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Alors que les étudiants ont combattu pour le retrait de toute la loi Villepin, les deux groupes qui diffusent « Combattre pour le socialisme » s’en sont tenus au mot d’ordre des bureaucraties : « retrait du CPE »
Les appareils
contre-révolutionnaires se sont toujours bornés au CPE
Si le gouvernement a pu rester en place malgré le mouvement de la jeunesse et la solidarité des travailleurs, s’il a pu se contenter de remplacer le CPE par de nouveaux cadeaux aux patrons et faire passer le reste de sa loi « égalité des chances », c’est entièrement de la faute des directions syndicales, des partis réformistes PS et PCF et de leurs satellites, LO, LCR, PT. Le refus d’appeler à la grève générale jusqu’au retrait de la loi, les appels à Chirac, les journées d’action et la réduction systématique des revendications au « retrait du CPE », ont permis au gouvernement de trouver une porte de sortie par un recul limité, la négociation et les manœuvres.
C’est dans les universités que la mobilisation a été la plus déterminée, bientôt rejointe par les lycéens. Malgré l’intervention des centristes (LCR, LO, PT et d’autres groupes moins importants), malgré la politique de la direction de l’UNEF, de SUD étudiants, de la Confédération étudiante, de la FSE, de la FIDL et de l’UNL, les étudiants ont tentés d’arracher le retrait de toute la loi « égalité des chances » et d’infliger une défaite au gouvernement Chirac Villepin Sarkozy. De ce point de vue, les appareils syndicaux et politiques n’ont pu imposer dans la jeunesse le mot d’ordre au rabais « retrait du CPE » :
L’objectif
fondamental de notre mouvement est non seulement d’obtenir le retrait du CPE
mais également du CNE et de la loi sur « l’Egalité des chances ». (Coordination
nationale étudiante réunie à Poitiers, 11 mars 2006)
Par ailleurs, le
gouvernement souhaite négocier avec les organisations syndicales, tout en
refusant le retrait du CPE. Il n’est pas question de négocier, notre
mobilisation continuera jusqu’au retrait du CPE, de la loi sur l’égalité des
chances et du Contrat Nouvelle Embauche. (Coordination nationale étudiante
réunie à Aix en Provence, 25 et 26 mars 2006)
Chirac prétend avoir écouté nos attentes. C’est un mensonge. […] Aménagée ou pas, la logique de la LEC [Loi sur l’égalité des chances, NR] subsiste : « travaille pour pas cher et tais-toi ! » Ni aménagements, ni négociations ! Retrait de la LEC, retrait du CNE ! (Coordination nationale étudiante et lycéenne réunie à Lille, 1er et 2 avril 2006)
Les étudiants les plus combatifs l’ont compris, le mot d’ordre de retrait de la loi Villepin dite LEC et la rupture avec le gouvernement sont indissolublement liés.
Les appareils
contre-révolutionnaires ont combattu la grève générale
Les appareils réformistes ont réussi à contenir le mouvement dans les journées d’action à répétition et empêché que le prolétariat n’intervienne décisivement contre le gouvernement de Chirac.
Seule l’appel à la grève générale jusqu’au retrait de la loi pouvait permettre de mettre à genoux le gouvernement. Mais un tel appel aurait rassemblé la classe ouvrière comme telle face au gouvernement et à l’Etat bourgeois et peut-être ouvert une crise révolutionnaire, posé la question : quelle classe doit gouverner ? Cela, les réformistes et les centristes n’en veulent pas, ils tentent par tous les moyens de préserver la Ve République bourgeoise et ses gouvernements.
Les militants du Groupe bolchevik sont intervenus en faisant voter des motions dans les assemblées générales, en faisant signer des appels de travailleurs, en diffusant des tracts dans les manifestations. Ils sont intervenus pour aider les étudiants et les travailleurs à submerger la politique impuissante des sommets du mouvement ouvrier.
Contre cette perspective, les dirigeants syndicaux, le PS, le PCF ont contenu la classe ouvrière et la jeunesse en n’ouvrant d’autre perspective que l’aménagement de la loi « égalité des chances », préparant le terrain au gouvernement pour de nouvelles attaques contre le code du travail.
Bilan : le CPE est retiré, mais la loi Borloo est renforcée. La loi Villepin s’applique : travail dés 14 ans, stages de six mois. La collaboration des classes peut continuer.
Deux groupes
opportunistes arc-boutés sur le mot d’ordre des appareils
Le Groupe Bolchevik puise ses racines dans la lutte pour sauvegarder la section française de la 4e Internationale, autour de Stéphane Just et de l’organisation qu’il avait largement contribué à construire : le Comité pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire. Aujourd’hui, tous les débris de la 4e Internationale sont des obstacles supplémentaires à la construction d’une direction révolutionnaire et à la révolution prolétarienne.
Pour les mêmes raisons, l’organisation fondée par Just n’a pas été épargnée. Les défaites de la classe ouvrière et l’adaptation aux appareils ont infligé trois scissions successives au Comité. L’usurpation du répétée du nom du journal, le vol des finances, la collaboration avec la police et de nouvelles ruptures au sein des groupes scissionniste eux-mêmes ont achevé de discréditer le Comité.
La majorité du Comité, obligée pour cette raison de se rebaptiser Groupe Bolchevik, a toujours pris au sérieux le combat pour l’Internationale Ouvrière Révolutionnaire. Politiquement, le GB part de a lutte des classes à l’échelle mondiale et refuse de dissocier les tâches de regroupement de l’avant-garde révolutionnaire à l’échelle nationale et à l’échelle internationale. Cela aide à ne pas sombrer dans des travers nationaux, et en particulier, syndicalistes, signe distinctif de l’opportunisme politique.
A leur naissance, les dirigeants scissionnistes se sont illustrés en refusant de défendre la Serbie face à l’agression de leur impérialiste ou par leur consigne de vote pour un parti bourgeois au pouvoir en Afrique du Sud. Tous ont plus ou moins pactisé avec l’appareil chauvin de la FSU et de la CGT au moment du référendum (voir la discussion sur cette question avec un lecteur sur notre site).
Plus récemment, nous avons croisé les deux principaux groupes scissionnistes du Comité au cours du combat contre le gouvernement et sa loi anti-ouvrière : le « Comité pour le POR et l’IOR », le « Cercle pour le POR et l’IOR ». Pour ces deux organisations dont nous avons pu récupérer les tracts, la jeunesse et la classe ouvrière devaient s’en tenir au mot d’ordre des bureaucraties syndicales : « retrait du CPE ! ».
Le « Comité » :
Pour le retrait définitif et complet du CPE, une
question centrale à régler, celle du pouvoir. (Tract du 29 mars)
Derrière les
rodomontades sur « la question du pouvoir », il y a la morne réalité.
Comme le chantait Brassens : « la suite lui prouva que
non ! »
Le « Cercle » :
Comment arracher l’abrogation du Contrat première embauche ? » (Titre du tract du 4 mars 2006)
Pour arracher le retrait du CPE, faire capituler le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy (Titre du tract du 26 mars 2006)
Et pour calmer l’ardeur des étudiants qui ont engagé le combat pour l’abrogation de la loi Villepin, le rédacteur conclut le même tract par un plan en deux temps qui ménage les appareils et ceux qui pourraient les déborder :
Les revendications ne s’arrêtent pas à l’abrogation
du CPE. Mais si le gouvernement ne capitule pas en retirant le CPE, alors
aucune revendication ne pourra être satisfaite.
Nous voila
prévenus.
Le 2 avril, il n’a toujours pas changé d’avis :
A bas le CPE ! A bas Chirac, Villepin, Sarkozy
et leur « majorité » UMP !
Passons sur
les guillemets de la majorité UMP…
La palme revient au « Cercle » qui va
jusqu’à soutenir les « journées d’action »
Le comble de
cette politique s’est exprimé dans un tract daté du 13, diffusé dans la
manifestation du 18 mars, au moment où la mobilisation prend véritablement son
essor. A ce moment, le Cercle propose une « bonne » journée d’action,
relayant la politique de la direction de l’UNEF et les faiblesses de la
coordination, dans laquelle interviennent les réformistes et leurs alliés. Les
passages soulignés le sont par le Cercle :
La coordination étudiante et avec elle l’UNEF se
sont prononcées pour une manifestation centrale et unitaire à Paris le 23 mars.
La coordination s’est adressée aux directions syndicales pour qu’elles
appellent à la grève et la manifestation centrale à Paris le 23 mars.
Le temps presse ! L’UNEF, la coordination,
doivent appeler sans plus tarder. Et dès maintenant :
Les directions UNEF, CGT, FO, FSU, PS et PCF
doivent répondre positivement à l’appel de la coordination, appeler à la grève
et organiser la montée en masse le 23 mars à Paris, au siège du pouvoir, pour
l’abrogation du CPE
On ne sait
plus qui parle. Emporté par son lyrisme, le rédacteur exige « sans plus
tarder » et « dès maintenant »… ce que l’UNEF exige déjà !
Il oublie
juste un détail. L’UNEF ne se prononce pas pour la grève générale : elle
appelle en fait à une journée d’action de plus. C’est un détail, puisque le
Cercle n’appelle pas non plus à la grève générale, la tactique du Comité en
1995.
Peu de choses
différencient tous ces débris semi-lambertistes, dans la pratique. Cette
convergence est au fond ce qui les avait tous poussés à s’en prendre à nous et
à détruire le Comité de Stéphane Just : ils pensent que, poussés
suffisamment, les appareils peuvent résoudre des problèmes qui nécessitent en
réalité le débordement des appareils et, au-delà, l’insurrection, la dictature
du prolétariat et l’extension de la révolution socialiste.
Le courant liquidateur est rattaché par un lien
idéologique au reniement, à l’abdication du programme et de la tactique, à
l’opportunisme. (Lénine, Questions
litigieuses, 1913)
1er mai 2006
La cellule centrale du Groupe Bolchevik pour
la construction du POR, de l’IOR (affilié au Collectif Révolution Permanente)