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Battu aux trois dernières élections, Chirac reste en place grâce à Hollande, Fabius, Buffet et compagnie

À bas la politique du gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy !
Front unique ouvrier pour les chasser !

 

 

 

La troisième défaite électorale de Chirac et ses limites

 

Après les élections régionales et européennes, Chirac a subi une nouvelle déroute électorale. Elle est due en grande partie au vote de la classe ouvrière (ouvriers, employés, techniciens, etc.) et de la pette-bourgeoise traditionnelle (artisans, paysans...). En particulier, les salariés soumis à la précarité par le capital ont voté Non : 68 % des contrats à durée déterminée votants, 70 % des intérimaires votants et 76 % des chômeurs votants (CSA, mai 2005, p. 6). À l’évidence, la plupart des électeurs du PCF, de LO, de la LCR et aussi la majorité de ceux du PS ont tenté d’utiliser cette consultation pour dire : Assez de cette politique anti-ouvrière ! À bas Chirac !

Mais, plus encore que d’autres consultations électorales, un référendum brouille les frontières entre les partis des travailleurs et la représentation politique de la bourgeoisie, sans parler des frontières entre les classes sociales.

Les medias et les partis réformistes y contribuent avec les formules mystificatrices du type « la gauche », « le peuple » ou « la France » :

La France vient de dire Non au traité constitutionnel (déclaration de F. Hollande, PS, 29 mai) ; Mobilisé de façon exceptionnelle, notre peuple a dit Non à la déferlante libérale… (déclaration de M.G. Buffet, PCF, 29 mai) ; Ce Non populaire, de gauche… (communiqué LCR, 29 mai) ; À moins que, sur le front social, voire en Europe, cette victoire du Non… redonne de l’espoir aux masses populaires (communiqué d’A. Laguiller, LO, 29 mai) ; Le peuple français vient de se prononcer… (déclaration du PT, 29 mai)

Le succès du Non ne doit pas masquer qu’il ne représente que 37 % des inscrits et qu’il mêle des électorats de nature différente.

D’un côté, de nombreux prolétaires ne sont pas inscrits sur les listes électorales, par désintérêt ou parce qu’ils en sont écartés (chômeurs et salariés de 16 à 18 ans, immigrés). L’abstention a été du même ordre que pour le référendum sur le traité de Maastricht, soit 30 % des électeurs. D’ailleurs 29 % des ouvriers et 25 % des employés français n’ont pas voté ou ont voté nul (CSA, mai 2005, p. 40).

De l’autre, le Non comprenait aussi les électorats du MRC, du MPF, du FN et du MNR qui constituent au total entre 20 et 30 % des votes. Cette fois-ci, 40 % des cadres votants et 49 % des patrons de l’industrie et du commerce ont voté Non (CSA, mai 2005, p. 6).

 

La campagne du PS et du PCF a aggravé la confusion politique des rangs ouvriers

 

Tous les partis ouvriers domestiqués avaient accepté le référendum, comme ils acceptent tous le capitalisme, l’Union européenne, l’État bourgeois français, les institutions de la 5e République et la légitimité de Chirac.

La plupart des formations réformistes appelaient à voter Non, aux côtés du FN et du MPF : une minorité du PS (Fabius, Emmanuelli, Mélanchon…), le PCF (dirigé par Buffet) et ses satellites (LCR, LO et autres). Tous ces personnages ont déjà fait leurs preuves dans la 5e République fondée par De Gaulle et au service de la bourgeoisie :

Marie-George Buffet fut membre, de 1997 à 2002, du gouvernement qui a le plus privatisé (936 privatisations).

Laurent Fabius fut le Premier ministre de Mitterrand, de 1984 à 1986, pour appliquer la « politique de rigueur » aux salariés et il fut ministre de l’Économie du gouvernement Jospin de 2000 à 2002.

Henri Emmanuelli fut le secrétaire d’État aux TOM-DOM de Mitterrand de 1981 à 1983, c’est-à-dire le sous-ministre du maintien de l’oppression des dernières colonies françaises, en particulier des Kanaks de la Nouvelle-Calédonie ; puis il se vit confier le budget de 1983 à 1986, pour appliquer la « politique de rigueur » avec Fabius.

Les tenants du Non ont presque tous fait campagne ensemble. Flanqués du petit parti bourgeois « souverainiste » MRC et du mouvement « altermondialiste » ATTAC, une minorité du PS, le PCF et la LCR ont prétendu que le traité soumis au référendum introduirait le « libéralisme » dans l’Union européenne alors que celle-ci est capitaliste de part en part, qu’elle piétine les travailleurs depuis sa fondation. Ils reprenaient aussi la fable que l’UE peut devenir « sociale »… mais à condition de renégocier le traité (une hypothèse hautement fantaisiste).

La majorité de la direction du PS appelait à voter Oui, comme toute la social-démocratie européenne, aux côtés des Verts, du PRG, de l’UMP et de l’UDF. Hollande, Royal, Strauss-Kahn, Lang et Jospin, pour justifier leur soutien au projet de Giscard, prétendaient qu’il ouvrirait la voie à une mythique « Europe sociale ».

Ceux du Oui comme ceux du Non ont fait campagne « pour la France », comme si les ouvriers et employés étaient dans le même camp que le PDG de Carrefour qui part avec une indemnité de 38 millions d’euros. Alors que l’ennemi principal est dans notre pays, les sociaux chauvins du PCF et leurs clones pseudo-trotskystes, plus les directions syndicales de SUD, de la CGT, de la FSU et de la Confédération paysanne, mettaient en cause « l’étranger ». Comme les politiciens bourgeois Chirac, Chevènement, Sarkozy, de Villiers, Le Pen, ils ont dérivé la colère des travailleurs des villes et des campagnes contre la Commission de Bruxelles (et non la 5e République et le gouvernement français), contre un prétendu « modèle anglo-saxon » (et non le capitalisme), contre les « délocalisations » (et non tous les licenciements des capitalistes), contre le « dumping social » des pays pauvres comme la Pologne, la Turquie et la Chine (et non les multinationales des pays impérialistes qui les pillent, parmi lesquelles on compte pas mal de groupes français).

Les travailleurs sont politiquement désorientés par la restauration du capitalisme en Russie, par le sabotage des grèves par les bureaucrates syndicaux, par les politiques de trahison de leurs partis quand ils gouvernent. La campagne aux relents chauvins de Buffet et Besancenot a augmenté le désarroi et la confusion.

Le résultat est que, d’après une enquête, 62 % des électeurs qui ont voté Non l’ont fait à cause de l’élargissement de 2004 à 10 pays et que 79 % des électeurs l’ont fait en fonction de l’entrée de la Turquie dans l’UE (CSA, mai 2005, p. 7). Les états-majors du Non facilitent le travail des politiciens les plus réactionnaires et les plus xénophobes, du type Le Pen et de Villiers (dont les succès servent de prétexte à voter pour des Chirac).

Un lien de fraternité doit exister entre les travailleurs des différents pays et les inciter à tenir bon, coude à coude, dans toutes leurs luttes pour l’émancipation. Si l’on dédaigne ce lien, le châtiment sera l’échec commun de tous ces efforts sans cohésion… (Marx, 1864)

 

L’enterrement probable du projet de traité constitutionnel confirme que les bourgeoisies européennes sont incapables d’unifier l’Europe

 

Les dirigeants des 25 États membres de l’Union européenne avaient adopté au Conseil européen de Bruxelles des 17 et 18 juin 2004 leur projet de « traité constitutionnel pour l’Europe ». Cette prétendue constitution qui ne fonde aucun État reprenait les traités précédents, tout en augmentant le poids de la France et de l’Allemagne dans le fonctionnement de l’UE. Le traité entérinait ce que l’Union européenne a toujours été, une entente capitaliste incapable de supprimer les frontières archaïques entre les différents États bourgeois de l'Europe, dans laquelle les puissances impérialistes dominent les autres États, en particulier à l'Est.

Le projet devait être ratifié par la totalité des vingt-cinq États membres. Onze d’entre eux avaient annoncé imprudemment qu’ils procéderaient par consultation populaire. Parmi eux, la France. En effet, Chirac, élu en mai 2002 lors d’un véritable plébiscite avec plus de 82 % des suffrages, avait pensé consolider sa stature de Bonaparte au petit pied et affaiblir le PS, la principale formation d’opposition, en recourant au référendum. Mais, si le PS en est bien sorti déchiré, Chirac ne pourra pas briguer un troisième mandat.

Avec son référendum, Chirac a porté un coup sans doute fatal au projet de traité des 25 gouvernements. Dans 2 des 6 pays fondateurs de l’UE, les électeurs l’ont rejeté : en France, le Non a gagné par 55 % des exprimés le 29 mai, puis aux Pays-Bas, le Non a triomphé par 62 % le 1er juin. Un organe du capital financier britannique, ultra-libéral, s’en réjouit dans ces termes :

Pour ceux qui ont imaginé qu’ils construisaient les États-unis d’Europe, une puissance basée sur une économie et une population plus importantes que les États-unis d’Amérique, le double Non a représenté une cruelle collision avec la réalité… L’UE doit plutôt s’orienter dans la direction d’un club plus souple, moins fédéraliste, plus décentralisé. (The Economist, 4 juin 2005)

Un ministre italien vient de mettre publiquement en cause l’euro. Tout cela concourt à limiter l’Union européenne à une zone de libre-échange des marchandises et de circulation des capitaux.

Celle-ci a été bâtie depuis 1957 autour d’une alliance entre l’impérialisme allemand et l’impérialisme français. Séparément, les vieilles puissances du continent ne risquent pas de rivaliser avec le Japon et surtout les États-unis. De 1957 à 2004, l’UE s’est élargie de 6 à 25 pays parce qu’elle fournit un marché plus vaste que les multiples États qui morcellent le vieux continent.

 

La démocratie bourgeoise à l’œuvre : les travailleurs appelés à voter Non sont floués et Chirac reste en place

 

L’aspiration à chasser Chirac, comme le Groupe bolchevik en avait averti avant le référendum, a été trahie par Fabius, Emmanuelli, Buffet, Besancenot et Laguiller. Une fois de plus, cela illustre que la démocratie bourgeoise n’est que la couverture du pouvoir de la minorité qu’est la classe capitaliste. Les élections servent d’exutoire aux masses prolétariennes et petites-bourgeoises. Mais si leur résultat est déplaisant, la classe dominante et son État les contournent… quand elles ne recourent pas à la violence.

Les traîtres au socialisme voudraient faire croire que la bourgeoisie a donné aux travailleurs la « démocratie pure », comme si la bourgeoisie avait renoncé à toute résistance et était prête à obéir à la majorité des travailleurs, comme si, dans une république démocratique, il n'y avait pas une machine gouvernementale faite pour opérer l'écrasement du travail par le capital. (Lénine, 1919)

Si les partisans du Non du PS, le PCF, la LCR et LO avaient défendu réellement les intérêts des travailleurs, s’ils prenaient au sérieux leurs tirades sur la « démocratie », ils se seraient prononcés, dès l’annonce des résultats, pour l’éviction de Chirac, ils auraient formé un gouvernement, ils auraient appelé à manifester à l’Élysée pour chasser le président bourgeois, comme l’ont fait les travailleurs argentins, boliviens et équatoriens. Ils auraient mené campagne, ensemble, pour :

défendre les lycéens que les directions syndicales qui se sont prononcées pour le Non (FSU), comme celles qui se sont prononcées pour le Oui (UNSA), laissent condamner par la justice bourgeoise ;

défendre les grévistes qui sont agressés par les commandos de la police (GIPN), comme les postiers de Bègles (Gironde) ;

défendre les travailleurs immigrés que de Villepin et Sarkozy persécutent et expulsent plus que jamais ;

mettre un coup d’arrêt à toutes les privatisations en cours, en particulier à France Télécom, à La Poste, à Gaz de France, à EDF ;

annuler toutes les mesures prises contre les droits à la retraite et contre le remboursement des soins médicaux et augmenter les salaires et les retraites, les indexer sur les prix ;

interdire tout licenciement quel qu’en soit le prétexte, répartir les emplois entre tous les travailleurs en diminuant le temps de travail sans baisse de salaire et sans flexibilité ;

faire cesser les interventions néo-coloniales  en Afghanistan, à Haïti et en Côte d’Ivoire.

 

Grâce au PCF et au PS, Chirac et Sarkozy pensent avoir les mains libres au compte des capitalistes

 

La manifestation du 29 mai place de la Bastille a été squelettique, aucune grève de masse n’a éclaté dans les jours qui ont suivi le référendum et les cours de la Bourse de Paris ont monté. En effet, les dirigeants politiques et syndicaux qui ont voté pour Chirac en 2002 sont tous d’accord pour garder l’Union européenne et même Chirac jusqu’en 2007.

Nos gouvernants doivent se soumettre à ce choix… La France doit demander la renégociation du traité (déclaration de M.G. Buffet, 29 mai) ; Il y aura un changement de gouvernement… Il poursuivra la même politique. (déclaration de F. Hollande, 29 mai) ; Invité du journal de TF1, lundi 30 mai, au lendemain de la victoire du non, Laurent Fabius n'a demandé ni démission de Jacques Chirac, ni dissolution. (Le Monde, 31 mai)

Par conséquent, dans les jours qui ont suivi la « consultation populaire », tout a continué comme avant : les patrons ont licencié et augmenté le temps de travail, les juges ont condamné des lycéens qui ont lutté contre la loi Chirac-Fillon, les policiers sont intervenus contre les grévistes, la soldatesque française a paradé en Côte d’Ivoire, etc. Une fois de plus secouru par la vieille social-démocratie et les héritiers du stalinisme, Chirac en a profité pour remodeler son gouvernement autour de son fidèle de Villepin et de son rival, le président de l’UMP Sarkozy, nommé de nouveau chef des flics.

Le 6 juin, tous les chefs syndicaux se sont précipités à la première convocation du nouveau gouvernement du capital. Ils se sont humblement présentés chez le Premier ministre nommé par Chirac, ce qui revient à cautionner, eux aussi, la légitimité frauduleuse du nouveau gouvernement… qui ne peut conduire que de nouvelles attaques contre les travailleurs. Mais ce n’est pas surprenant de la part des bureaucraties syndicales qui ont empêché la grève générale contre sa politique en 1995 et en 2003.

Force Ouvrière a présenté lundi 6 juin, sans a priori, au Premier ministre ses analyses et revendications. (communiqué FO, 9 juin)

Le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy a vite annoncé la couleur avec le « discours de politique générale » du 8 juin devant l’Assemblée nationale UMP et ses premières mesures :

vente de 8 % des parts de France Télécom et de 20 % des parts de Gaz de France,

projet de « contrat nouvelle embauche » pour les « très petites entreprises » avec une période d’essai de deux ans, ce qui permettra aux patrons de licencier sans préavis et sans indemnité ;

projet d’exemption totale de « charges sociales sur les bas salaires » pour augmenter les profits et diminuer les ressources de la Sécurité sociale, prise en charge par l’État du « surcoût du franchissement du seuil des 10 salariés » (soit environ 5 000 euros par an), cadeaux fiscaux aux riches pour qu’ils embauchent du personnel domestique avec le renforcement du plan Borloo,

développement de l’apprentissage prévu par les lois Fillon et Borloo, renforcé par le projet de « service militaire adapté » qui confie à l’armée (et non à l’enseignement public) des centaines de milliers de jeunes durant deux ans,

volonté de faire accepter n’importe quel emploi aux de travailleurs rejetés par le capital (officiellement 2,7 millions, en fait bien plus),

attaques contre la fraction le plus vulnérable de la classe ouvrière, avec l’objectif d’augmenter de 50 % les expulsions de réfugiés et de travailleurs immigrés…

Malgré cette déclaration de guerre, les lamentables chefs actuels de la classe ouvrière ont fait croire que Chirac pourrait agir pour les travailleurs :

Le nouveau Premier ministre n'a en rien pris la mesure des exigences sociales exprimées dans les mobilisations de ces derniers mois et dans le vote référendaire du 29 mai. (Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, 8 juin) ; La Commission Exécutive de la CGT Force Ouvrière appelle solennellement le gouvernement à prendre conscience de la gravité de la situation. (FO, 9 juin) ; Dominique de Villepin devrait gouverner plutôt en faveur des 16 millions de salariés et des 60 millions d'habitants de ce pays. (Alain Bocquet, président du groupe PCF à l’Assemblée, 8 juin)

Pour tous, Chirac doit rester. La perspective politique des partis ouvriers bourgeois, du Oui comme du Non, est de former en 2007 un gouvernement du type « front populaire », « union de la gauche », « gauche plurielle » ou « union populaire » afin de gérer loyalement le capitalisme. Cela donnera lieu à bien des règlements de compte en leur sein et bien des tractations entre eux et avec les débris bourgeois du type MRC, PRG, Verts…

Pour faire patienter les travailleurs pendant deux ans, les dirigeants réformistes n’ont à offrir que des escarmouches parlementaires impuissantes et que la perspective utopique d’améliorer l’Europe capitaliste. Par exemple, le PCF fait signer une pétition pour « renégocier » le traité constitutionnel, ce texte réactionnaire.

 

Pour bloquer la nouvelle offensive, pour en finir avec le chômage, front unique de toutes les organisations ouvrières !

 

Le prolétariat et la jeunesse montrent qu'ils sont disponibles pour affronter les patrons et leur gouvernement : la puissante mobilisation lycéenne du printemps, la grève victorieuse des travailleurs des raffineries de Total en mai, le vote contre Chirac et l'UMP lors de tous les derniers scrutins.

Les syndicats doivent servir aux travailleurs. Pour bloquer la poursuite de l’offensive de Chirac et de sa majorité UMP, pour arrêter la détérioration de l’emploi, des salaires, des horaires, du rythme de travail dans les entreprises, il faut imposer que cesse la participation des organisations syndicales à l’élaboration aux plans gouvernementaux et patronaux, à leur application. Il faut surmonter le sabotage de la grève générale à coup de « journées d'action pour appuyer les négociations » et de « grèves reconductibles » éclatées site par site.

Il faut chasser le nouveau gouvernement du capital, pour le remplacer par un gouvernement ouvrier. Il s’appuiera sur le contrôle des travailleurs dans les entreprises et il débouchera inévitablement sur l’expropriation sans indemnité ni rachat des grands groupes capitalistes de la banque, du commerce, des communications et de l’industrie, car on ne peut supprimer le chômage en laissant la liberté au capital.

La satisfaction des besoins élémentaires des larges masses est incompatible avec le maintien de Chirac, de la 5e République et de l’Europe du capital. Les travailleurs doivent s’organiser, chasser les représentants de leurs exploiteurs et prendre le pouvoir. Ils étendront leur révolution à l’échelle européenne et mondiale, car il est impossible de construire le socialisme à l’intérieur des frontières rabougries héritées du capitalisme, spécialement en Europe.

Sans cela, non seulement le chômage et la pauvreté persisteront, mais le règne de la bourgeoisie conduira l’humanité à des catastrophes écologiques, à des crises économiques, à des coups fascistes et à de nouveaux conflits militaires entre puissances impérialistes.

 

Édifier un nouveau parti ouvrier dont l’objectif sera le gouvernement ouvrier, les États-unis socialistes d’Europe et la révolution mondiale

 

Pour réorganiser l’économie et la société sur des bases rationnelles, pour accomplir cette révolution, le prolétariat ne peut compter sur les partis comme le PS et le PCF qui se sont vendus depuis longtemps à leur classe dominante.  Leurs flancs-gardes, comme la LCR et LO, ont abandonné le programme de Lénine et de Trotsky, celui de la prise de pouvoir par le prolétariat. L’avant-garde doit se rassembler dans un nouveau parti, révolutionnaire et internationaliste, pour en finir avec les trahisons, pour réaliser l’unité des rangs des travailleurs contre le capital, pour préparer le renversement de la bourgeoisie et la destruction de l’État bourgeois qui garantit l’exploitation.

Alors, l’avant-garde prolétarienne d’Europe pourra dire aux Schröder, Chirac, Blair, Berlusconi et autres Zapatero : pour unifier l’Europe, il faut avant tout vous arracher le pouvoir. Nous le ferons.

12 juin 2005