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Résolution de la 5e conférence du Groupe Bolchevik pour la construction du POR, de l’IOR

(Collectif Révolution Permanente),

Paris, 29 octobre 2006

 

Construire un nouveau parti communiste et internationaliste pour résoudre la crise du mouvement ouvrier par la délimitation des révolutionnaires et par la politique du front unique

 

La bourgeoisie a plus besoin que jamais d’agents au sein de la classe ouvrière

 

La perspective dans laquelle doit s’inscrire l’action politique de construction de partis ouvriers révolutionnaires et de l’internationale ouvrière révolutionnaire est celle d’une période de crises économiques, sociales et politiques, par suite de l’incapacité du capital à maîtriser la marche à une crise dislocatrice, de remporter des victoires écrasantes sur le prolétariat et de l’incapacité du prolétariat à vaincre la bourgeoisie sans parti et internationale révolutionnaires.

Un tel parti ne peut se construire que contre les directions actuelles de la classe ouvrière, tant politiques que syndicales. Le PS et le PCF sont, par leur origine, distincts des partis comme le PRG, l’UMP, l’UDF, le MPF, le FN… Historiquement, le PS provient de l’unification des courants socialistes français sous l’égide du SPD et de la direction de l’Internationale ouvrière, dite 2e Internationale. Le PCF résulte de l’adhésion du PS à l’Internationale communiste (1920). La formation du POF par Jules Guesde et Paul Lafargue avec l’aide de Karl Marx (1879), la fondation du PS-SFIO (1905) ont représenté l’affirmation politique de la classe ouvrière dans le cadre du capitalisme ascendant. La création du PCF-SFIC (1920) a exprimé la volonté des secteurs les plus conscients de prendre le pouvoir face au déclin du capitalisme, manifesté à grande échelle par la Première guerre mondiale et confirmé par la crise économique mondiale de 1929. Ces deux partis conservent une base électorale importante chez les travailleurs salariés et des liens avec les appareils des syndicats (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Confédération paysanne, UNEF…). Le PS et le PCF sont des partis ouvriers bourgeois, ouvriers par l’origine et le soutien que leur donne la classe ouvrière, bourgeois par leur politique.

Les bolcheviks refusent d’établir une différence significative entre les appareils des syndicats et les partis traditionnels, à l’inverse du PT lambertiste qui se prononce pour « l’indépendance » des syndicats vis-à-vis de tous les partis. Ces deux types de bureaucratie ouvrière sont toutes deux le produit de l’impérialisme. Tant l’Internationale communiste que la 4e Internationale ont traité de même les directions réformistes, qu’elles soient syndicales et politiques, comme des agents de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière. Tous les « réformismes » ont les mêmes racines économiques et sociales et la même fonction politique : le contrôle par la bourgeoisie d’organisations pourtant issues du prolétariat.

Que le mouvement ouvrier soit majoritairement réformiste est une conséquence inévitable, en temps normal, de la domination économique, politique et idéologique de la bourgeoisie dans les formations sociales capitalistes. Depuis la fin du 19e siècle, les capitalistes et leur Etat ont considérablement renforcé l’intégration et la corruption des appareils des organisations ouvrières, en particulier dans les pays impérialistes comme la France : subventions patronales et étatiques aux appareils syndicaux, cogestion des sociétés anonymes, postes grassement stipendiés au Conseil économique et social ou au Conseil d’orientation des retraites, argent et postes de centaines de permanents assurés par les comités d’entreprise, les caisses de retraite complémentaires, les organismes de formation continue, etc. ; prestige, émoluments et emplois qui découlent du contrôle politique de mairies, de conseils généraux, des conseils régionaux, sièges de députés et de sénateurs, postes de ministres, Premier ministre et Président de la République, etc.

Bien sûr, les frontières syndicales peuvent se modifier comme le prouvent l’apparition des deux confédérations supplémentaires avec Solidaires et UNSA en France, les organisations de « piqueteros » en Argentine, la scission CTW de l’AFL-CIO aux Etats-Unis, la création récente d’une confédération syndicale mondiale unique CSI… Au fil de la lutte des classes, certains partis politiques peuvent s’effondrer et éclater (PSI Italie, CPUS Etats-Unis, CPGB Grande-Bretagne…), tandis que d’autres apparaissent (le PT Brésil) ou réapparaissent (le PSP Portugal, le PSOE Espagne..). Des fractions des anciennes bureaucraties étatiques se reconvertissent en partis réformistes en Europe de l’est. Des organisations centristes postulent au rôle de partis réformistes pour remplacer les partis traditionnels de la classe ouvrière. Mais, dans les rapports actuels entre les classes, à savoir l’incapacité du capital à écraser le prolétariat et  du prolétariat à remporter des victoires décisives sur la bourgeoisie, les partis ouvriers bourgeois sont inévitables et restent indispensables à la bourgeoisie. Seule la victoire de la révolution socialiste mondiale peut débarrasser les producteurs des bureaucrates.

Avec la crise économique mondiale de 1973 et l’effondrement de l’URSS en 1991, le rôle des bureaucraties ouvrières s’est infléchi. Les exigences grandissantes et insatiables de la bourgeoisie mondiale et locale conduisent à des réalignements dans le mouvement ouvrier dont le centre de gravité se déplace à droite. Les bureaucraties ouvrières s’attribuaient jusque là le mérite de « construire le socialisme » dans les Etats ouvriers et de « partager les revenus » dans les pays capitalistes. Dans les années 1980, elles ont respectivement procédé à la restauration du capitalisme et accompagné la destruction systématique des acquis sociaux antérieurs gagnés par la classe ouvrière. Corrélativement, leurs satellites maoïstes et pseudo-trotskystes —qui se réclamaient en paroles de la révolution— ont glissé aussi vers toujours plus d’opportunisme. Les bureaucraties étatiques ont disparu (URSS, RDA…) ou vont éclater (Chine, Cuba, Corée) et la nature conservatrice et couarde des sommets du mouvement ouvrier des pays capitalistes apparaît aux yeux de millions de travailleurs, à une échelle inédite.

Cependant, l’affaiblissement de l’autorité des bureaucraties ne résout pas la crise de la direction révolutionnaire. Le rejet des directions traditionnelles par de nombreux travailleurs, faute d’une perspective socialiste, sans construction d’une internationale ouvrière révolutionnaire combattant pour la dictature du prolétariat, débouche sur des poussées anarchistes impuissantes ou sur la démoralisation des travailleurs, favorisant la poursuite ou la reprise de l’offensive des Etats bourgeois, voire des démagogues cléricaux ou fascistes.

Tant que la révolution n’aura pas triomphé, il existera une place pour le « réformisme », qui provient d’une part de la situation dominée de la classe ouvrière dans les formations sociales capitalistes (les illusions démocratiques au sein de larges couches de travailleurs) et d’autre part des besoins politiques de la classe capitaliste (disposer de complicités dans le prolétariat). Certes, l’éclatement d’une crise économique mondiale peut rendre insupportable le coût, pour la bourgeoisie, de cette couche particulière de la petite-bourgeoisie. La seule alternative pour la bourgeoisie à l’entretien, relativement coûteux, des bureaucraties ouvrières réformistes serait sa domination directe sur la classe exploitée, par une combinaison variable de populisme et de répression, dont la forme paroxystique est le fascisme.

 

Les faux révolutionnaires sans principes zigzaguent envers les partis traditionnels de la classe ouvrière et les partis bourgeois

 

Sans parti qui regroupe l’avant-garde du prolétariat, les crises révolutionnaires qui s’ouvriront échoueront et peuvent même déboucher sur de nouvelles défaites. Toute organisation qui bavarde sur la révolution et qui se refuse à affronter les appareils contre-révolutionnaires du mouvement ouvrier esquive la crise de direction du prolétariat.

Elle est vouée soit au sectarisme qui la maintient à l’écart de la lutte réelle et qui se condamne par là à la stérilité et à l’impuissance, soit à l’opportunisme ouvert qui se manifeste par l’adaptation aux agents de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière, soit à une combinaison de ces deux déviations. Si les sectaires cultivent leur différence vis-à-vis du mouvement de la classe et s’isolent par peur de leur propre opportunisme, les centristes, quant à eux, capitulent carrément devant les forces qui dirigent à un moment donné les masses, que ce soient les partis réformistes (qui sont les relais de la bourgeoisie nationale et des bureaucraties des Etats ouvriers) ou les courants nationalistes petits-bourgeois, voire bourgeois.

Bien que le PS l’emporte largement dans les élections depuis les années 1980, il n’a jamais eu une influence comparable à celle du PCF. Le PS a toujours été une formation parlementaire. Le PCF a été constitué sous l’impact de la Révolution d’Octobre et dans le cadre de l’Internationale communiste de Lénine, Trotsky et Zinoviev. De ce fait, il a su faire face, à plusieurs reprises, à la répression étatique et à l’illégalité. Dès 1936, le PCF avait supplanté numériquement le PS. Il a confirmé sa supériorité militante quand les staliniens ont pris le contrôle de la CGT (1944) et atteint 26,2 % des voix lors des élections législatives pour l’Assemblée constituante (1945). L’influence du PS fut dérisoire lors de la grève générale (1968) avec cette nouveauté que le PCF, en première ligne pour défendre la 5e République et le capitalisme, a vu émerger toute une série d’organisations sur sa gauche (PSU, GP, LO, LC, OCI, PCMLF…).

Dans des pays comme la France où le parti « communiste » dominait le mouvement ouvrier, les organisations centristes de la fin du 20e siècle ont pris le plus souvent un caractère pro-stalinien prononcé. Les épigones de la 4e Internationale (LCR, LO, CRI, GR, GLC, LTF…) ne se distinguent guère à cet égard des maoïstes (PCOF, PCR, OCML-VP…).

Certains « trotskystes » se comportent de fait comme une fraction extérieure du PCF (LO, LCR) tandis que d’autres tentent de le redresser de l’intérieur (La Riposte, Prométhée). En 2005, tous les débris maoïstes et les pseudo-trotskystes ont opposé au « social-libéralisme » du PS le vote « Non » de la CGT et du PCF lors du  référendum sur le projet de constitution européenne. Alors qu’il s’agissait, pour le PCF comme pour les bureaucrates du CFN de la CGT, d’une position chauvine qui correspondait tout autant que le vote Oui du PS à une fraction de la bourgeoisie française (ce qu’a reflété également une minorité de l’UMP, le MPF et le FN). En fait, ces courants épousent la ligne de la direction du PCF qui, à chaque échec électoral, en rend responsable le PS en espérant faire oublier sa propre participation aux gouvernements bourgeois.

Exiger que le PCF rompe avec le PS revient à lui attribuer une nature distincte, une orientation plus progressiste. LO, la LCR, la GR, le CRI, la LTF, Combat, le GLC, La Riposte, etc. sont en retard de plus de 70 ans. Depuis 1914, le PS défend l’ordre bourgeois ; depuis 1934, le PCF fait de même.

Le PCF et le PS sont tous deux des partis traîtres, qui préconisent la collaboration de classe et défendent l’ordre bourgeois  sont des frères jumeaux depuis la victoire de la bureaucratie stalinienne en URSS, qui a entraîné la transformation de l’IC en instrument de défense de l’ordre bourgeois. L’IC et le KPD avaient rivalisé avec l’IS et le SPD pour paralyser le prolétariat allemand face au nazisme, ce qui déboucha sur la victoire du nazisme. Le PCF de Thorez a avalisé la politique allemande de l’IC (1933) puis s’est tourné, sous l’impulsion de celle-ci, vers la défense de la France (1934) et vers le front populaire avec le Parti radical (1935). Le stalinisme reprenait ainsi tous les traits de la sociale-démocratie : le social-patriotisme et le social-impérialisme, le réformisme et l’alliance avec des partis bourgeois. Au sein des masses, l’appareil stalinien a été l’adversaire le plus résolu de la révolution socialiste en France (1936) et en Espagne (1937). Quand l’armée allemande envahit la France, le PCF négocie auprès des autorités nazies la parution de L’Humanité (1940). Quand l’armée allemande envahit l’URSS, le PCF se met à la tête de la « résistance » à laquelle il imprime un caractère chauvin, avant de la désarmer la résistance comme les staliniens en Italie et en Grèce (1944), puis de jouer un rôle décisif dans la remise sur pied de l’Etat bourgeois avec le PS, comme le PCI et le PSI en Italie. À cette occasion, le secrétaire général du PCF Maurice Thorez est même devenu ministre de Charles De Gaulle. Un quart de siècle plus tard, lors de la grève générale contre De Gaulle, le PCF et l’appareil de la CGT ont été en première ligne pour faire reprendre le travail et sauvegarder la 5e République (1968). Le PCF a participé au gouvernement d’Union de la Gauche (1981-1984) et au gouvernement de la Gauche plurielle (1997-2002). Rien ne différencie le PS du PCF lors des luttes des travailleurs (et des jeunes) qu’ils sabotent, déviant pareillement les revendications des travailleurs en « propositions de citoyen » conformes à « l’intérêt du pays », préconisant pareillement de négocier avec le pouvoir les attaques de celui-ci, s’opposant pareillement à la grève générale.

Certes, deux « partis ouvriers bourgeois » ont parfois trahi de manière différente, en raison de la dépendance du PS vis-à-vis de la bourgeoisie française alors que, dans le cas de l’appareil du PCF, le lien avec l’ordre bourgeois passait par la médiation de la bureaucratie usurpatrice d’Octobre, la couche sociale privilégiée à la tête de l’URSS qui redoutait par-dessus tout la révolution en Europe de l’Ouest. Ainsi, au moment de la « guerre froide », les dirigeants du PS, de la FEN et de FO soutinrent l’offensive de l’impérialisme américain contre l’URSS, la Chine, le Vietnam et la Corée, alors que leurs frères ennemis du PCF et de la CGT faisaient pression sur leur gouvernement pour le neutraliser et desserrer l’étreinte sur l’URSS. La divergence s’est manifestée de nouveau quand le PS a condamné l’intervention de l’URSS en Afghanistan (1979) et quand la direction du PCF a rompu avec le PS, réjouissant la LCR, LO, feue la LST, la LTF, etc. alors qu’il s’agissait de diviser les rangs ouvriers pour préserver la 5e République et aider Giscard d’Estaing (1977).

L’ancien parti stalinien peut difficilement coexister aux côtés du parti social-démocrate a perdu toute justification  depuis l’effondrement de l’URSS et la disparition de la bureaucratie russe qui était le véritable centre du stalinisme à l’échelle internationale (1991). Aujourd’hui, plus rien d’important ne sépare les deux partis. Tous deux trompent la classe ouvrière directement au compte de leur bourgeoisie. Les conséquences du rétablissement du capitalisme en Russie, le seul pays où le prolétariat avait pris le pouvoir au 20e siècle, touchent non seulement les staliniens, mais la sociale-démocratie et leurs satellites « d’extrême-gauche ». Le mouvement ouvrier actuel ne se réclame plus guère du socialisme.

Suivant leurs impressions du moment et les intérêts de leur boutique, les centristes ont toujours oscillé entre la négation prétentieuse de tout caractère ouvrier au(x) parti(s) réformiste(s) et la reprise de leur orientation de front populaire, en cautionnant servilement « la gauche ». Toujours contre le front unique ouvrier, les centristes pratiquent des coalitions à géométrie variable : tantôt entre eux (« unification des gauchistes » de LO, 1968 ; « l’unité des révolutionnaires » de la LCR, 1975 ; « pôle socialiste » de la LOI Argentine, 2003 ; « l’unité des trotskystes » du CRI, 2006), tantôt avec les partis staliniens (MAS Argentine dirigé par Moreno en 1985 ; LCR Espagne ; etc.), jusqu’à des blocs incluant des partis bourgeois (« reconquête de la démocratie » du PT, « unité antilibérale » de la LCR). À l’occasion, certains mènent campagne pour Chirac, Aquino, Chavez, Morales, Nader, Kerry … Les centristes —les épigones de feue la 4e Internationale ne font pas exception— n’ont pas de boussole et n’ont aucun principe. D’ailleurs, on retrouve aujourd’hui plus d’un ancien dirigeant pseudo-trotskyste au PS.

Le « Parti des travailleurs » prétend que le PS et le PCF n’ont rien à voir avec la classe ouvrière. Après avoir fait campagne pour Mitterrand (1981), les dirigeants du PCI, Pierre Lambert, Jean-Christophe Cambadélis et Daniel Gluckstein ont fondé le « Mouvement pour un parti des travailleurs » en arguant que « la classe ouvrière n’est plus représentée » et sur la défense de « la démocratie » contre toutes les « solutions extrêmes » (1985). Cambadélis rejoignit le PS peu après (1986). Le PT créé par Hébert, Lambert et Gluckstein a mené une campagne pacifiste avec le PCF lors de la première guerre contre l’Irak (1991). Depuis, il mène des campagnes contre l’Union européenne avec le MRC, un parti bourgeois (2003, 2005). Le CRI, à ses débuts, suivait le PT en déclarant que le PCF et le PS étaient des partis bourgeois (2002). Mais quand il a fondé la « Fédération syndicale étudiante » avec des débris de l’UEC, il a changé d’avis… sur le PCF (2003) et, plus tard, fait campagne pour le Non au référendum, à la suite des staliniens en reconversion et de tous les autres épigones de la 4e Internationale (2005).

Dans la direction de la LC pabliste (rebaptisée LCR depuis), le spécialiste du PS était Henri Weber, qui l’analysait savamment comme un parti bourgeois. Weber est aujourd’hui un sénateur du PS. Quand la majorité de la LCR s’est alignée sur « l’Union de la gauche » (1972), un dirigeant de la LC, Gérard Filoche, prétendit qu’il fallait dénoncer l’alliance du PCF avec les partis bourgeois comme le MRG… et le PS. Filoche a quitté depuis la LCR pour le PS. Le refus péremptoire de la LCR de voter au second tour pour le candidat PS au deuxième tour de l’élection présidentielle ne l’a pas empêchée, finalement, de faire campagne pour  Chirac (2002).

LO a plus d’une fois voté pour des candidats « de gauche », incluant ceux de partis bourgeois, quand les illusions envers le front populaire « Union de la gauche » étaient maximales (1981) ou pour prétendument empêcher le FN de l’emporter (1997). LO refuse aujourd’hui d’appeler à voter au second tour pour les candidats du PS et du PCF, mais participe à des initiatives avec des partis bourgeois pour le retrait du seul CPE (2006), pour la « défense du service public » (2005) et signe des déclarations communes avec les réformistes et des partis bourgeois pour donner des conseils aux « forces de l’ordre » dans les banlieues (2005).

 

Les bolcheviks ne sèment aucune illusion sur l’aile « d’extrême gauche » de la 5e République

 

Les bolcheviks n’ont aucune illusion dans la démocratie bourgeoise. Ils entendent construire un parti qui gagnera la confiance de la classe ouvrière pour renverser la bourgeoisie, détruire l’Etat bourgeois et instaurer le pouvoir aux conseils ouvriers. Pour construire un tel parti, ils luttent pour la défense des libertés démocratiques et ils peuvent être amenés à prendre position lors des consultations électorales (élections, voire référendums). Comme toutes leurs tactiques s’inscrivent dans le principe de l’indépendance de  classe et dans la stratégie de la révolution permanente, ils ne peuvent en aucun cas soutenir un candidat de la bourgeoisie, ni un parti que les classes dominantes ont constitué.

La relative faiblesse des illusions envers le PS et le PCF, du moins à l’issue de leur participation à des gouvernements bourgeois (1981-1986, 1997-2002), ont abouti à des succès électoraux des organisations qui se situent à leur gauche. Ainsi, en 2002, les candidats à l’élection présidentielle de la LCR et de LO ont totalisé 10 % des voix. À cause de la place conquise par LO et la LCR à la suite de la destruction de la section française de la 4e Internationale, le noyau bolchevik les inclut dans sa perspective d’alliance ouvrière, dans ses appels à l’unité de la classe ouvrière contre les projets anti-ouvriers du gouvernement, contre les interventions de l’impérialisme français.

Cependant, les bolcheviks n’ont aucune raison de faire campagne pour une organisation politique au motif qu’elle se réclame abusivement de la 4e Internationale et frauduleusement du trotskysme. Si les étiquettes suffisaient, alors il faudrait aussi soutenir électoralement le PS parce qu’il s’appelle socialiste et le PCF parce qu’il se dénomme communiste. Les programmes et la politique de LO et de la LCR sont en totale rupture avec celui des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste et avec les premières conférences de la 4e Internationale.

Quand la 4e Internationale déclarait une lutte à mort contre les directions réformistes, tant syndicales que politiques, LO est alignée sur le PCF et la direction de la CGT. La LCR est alignée sur les mêmes, plus les Verts. Le PT est aligné sur l’appareil FO, plus le MRC. La LCR, LO et le PT soutiennent les « journées d’action » des directions syndicales. Aucune de ces organisations ne combat la cogestion ni la présence de syndicalistes aux multiples organes de la 5e République : Conseil économique et social, Conseil supérieur de l’Education, Conseil d’orientation des retraites, etc.

Les responsables syndicaux du PT sont partie prenante de l’appareil de FO. De même, les membres de LO et de la LCR sont de plus en plus associés à ceux du PCF dans la FSU et la CGT. LO et LCR ont combattu le mot d’ordre de grève générale lors de tous les derniers mouvements de masse, s’alignant de fait sur les bureaucraties syndicales, tant celles qui sont plus ou moins liées au PS que celles qui restent contrôlées par le PCF ou des fractions du PCF, quand ils ne singent pas les bureaucraties syndicales. Ainsi, les SUD mis en place par la LCR avec l’aide de syndicalistes chrétiens et d’anarchistes et, à plus petite échelle, la FSE mise en place par une fraction du PCF avec l’aide du CRI, se comportent comme les autres organisations syndicales : SUD siège au conseil d’administration de France Télécom et de La Poste aux côtés des représentants de la CGT et de FO, SUD ; la FSE, SUD Etudiants et SUD Enseignement siègent aux conseils d’administration de l’enseignement secondaire et supérieur comme la FSU, la CGT, FO, l’UNSA, le SGEN-CFDT, l’UNEF, et la CE. Les enseignants et les étudiants de LO et de la LCR cogèrent, des collèges aux universités. Les conseillers régionaux de LO ne se privent pas de siéger dans les conseils d’administrations établissements scolaires secondaires.

Quand la 4e Internationale appelait les partis ouvriers à rompre avec la bourgeoisie, la LCR a voté Chirac et LO s’est adressée à Chirac pour prendre une loi contre les jeunes filles arabes et turques qui portent un voile musulman, puis pour maintenir l’ordre dans les banlieues. Toutes ces formations pratiquent des sortes de fronts populaires, « l’union populaire » avec le PS et le PCF, le MRC, le PRG et les Verts (LO et surtout la LCR) ou de mini-front populaire avec le MRC (dans le cas du PT).

Quand la 4e Internationale s’affichait internationaliste et rappelait aux travailleurs que l’ennemi principal était dans leur propre pays, le PT prétend que l’ennemi est à l’étranger (à Bruxelles et à Washington) et qu’il faut défendre la nation. La LCR appelle Chirac à résister aux Etats-Unis et soutient l’ONU. La LCR et LO justifient l’existence d’Israël.

Quand la 4e Internationale affirmait qu’il fallait renverser le capitalisme, exproprier les grands groupes et détruire l’Etat bourgeois, LO, la LCR et le PT se bornent à dénoncer la spéculation et la finance. La LCR met en cause le « libéralisme ». Le PT préconise la relance de la consommation pour améliorer le fonctionnement de l’économie. LO fait croire que le sort de la classe ouvrière peut être amélioré dans le cadre du capitalisme, pour peu qu’elle mène des luttes économiques suffisantes. LO a donné en exemple aux prolétaires les mouvements réactionnaires des policiers et des gendarmes et a appelé à plusieurs reprises au renforcement de la police.

Les bolcheviks ne peuvent pas soutenir de telles organisations et de telles politiques, qui sont d’ailleurs à droite du PCF de 1934 et même du PS de 1921 ou de 1981. Ils peuvent encore moins semer la moindre illusion sur un improbable bloc politique entre ces petites organisations, dont la vocation commune est de brouiller en permanence la frontière entre révolution et réformisme, de protéger chacune à sa manière les appareils contre-révolutionnaires du mouvement ouvrier.

Les bolcheviks se prononcent pour l’unification des communistes révolutionnaires dans un seul parti clairement délimité de tous les autres et en même temps pour l’unité d’action de toutes les organisations de la classe ouvrière, partis et syndicats, contre le patronat et le gouvernement bourgeois (quelle que soit sa composition).

Lors des élections, s’ils en avaient les moyens, les communistes présenteraient au premier tout des candidates et des candidats pour défendre leur programme et construire le parti, face à tous les partis bourgeois et aussi face à ceux du PS et du PCF, dont le programme ne vaut guère mieux que ceux des partis bourgeois, mais aussi celles de la LCR, de LO et du PT, dont l’orientation ne vaut guère mieux que celles des partis réformistes.

Faute de pouvoir présenter leurs propres candidats aux élections législatives et présidentielle, le noyau bolchevik rappellera que la classe ouvrière et la jeunesse ne peuvent rien attendre les élections, mais sont en droit de se défendre contre les attaques continues du patronat et du gouvernement actuel. Il expliquera que le PS et le PCF s’apprêtent à servir une nouvelle fois la bourgeoisie et qu’il faut un autre parti, que l’émancipation du prolétariat ne peut résulter de consultations électorales au sein de l’Etat bourgeois, de la démocratie bourgeoise, mais qu’il lui faut prendre le pouvoir.

Si les élections se déroulent selon le calendrier fixé par la 5e République, faute d’avoir les moyens de mener sa propre campagne en direction des masses, le Groupe bolchevik affirme qu’il ne sera pas neutre en cas de confrontation électorale entre les partis créés par la classe ouvrière et les partis constitués par la classe capitaliste, et qu’il appellera par conséquent les travailleurs qui en ont le droit à voter pour les candidats des seules organisations ouvrières (du PS, du PCF, de la LCR et de LO) aux deux tours de l’élection présidentielle comme aux élections législatives, au premier tour de scrutin comme au second.

 

Front unique ouvrier, grève générale, comités élus, autodéfense, gouvernement ouvrier… sont des mots d’ordre pour préparer la prise du pouvoir des travailleurs

 

Les bolcheviks basent leur analyse sur le marxisme et non sur des impressions et des indignations, leur tactique s’inscrit dans une stratégie claire et explicite. Leur tâche est de construire un nouveau parti capable de convaincre, par la propagande et dans l’action, des secteurs décisifs de la classe ouvrière du caractère traître des directions traditionnelles, capable d’arracher le pouvoir à la bourgeoisie pour commencer la construction du socialisme qui n’est réalisable qu’à l’échelle mondiale.

D’ailleurs, la réalité du mouvement ouvrier s’impose à ceux mêmes qui la nient. Ceux qui ont toujours rejeté le front unique ouvrier de l’Internationale communiste (les anarchistes, les conseillistes et les bordiguistes), ceux qui renient le front unique ouvrier comme dépassé (les staliniens nostalgiques du « social-fascisme », la plupart des épigones de feue la 4e Internationale) distribuent pourtant leurs tracts et vendent leurs journaux dans les manifestations qui sont appelées par les organisations traditionnelles et en particulier les syndicats… quand ils ne soutiennent pas eux-mêmes les « journées d’action » (LO, LCR, CNT…).

Un certain nombre de syndicats restent des organisations de masse des travailleurs. Les communistes ne s’isolent pas de ces travailleurs parce que l’appareil du syndicat n’est pas démocratique ou qu’il applique le « syndicalisme de proposition », la collaboration de classe et la cogestion. Cela reviendrait à laisser les mains libres aux appareils corrompus et traîtres. Les bolcheviks combattent dans les conditions qu’ils n’ont pas choisies, participent aux syndicats, y défendent leur programme en tenant compte de la nature large de ces organisations et de leur caractère de front unique élémentaire, y combattent les directions traîtres, ne négligent aucune revendication qui soit correcte, aucune lutte réelle, aucune défense de travailleuse ou de travailleur.

Pour autant, ils ne limitent pas leur intervention au cadre des syndicats. Ils discutent de tous les problèmes, œuvrent au débordement par les masses des bureaucraties syndicales (AG, comité de grève élu, coordination des organismes élus, organes d’autodéfense…), vendent leur bulletin national, éditent là où ils ont des forces suffisantes une feuille d’entreprise.

La première conférence du Groupe bolchevik avait décidé de consacrer la plus grande attention aux travailleurs immigrés, dont la fraction la plus vulnérable est dépourvue de titres de séjour. Depuis, les  trois gouvernements de la 5e République successifs ont intensifié la persécution des travailleurs migrants. L’intervention dans les mouvements des « sans papiers » s’est révélée difficile car ils sont aux mains de chrétiens, de leurs complices de la Ligue des droits de l’homme, du PCF, du PS et la LCR qui en font des questions individuelles, sur le terrain de la citoyenneté, voire de la charité. Les militants bolcheviks s’efforcent de donner tout son caractère internationaliste, de classe, à la lutte pour la libre circulation des travailleurs, à l’égalité des droits de tous les prolétaires, dans les manifestations de rue des « sans papiers » et lors des mobilisations autour de cas concrets dans leur quartier, leur lieu de travail ou leur lieu d’études.

Les masses aspirent à l’unité de leurs rangs face aux patrons, à la classe capitaliste, à son gouvernement, à son Etat. Parfois, ce sont les mêmes travailleuses et travailleurs qui ont refusé de prendre leur carte syndicale, qui se sont abstenus ou ont voté pour les candidats à la gauche des partis traditionnels, qui se tournent vers les directions pour qu’elles réagissent et organisent la lutte contre les attaques. En outre, la jeune génération n’a pas l’expérience de la trahison gouvernementale. « L’extrême-gauche » l’a rabattue vers les appareils réformistes, les institutions de la 5e République et les imams, lors de ses luttes récentes (lycéens en 2005, jeunes des banlieues en 2005, étudiants et lycéens en 2006). Enfin, toute poussée révolutionnaire véritable verra l’éveil politique de couches de travailleurs qui sont aujourd’hui abstentionnistes ou qui font même confiance à tel ou tel parti bourgeois, à telle ou telle église, etc. Il est probable que ceux qui rentreront pour la première fois en lutte rejoindront plutôt les principales organisations syndicales, le PCF  et le PS que les petites organisations qui leur servent de flanc-garde.

Les bolcheviks ne s’opposent pas à l’aspiration à l’unité des travailleurs face aux attaques de toutes sortes de la bourgeoisie. Ils font porter la responsabilité de la division des travailleurs sur les bureaucraties réformistes, car la soumission de celles-ci à leur bourgeoisie contribue à diviser en permanence le prolétariat et à isoler la jeunesse noire et arabe. Voila pourquoi le Groupe bolchevik explicite ce que devrait être la rôle de véritables organisations ouvrières, face aux attaques contre les acquis, aux interventions de l’impérialisme français, à la persécution envers les travailleurs immigrés, aux restrictions des libertés démocratiques sous prétexte de « lutte contre le terrorisme », etc. 

La tactique électorale n’est qu’une application circonstancielle et limitée de la stratégie révolutionnaire et de la politique d’unité des rangs ouvriers contre la bourgeoisie. Sauf si les élections se tenaient contre le pouvoir des conseils ouvriers, à défaut de pouvoir présenter leurs propres candidats, les révolutionnaires appellent généralement à voter pour les candidats des partis ouvriers contre les candidats des partis bourgeois malgré la politique de ceux-là et contre leur politique. Sans cacher leur programme, les révolutionnaires conséquents empêchent ainsi les réformistes de diviser la classe ouvrière, ils apprennent à l’avant-garde à entraîner les masses et non à s’isoler de la masse, comme la révolution socialiste allemande en a pâti en 1919.

C’est la seule raison. Le véritable programme des partis réformistes est, en dernière analyse, bourgeois. Une fois au pouvoir, les escrocs réformistes défendront de toutes leurs forces les rapports d’exploitation, leur bourgeoisie et l’Etat qui les protège. Les secteurs décisifs de la classe dominante le savent, même s’ils préfèrent leurs propres partis pour gérer leurs affaires collectives. Si les bolcheviks ne sont pas neutres quand les candidats des partis ouvriers traditionnels affrontent des candidats de partis bourgeois, ce n’est pas parce qu’ils ont trouvé un point correct dans leur programme : il peut y avoir aussi des promesses aux travailleurs dans les plateformes électorales de candidats bourgeois. L’organisation communiste ne soutient aucunement le programme et la politique des réformistes, pas plus que, lorsque les communistes sont obligés d’adhérer au syndicat dirigé par les réformistes, ils n’entretiennent d’illusions sur les caciques syndicaux. Quand Lénine appelait les communistes britanniques à voter pour le Labour Party, quand Trotsky préconisait à la section américaine de la 4e Internationale de faire campagne pour le CPUS, ce n’était pas à cause de leur programme, ni de la situation favorable que leur élection pourrait créer.

En dehors des élections bourgeoises, le prolétariat –et une partie de la jeunesse à ses côtés– engagera de puissants combats qui poseront la question du pouvoir. Le marxisme n’a rien à voir avec l’économisme de LO, qui est une variante du réformisme car il laisse le pouvoir à la bourgeoisie, ni avec le pacifisme du PT et de la LCR. Dans toute lutte réelle des masses, les bolcheviks ne cherchent pas à se distinguer à tout prix des autres courants du mouvement ouvrier, mais cherchent les moyens d’aider le mouvement spontané à triompher de l’ennemi de classe et à surmonter les obstacles que mettent sur sa route ses agents. Contre les diversions de la défense de « la paix » et de l’ONU, du « modèle social français », de « l’antilibéralisme », de « la République », de « la France », etc., les bolcheviks avancent systématiquement les mots d’ordre du contrôle ouvrier, de l’auto organisation et de l’auto-défense des masses, de gouvernement ouvrier et des Etats-Unis socialistes d’Europe.

Chaque revendication sérieuse, chaque lutte sociale de grande échelle pose dans ce pays le problème de la grève générale (1995, 2003, 2006…), que le noyau bolchevik défend au sein de chaque mouvement, à la mesure de ses moyens, contre les bureaucrates et leurs adjoints « trotskystes » : « Dirigeants syndicaux, rompez toute négociation des plans gouvernementaux, appelez à la grève générale ! ». Nul ne sait le chemin que prendra la crise révolutionnaire, mais si les travailleuses et les travailleurs parviennent à déborder les appareils et à imposer la grève générale, la question : quelle classe doit gouverner le pays ? sera posée à grande échelle. La classe ouvrière ne peut y répondre qu’en créant ses propres organes, de type Commune de Paris ou soviets, quel que soit le nom qu’ils prendront. Les conseils ouvriers seront le lieu d’une lutte acharnée entre le futur et le passé, entre révolutionnaires et agents de la bourgeoisie. Les révolutionnaires voudront donner le pouvoir à ces conseils tandis que les réformistes de tout poil s’acharneront à préserver ou à  restaurer l’ordre bourgeois.

Tant que les réformistes dirigent des secteurs significatifs de la clase ouvrière, les bolcheviks construisent le nouveau parti, préparent la dictature du prolétariat en combinant les revendications avec le mot d’ordre de gouvernement ouvrier et l’exigence systématique aux vieilles directions : « Rompez avec la bourgeoisie ! Prenez le pouvoir ! ». Cette tactique n’a rien à voir avec le crétinisme parlementaire. Elle ne dépend pas des résultats électoraux, même si elle ne s’interdit pas de les utiliser. Dans cette perspective, le Groupe bolchevik n’exclut pas d’appeler à un moment donné les organisations ouvrières, telles qu’elles existent, à rompre avec les partis bourgeois et à prendre le pouvoir. Pour autant, le noyau bolchevik n’est pas l’organisation du « gouvernement PS-PCF » à tout moment et en tout lieu, contrairement à la direction opportuniste de feu le PCI au début des années 1980 et aux scories nostalgiques du lambertisme qui en font un fonds de commerce. Pas plus que telle ou telle revendication n’est une véritable solution aux problèmes des masses confrontées à la décadence du capitalisme, pas plus la formation d’un gouvernement du PS et du PCF ne les résoudrait.

Le front unique est un instrument important pour dévoiler le caractère traître des réformistes de toute sorte. Toute atténuation de la critique des appareils sous le prétexte de faciliter le front unique aboutirait à affaiblir le poids de l’avant-garde, à la désorienter. Or, la question décisive est le regroupement de l’avant-garde ouvrière dans un parti qui a pour objectif d’aider sa classe à prendre le pouvoir, d’instaurer la dictature du prolétariat à l’issue d’une insurrection, d’ouvrir la révolution socialiste mondiale.

Le petit noyau bolchevik actuel est disponible pour former un bloc conjoncturel avec tout regroupement ou toute fraction qui est d’accord avec ses propositions de lutte : mobilisation contre les interventions impérialistes, défense des immigrés, rejet des plans réactionnaires, démocratie ouvrière, revendications transitoires, grève générale, gouvernement ouvrier… Il affirme en même temps qu’il faut un nouveau parti ouvrier démocratique, révolutionnaire et internationaliste pour vaincre la classe capitaliste en France et une nouvelle internationale basée sur le marxisme pour assurer la victoire du socialisme à l’échelle mondiale. Pour cela, ses militants sont prêts à la discussion, au travail en commun et à la fusion avec tout courant et tout groupe qui se situe sur le programme et qui entend le faire vivre au sein de la classe ouvrière.