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Comme
les travailleurs de France Télécom, les gaziers et électriciens, les cheminots,
maintenant les postiers sont directement confrontés à la privatisation.
Les 18,
19 et 20 janvier, la « loi de régulation postale » vient en
discussion à l’Assemblée nationale. Plusieurs fois repoussée par le
gouvernement pour ne pas avoir à affronter plusieurs secteurs de la classe
ouvrière en même temps, ce projet déjà amendé par les sénateurs prévoit la
création d’un « Etablissement de Crédit Postal » et donc la scission
de la poste en deux entités. Il ne s’agit pas de monter une énième filiale mais de poser les jalons pour le rachat par
les banques d’un secteur qui leur échappait encore.
Les fonctionnaires seraient « mis à
disposition » de la banque : ils ne seraient plus des postiers comme les
autres, les critères de gestion du privé leur seraient appliqués, on pourrait
un jour les forcer à changer de statut. Quant aux contractuels, ils
risqueraient surtout de faire connaissance avec les licenciements.
D’ores et déjà, 2 500 emplois
disparaissent des centres financiers. Des rapports de
Dans le réseau
des bureaux de poste (Réseau Grand Public), 40 000 agents –
guichetiers et COFI travaillent pour les services financiers : combien de
postes menacés là encore ? Le bilan de « l’expérimentation » en
Loire Atlantique se solde par une réduction drastique du nombre de bureaux de
plein exercice (il ne resterait que 80 bureaux sur les 200 existants), la
réduction des horaires d’ouverture pour le public, des suppressions d’emplois
et l’accentuation des pressions commerciales.
Jean Paul Bailly, le président de
En 2003, le recrutement s’est fait exclusivement
par voie contractuelle, en parfaite contradiction avec la loi du 2 juillet
1990, qui qualifie ce type de recrutement d’exceptionnel et dérogatoire... Les
contractuels représentent 30,5 % de l’effectif moyen. Les
passages en CDI consentis par la direction doivent plus à la recrudescence des
contentieux devant les Prud’hommes qu’à la volonté de réduire la précarité.
Surtout, ils n’annulent en rien la disparition des postes de
fonctionnaires : seulement deux tiers de l’effectif aujourd’hui, ils
seront minoritaires dans quelques années : d’ici 2012, les 140 000
fonctionnaires partant à la retraite seront remplacés par 70 000 agents
contractuels.
Le bilan est le suivant : à
Les personnels ont subi les milliers de
suppressions d’emplois, les attaques contre leurs acquis, la généralisation de
la précarité. Les projets de scinder
·
Un manège de journées d’action, avec ou sans grève
de 24 h, divisées par secteur ou par syndicat, appelées sur des plateformes qui
ont peu à voir avec les véritables revendications des travailleurs : le 5
février 2004 ; le 13 avril (FO) ; le 27 avril dans les CRSF (CGT, FO
et SUD) ; le 5 mai ; le 13 mai grève des centres de tri ; le 3
juin ; le 21 septembre ; le 8 décembre 2004. Et nous voilà au 18
janvier…
·
La participation de toutes les directions
syndicales aux tables rondes, concertations, colloques et discussions que la
direction de
·
La signature par CGT, FO, CFDT, CFTC d’un « accord cadre sur la relation sociale au
courrier » entérinant la contractualisation massive sous couvert
de CDI, le non-recrutement de fonctionnaire.
La politique des dirigeants des fédérations
syndicales empêche d’affronter la direction de
Pourtant, rarement les attaques ont été aussi
massives, n’épargnant aucun secteur du prolétariat.
Depuis 2002, le gouvernement Chirac-Raffarin et la majorité UMP ont avancé à grands pas
pour faire baisser la valeur de la force de travail, en liquidant les acquis
sociaux (inscrits dans le Code du travail et les statuts publics), en
privatisant, en s’en prenant aux fonctionnaires, aux immigrés et à leurs
descendants nés en France, au droit à l’instruction des enfants des ouvriers,
des employés et des paysans.
Le gouvernement Chirac-Raffarin a porté un coup sévère aux retraites en
2003 en passant de 37,5 à 42 le nombre d’annuités nécessaires pour bénéficier
d’une retraite complète (loi Fillon). Il a ensuite attaqué la branche maladie
de
La grande majorité des
travailleurs hait le gouvernement UMP. Elle ne porte ni la responsabilité de sa
venue, ni celle de son maintien au pouvoir.
Le
gouvernement Chirac-Raffarin est fort de
l’impuissance dans laquelle les travailleurs sont maintenus. Il est fort de
l’émiettement des 18 à
Un an
après, les dirigeants syndicaux n’ont pas levé le petit doigt pour défendre
Pendant
des mois, des vagues de milliers de licenciements ont frappé le
prolétariat : aucune riposte globale organisée par les syndicats ;
les travailleurs abandonnés site par site.
A
Depuis
septembre, les dirigeants syndicaux n’ont organisé aucune mobilisation
générale, unie, contre le budget qui incarne la politique du gouvernement. Les
fédérations syndicales de l’enseignement ont osé demander aux personnels
d’envoyer des « cartons rouges », en guise de combat pour récupérer
les postes !
Aux
côtés de
Alors
que le plan de création de la banque postale arrive en discussion à l’Assemblée
nationale, qui profite du fait que les fédérations syndicales de
Voilà la politique qui empêche de battre ce
gouvernement ; voilà les véritables obstacles à la mobilisation.
Dirigeants
syndicaux, rompez votre participation à l’élaboration et à la mise en place des
plans du gouvernement ! Assez de temps passé à amender les projets
Chirac ! Les syndicats à notre service ! Place à la riposte unie du
prolétariat contre le gouvernement au service du capital !
En particulier, il est urgent d’imposer que toutes
les directions syndicales réclament l’abrogation des plans de privatisation de
Exigeons dans les organisations syndicales et dans les
assemblées générales :
·
Contre
les restructurations à
·
Pour le
remplacement de l'ensemble des départs à la retraite par le recrutement de
fonctionnaires
·
Pour
l’ouverture de concours de recrutement de fonctionnaires et un plan de
titularisation des contractuels
·
Manifestation
de tous les postiers à l’Assemblée nationale pour interdire le vote de la loi
cadre.
16
janvier 2005