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Socialist Fight n° 1, hiver-printemps 2009

 

Plateforme de l’ITC
(Courant trotskyste international)

1.  Nous estimons, aux côtés de Karl Marx, « que l'émancipation de la classe ouvrière doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes, que la lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière n'est pas une lutte pour des privilèges et des monopoles de classe, mais pour l'établissement de droits et de devoirs égaux, et pour l'abolition de toute domination de classe » (Statuts de l'Association Internationale des Travailleurs, 1864).

2. Nous reconnaissons la nécessité d’une élaboration programmatique pour comprendre les tâches de la période contemporaine – le programme d’abord ! disait Trotsky. Parce que l’émancipation de la classe ouvrière ne peut être que l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, et parce que la sociale-démocratie et le stalinisme sont depuis longtemps passés dans le camp de la contre-révolution, les révolutionnaires doivent s’organiser autour d’un programme révolutionnaire à la fois en Grande-Bretagne et internationalement.

3. Nous considérons que les soviets/conseils ouvriers démocratiques sont les instruments de démocratie participative qui doivent constituer le fondement de la lutte victorieuse pour le contrôle ouvrier comme pré-condition de la lutte révolutionnaire pour le pouvoir politique. Il est par conséquent nécessaire d’entreprendre un travail d’agitation pour l’auto-organisation des travailleurs en lutte ; chaque grève, occupation ou action de la classe ouvrière qui améliore sa confiance collective est un pas vers la révolution, et c’est pourquoi les capitalistes et leurs courtisans dans la bureaucratie syndicale s’y opposent farouchement. La démocratie soviétique, c’est-à-dire la dictature du prolétariat, doit constituer le fondement de la forme organisationnelle de l’État ouvrier, une phase transitionnelle répressive mais inévitable dans le processus de développement du communisme. Au cours de cette période les travailleurs défendront leur nouvel État face à la contre-révolution et organiseront la production en fonction des besoins vitaux de telle sorte que le manque et l’oppression, les droits et la démocratie dépérissent avec l’État répressif et deviennent inutiles en raison de l’accès libre pour tous à la satisfaction des besoins vitaux ; l’aliénation est finalement supplantée par l’égalité économique et sociale.

4. En dernière analyse, l’État capitaliste se compose de corps armés – comme l’armée et la police – qui agissent en défense du système et de la classe capitalistes. Nous reconnaissons le besoin d’un parti socialiste révolutionnaire marxiste pour vaincre cet État et ce système politique capitalistes. Le processus de la révolution repose sur l’interaction démocratique entre le parti et la classe. Cette interaction crée les conditions politiques pour l’auto-émancipation de la classe ouvrière. Le processus de réussite économique dans le dépassement du pouvoir aliénant du capital facilitera également les conditions politiques de développement du consensus en faveur du mouvement vers le communisme. Le processus révolutionnaire de transition vers le communisme s’appuie sur le combat pour constituer une fédération internationale des États ouvriers. Cette fédération est nécessaire pour en finir avec la pauvreté et la famine causées partout dans le monde par la domination du capital financier global de libre marché, et pour en finir avec la menace d’une catastrophe écologique mondiale.

5. Nous nous réclamons de l’héritage de la Révolution russe et nous apportons un soutien critique à l’axe révolutionnaire des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste avant la victoire de la bureaucratie stalinienne contre-révolutionnaire et l’imposition de la théorie du socialisme dans un seul pays après 1924. Nous opposons la violence des opprimés à la violence des oppresseurs, et nous défendons, de manière critique, les méthodes de Trotsky pendant la guerre civile et pendant la prise de la forteresse de Kronstadt en 1920. Nous nous opposons sur cette question aux marxistes libertaires, aux communistes « de gauche », aux plateformistes et aux anarchistes traditionnels, même si nous partageons avec eux l’objectif final d’une société communiste égalitaire fondée sur la production en surabondance de biens nécessaires à la satisfaction des besoins, dans le respect d’une biosphère soutenable.

6. À la suite de l’effondrement de la Deuxième Internationale, la Révolution d’Octobre « ébranla le monde » et, entre autre, facilita la formation de l’Internationale Communiste. Dès son origine, le Komintern posait d’importants problèmes. La majorité des communistes allemands voyaient sa formation comme prématurée et craignaient que la nouvelle Internationale soit excessivement dominée par le Parti communiste russe. Malgré tout, les premières années du Komintern représentent un haut degré d’organisation de la classe ouvrière et restent un point important de référence pour les révolutionnaires du 21e siècle. Nous soutenons de façon critique les résolutions et manifestes des quatre premiers congrès du Komintern, de manière critique, notamment parce que le Komintern (y compris Trotsky jusqu’en 1928) n’est pas parvenu à appliquer la théorie de la révolution permanente à tous les pays ; il a réalisé un « front unique » erroné avec Mustafa Kemal Ataturk, qui a conduit au massacre de communistes turcs (1920-1922), et il a facilité la création de la confusion Staline/Zinoviev qui a conduit au massacre du soviet de Shanghaï en 1927.

7. Nous soutenons dans son contexte le Programme de transition écrit par Trotsky en 1938. Nous pratiquons toujours la méthode incarnée par ce document parce qu’il s’agit de la méthode marxiste de travail de masse, telle que défendue par Lénine dans Le Gauchisme, maladie infantile du communisme en 1920. Dans la crise actuelle, la nationalisation des banques sous contrôle des travailleurs est l’exigence transitionnelle appropriée. Il s’agit d’ouvrir les banques de telle sorte que des comités de travailleurs et de clients puissent déterminer où les fraudes et les escroqueries ont eu lieu et quelles parties du système bancaire sont simplement parasitaires. Ces crises ont été produites par l’anarchie du libre marché capitaliste, la solution réside dans l’utilisation de l’argent public pour planifier et organiser internationalement la production pour le besoin et non pour le profit.

8. Non aux fronts populaires avec des représentants politiques de la classe capitaliste pour « vaincre le fascisme », pour mettre fin à la guerre ou pour toute autre raison, et non à l’abstention sectaire de la lutte de classes. Les staliniens qui soumettent la classe ouvrière à une partie de la bourgeoisie ont fait avorter les révolutions en France et en Espagne dans les années 1930. Les résultats furent les mêmes en Indonésie (1965) et au Chili (1973). Nous défendons l’indépendance de la classe ouvrière en toute circonstance. Les marxistes opposent la tactique de front unique à celle de front populaire en vue de nouer des relations avec les travailleurs réformistes ; ils portent des exigences sur les dirigeants réformistes avec pour double objectif de faire progresser nos intérêts de classe, et d’exposer et vaincre les dirigeants réformistes face à leurs partisans au cours des luttes. En aucune circonstance, un front unique inclut un pacte de non-agression. Nous conservons toujours la liberté de critique.

9. Nous reconnaissons la nécessité pour les révolutionnaires de mener une lutte idéologique et politique sérieuse comme militants immédiats des syndicats (toujours) et dans partis sociaux-démocrates réformistes de masse, malgré leurs directions pro-capitalistes, lorsque les conditions sont favorables. Plutôt que le jusqu’auboutisme ou le désir de devenir des bureaucrates de gauche comme le SP, l’AWL, l’ISG et le SWP, nous cherchons à construire un mouvement militant indépendant de toute bureaucratie, même sa version de gauche incarnée autrefois par Arthur Scargill et aujourd’hui par Bob Crow, Mark Serwotka… Au sein du Réseau national des délégués syndicaux, nous n’avons pas pour intention de « prendre le contrôle » de l’actuelle direction autour de la bureaucratie du SP, du SWP ou du RMT, mais nous voulons en faire un réel mouvement démocratique indépendant, y compris des bureaucrates de gauche, c’est-à-dire se débarrasser de la clause 3 qui interdit l’intervention dans les affaires intérieures des syndicats, et l’ouvrir à tous les militants ouvriers.

10.  Le Parti travailliste britannique n’a jamais été un parti socialiste. La clause 4, tant appréciée par les réformistes de gauche, n’a jamais été plus qu’une feuille de vigne. Le Parti travailliste reste un parti ouvrier bourgeois, c’est-à-dire un parti pro-capitaliste qui s’appuie sur la classe ouvrière organisée. Tant qu’il en est ainsi, les marxistes proposent une tactique qui inclut l’entrisme et le soutien électoral critique. Nous ne devons pas prendre part à l’erreur sectaire et stupide du stalinisme de la troisième période, pourtant mise en pratique par l’extrême-gauche au moins dans les 15 dernières années : « nous comprenons que le Parti travailliste et les bureaucraties syndicales sont des traîtres de classe, ce que la masse de la classe ouvrière comprend également, donc les masses viendront directement à nous ou nous pouvons les leurrer en construire une maison à mi-chemin, un Parti travailliste bis, en plus radical ». Nous proposons une tactique à l’égard des membres du Parti travailliste, comme partie de notre orientation de front unique (et non populaire), reconnaissant que le Parti travailliste reste une forme de parti ouvrier. Cela signifie qu’il est nécessaire de dire à notre classe qui est la réelle direction de la classe ouvrière : voici où vivent les dirigeants pro-impérialistes ; c’est bien plus qu’une « tactique à l’égard de membres individuels » du Parti travailliste, et il s’agit d’envisager le Parti travailliste comme une organisation toujours intimement liée avec les syndicats, et donc vitale pour la lutte de classes.

11.   Nous reconnaissons l’urgente nécessité d’un programme pour la libération des femmes, et nous portons la priorité de notre travail sur la défense du droit à l’avortement, la facilité d’accès à des crèches et l’égalité de rémunération. Nous militons pour la création d’un mouvement ouvrier féminin. Nous reconnaissons le rôle majeur que les femmes ont joué au cours des luttes révolutionnaires passées et nous soulignons la contradiction de la sous-représentation des femmes dans la gauche révolutionnaire actuelle. Nous luttons pour la gratuité de l’avortement et de la contraception, pour l’égalité des salaires, pour la possibilité de garde d’enfants à toute heure dans des crèches et des jardins d’enfants. Nous sommes favorables à l’abolition de toutes les lois relatives à la prostitution qui ne font que criminaliser les femmes et/ou les mettent en danger de violence et de mort.

12.   Nous souhaitons développer un programme pour l’émancipation des populations particulièrement opprimées. Nous défendons le droit des femmes, des Noirs et des Asiatiques, des homosexuels, bisexuels et transsexuels à se regrouper au sein des syndicats, dans les partis sociaux-démocrates, et dans les partis révolutionnaires eux-mêmes. Nous luttons contre le racisme et contre le fascisme. Nous soutenons le droit des peuples à se défendre contre les attaques racistes. L’auto-défense n’est pas une offense ! Nous luttons pour qu’il soit mis fin à toute discrimination contre les homosexuels, bisexuels et transsexuels, et contre tout harcèlement, qu’il soit le fait de l’État ou des réactionnaires homophobes. Abolition de toutes les lois utilisées pour persécuter les homosexuels, bisexuels et transsexuels – outrage à la pudeur, racolage, lois sur l’obscénité, sur le blasphème…

13.   Nous nous opposons à tout contrôle de l’immigration. Le capital financier international parcourt la planète à la recherche de profit, et les gouvernements impérialistes perturbent la vie des travailleurs et causent la destruction de nations entières par leur intervention directe dans les Balkans, en Irak, en Afghanistan, ou indirecte en Somalie ou en République démocratique du Congo… Les exigences pour un contrôle de l’immigration sont nourries par la presse de droite, et sont imposées par Brown et par le Ministre de l’immigration Phil Woolas, un type d’Enoch Powell, avec pour objectif de nuire aux organisations ouvrières et à la solidarité collective. Les importants syndicats comme Unite et le GMB, qui fournissent aujourd’hui 90 % du financement du Parti travailliste et pourraient facilement exercer un contrôle sur cette question et sur les lois contre les syndicats… acceptent la politique de Brown dans tous ses aspects ; nous devons exiger de leur part une réelle campagne en défense des immigrés pour combattre les préjugés des médias. Nous devons défendre inconditionnellement le droit de tous les travailleurs à chercher à obtenir la meilleure rémunération possible pour leur travail dans les pays métropolitains, et à lutter contre l’ennemi qui a détruit leurs vies dans leur propre pays. Nous devons également soutenir, dans les pays non métropolitains, les travailleurs qui luttent contre leurs employeurs, propriétaires… impérialistes ! Cela implique que les travailleurs occidentaux engagent des actions en défense de leurs frères et sœurs en Afrique ou toute partie de « tiers-monde » ! Nous reconnaissons et saluons le grève des dockers aux Etats-Unis le jour de la Fête du travail en 2008 contre la guerre en Irak (le syndicat ILWU a fermé tous les ports de la côte ouest du pays, de la Californie à Washington en passant par l’Oregon), comme moyen le plus important par les travailleurs pour combattre la guerre impérialiste.

14.   Nous exigeons de tous les gouvernements un plan mondial pour combattre le changement climatique et la dégradation de la biosphère causés par l’anarchie de la production capitaliste pour les profits des firmes transnationales. Cependant, nous reconnaissons qu’il s’agit d’une question de classe d’une importance vitale. La catastrophe écologique est causée par l’impérialisme, si bien que combattre cette menace implique de redoubler nos efforts pour promouvoir la révolution mondiale. Néanmoins des exigences transitionnelles sur les gouvernements sont décisives ici ; des transports publics (trains et bus) nationalisés bon marché, et à terme gratuits, et un arrêt aux expansions de pistes d’aéroports, comme à Heathrow, pour réduire l’émission de carbone par les voitures, les camions et les avions ; une électricité éolienne, solaire, des vagues, avec des réseaux d’énergie et d’eau internationaux et en dernière analyse mondiaux ; un arrêt à la destruction des forêts pluviales par une interdiction mondiale du commerce de bois dur et autres formes de bois produits ; de sérieux programmes de recyclage qui récompensent et non pénalisent… tout en reconnaissant que les efforts individuels font peu de différence, et que l’écologie du sac de plastique est utilisée par les gouvernements pour faire culpabiliser les individus et éviter des actions internationalement coordonnées qui seules peuvent inverser ce cours vers le désastre. Ainsi, nous devons concentrer nos exigences sur la nécessité d’une économie mondiale planifiée par une fédération mondiale des États ouvriers, qui seule peut empêcher une catastrophe écologique.

15.   En tant que socialistes révolutionnaires internationaux, nous soutenons la théorie de la révolution permanente de Trotsky, et son applicabilité à l’actuelle période de mondialisation. Comme Lénine, nous soutenons la différentiation de toutes les nations entre nations impérialistes oppresseuses et nations coloniales et semi-coloniales opprimées. Dans des guerres entre impérialisme et nations opprimées, nous sommes toujours et en toute circonstance en faveur de la défaite de l’impérialisme comme principal ennemi de l’humanité progressiste, même contre des puissances non ouvrières. Conformément à la stratégie de la révolution permanente dans le monde semi-colonial, nous rejetons à la fois la conception des « deux étapes » et l’idée du « socialisme dans un seul pays » comme des utopies réactionnaires.

16.   Nous reconnaissons que la chute du mur de Berlin et la destruction de l’Union soviétique (1989-1991) ont constitué une victoire pour le programme néolibéral des États-Unis et de l’impérialisme mondial. Alors que nous sommes favorables à la défense des droits démocratiques, notamment le droit à l’auto-détermination nationale, nous reconnaissant que les droits individuels sont des valeurs bourgeoises qui présupposent l’inégalité et l’incapacité à défendre les droits collectifs de la masse de l’humanité à la nourriture, l’eau, le logement, l’éducation, un accès intégral aux soins… Nous reconnaissons que les travailleurs individuels et les petites nations appauvries sont à la merci des puissantes nations et firmes impérialistes, si bien que nous luttons pour les droits individuels et les droits nationaux au sein d’un collectif, c’est-à-dire dans une classe et pas au sens libertarien ; par exemple, nous luttons pour la « non-expression » des fascistes et nous nous opposons à l’exploitation, au sens de marché libre, des petits pays. Nous réduirions les droits démocratiques des capitalistes et nous remplacerions l’anarchie par une économie planifiée visant à satisfaire les besoins humains et non les profits. Nous ne défendons pas toujours la séparation des petites nations malgré la reconnaissance de leur droit à former leur propre État si une majorité le désire.

17.  Les trahisons du gouvernement travailliste discrédité face aux crises économiques et financières grandissantes donnent aux fascistes du BNP l’espoir d’une progression. Ils ont à présent cinquante-huit conseillers locaux en Grande-Bretagne (estimation de la BBC) et un membre à l’Assemblée du Grand Londres. Toutefois, le montée du fascisme en période de crise capitaliste ne peut pas être empêchée sans une lutte intégrant les fondamentaux de la lutte révolutionnaire : les antifascistes doivent être bien organisés et démocratiquement centralisés, indépendants de la bourgeoisie et dotés d’un programme révolutionnaire utilisant la méthode traditionnelle de « Pas droit à la parole » (No Platform). Ici comme ailleurs, des exigences traditionnelles ne conduisent pas nécessairement directement à la prise du pouvoir – par exemple nous sommes actuellement favorables à une auto-organisation de la classe ouvrière, la plus indépendante possible, dans la lutte contre le fascisme : nous sommes favorables à la construction de comités démocratiques, représentatifs de la classe ouvrière locale antifasciste, chargés d’organiser la prévention de la diffusion des idées/de l’influence fascistes : il s’agit d’une exigence transitionnelle car elle nous déplace vers une situation meilleure que celle où nous sommes, où les capacités de combat et les compétences de la classe ouvrière sont accrues, ce qui n’est pas du tout incompatible avec la phase suivante – en fait elle devrait y conduire directement. Nous devons associer ces exigences transitionnelles locales à la ligne de notre organisation internationale. Cela s’oppose totalement aux méthodes de front populaire faisant appel à la police, ainsi qu’aux exigences pour un vote contre le BNP, même pour Boris Johnson (Hope not Hate), qui diffuse de dangereuses illusions, sur le fait que l’État nous protège contre les fascistes, telles qu’elles sont pratiquées par l’Unité contre le fascisme (UAF) du SWP.

18.   Nous nous dissocions des méthodes organisationnelles de la plupart des groupes trotskystes d’après-guerre. On peut les caractériser comme a) centralistes bureaucratiques avec une direction hiérarchisée élitiste, souvent avec une unique figure de type gourou, et b) sectaires au sens où elles souhaitent contrôler ou détruire les vastes mouvements ou campagnes. Nous sommes favorables au centralisme démocratique dans un parti démocratique ouvert avec droits de fraction et de tendance.

19.   Nous sommes favorables à la reconstruction de la Quatrième Internationale comme parti mondial de la révolution socialiste et nous combattrons pour les fusions et les scissions nécessaires à ce travail international. Nous reconnaissons la majorité des forces qui internationalement revendiquent le nom de trotskysme comme centristes, au sens marxiste où elles capitulent face à l’idéologie bourgeoise, mais tendent également à parfois faire référence aux aspects de la méthode du Programme de transition de Trotsky et cherchent à mettre en œuvre une partie de sa méthode, cependant dans une forme inadéquate. Ces forces, malgré leurs directions dégénérées et cyniques, contiennent vraiment la grande masse des socialistes subjectivement révolutionnaires sur la planète. Des pressions morales, « modérées », réformistes de réseaux mondiaux ne seront pas efficaces face au changement climatique, à la pauvreté ou à la reconstruction d’une internationale révolutionnaire. Les États-Unis et l’impérialisme mondial peuvent étendre un pouvoir économique et militaire « dur » et nous devons nous tourner vers les forces qui peuvent également étendre un pouvoir dur pour le compte de la classe ouvrière et des peuples internationalement opprimés ; une organisation de travailleurs qui soit capable de créer un pouvoir dur par des grèves et des mobilisations massives qui peuvent physiquement arrêter toute l’économie, le mouvement des munitions de guerre et des armées... et qui ainsi puissent mettre la révolution au programme. C’est en nous adressant à ces travailleurs en lutte que nous gagnerons les forces des groupes trotskystes et centristes, et bien sûr en travaillant étroitement pour se rassembler nationalement et internationalement avec les groupes qui ont significativement rompu avec le centrisme. C’est ainsi que nous souhaitons contribuer à la reconstruction de la Quatrième Internationale.

(traduction Groupe Bolchevik)