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Ne vous limitez pas à l’occupation : Fermez Wall Street ! Travaillez à la construction d’une grève générale illimitée à l’échelle de tout le pays !

 

Le mouvement de protestation « Occupez Wall Street » grandit à New York, se propage à d’autres villes et, plus important encore, commence à s’assurer le soutien du mouvement ouvrier organisé. Enfin, la façon même dont les travailleurs et les travailleuses expriment leur frustration impose aux bureaucrates syndicaux arrogants d’en tenir compte. Un autre mouvement de protestation à long terme a émergé à Washington le 6 octobre. Le slogan « Du Printemps arabe à l’Automne américain !» a commencé à se faire entendre dans tout le pays […]

 

Comment défendre notre mouvement de façon efficace

 

Le mouvement « Occupez Wall Street » se définit comme un « mouvement de résistance  sans leader, avec des gens de multiples couleurs, genres et horizons politiques » et affirme qu’il « encourage le recours à la non-violence pour assurer un niveau maximum de sécurité à tous les participants. » De façon similaire, le site Octobre 2011 revendique « une culture de résistance » basée sur « l’action directe non-violente. »

Comme les contestataires de New York en ont déjà fait l’expérience (au prix de nombreux matraquages, charges aux gaz lacrymo et arrestations et ce, malgré l’absence de provocations), les mouvements de masse, aussi non-violents soient-ils, sont toujours confrontés à la réponse violente de ceux dont le travail est de protéger et de servir les riches et les puissants. Et ne nous y trompons pas : plus ils auront de succès (plus ils menaceront le pouvoir de l’élite), plus la répression deviendra violente. Au cours du mouvement ouvrier des années 1930, du mouvement pour les droits civiques des années 1960 et du mouvement anti-guerre des années 1970, les efforts de non-violence mis en œuvre par les masses pour se prendre en charge et revendiquer leurs droits ont fait l’objet de contre-mesures brutales. L’histoire démontre que si la résistance de masse continue à grandir et à se renforcer, l’État capitaliste et ses alliés n’hésiteront pas à prendre des vies afin de démoraliser et vaincre le mouvement. Souvenons-nous du massacre perpétré le Jour du Souvenir de 1937 ! Souvenons-nous de Goodman, Chaney et Schwerner ! Souvenons-nous de Kent State ! Souvenons-nous des innombrables vies perdues dans le Printemps arabe !

Pour évaluer le mouvement « Occupez Wall Street », nous devons nous demander combien de temps un « mouvement de résistance sans leader », et plus particulièrement un mouvement acquis à la non-violence, pourrait survivre et perdurer face à des attaques de cette ampleur. Nous sommes heureux d’apprendre que, selon une information récente, quelques membres des forces armées se sont joints aux protestataires, s’engageant à les protéger, puis que le syndicat des travailleurs des transports en commun a refusé de participer à l’acheminement des personnes arrêtées. C’est un bon début. Mais ça n’est pas suffisant.

Les révolutionnaires ne prônent ou n’initient aucun acte isolé et gratuit de violence agressive tels que le pillage ou le vandalisme. De tels comportements n’attirent que la répression de l’État et fournissent aux médias contrôlés par les capitalistes une excuse pour, dans la foulée, condamner le message ainsi que le messager. Comme nous l’avons vu lors du mouvement en Grande Bretagne l’été dernier, toutefois, lorsque les pauvres et les opprimés, spécialement les jeunes de couleur, en ont ras le bol de la brutalité dont fait preuve la police raciste, il devient alors légitime pour eux d’exprimer leur frustration par des actions de masse menées contre des cibles qui symbolisent la richesse, les privilèges et le pouvoir de l’élite. Au lieu d’une violence individualisée qui frappe au hasard, les révolutionnaires privilégient l’utilisation de moyens disciplinés et organisés d’action directe de masse tels que les grèves et l’occupation des lieux de travail.

Les révolutionnaires ne se font aucune illusion sur l’efficacité à long terme de la non-violence ou sur la prise de décision sans leader et basée sur le consensus. L’absence de leader laisse un vide qui profite à la cooptation et aux trahisons des forces réformistes, comme ce fut le cas dans le Wisconsin. Au contraire, nous prônons l’établissement d’un leadership démocratiquement élu par tous les secteurs de la classe ouvrière et ses alliés, et acquis à l’action politique indépendante, à l’abri de l’influence des bureaucrates syndicaux et des politiciens capitalistes « progressistes ». De plus, notre mouvement doit acquérir les moyens, compétences et l’organisation indispensables pour nous défendre et défendre nos actions, de la police et autres agents de l’État capitaliste, y compris des bandes radicales d’extrême droite. Cela implique de gagner l’adhésion de ceux qui ont des compétences militaires et d’auto-défense pour organiser, former et déployer des groupes de défense des travailleurs partout et à chaque fois que cela s’avérera nécessaire et répondre aux attaques violentes par la force, si besoin. Les vétérans militaires et les membres des forces armées sans affectation devraient être encouragés à rompre avec leurs patrons du Pentagone et à participer à cette entreprise. Le mouvement  ouvrier ainsi que la communauté  noire et les autres minorités ethniques doivent s’unir avec les étudiants, les jeunes et les chômeurs pour construire des groupes d’auto-défense unifiés et disciplinés afin de protéger nos actions de rue, occupations et actions de grève (de même que les communautés opprimées) des violences de la police ou de l’extrême droite.

 

Comment attaquer le capitalisme à la racine ?

 

Nous défendre aidera à empêcher le mouvement de se désintégrer, mais cela ne nous permettra pas de retourner l’attaque contre les ploutocrates. « Occupez Wall Street » ne fermera pas le système. Quelle est la façon la plus efficace pour y parvenir ? La réponse consiste à identifier la seule chose pour laquelle le capitalisme a besoin de nous : notre travail. L’arme la plus efficace dans cette lutte est notre capacité à refuser d’autoriser les ploutocrates de l’entreprise à tirer avantage de notre travail, c'est-à-dire à nous mettre en grève. Le peuple égyptien le sait bien : les occupations de la place Tahrir étaient soutenues par des grèves ouvrières dans tout le secteur industriel égyptien. Pour réussir, nous devons suivre leur exemple !

Pour gagner ce combat une fois pour toutes, il nous faut faire évoluer le mouvement « Occupez Wall Street » en groupes d’assemblées populaires et ouvrières réparties dans tout le pays, qui se rencontrent pour planifier et préparer une grève générale et illimitée à l’échelle du pays, y compris l’occupation physique et la défense des usines, des bureaux et autres lieux de travail. Des assemblées locales des travailleurs, soutenues par les jeunes, les chômeurs et les communautés opprimées doivent mandater des comités de grève issus des militants mobilisés afin qu’ils se rendent sur tous les lieux de travail pour organiser des réunions, aider à mettre en place des comités de base, des élections des représentants ainsi que des réseaux et construire le soutien nécessaire pour transformer les occupations en quelque chose de beaucoup plus efficace : une grève générale politique à l’échelle du pays dont le but est de prendre le pouvoir pour le confier aux travailleurs et à leurs alliés. Les grèves seules ne sont pas une panacée mais des développements organisationnels tels que celui-ci peuvent poser les fondations requises pour la construction d’un parti ouvrier de masse ; non pas un parti électoral mais un corps unifié qui se bat pour l’instauration d’un gouvernement des travailleurs capable de saisir le capital fixe ainsi que le capital financier et d’organiser le travail selon un système subordonné à l’autogestion des travailleurs, à la planification par les travailleurs de la satisfaction des besoins humains, et au contrôle démocratique des travailleurs.

Et, puisque le capitalisme est un système planétaire, il nous faut établir des liens avec nos camarades travailleurs et travailleuses au niveau international. De même que « Occupez Wall Street » a été inspiré par le Printemps arabe, nous devons joindre nos forces avec les mouvements de masse. Il nous faut être une source d’inspiration pour, et être inspirés par les mouvements de masse des travailleurs et des travailleuses en tous lieux. Nous sommes tous opprimés par le même tyran : le système capitaliste ! Nous devons tous œuvrer ensemble pour le renverser et le remplacer par un système qui se concentre sur la satisfaction des besoins humains, l’amélioration de la qualité de vie de tous et la remise en état de notre planète déjà bien abîmée, plutôt que sur l’accumulation des profits, des privilèges et du pouvoir dans les mains de quelques-uns.

 

Quelques objectifs programmatiques que nous demandons instamment à « Occupez Wall Street » d’adopter :

 

1.              Plein emploi au taux syndical en vigueur pour tous ceux qui peuvent et souhaitent travailler. Pas de réductions budgétaires ! Pas de plans d’austérité ! Rétablissez et augmentez les budgets pour tous les services publics ainsi que les prestations sociales ! Pension complète et pleine couverture médicale pour tous les travailleurs à la retraite, qu’ils soient issus du secteur public ou privé. Pour assurer le plein emploi, le principe de trente heures de travail pour un salaire de quarante heures doit être adopté pour distribuer le travail disponible entre tous et compenser l’augmentation du taux de productivité de ces 50 dernières années dont s’est servi le capital pour maintenir des taux de chômage élevés et des salaires réels plus bas.

2.             Les sociétés en difficulté (tant dans le secteur financier qu’industriel) doivent passer sous le contrôle des travailleurs (nationalisations) sans compensation afin de permettre un accès adéquat au crédit et pour remettre l’industrie sur les rails. Par exemple, les trois grands constructeurs automobiles américains ainsi que les unités de production des constructeurs étrangers situées sur le territoire national, doivent passer sous le contrôle des travailleurs. C’est seulement alors que l’industrie pourra être rationnellement planifiée afin d’assurer le ré-aiguillage de la production pour alimenter, en tout premier lieu, une infrastructure énergétique et de transports publics qui puisse circonvenir les besoins d’une production automobile excessive et le gaspillage proportionnel de carburant. La production de voitures électriques non-polluantes, par exemple, doit être planifiée et coordonnée sous le contrôle des travailleurs comme un premier pas vers la prévention des catastrophes environnementales dont le réchauffement climatique nous menace.

3.             Arrêt des licenciements ! Lorsque les patrons annoncent des licenciements ou tentent de fermer un lieu de travail, les travailleurs doivent occuper les usines et les lieux de travail et instituer un contrôle ouvrier. Élaborons un réseau massif de lieux de travail occupés qui seront les organes démocratiquement gérés d’une économie rationnelle planifiée naissante.

4.             Le logement est un droit ! Cessez toutes les saisies et expulsions. Relogez dans des logements laissés vacants suite aux saisies et à la chute du marché de l’immobilier les sans-abris et ceux qui vivent dans des logements surpeuplés. De grands  projets de chantiers publics visant à construire des logements adéquats pour tous et à fournir aux gens du travail dans la construction de logements socialement nécessaires doivent être financés par une industrie bancaire nationalisée et coordonnée sous le contrôle des travailleurs.

5.             Éducation publique universelle de qualité et gratuite depuis la crèche et l’âge préscolaire jusqu’aux études supérieures. Les travailleurs et les travailleuses savent que sans une bonne éducation, nos enfants n’ont pas d’avenir. Pour faire face à la crise économique et environnementale actuelle, le potentiel intellectuel de chacun doit être cultivé. Par l’éducation, nous pouvons construire une économie rationnelle et débarrasser le monde de la pauvreté et du travail pénible. L’éducation doit être placée sous le contrôle des enseignants, des parents et des étudiants ou élèves suffisamment âgés pour participer. De cette façon, nous assurerons une éducation de qualité et non la sous-éducation, la prolifération des évaluations et la propagande de notre classe dirigeante qui gangrènent nos établissements publics aujourd’hui.

6.             Les soins médicaux universels de qualité et gratuits depuis l’âge prénatal jusqu’à la tombe se font attendre depuis longtemps. Chaque personne doit pouvoir bénéficier des progrès de la science médicale et avoir accès aux divers traitements actuellement disponibles. Les compagnies d’assurance ne doivent avoir aucune « place autour de la table ». La seule façon de fournir un système de soins médicaux de qualité pour tous est de le soustraire à la logique du profit. Pour établir un système démocratique de soins médicaux, toutes les institutions médicales doivent être placées sous le contrôle des travailleurs (médecins, infirmiers, personnel) avec la participation de la communauté des patients.

7.             Cessez les attaques contre les travailleurs sans papiers ! Cessez les descentes des Unités de Contrôle de l’Immigration ! Droit au travail sans restrictions pour tous les travailleurs ! Pour mettre un terme à la fuite des capitaux à travers la solidarité ouvrière par delà les frontières, nous exigeons : même travail, même contrat, mêmes salaires et conditions de travail ! À bas les maquiladoras ! Ouvrez toutes les frontières. Pour le droit de tous les travailleurs de traverser les frontières, de chercher du travail et d’établir leurs foyers sans restrictions ou arrestations. Libérez tous les travailleurs sans papiers actuellement incarcérés.

8.             Troupes US hors d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan et du reste du monde. À bas l’oppression impérialiste ! La défaite de l’impérialisme est une victoire pour les travailleurs et les opprimés de la terre.

9.             Nous ne pouvons compter sur Obama et les capitalistes pour nettoyer l’environnement et prévenir le catastrophique réchauffement climatique. Pour eux, le profit passe toujours avant l’environnement et les besoins des travailleurs. Mais le temps nécessaire pour mettre fin au réchauffement climatique commence à manquer. La classe ouvrière doit combiner sa lutte contre l’exploitation capitaliste et contre la crise économique actuelle en ayant conscience des enjeux environnementaux. Nous devons nous battre pour le contrôle ouvrier de l’industrie de façon à transformer les technologies de production industrielle actuelles, qui sont dépassées, en technologies totalement vertes et compatibles avec un développement durable.

10.           Rompez avec les Démocrates. Pas d’alliances de classes avec les Démocrates et les politiciens procapitalistes du Parti Vert (Green Party). Luttons pour remplacer les bureaucraties syndicales qui versent nos cotisations au Parti Démocrate capitaliste. Battons-nous pour l’indépendance politique de la classe ouvrière. Il nous faut construire un parti des travailleurs ou parti du travail basé sur des syndicats et des organisations de chômeurs et d’opprimés, gérés démocratiquement.

11.            Construisez un gouvernement des travailleurs qui ait les moyens de mettre effectivement en oeuvre et de défendre toutes ces propositions. Pour atteindre nos buts, les travailleurs et les travailleuses ont besoin de leur propre gouvernement. Si nous permettons aux capitalistes de contrôler l’État par l’intermédiaire de leur gouvernement, ils continueront à attaquer et en fin de compte à détruire les rares acquis sociaux gagnés par le passé qui restent encore en vigueur (sécurité sociale, soins médicaux). Pour défendre nos acquis, il nous faut le pouvoir des travailleurs.

11 octobre 2011

Humanist Workers for Revolutionary Socialism(Travailleurs humanistes pour le socialisme révolutionnaire) / Etats-Unis