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Non à la privatisation de La Poste,

non à l’Établissement de Crédit Postal

Front unique pour le retrait de tous les projets réactionnaires du gouvernement Chirac-Raffarin-Fillon-Douste

 


 

Restructurations à tous les étages

 

Comme les travailleurs de France Télécom, les gaziers et électriciens, les cheminots, maintenant les postiers sont directement confrontés à la privatisation.

Les 18, 19 et 20 janvier, la « loi de régulation postale » vient en discussion à l’Assemblée nationale. Plusieurs fois repoussée par le gouvernement pour ne pas avoir à affronter plusieurs secteurs de la classe ouvrière en même temps, ce projet déjà amendé par les sénateurs prévoit la création d’un « Etablissement de Crédit Postal » et donc la scission de la poste en deux entités. Il ne s’agit pas de monter une énième filiale mais de poser les jalons pour le rachat par les banques d’un secteur qui leur échappait encore.

Les fonctionnaires seraient « mis à disposition » de la banque : ils ne seraient plus des postiers comme les autres, les critères de gestion du privé leur seraient appliqués, on pourrait un jour les forcer à changer de statut. Quant aux contractuels, ils risqueraient surtout de faire connaissance avec les licenciements.

D’ores et déjà, 2 500 emplois disparaissent des centres financiers. Des rapports de la Cour des Comptes et du Sénat estiment que ces établissements pourraient fonctionner en sabrant la moitié des effectifs : 8 000 agents en moins. Partout les restructurations, dont le but est de caler les services financiers de La Poste sur les «normes standard» du marché bancaire en matière de productivité, s’enchaînent.

Dans le réseau des bureaux de poste (Réseau Grand Public), 40 000 agents – guichetiers et COFI travaillent pour les services financiers : combien de postes menacés là encore ? Le bilan de « l’expérimentation » en Loire Atlantique se solde par une réduction drastique du nombre de bureaux de plein exercice (il ne resterait que 80 bureaux sur les 200 existants), la réduction des horaires d’ouverture pour le public, des suppressions d’emplois et l’accentuation des pressions commerciales.

Jean Paul Bailly, le président de la Poste, se vante de maintenir « 17 000 points de contacts postaux ». Traduction : suppression de 6 000 des 12 000 bureaux de poste. Tandis que les deux tiers des centres de tri de courrier doivent être supprimés, ce sont 30 000 postes qui disparaîtraient d’ici 2007 et 70 000 à l’horizon 2012. Pour 2005, il est prévu 4 500 recrutements pour 13 000 départs.

Casser l’unité de la Poste pour en finir avec les garanties du statut des personnels et faire baisser la valeur de la force de travail

 

En 2003, le recrutement s’est fait exclusivement par voie contractuelle, en parfaite contradiction avec la loi du 2 juillet 1990, qui qualifie ce type de recrutement d’exceptionnel et dérogatoire... Les contractuels représentent 30,5 % de l’effectif moyen. Les passages en CDI consentis par la direction doivent plus à la recrudescence des contentieux devant les Prud’hommes qu’à la volonté de réduire la précarité. Surtout, ils n’annulent en rien la disparition des postes de fonctionnaires : seulement deux tiers de l’effectif aujourd’hui, ils seront minoritaires dans quelques années : d’ici 2012, les 140 000 fonctionnaires partant à la retraite seront remplacés par 70 000 agents contractuels.

Le bilan est le suivant : à La Poste, la part des contrats à durée déterminée (CDD) représente 18,8 % des contrats de droit privé et 5,7 % de l’emploi total, alors que le taux de CDD est en moyenne en France de 4,2 %. On constate un solde net de 3 753 suppressions d’emplois (soit 9 266 suppressions d’emplois de fonctionnaires «compensées» par l’embauche de 5 513 salariés de droit privé). En 2 ans, la direction de La Poste a supprimé 6 994 emplois (- 2,4%). Les recrutements ont baissé de 27,5 %.

Journées d’action, concertations : la direction et le gouvernement gardent les mains libres

 

Les personnels ont subi les milliers de suppressions d’emplois, les attaques contre leurs acquis, la généralisation de la précarité. Les projets de scinder la Poste en deux, voire en trois entités distinctes, de créer un ECP, sont connus depuis fin 2003. Qu’ont organisé les directions syndicales nationales ?

·              Un manège de journées d’action, avec ou sans grève de 24 h, divisées par secteur ou par syndicat, appelées sur des plateformes qui ont peu à voir avec les véritables revendications des travailleurs : le 5 février 2004 ; le 13 avril (FO) ; le 27 avril dans les CRSF (CGT, FO et SUD) ; le 5 mai ; le 13 mai grève des centres de tri ; le 3 juin ; le 21 septembre ; le 8 décembre 2004. Et nous voilà au 18 janvier…

·              La participation de toutes les directions syndicales aux tables rondes, concertations, colloques et discussions que la direction de La Poste, aux ordres du gouvernement, a mis en place pour faire passer ses plans de restructurations-privatisation.

·              La signature par CGT, FO, CFDT, CFTC d’un « accord cadre sur la relation sociale au courrier » entérinant la contractualisation massive sous couvert de CDI, le non-recrutement de fonctionnaire.

La politique des dirigeants des fédérations syndicales empêche d’affronter la direction de La Poste et derrière elle, le gouvernement. Jamais ils ne sont menacés par la mobilisation d’ensemble du personnel ; Bailly et son ministre de tutelle continuent de trouver des partenaires pour négocier leurs plans de casse.

Pourtant, rarement les attaques ont été aussi massives, n’épargnant aucun secteur du prolétariat.

Un gouvernement de combat contre les droits et acquis de la classe ouvrière et de la jeunesse

 

Depuis 2002, le gouvernement Chirac-Raffarin et la majorité UMP ont avancé à grands pas pour faire baisser la valeur de la force de travail, en liquidant les acquis sociaux (inscrits dans le Code du travail et les statuts publics), en privatisant, en s’en prenant aux fonctionnaires, aux immigrés et à leurs descendants nés en France, au droit à l’instruction des enfants des ouvriers, des employés et des paysans.

Le gouvernement Chirac-Raffarin a porté un coup sévère aux retraites en 2003 en passant de 37,5 à 42 le nombre d’annuités nécessaires pour bénéficier d’une retraite complète (loi Fillon). Il a ensuite attaqué la branche maladie de la Sécurité Sociale en juillet 2004 (loi Douste-Blazy). Il continue de bloquer les salaires de tous les fonctionnaires qui ont perdu plus de 5% de pouvoir d’achat depuis 2000. Le ministre de la Fonction publique vient de concéder 0,5 % pour février et 0,5 % pour novembre 2005 alors même que l’augmentation prévue serait de 1,8 % pour cette année. Il a fait adopter par le Parlement la loi Borloo dite de « cohésion sociale » qui prévoit de simplifier les procédures de licenciements et préconise l’apprentissage patronal massif pour les jeunes dont les parents ne sont ni patron ni ministre. Son budget pour 2005 renforce les cadeaux fiscaux aux capitalistes tandis qu’il supprime, par exemple, 4 000 postes de professeurs du secondaire. Chirac vient d’ajouter que les patrons qui embauchent au SMIC seront exonérés de charges sociales, ce qui amputera d’autant le salaire différé de la classe ouvrière (Sécurité Sociale).

La grande majorité des travailleurs hait le gouvernement UMP. Elle ne porte ni la responsabilité de sa venue, ni celle de son maintien au pouvoir.

 

C’est la responsabilité des organisations ouvrières, partis et syndicats, d’organiser le combat contre la politique du gouvernement, contre le gouvernement

 

Le gouvernement Chirac-Raffarin est fort de l’impuissance dans laquelle les travailleurs sont maintenus. Il est fort de l’émiettement des 18 à La Poste, 19 à la SNCF, 20 dans le reste de la Fonction publique. Son audace vient de ses victoires précédentes, qu’il a remportées grâce à la couardise et la complicité de ceux qui ont appelé à voter Chirac en mai 2002.

La CGT, FO, toutes les organisations syndicales ont admis la nécessité d’une « réforme » des retraites, ont participé au « Conseil d’orientation des retraites » qui a préparé le projet gouvernemental. Elles ont refusé de se prononcer clairement pour le retrait du plan Fillon. Elles ont accepté et même réclamé de le discuter. Alors que des millions de travailleurs manifestaient et faisaient grève, au printemps 2003, elles ont obstinément refusé d’appeler à la grève générale. A grand renfort de « journées d’action » et de grèves reconductibles, les directions syndicales sont parvenues à épuiser les secteurs les plus combatifs, à protéger le gouvernement et sa politique.

Un an après, les dirigeants syndicaux n’ont pas levé le petit doigt pour défendre la Sécurité sociale.

Pendant des mois, des vagues de milliers de licenciements ont frappé le prolétariat : aucune riposte globale organisée par les syndicats ; les travailleurs abandonnés site par site.

A la SNCF, en avril 2004, la CGT a apposé sa signature sur un accord dit de « veille sociale » : elle a accepté la mise en cause du droit de grève dans les transports publics que la bourgeoisie a dans le collimateur depuis des lustres.

Depuis septembre, les dirigeants syndicaux n’ont organisé aucune mobilisation générale, unie, contre le budget qui incarne la politique du gouvernement. Les fédérations syndicales de l’enseignement ont osé demander aux personnels d’envoyer des « cartons rouges », en guise de combat pour récupérer les postes !

Aux côtés de la CFDT, Le Duigou pour la CGT a participé à l’élaboration du rapport Béffa (patron de Saint-Gobain) dont Chirac entend s’inspirer pour sa « Nouvelle politique industrielle ».

Alors que le plan de création de la banque postale arrive en discussion à l’Assemblée nationale, qui profite du fait que les fédérations syndicales de La Poste n’aient pas appelé à la manifestation à l’Assemblée de tous les postiers pour interdire le vote de la loi ?

Voilà la politique qui empêche de battre ce gouvernement ; voilà les véritables obstacles à la mobilisation.

Dirigeants syndicaux, rompez votre participation à l’élaboration et à la mise en place des plans du gouvernement ! Assez de temps passé à amender les projets Chirac ! Les syndicats à notre service ! Place à la riposte unie du prolétariat contre le gouvernement au service du capital !

En particulier, il est urgent d’imposer que toutes les directions syndicales réclament l’abrogation des plans de privatisation de La Poste.

Exigeons dans les organisations syndicales et dans les assemblées générales :

·              Contre les restructurations à La Poste qui préparent la privatisation, retrait du projet de loi instaurant l’ECP

·              Pour le remplacement de l'ensemble des départs à la retraite par le recrutement de fonctionnaires

·              Pour l’arrêt de l'embauche de salariés à temps partiel imposé et de CDD

·              Pour l’ouverture de concours de recrutement de fonctionnaires et un plan de titularisation des contractuels

·              Manifestation de tous les postiers à l’Assemblée nationale pour interdire le vote de la loi cadre.

16 janvier 2005