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Révolution Socialiste n°7-8 (mars 2003)
Pour
l’Internationale ouvrière révolutionnaire
Sans la construction d’un parti révolutionnaire, toute révolution échouera. Sans un parti fidèle à la classe ouvrière et qui bénéficie de la confiance des travailleurs avancés, les agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier pourront continuer à trahir, à décourager et désarmer les masses, à faciliter la besogne contre-révolutionnaire de la bourgeoisie. Un parti révolutionnaire est à la fois national et international :
ü National au sens où la lutte des classes mondiale prend la forme d’une lutte du prolétariat pour détruire un État bourgeois donné et le remplacer localement par la dictature du prolétariat.
ü International, car tout coup à la bourgeoisie est une victoire pour tous les exploités et tous les opprimés, parce que la marche au socialisme ne sera économiquement possible et militairement garantie que par la victoire du prolétariat dans la plupart des pays avancés et par dessus tout aux États-Unis d’Amérique.
La lutte de classe à l’intérieur des États bourgeois
contre les classes dirigeantes et la solidarité internationale des prolétaires
de tous les pays sont les deux règles de conduite indispensables que la classe
ouvrière doit appliquer… (R. Luxemburg,
« Thèses », 1915, La
Crise de la social-démocratie, p.223)
Dans son aspect local comme dans sa réalité fondamentalement mondiale, l’existence du parti ouvrier ne peut résulter que d’une lutte, d’un processus de regroupement et, dialectiquement, de délimitation, comme l’ont illustré tant le mouvement ouvrier français depuis sa naissance que l’histoire des organisations internationales ouvrières (Ligue des communistes, AIT, Internationale socialiste, Internationale communiste, 4e Internationale).
A l’époque du capitalisme, l’internationalisme est lié indissolublement à la révolution :
L’internationalisme véritable consiste à travailler
avec abnégation au développement du mouvement révolutionnaire et de la lutte
révolutionnaire de son propre pays et à soutenir (par la propagande, la
sympathie, l’aide matérielle) cette même lutte, cette même ligne, et elle
seule, dans tous les pays sans exception. (V.
Lénine, « Les tâches du prolétariat dans notre révolution », 1917, Œuvres t.24, p68)
Le prolétariat français a parfois été précurseur en affrontant pour la première fois sa propre bourgeoisie en 1848 et en formant le premier gouvernement ouvrier à Paris en 1871 avec plusieurs révolutionnaires étrangers.
Réciproquement, il a toujours reçu la théorie nécessaire à la compréhension de son propre combat de la part du mouvement ouvrier international : le programme du premier parti ouvrier fondé par Jules et Guesde et Paul Lafargue a été rédigé par l’Allemand Karl Marx ; pour jeter les bases d’un parti communiste (section française de la 3e Internationale), qui se donnait pour but la conquête du pouvoir par l’insurrection, il a fallu importer le modèle de la stratégie et de l’organisation du Russe Vladimir Lénine.
Mais la bourgeoisie, une classe riche, puissante, instruite et aguerrie, combat en permanence contre le mouvement ouvrier, tantôt en le réprimant, tantôt en corrompant ses dirigeants.
ü Ainsi, elle a rapidement domestiqué en France le PS-SFIO et la CGT anarcho-syndicaliste, qui se sont ralliés à sa guerre impérialiste en 1914. Depuis, le PS a participé à toutes sortes d’alliances avec la bourgeoisie, a mené des guerres coloniales et en particulier a déchaîné la torture de l’armée française en Algérie, a géré loyalement l’État bourgeois, a flexibilisé et privatisé, etc.
ü Puis, la bourgeoisie a soumis en 1935 le PCF en s’appuyant sur la bureaucratie qui avait pris le pouvoir en URSS au prix d’une contre-révolution politique dirigée par Staline. Le PCF, à la suite du PS, a pratiqué lui aussi les blocs politiques avec la bourgeoisie, a désarmé la résistance, a reconstruit l’État bourgeois, a refusé l’indépendance des colonies, a privatisé et renforcé la police…
ü A son tour, la section française de la 4e Internationale a fini par sombrer sous les coups des révisionnistes du programme et des liquidateurs de la 4e Internationale. Les organisations qui en sont issues refusent de poser la question du pouvoir des travailleurs (LO), votent ouvertement pour Chirac (LCR) ou défendent la république bourgeoise et la nation française (PT). Toutes sont profondément adaptées à telle ou telle bureaucratie conservatrice du mouvement ouvrier au service de la classe dominante. Aucune ne veut construire un parti ouvrier révolutionnaire sur le programme de Lénine et de Trotsky.
Ces dégénérescences ne sont pas simplement françaises. Depuis les scissions de Shachtman ou Cliff, et surtout l’explosion de la 4e Internationale en 1953 causée par sa direction Pablo-Mandel, il y avait déjà des courants révisionnistes qui capitulaient devant les directions staliniennes, social-démocrates ou nationalistes tout en volant le drapeau de la 4e Internationale.
Mais il restait en 1953 l’espoir de réorganiser la 4e Internationale, puis, durant toute une époque, de la reconstruire grâce à la fidélité au programme de certaines sections, liées entre elles par un centre international (le Comité international de la 4e Internationale). Toutes les sections ont fini par céder…
En France, la possibilité de construire un parti ouvrier révolutionnaire reposait dans les années 1970 sur la section française, l’Organisation communiste internationaliste. Mais celle-ci était soumise à de grandes oscillations entre la fidélité au bolchevisme incarnée par Stéphane Just et les combinaisons de Pierre Lambert avec les bureaucratie « réformistes » du PS, de la FEN et de FO, dont un des fleurons s’appelle Lionel Jospin.
ü En 1972, Just l’emporte contre Lambert : l’OCI se détermine contre le nouveau front populaire (l’Union de la gauche) et y oppose le front unique ouvrier et le gouvernement ouvrier et paysan ;
ü En 1981, Lambert, appuyé par Nahuel Moreno, gagne contre Just : le PCI appelle à voter pour Mitterrand au premier tour au lieu de présenter un candidat.
L’échec de la reconstruction de la 4e internationale en 1981, ainsi que l’accession au pouvoir d’un front populaire autour de Mitterrand, ont fait basculer l’équilibre interne de l’OCI (rebaptisée PCI) dans la capitulation face à l’Union de la gauche et dans la révision du programme, prostitué dans la démocratie bourgeoise.
La direction Lambert-Cambadélis-Gluckstein du PCI, à partir de 1984, s’est totalement alignée sur la bureaucratie conservatrice et contre-révolutionnaire de la confédération syndicale FO. Elle a exclu tous ceux qui s’y opposaient. Pendant que Cambadélis rejoignait le PS, Lambert et Gluckstein ont finalement liquidé le PCI en 1992, lui substituant une formation réformiste et chauvine, le Parti des travailleurs.
Dès son exclusion du PCI pour hostilité à la « ligne de la démocratie » et à la mise sur pied du Mouvement pour un parti des travailleurs, Stéphane Just a commencé à tirer le bilan du Comité international de la 4e internationale et de la section française (Comment le révisionnisme s’est emparé de la direction du PCI, 1984).
Le Comité fondé par Stéphane Just ne s’est pas cantonné à la France : il a discuté avec le WRP de Grande-Bretagne, avec les sections irlandaise, britannique et autrichienne du courant international constitué par le PCI (CIR), avec la « fraction publique » du POSI de l’Etat espagnol. Mais le seul résultat de ces efforts internationalistes, dans une période de reculs du prolétariat mondial, a été le lien avec le groupe Germinal de l’Etat espagnol.
Just a tenté d’extirper, dans la fraction qu’il avait rassemblée, les déformations opportunistes et bureaucratiques héritées du lambertisme :
ü le pacifisme petit-bourgeois et la neutralité lors de conflits entre impérialisme et pays dominé,
ü la séparation des mots d’ordre démocratiques du reste du programme,
ü le front unique transformé en stratégie et le « gouvernement PS-PCF » comme axe politique atemporel,
ü le front uni anti-impérialiste qui justifie les manœuvres avec la bourgeoisie,
ü l’adaptation aux appareils syndicaux,
ü l’indifférence aux couches les plus exploitées et aux travailleurs immigrés,
ü le caudillisme et l’absence de démocratie interne, etc.
A la mort de Just en 1997, à plusieurs reprises, des minorités régressant dans le lambertisme ont scissionné du Comité. Tous les groupements qui en résultent se satisfont pleinement de leur existence nationale étriquée et mènent leurs petites affaires en prenant les élections françaises comme boussole.
Les militants restés fidèles au Comité se sont rassemblés en 2001 dans le Groupe bolchevik pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire et de l’Internationale ouvrière révolutionnaire, reste fidèle au programme de l’Internationale communiste et de la 4e Internationale. Il ne peut assumer pleinement cet héritage dans un cadre étroitement national :
Bien sûr, à l’époque de l’impérialisme, il est
possible pour une tendance prolétarienne révolutionnaire de surgir dans un pays
donné. Mais elle ne peut progresser et se développer dans un pays isolé. Le
jour d’après sa naissance, elle doit chercher et créer des liens
internationaux, une plateforme internationale, une organisation internationale,
parce que la garantie de la correction d’une politique nationale ne peut se
trouver que dans cette voie. Une tendance qui demeure nationale durant des
années se condamne irréversiblement à la dégénérescence. (L. Trotsky, “Au comité de
rédaction de Prometeo”, Writings 1930, p.286)
La conférence de novembre 2001 comprenait que rompre avec l’isolement national était une question de vie ou de mort politique. Elle décida d’adopter un passeport politique, la plateforme Pour la révolution socialiste, sous le drapeau de Marx, Engels, Lénine et Trotsky et de multiplier les efforts pour nouer ou renouer des contacts avec des militants, courants et organisations qui prennent au sérieux le programme, où qu’ils soient.
Sans une internationale marxiste, les organisations
nationales, même les plus avancées, sont vouées à l’étroitesse, à l’hésitation
et à l’absence de perspectives… (L. Trotsky, « L’ILP
et la 4e Internationale », 1935, Œuvres t.6, p.239)
Au même moment, en décembre 2001, le 2e congrès du COTP regroupant des militants argentins et chiliens, décidait d’opérer un tournant international analogue pour faire face correctement à ses tâches. Le groupe français n’en savait rien, le COTP ignorait tout de l’existence du GB.
Quelques semaine à peine après la conférence du GB, une discussion s’ouvrit à la demande de la Fraction trotskyste stratégie internationale (FTSI), un groupe lié au Partido de trabajadores por el socialismo d’Argentine (PTS : Parti des travailleurs pour le socialisme). Les membres de la FTSI de France avait pris contact sur la base d’un tract du Groupe bolchevik diffusé en novembre 2001 à Paris (face à la guerre impérialiste contre l’Afghanistan). Le seul de toute la manifestation, disaient-ils, qui mentionnât explicitement : « défaite de l’impérialisme ».
Ce point de départ apparaissait prometteur, d’autant que le PTS et la FTSI avaient également une position qui convergeait avec elle du GB sur la question de la Palestine. Mais il apparut, au fil des discussions avec la FTSI, que :
ü En Argentine, où s’était ouverte en décembre 2001 une situation pré-révolutionnaire (voir Révolution Socialiste n°1), le PTS avançait, comme les révisionnistes avérés du PO, du MST, du MAS… la perspective opportuniste d’une « Assemblée constituante souveraine », alors que les masses jouissaient des libertés démocratiques et venaient de chasser président et gouvernement représentatifs de la démocratie bourgeoise (voir Révolution Socialiste n°2-3) ;
ü Comme le SU (dont la LCR est l’axe), l’IST (dirigée par le SWP de Grande-Bretagne) ou la LICR (dont le centre est Workers Power de Grande-Bretagne), le courant international du PTS flatte le « mouvement anti-mondialisation » (qui abrite bien des écologistes, des chauvins et des cléricaux) et s’investit dans le Forum social mondial financé par le PT brésilien et inspiré par l’organe de l’impérialisme français Le Monde Diplomatique.
ü Au travail en commun avec les bolcheviks-léninistes, la FTSI préfère apparemment tenter de nouer des relations avec le PRC d’Italie. Rifundazione est, comme les Démocrates de gauche, un parti réformiste issu du PCI (le parti qui avait choisi la bureaucratie d’URSS contre la révolution internationale, Staline et Gramsci contre Bordiga et Trotsky). Le PRC, qui fascine tant le PTS, a soutenu le front populaire L’Olivier qui a gouverné loyalement au compte de la bourgeoisie italienne de 1996 à 2001, liquidant en particulier l’ancien système des retraites.
Les militants du PTS d’Argentine n’ont probablement jamais eu connaissance des positions du Groupe bolchevik. À deux contributions écrites (une sur la déclaration FTSI-LICR sur la Palestine, une autre sur la déclaration des mêmes sur l’Irak), ni la tendance internationale, ni le groupe français n’ont répondu sérieusement, c’est-à-dire par écrit. Les propositions réitérées pour intervenir ensemble en défense de la Palestine et de l’Irak sont restées sans réponse.
Par contre, trois courants ont répondu avec intérêt à la communication de Pour la révolution socialiste, la plateforme du Groupe bolchevik :
ü Des camarades de l’État espagnol, anciens de l’organisation sœur du Comité (le groupe Germinal dissout en 1999), l’ont critiquée fraternellement, ce qui permettra de l’améliorer à la prochaine conférence, et l’ont traduite en castillan, ce qui a permis de la faire connaître en Amérique latine ;
ü La Liga bolchevique internacionalista – Quarta internacional du Brésil (LBI : Ligue bolchevique internationaliste) en a publié de larges extraits en portugais (Marxismo revolucionário n°5) ;
ü Le Comité organizador del trotskismo principista – Cuarta internacional (COTP : Comité d’organisation du trotskysme principiel) l’a également fait connaître à ses membres, militants de la LOI ou du GOI.
Le COTP rassemble le Grupo obrero internacionalista du Chili (GOI : Groupe ouvrier internationaliste) et la Liga obrera interncionalista - Democracia obrera d’Argentine (LOI-DO : Ligue ouvrière internationaliste - Démocratie ouvrière).
Il s’agit d’un courant qui s’extirpe depuis 1988 du morénisme, un des révisionnismes qui ont fini par venir à bout de la 4e Internationale. D’abord au sein du MAS argentin et de son courant international (la LIT), puis dans le PTS, et enfin sous leurs nom actuels de LOI et de GOI, ces camarades :
ü défendent la révolution permanente, contre le « front uni anti-impérialiste » et l’étapisme (d’abord la démocratie, plus tard le socialisme),
ü soutiennent la nécessité de l’insurrection, contre les illusions démocratiques et la stratégie de « l’Asssemblée constituante souveraine »,
ü affirment que le parti doit se délimiter du centrisme et du réformisme, contrairement à la conception de partis « larges » qui sont les formes d’organisation qui correspondent à l’opportunisme en matière d’orientation ;
ü revendiquent la démocratie interne et l’internationalisme, contre les pratiques bureaucratiques et la suffisance nationale…
Pour le COTP,
Le trotskysme sera international ou ne sera pas. La
lutte pour une direction révolutionnaire internationale est la tâche la plus
importante, parce que le sort des révolutions en Palestine et en Argentine
dépend de l’affrontement à leurs propres bourgeoises impérialistes du
prolétariat des pays du centre, des millions de travailleurs noirs et chicanos
aux Etats-Unis ou immigrés de France, s’ils surmontent la politique des
bureaucraties syndicales et de l’aristocratie ouvrière… (Boletín de Informaciones Obreras Internacionales n°3, août 2002, p.18)
A l’ouverture d’une situation pré-révolutionnaire en Argentine en décembre 2001, les positions internationalistes de la direction de la LOI lui ont permis de se renforcer dans la classe ouvrière, de capter des fractions des organisations centristes et d’entamer une discussion internationale avec la LRP des Etats-Unis, la LCR-FMR du Japon, EDM de l’Etat espagnol, LM du Pérou, le CWG de Nouvelle-Zélande…
Début novembre 2002, dès qu’il a pris connaissance de la plateforme du Groupe bolchevik, le COTP a envoyé une lettre faisant le point des convergences et divergences, pour lui proposer de participer à son 3e congrès à Buenos Aires du 6 au 8 décembre 2002.
Un représentant a pu être envoyé en Argentine, en mobilisant toutes les ressources financières du Groupe bolchevik et grâce à l’aide matérielle du Communist workers group de Nouvelle-Zélande (CWG : Groupe des travailleurs communistes), avec qui le Groupe bolchevik avait antérieurement pris contact. Le CWG et Lucha marxista du Pérou (LM : Lutte marxiste) ont été exclus de la LICR par Workers power (Pouvoir ouvrier) de Grande-Bretagne en 1996 pour avoir soutenu la Serbie contre l’agression impérialiste de l’OTAN.
Le congrès de décembre de Buenos Aires a été l’occasion de discussions entre le GOI, la LOI, la Liga socialista revolucionaria d’Argentine (LSR) issue de la LIT, Convergencia socialista d’Argentine (CS) issue de la LIT, LM, le CWG et le Groupe bolchevik. La LCR-FMR du Japon avait envoyé un message.
Malgré des traditions différentes, dès leur première rencontre, à la veille du congrès, les représentants du CWG, du GB, du GOI, de la LOI et de LM ont pu immédiatement travailler en commun… parce qu’ils prennent au sérieux le programme. Cela leur permet de converger sur des questions décisives de la lutte actuelle des classes :
ü Soutien à la lutte nationale du peuple palestinien, refus des plans d’apartheid de l’ONU, nécessité de détruire l’État sioniste par la révolution prolétarienne comme moyen d’instaurer une Palestine laïque qui accorde les mêmes droits à tous ses citoyens arabes ou juifs ;
ü Soutien aux pays dominés comme l’Irak, quel que soit leur gouvernement, face aux agressions impérialistes, mobilisation du prolétariat mondial par tous les moyens de la lutte de classe contre de telles guerres, pour la défaite de l’impérialisme, pour que la classe ouvrière prenne la tête de la lutte légitime des peuples agressés ;
ü Dans les situations d’intensification de la lutte des classes, comme en Argentine de décembre 2001 à décembre 2002, mise sur pied d’organismes des masses, organisation de leur auto-défense et lutte pour renverser le pouvoir bourgeois ;
ü Dénonciation impitoyable des directions traîtres et de leurs complices centristes, qui usurpent la référence à la 4e Internationale pour collaborer dans le Forum social mondial, pour mettre en place des fronts populaires en barrage à la révolution comme au Brésil, pour soutenir des candidats bourgeois comme Nader aux États-Unis ou Chirac en France ;
ü Contre toute illusion de replâtrage du capitalisme décadent qui n’apporte que crises et guerres, nécessité d’une révolution prolétarienne et de la destruction de l’Etat bourgeois, construction de partis révolutionnaires sur la base du programme de la 4e Internationale, liés entre eux par un centre international.
Durant trois jours suivants, les représentants du Communist workers group, du Groupe bolchevik et de Lucha marxista sont intervenus librement dans les discussions du congrès des militants argentins et chiliens. Ils n’ont pas caché leurs divergences, en particulier sur la perspective du GOI et de la LOI de « régénérer et refonder la 4e Internationale », un objectif que ne partagent pas le CWG, ni le GB, ni LM. Ils ont contribué à la discussion sur l’orientation dans la lutte des classes : ainsi, le congrès a repris la proposition d’avancer un mot d’ordre de gouvernement, en lien avec la perspective correcte de la LOI de centraliser des organes d’auto-organisation des masses argentines en une Assemblée ouvrière et populaire, contre la solution de secours de la bourgeoisie que serait l’élection présidentielle ou la convocation d’une Assemblée constituante bourgeoise.
La première tâche que s’étaient fixés les représentants des cinq à la veille du congrès de Buenos Aires était d’adopter une position commune face à la préparation de la guerre contre l’Irak.
La concertation a duré plusieurs semaines, riche, ferme et fraternelle entre le COTP (GOI-LOI), le CWG, le GB et LM. Souvent, les camarades se sont convaincus. Pas toujours, des divergences sont demeurées :
ü sur l’analyse de la période politique, en particulier la situation en Palestine, où le secrétariat international du COTP considère qu’une révolution est en cours ;
ü quant à la défense des Etats ouvriers qui subsistent car le COTP considère que le capitalisme a déjà été restauré en Corée du Nord, en Chine et au Vietnam ;
ü sur la tactique du front unique ouvrier, que le COTP ne considère comme pas adaptée aux circonstances politiques actuelles.
Ces échanges ont été publiés intégralement par le COTP (BOIO n°4, février 2003). La discussion a débouché sur la Déclaration des Cinq qui dénonce la résolution de l’ONU et le bellicisme des États-Unis, prend clairement parti pour la nation opprimée, prône l’action de la classe ouvrière, exige de toutes les organisations ouvrières qu’elles prennent position et agissent pour empêcher la guerre d’agression et la transforment en défaite pour l’impérialisme s’il la déclenche.
Cette déclaration a été diffusée avec fierté par les militants à Paris, à Auckland, à Cuzco, à Buenos Aires, à Santiago, à Porto Alegre…
Ce premier résultat permet d’envisager une conférence ouverte visant à rassembler toutes les organisations et fractions de par le monde qui sont réellement révolutionnaires, pour les délimiter du sectarisme impuissant et surtout de l’opportunisme, du révisionnisme, du chauvinisme…
Comme l’a dit, à la fin du congrès du COTP, le camarade du Pérou :
A partir des principes du marxisme, du léninisme, du trotskysme, nous élaborons notre tactique politique dans n’importe quel point du monde. Répondre de manière principielle aux processus révolutionnaires en cours nous donne la boussole pour intervenir, que ce soit dans l’action des masses, dans les syndicats, dans les organisations prolétariennes ou dans les organismes de double pouvoir et d’auto-organisation de la classe ouvrière et du peuple… Un de ces principes fondamentaux, un point cardinal du marxisme est l’internationalisme prolétarien…
La stratégie révolutionnaire internationale est vitale pour intervenir dans chaque pays, en tout point du monde : sinon, nous n’avons pas le droit de nous réclamer de la révolution permanente… Donnons-nous une année de combat internationaliste, sans trêve, pour préparer de manière théorique et pratique la conférence internationale, qui constituera un événement décisif au début de ce siècle. Nous ne pouvons pas connaître l’ampleur qu’elle prendra, mais nous savons qu’il est nécessaire de réunifier les forces saines du trotskysme mondial, de constituer un groupe de cadres internationalistes, dans le but de mettre sur pied un jour un parti mondial de la révolution socialiste.
Cette tâche est d’autant plus nécessaire que, si la plupart des vieux partis de la classe ouvrière et de nombreux partis nationalistes bourgeois des pays dominés sont discrédités, il ne s’ensuit pas que la question de la direction du prolétariat mondial soit résolue. D’un côté, sous le contrôle du clergé, des féodaux et de la bourgeoisie nationale, se développent des courants cléricaux et archi réactionnaires ; de l’autre, les anciens courants radicaux, installés dans la vie politique officielle, font leurs offres de service à la bourgeoisie de pays industrialisés. Parmi ces derniers, la plupart sont des courants issus de la dégénérescence de la 4e Internationale, qui ont fait de Trotsky une icône démocratique inoffensive. Ils volent avec plus ou moins de succès au secours des anciens partis staliniens en crise (Allemagne, Italie, Espagne…) ou suppléent les partis ouvriers bourgeois dans leur rôle de défense de l’ordre bourgeois :
ü En France, les candidats à gauche du PS et du PCF ont réuni plus de 10% des voix à l’élection présidentielle, mais en refusant d’utiliser la campagne pour avancer la perspective de la révolution et du socialisme, en adoptant au contraire des positions ambiguës envers la police ou carrément favorables à Chirac (voir Révolution Socialiste n°2-3, n°4 et n°6).
ü En Argentine, début 2002, devant l’effondrement du péronisme, toute une série d’organisations de ce type se sont opposées à la centralisation des organes d’auto-organisation des masses et ont avancé la perspective d’un replâtrage institutionnel bourgeois, une « assemblée constituante souveraine »(voir Révolution Socialiste n°1 et n°2-3).
ü Au Brésil, fin 2002, alors que le PT s’alliait avec la bourgeoisie, des organisation pseudo-trotskytes ont voté au nom du trotskysme pour le patron Alencar, certaines soutiennent le gouvernement Lula-Alencar ou participent au gouvernement bourgeois (voir ce numéro).
Les véritables trotskystes, les bolcheviks-léninistes, doivent contre-attaquer, pour créer les conditions qui permettent aux révolutionnaires du monde entier de se retrouver, de discuter, d’agir ensemble, dans le but de doter le prolétariat mondial d’une organisation digne de lui, d’une internationale ouvrière révolutionnaire.
Le 6 mars 2003