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Tract de Socialist Fight diffusé dans la manifestation du 2 avril contre le G20 à Londres

 

Internationalisme sans délai ! À bas le nationalisme économique, la campagne « emplois britanniques pour les travailleurs britanniques » et l’europhobie du « Non à l’UE » ! Pour une tendance de la base dans les syndicats, qui combatte les patrons et la collaboration de classe de la bureaucratie 

 

Le sommet du G20 témoigne de la rapidité avec laquelle la crise se développe. Des économies entières comme l’Islande et l’Irlande sont quasiment en faillite, la catastrophe financière a déclenché la débâcle économique et personne ne peut dire quand elle prendra fin. Les implications politiques à gauche sont tout aussi rapides. Les grèves de Lindsey Oil Refinery le 4 août étaient celles de toute la classe ouvrière. Les groupes comme le Socialist Party (SP) et le Communist Party of Britain (CPB), qui les ont soutenues avec enthousiasme, en reçoivent aujourd’hui la récompense.

Les staliniens du CPB, qui jouent traditionnellement le rôle de VRP pour la bureaucratie syndicale, ont accueilli le SP « trotskyste » dans l’univers du nationalisme économique. Conduite par Bob Crow [un dirigeant du CPB] sans consultation de ses membres, la nouvelle plate-forme contre l’UE (No2EU) est une réponse étroitement britannique qui vise à voler les voix de l’UKIP (Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni). Au même titre que l’infamante manifestation « Étrangers dehors » à Staythorpe, cette trahison a fait peser une crainte sur tous les travailleurs immigrés, en particulier les communautés noires et asiatiques. Si même des « gens de gauche » comme Simpson, Crow, Nellist et le CPB sont prêts à se déplacer vers la droite pour des raisons opportunistes, comment peuvent-ils lutter contre le BNP, si ce n’est le défaire ?

Cela dit, on ne peut pas dire que les divisions soient si négatives si elles révèlent la réalité au moment de la riposte. Le SWP s’est déplacé vers la gauche après la scission de Galloway, à présent il recrute à un rythme élevé sur des revendications radicales. Malgré les problèmes liés à sa propre capitulation devant les bureaucraties syndicales (pourquoi soutenir Faircloth aux élections du syndicat Amicus ?) et la politique de front populaire menée par l’UAF (Unis contre le fascisme)… les militants exigent à présent une réelle lutte, ce à quoi les révolutionnaires devraient leur apporter un soutien critique.

L’avenir de la classe ouvrière et des pauvres, en particulier de la fraction immigrée, est assez inquiétant et ils seront rapidement rejoints par une grande partie de la classe moyenne qui sera vite poussée dans leurs rangs. Voici environ un an, dans le monde entier, n’importe quel « groupe d’experts » de droite claironnait en faveur d’une faible imposition, de la dérèglementation, de la privatisation, prétendant que le modèle néolibéral conduit à une croissance économique solide. Le nombre de millionnaires et de milliardaires explosait, mais c’était « nécessaire » pour que les pauvres puissent en profiter en retour, ou qu’ils puissent bénéficier de « miettes de la table du maître », dans les termes d’un fanatique paternaliste prononcés il y a bien longtemps.

Nous sommes à présent encouragés à haïr ces banquiers égoïstes et ces riches capitalistes financiers mais pas le système lui-même, que la « Charte du Peuple » [de la confédération syndicale et de la gauche du Parti travailliste, RS] veut réformer .

La réponse anarchiste est de défendre le localisme ; la seule solution réside dans des communautés locales défendant les emplois et luttant contre l’État oppressif. Quel est le problème avec « emplois britanniques pour les travailleurs britanniques », « emplois irlandais pour les travailleurs irlandais » et « emplois locaux pour les travailleurs locaux » ? La porte est à présent ouverte pour l’extrême-droite ; le nationalisme économique est le champ d’influence du BNP, il associe les travailleurs au système des patrons et vise à détruire le fondement même de la conscience de classe ouvrière, son internationalisme et son besoin objectif de produire la richesse à partir d’une économie mondiale planifiée ; nous vivons dans un système mondial dirigé par des capitalistes exclusivement intéressés par leurs avides profits à court terme.

Les trotskystes révolutionnaires doivent alors répondre en luttant pour la révolution mondiale. Si l’occupation d’usine, comme à Crystal, devient à la mode, alors le droit sacré à la propriété privée, sur lequel repose toute l’oppression mondiale, sera utilisé comme tactique internationale. Les travailleurs ne pourront engager la lutte pour le socialisme international que lorsque la propriété privée sera renversée et que des droits collectifs et réels seront établis (pas la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU) et lorsque nous produirons des ressources alimentaires et des biens manufacturés en vue de satisfaire les besoins humains au lieu du profit. Nous devons balayer toute la « pourriture du vieux système » : sexisme, homophobie et nationalisme économique qui porte en lui racisme, guerres et rationalise toute l’oppression humaine.

Cependant, nous ne pouvons pas le faire si nous collaborons avec une bureaucratie syndicale qui cherche à emprisonner des délégués syndicaux de l’aéroport de Belfast. Nous ne pouvons pas le faire si nous manifestons aux côtés des grévistes de Lindsay Oil Refinery qui crient : « Étrangers, dehors ! ». De même que nous ne pouvons pas capituler face à la bureaucratie syndicale, nous ne pouvons pas non plus les contourner avec des « syndicats rouges » plus radicaux. Nous devons les combattre et les vaincre pour reconquérir les syndicats comme organes de lutte de classe en construisant une organisation de la base. Les internationalistes pourront alors concevoir leurs aspirations comme des possibilités réelles : pas de réponse locale, pas de trahison des bureaucraties syndicales pour sauver le capitalisme ; en occupant, en organisant et en faisant grève pour unir la classe à l’échelle nationale et internationale, alors les luttes révolutionnaires commenceront à être sérieuses. À bas la campagne « emplois britanniques pour les travailleurs britanniques », à bas le nationalisme de No2UE, prolétaires de tous les pays unissez-vous !

31 mars 2009, ITC

(traduction GB)