tracé la voie au lendemain des élections régionales :

Il faudra prendre des mesures de redressement. Elles seront difficiles. C’est la raison pour laquelle il est indispensable que les partenaires sociaux et le gouvernement, mais aussi la majorité et l’opposition se rassemblent pour discuter et ensemble rechercher une solution… (J. Chirac, entretien à TF1 et France 2, 1er avril)

 

Le projet du gouvernement Chirac-Raffarin-Douste est un plan contre la classe ouvrière

 

Pour le capital et son Etat, ceux qui créent toutes les richesses, les exploités, vivent trop vieux, se soignent trop, s’instruisent trop, sont trop payés et ne travaillent pas assez intensément, ni assez longtemps.

Outre le regroupement du “ régime général ” (la caisse des salariés) avec ceux des indépendants, le tout sous droit de regard des patrons, le plan du gouvernement est le suivant :

·                1 euro par consultation et par acte médical de plus à la charge des patients ;

·                majoration de 0,4 % de la CSG des retraités imposables et de 0,15 % de la CSG sur les salaires ;

·                diminution du remboursement de médicaments ;

·                augmentation du forfait hospitalier qui passerait de 13 à 14 euros par jour ;

·                création d’un dossier médical partagé, d’un fichage informatique pour limiter les soins.

Bref, les travailleurs salariés devraient payer encore plus pour se soigner ou y renoncer. Et si ce plan contre le droit à la santé passe, il sera forcément aggravé avant peu…

 

Le gouvernement du capital met en cause une conquête révolutionnaire du prolétariat

 

La Sécurité sociale a été arrachée en 1945 par le prolétariat dans le cadre de la montée révolutionnaire européenne qui s’est ouverte en 1943 en Italie. En France, en 1944, les travailleurs organisaient des comités dans les entreprises et beaucoup détenaient des armes.

La thèse marxiste générale : les réformes sociales ne sont que les sous-produits de la lutte révolutionnaire, prend à l'époque du déclin capitaliste l'importance la plus immédiate et la plus brûlante. Les capitalistes ne peuvent céder aux ouvriers quelque chose que s'ils soient menacés du danger de perdre tout. (L. Trotsky, Où va la France ? 1934)

La Sécurité sociale est alors financée uniquement par des cotisations sociales, autrement dit du salaire différé, socialisé. Une augmentation de cotisation patronale constitue par conséquent une augmentation du salaire collectif de la classe ouvrière. Mais sans révolution socialiste, sans conquête du pouvoir par les travailleurs, toute conquête est incomplète et précaire. Dès sa fondation, la Sécurité sociale a été tributaire du maintien du capitalisme et de la reconstruction de l’Etat bourgeois par De Gaulle et ses ministres PS-SFIO et PCF. En témoignent dès 1945 : l’oubli délibéré du chômage, le remboursement incomplet des soins (ticket modérateur), l’existence de cotisations des salariés, la gestion “ tripartite ” avec le patronat et l’Etat bourgeois, etc.

Depuis, cette concession du capital au travail a été depuis rognée, diminuée, attaquée par tous les gouvernement bourgeois successifs : éclatement de la Sécu en trois branches par les députés MRP, PS-SFIO et PCF en 1948 ; ordonnances De Gaulle en 1967 ; forfait hospitalier en 1983 avec le soutien du PS et du PCF ; création de la cotisation sociale généralisée (CSG) par Mitterrand-Rocard en 1990 ; loi Balladur en 1993 ; ordonnances Juppé de 1995 ; loi Chirac-Fillon contre les retraites en juillet 2003 ; jour de travail gratuit en décembre 2003 ; exonérations de cotisations patronales en 1987, 1989, 1991, 1992, 1994, 1995, 1996, 1998, 2000 et 2003 ; déremboursements de médicaments en 2001, 2003…

Pour faire passer le nouveau train des mesures, la bourgeoisie et son gouvernement bénéficient de complicités au sein de la classe ouvrière : celle de tous les dirigeants des syndicats, du PS, du PCF et de la LCR qui ont aidé à porter Chirac à la présidence en mai 2002, de tous ceux qui ont laissé Chirac et Raffarin au pouvoir malgré les élections régionales d’avril 2004, de tous les dirigeants syndicaux qui bavardent sur les “ valeurs républicaines ” alors qu’il s’agit de conquêtes ouvrières imposées à la république bourgeoise, ceux qui réclament une “ réforme ” et qui acceptent de “ partager l’effort ”…

 

Un diagnostic partagé  par les partis ouvriers et par les directions syndicales

 

Au compte de la bourgeoisie, le gouvernement Chirac-Raffarin-Borloo-Douste suit la même méthode que contre les retraites : dramatiser le déficit (bien inférieur à celui de l’Etat… et largement dû aux exonérations de cotisations patronales décidées par l’Etat), établir un “ diagnostic partagé ” avec les chefs syndicaux et les partis ouvriers parlementaires, porter le coup “ démocratique ” et légal avec la majorité réactionnaire de députés UMP-UDF-MPF, miser sur la capacité des directions syndicales d’empêcher la grève générale qui pourrait le balayer, lui et ses projets.

Jusqu’à présent, le gouvernement UMP suit impunément ses échéances :

·                octobre 2003, mise en place d’un “ Haut conseil ” avec la participation des organisations ouvrières (partis, syndicats et mutuelles),

·                février 2004, début de la consultation des “ partenaires sociaux ” (organisation d’employeurs et confédérations syndicales),

·                mai, “ propositions ” aux partenaires sociaux,

·                juin, adoption définitive du projet de loi en Conseil des ministres,

·                juillet, vote de la loi au Sénat et à l’Assemblée.

Les organisations ouvrières respectent pleinement le calendrier présidentiel et gouvernemental. Elles se refusent à le bloquer, à infliger une défaite au pouvoir par la lutte de classe.

Le “ Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie ” a été mis en place par Chirac et Raffarin en octobre 2003 pour légitimer leur attaque contre la branche maladie de la Sécurité sociale. Outre la CFDT et la CFTC, y ont siégé un représentant du PS, deux de la CGT, deux de FO, un de l’UNSA et un de la Fédération nationale des mutuelles de France. Le 23 janvier, ce “ Haut conseil ” a remis son rapport, en proposant -ô surprise !- de “ réformer ” la branche-maladie :

La CFDT a salué l’adoption du rapport par l’ensemble du Haut Conseil et notamment par les organisations syndicales toutes représentées. Mais ce diagnostic partagé n’aura de sens que s’il permet au gouvernement… d’engager les actions nécessaires pour pérenniser notre système. (communiqué CFDT, 23 janvier 2004)

 

Les directions syndicales acceptent chaque semaine, chaque jour, de discuter du plan contre les acquis

 

Les discussions entre le gouvernement et les directions syndicales ont alors débuté. Loin de refuser toute concertation sur les plans du gouvernement ennemi des travailleurs, les directions syndicales lui ont donné le feu vert en avril :

Les responsables syndicaux se montrent réceptifs aux propositions du ministre. (Le Monde, 27 avril)

Les “ négociations ” se sont poursuivies durant toute la première quinzaine de mai :

Après une semaine de rencontres bilatérales et multilatérales entre le ministère de la santé et les partenaires sociaux sur l’avenir de l’assurance maladie, Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé et de la Protection sociale, et Xavier Bertrand, secrétaire d’Etat à l’Assurance Maladie, recevront les responsables des organisations syndicales et patronales ainsi que le président de la mutualité à l’occasion d’entretiens bilatéraux en début de semaine prochaine. (communiqué du ministère de la santé, 13 mai)

Comme l’a dit l’autre ministre en charge du dossier, la caution des organisations syndicales est essentielle :

Il faut y aller. C’est un enjeu formidable et indispensable. Notre tâche sera moins difficile dans la mesure où chacun de mes interlocuteurs, patronal ou syndical, a compris qu’il était temps. (J.L Borloo, Le Monde, 18 mai)

Grâce au “ diagnostic partagé ” et à la complaisance des bureaucraties syndicales, le gouvernement a pu annoncer le 17 mai son plan contre le droit à la santé.

Aussitôt, toutes les confédérations syndicales ont accepté de le discuter le 18 mai avec Douste. Elles ont récidivé le 27 mai.

 

Pour défendre la Sécu, il faut rompre avec le gouvernement

 

Le 9 juin, le conseil des ministres présidé par Chirac va adopter le plan Douste-Blazy.

En même temps qu’elles discutent en permanence les plans du gouvernement, presque toutes les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, UNSA, G10, FSU, CFTC) appellent à une journée d’action le 5 juin, un samedi, en refusant la grève, en tournant le dos à la lutte de classe. Elle a reçu le soutien du PS, du PCF, de la LCR et de LO. Et Douste-Blazy lui-même ne lui est pas hostile :

Philippe Douste-Blazy a jugé normal qu'on se batte pour la Sécurité sociale. "J'ai envie moi aussi de me battre pour la sauver", a-t-il affirmé. (L’Express, 27 mai)

En effet, cette initiative est conçue comme “ citoyenne ”, c’est-à-dire sur le terrain de la collaboration de classes. Les organisateurs acceptent le cadre tracé par le gouvernement, lui font des “ propositions ” et ne réclament aucunement le retrait de son plan anti-ouvrier :

Les organisations syndicales CGT - FSU - UNSA veulent que la réforme, qu’elles jugent indispensable, se construise autour des principes de progrès et de solidarité. (communiqué CGT-FSU-UNSA, 17 mai)

Une occasion pour Philippe Douste-Blazy de confirmer ou d'infirmer les avancées qu'il avait concédées à FO jeudi, notamment dans le domaine du pilotage de l'assurance maladie. Une occasion, plus globalement, de revenir à une vision plus médicalisée et moins comptable de l'assurance maladie. (communiqué FO, 29 mai)

Il faut organiser des débats collectifs rassemblant tous les acteurs du système… C’est à partir de ces débats que pourra être décidé ce qui doit être remboursé. (tract G10 -SUD pour le 5 juin)

Pour se défendre, pour vaincre le gouvernement, les travailleurs doivent imposer à leurs organisations le front unique ouvrier contre le plan Chirac-Douste, la cessation de toute négociation du plan du gouvernement, la rupture avec le gouvernement :

 

·         Retrait du projet Chirac-Douste et du plan Hôpital 2007  ! Remboursement intégral des soins pour tous les travailleurs salariés !

·         Les patrons, hors de la Sécu ! Expropriation des cliniques privées et des groupes industriels du médicament !

·         Suppression de la CSG et de la CRDS ! Paiement des dettes de l’Etat et du patronat ! Augmentation des cotisations des employeurs !

·         Dirigeants de FO et de la CGT, boycottez toute “ concertation ” des projets du gouvernement Chirac-Raffarin-Douste !

·         Syndicats et partis qui dites parler au nom des travailleurs, préparez ensemble une gigantesque manifestation à l’Assemblée pour le retrait du projet !

1er juin 2004

 


Groupe Bolchevik
pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l'Internationale ouvrière révolutionnaire

              Devrimci Parti Gücleri (Turquie)

 

 

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