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Syrie : l’opposition bourgeoise demande au peuple de continuer à se laisser massacrer


Armement des travailleurs et des jeunes pour se défendre et en finir avec le régime du Baas et Al-Assad !

 

 

Le soulèvement syrien s’inscrit dans la révolte des masses d’Afrique du nord et d’Asie de l’Ouest

 

Depuis des mois, les peuples défient les régimes en place au « Proche-Orient », qu’ils proviennent du nationalisme bourgeois panarabe (Tunisie, Algérie, Égypte, Libye, Syrie, Yémen), du nationalisme bourgeois islamiste (Iran) ou de monarchies directement installées par les anciennes puissances coloniales (Bahreïn, Maroc, Oman, Jordanie). Ce soulèvement contre le despotisme a suscité la panique du gouvernement israélien qui prétendait pourtant incarner la démocratie dans la région.

En Syrie, dès février, la jeunesse a tenté d’organiser des manifestations et des rassemblements contre l’ordre policier. Le gouvernement a fait arrêter et matraquer, en mars, dans la région de Deraa, des collégiens qui avaient tagué sur les murs des mots d’ordre hostiles au régime. Après plusieurs rassemblements pour leur libération, auxquels le régime a répondu par la répression, la révolte s’est étendue, exprimant la même colère révolutionnaire qui a chassé Moubarak et Ben Ali.

Les protestations se sont multipliées dans tout le pays, en solidarité avec les martyrs de Deraa, pour réclamer la fin de l’état d’urgence instauré en 1963, la fin des arrestations arbitraires et des tortures, le renversement du régime totalitaire, s’en prenant aux symboles du régime haï : portraits d’Al-Assad, locaux du parti Baas, etc. À chaque fois, la police en uniforme, la police politique (moukhabarat) et les milices du régime (chabbiha) ont tiré sur la foule et arrêté les opposants, dont les proches restent sans nouvelle. Pour Al-Assad, comme pour Ben Ali, Moubarak et Kadhafi avant lui, le soulèvement des masses n’est qu’un « complot », tout manifestant est un « terroriste » et un « extrémiste », les opposants sont tous financés par « l’étranger ».

Chaque jour, la police et l’armée, n’hésitant pas à recourir aux blindés, massacrent des jeunes et des travailleurs dépourvus de tout armement. Une par une, chaque ville qui se révolte, Deraa, Homs, Lattaquié, Baniyas, Jisr Al Choghour, Hama, Idlib, Quamechli, Der-ez-Zor, Alep et même Damas, est durement réprimée. À cette date, la répression a causé plus de 3 000 morts, des milliers de blessés, 15 000 arrestations. Des milliers de Syriens ont fui vers le Liban, la Turquie et l’Irak. Le 13 août, la marine de guerre et les blindés de l’armée de terre ont bombardé la ville de Lattaquié qui comprend nombre de réfugiés palestiniens, désignés par le parti unique (Baas) comme des « terroristes ».

À Lattaquié, une ville portuaire plantée d’arbres odorants, des tanks et des véhicules blindés ont attaqué les quartiers d’habitation, incluant celui de Ramel, qui héberge un camp de réfugiés palestiniens. Incapables de circuler dans les ruelles, les unités motorisées ont utilisé les mitrailleuses pour tuer indistinctement à distance. Au moins 40 personnes sont mortes, et des milliers durent s’enfuir dont de nombreux Palestiniens. D’autres qui sont restés disent que les tireurs ont empêché leur départ en ciblant les colonnes des habitants en fuite. (The Economist, 20 août 2011)

 

Les racines économiques et politiques du soulèvement syrien sont analogues à celles du début de révolution sociale en Tunisie et en Égypte

 

Le chômage est officiellement à 9 % (vraisemblablement plus de 20 %), les salaires ne suivent pas la hausse des prix des dernières années (6 % en 2010). Les jeunes, comme dans tout le bassin méditerranéen, sont particulièrement confrontés au chômage (30 % chez les moins de 30 ans). La Syrie a plus de 40 % de la population sous le seuil de pauvreté. L’accès aux soins est de plus en plus limité. La corruption est de règle pour obtenir un poste de fonctionnaire.

L’agriculture emploie encore 25 % de la population active, mais un exode rural massif est en cours. Le régime a liquidé la réforme agraire de 1958 : Assad fils a autorisé, en 2000, la vente en petites et grandes parcelles des terrains occupés par les fermes d’État. S’y ajoutent les effets du réchauffement climatique, car les récoltes ont été très maigres ces dernières années de sécheresse. Par conséquent, les paysans paupérisés rejoignent des bidonvilles.

Politiquement, le régime est depuis son origine un despotisme. Au fil du temps, il s’est dépouillé du verbiage « socialiste » de ses débuts pour instaurer une sorte de monarchie héréditaire puisque Bachar Al-Assad a succédé à Hafez Al-Assad en 2000.

Depuis 1963, le régime repose sur un parti unique, sur l’armée qui l’a imposé, sur la police politique qui surveille la population. La Syrie compte 300 000 militaires pour seulement 22 millions d’habitants. Les milices armées du pouvoir sont réputées pour réprimer dans le sang comme lors des émeutes des jeunes Kurdes en 2004.

Une bourgeoisie compradore s’est épanouie récemment sous la protection du clan Al-Assad. En effet, en 2000, Assad a privatisé de nombreuses entreprises publiques ; en 2001, il a autorisé la création d’universités privées ; en 2004, il a permis la création de banques privées ; en 2009, il a lancé la Bourse de Damas…

Trois ans après leur ouverture en janvier 2004 et grâce à un assouplissement de la législation bancaire et du système de prêt, les banques privées syriennes affichent des bénéfices records et rivalisent en termes de dépôts avec les mastodontes du secteur financier public, la BCS et la Banque foncière, sises sur la même avenue. Car l’ouverture économique a consisté en une libéralisation du secteur bancaire et du commerce extérieur. Les interdictions sur les importations ont été levées les unes après les autres : alors que, en septembre 2003, 11 000 produits étaient interdits à l’importation, en janvier 2007 ils n’étaient plus que 1 000. Les barrières douanières ont été réduites, le contrôle des changes assoupli et les taux de change unifiés. Les banques privées peuvent désormais financer des importations qui l’étaient auparavant par le « marché noir » et les banques libanaises. Le marché des assurances a été libéralisé et la finance islamique autorisée. (Caroline Donati, L’Exception syrienne, La Découverte, 2009, p. 227-228)

Le gouvernement a signé de nombreux accords bilatéraux avec la Turquie, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Chine, la Russie. Aujourd’hui, le secteur privé produit 70 % du PIB.

Tous les secteurs porteurs comme la téléphonie, le gaz, le pétrole, la vente d’automobiles sont aux mains des proches du président. Tout contrat important et toute création d’une entreprise significative doit recevoir l’aval de la présidence.

Sous la force apparente, la dictature a vu sa base sociale s’effriter et le mécontentement s’est concentré contre le Baas et son chef Assad.

 

Les limites de la bourgeoisie nationale à l’époque du déclin du capitalisme

 

L’impopularité d’Assad confirme, après celle de Ben Ali, de Moubarak et de Kadhafi, l’échec du nationalisme panarabe, incapable d’unifier les Arabes comme il le prétendait, et même de développer le pays ou de vaincre Israël.

Le Parti Baas (« Résurrection ») fut créé en 1947. Il affichait pour but l'unification des différents États arabes en une seule et grande nation. S’il resta marginal en Jordanie, au Yémen, au Soudan, en Tunisie, à Bahreïn et au Liban, deux de ses branches prirent le pouvoir : en Syrie (1963-1966, 1970-…), en Irak (1963, 1968-2003). Dans les deux cas, le mouvement nationaliste prit le pouvoir, non à la suite d’une révolution populaire, mais par un coup d’État, comme les colonels putschistes en Égypte et en Libye. En Syrie, la junte militaire a pris le pouvoir en 1966. Les coups d’État ultérieurs eurent lieu entre fractions du Baas.

Certes, la disparition des frontières et la destruction de l’État sioniste eussent constitué un progrès historique, à condition de comporter le respect des minorités berbères, kurdes, juives… de la région.

Mais, loin d’unifier la Syrie et l’Irak où elles étaient au pouvoir, les deux fractions du Baas se coulèrent dans les frontières héritées du colonialisme. En 1991, la Syrie du Baas de Hafez Al-Assad a même soutenu l’intervention contre l’Irak du Baas de Saddam Hussein, menée conjointement par les États-Unis, de la Grande-Bretagne, la France, la Turquie…

L’armée syrienne fut battue par l’armée israélienne en 1948, en 1967 et, sous l’égide du Baas, de nouveau en 1973. Par conséquent, le territoire est amputé du Golan, toujours occupé par Israël. Incapable de vaincre l’armée sioniste, l’armée syrienne intervint contre la révolution libanaise dès 1976 et écrasa l’OLP palestinienne au Liban en 1983. Le Liban passa sous le contrôle de la Syrie.

La Syrie héberge des réfugiés irakiens et palestiniens. Quoiqu’arabes, les réfugiés palestiniens (500 000) sont encore plus mal traités que les Kurdes (2 millions). L’oppression des Kurdes se fait main dans la main avec les gouvernements turc et iranien. Comme en Jordanie, au Liban, les Palestiniens sont surexploités et privés de droits politiques.

La constitution impose au président d’être musulman et la charia est une source du Droit. Le clergé, protégé, utilise les mosquées et ses organisations caritatives pour défendre le patriarcat et la propriété privée.

 

Dans un premier temps, les puissances impérialistes ont couvert les massacres du régime

 

Les défaites humiliantes face à Israël, la disparition de l’URSS, le rétablissement du capitalisme en Russie et en Chine, les menaces des États-Unis, l’évacuation du Liban en 2005, ont conduit Al-Assad à chercher toutes sortes d’alliances : l’Iran et la Turquie capitalistes, la Chine et la Russie impérialistes. En 2007 et en 2008, Bachar Al-Assad a été reçu à bras ouverts par le président français Sarkozy qui ne voulait pas que l’impérialisme français perde toute influence dans cette région.

Confronté au soulèvement populaire, le régime a prétendu, aux yeux des exploiteurs nationaux et des bourgeoisies impérialistes, être capable de rétablir l’ordre capitaliste et d’assurer lui-même un changement politique qui conserverait l’État bourgeois, comme le tentent en Tunisie, en Égypte et en Libye les « gouvernements de transition » composés de généraux, d’anciens ministres et d’islamistes. Ainsi, le 15 mars, Assad fils, tout en poursuivant la répression sanglante, a promis une « transition démocratique » et des « réformes ». Pour preuve, en mettant officiellement fin, le 16 avril, à l’état d’urgence, il a fait adopter de nouvelles lois « anti-terroristes » contre ceux qui descendent dans la rue…

Quelles que soient leurs rivalités, les différents impérialismes sont d’accord pour tenter d’éviter la révolution socialiste dont la possibilité apparaît dans toute mobilisation des masses contre l’appareil d’État qui garantit l’exploitation. Ils ont donc minimisé la répression (États-Unis, Union européenne) voire l’ont justifiée (Russie, Chine).

Durant des mois, les puissances occidentales ont toléré la répression, comme elles l’avaient fait durant des semaines en Tunisie, en Égypte et en Libye. Déjà soucieuses de préserver ou de reconstruire l’État bourgeois en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Égypte et en Libye , elles s’en sont remis à Al-Assad.

Le « Conseil de sécurité de l’ONU » des brigands impérialistes a laissé tout un temps les mains libres à Al-Assad, comme il permet la colonisation de la Cisjordanie par Israël, comme il a permis à l’armée de l’Arabie Saoudite de liquider dans le sang la révolte à Bahreïn en avril. Ni Obama, ni Sarkozy, ni Cameron, ni Merkel n’ont condamné les pogroms contre les Noirs en Libye, le massacre de la population de Syrte par l’armée du gouvernement qu’ils ont mis en place, ni la répression des manifestations en Tunisie et en Égypte par les gouvernements de transition qu’ils ont installés, ni les attaques des islamistes contre le droit d’expression en Tunisie ou celles des islamistes, avec l’armée, contre la minorité chrétienne en Égypte.

Mais le régime se révèle incapable, malgré une violence incroyable, de venir à bout de la révolte des masses.

 

La Turquie et les États-Unis patronnent une solution bourgeoise de secours, le CNS

 

La Russie et la Chine, ont opposé leur veto à toute sanction lors du Conseil de sécurité de l’ONU du 5 octobre, avec le soutien des bourgeoisies montantes de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du sud.

Par contre, les impérialismes les plus puissants ont rebattu les cartes, avec la complicité de la bourgeoisie turque qui tente de se muer en puissance régionale. Le gouvernement islamiste d’Erdogan a hébergé les conférences de l’opposition bourgeoise syrienne dominée par les Frères musulmans, le principal parti islamiste de Syrie. Finalement, la conférence d’août a décidé de créer un « Conseil national syrien » (CNS) de 140 membres. Le 2 octobre, celui-ci a présenté, après d’ultimes tractations secrètes, sa représentation. Il s’appuie sur la « Déclaration de Damas » adoptée en 2005 par de nombreux partis d’opposition bourgeoise (arabes, laïcs, musulmans, libéraux…) ou issus du stalinisme. Cette déclaration disait vouloir un « changement démocratique progressif » tout en reconnaissant l’islam comme une référence.

Dès son apparition, le CNS a appelé la population et la jeunesse à ne pas se défendre, à se laisser massacrer et à s’en remettre aux puissances occidentales, ce qui lui vaut l’approbation de la presse bourgeoise de ces pays :

La création du CNS et la réaffirmation du pacifisme de l'opposition interviennent au moment où s'esquisse, çà et là, la tentation du passage à la lutte armée, qui serait utilisée avec profit par le régime pour justifier une répression décuplée. (Le Monde, 3 octobre 2011)

Flanqué d’anciens staliniens et de nationalistes arabes et kurdes, le CNS est vertébré par les partis islamistes dont le Mouvement des Frères musulmans. Un ancien diplomate français résume leur position :

Ils insistent d’abord sur le caractère pacifique et unitaire du mouvement. Ils appellent les manifestants à se soutenir mutuellement, en dépassant les appartenances confessionnelles. Ils leur demandent de ne pas répondre à la violence par la violence et de bannir toute idée de vengeance. Et ils martèlent à leur intention que pour les musulmans, la « fitna », le désordre ou la sédition au sein de la communauté, est pire que le « zulm », l’injustice. (Moyen Orient n° 12, octobre 2011)

Tous les partis de la bourgeoisie, le Baas et ses opposants, laïcs et cléricaux, arabes et kurdes, chrétiens et musulmans défendent jusqu’à présent l’unité de l’armée bourgeoise qui massacre impunément les manifestants civils depuis des mois. En effet, tous redoutent l’armement du prolétariat qui pourrait s’en servir pour prendre le pouvoir et exproprier les exploiteurs.

 

Le CNCD, comme le CNS, demande au peuple de se laisser massacrer

 

Spontanément, des comités locaux de coordination se sont mis en place. Parfois, des déserteurs, des soldats et des sous-officiers refusant de tirer sur la population, les ont rejoints avec leurs armes.

Sur le terrain, les partis bourgeois ont cherché à empêcher la défense des manifestations et des quartiers, alors que les insurgés libyens avaient pris d’assaut les casernes des milices et des régiments pour pouvoir se défendre.

Si nous conservons le caractère pacifique de nos manifestations qui rassemblent villes, villages, hommes, femmes et enfants, un avenir démocratique pour la Syrie sera aisément envisageable. Si une confrontation armée ou une intervention militaire internationale s’engagent, il sera plus compliqué voire impossible de mettre en place les bases légitimes d'une Syrie fière d’elle-même. Nous appelons donc notre peuple à faire preuve de patience… (Comités Locaux de Coordination, Déclaration au peuple syrien, 29 août 2011)

Les comités ont toujours organisé les grandes marches le vendredi, jour de prières pour les musulmans, et ont souvent appelé les manifestants à se regrouper sur les seuls lieux accessibles : les mosquées. Leur devise est : « Liberté, dignité, citoyenneté ».

La direction des Comités locaux de coordination a accepté de se soumettre au CNS bourgeois propulsé par la Turquie et les États-Unis.

Le Conseil national syrien (CNS) a vu le jour après avoir obtenu le ralliement de deux forces politiques : les signataires de la Déclaration de Damas qui avaient rassemblé en octobre 2005 de petits parti d’opposition comme le Parti du peuple syrien de Tiyad Turk, et des personnalités, ainsi que la confrérie des Frères musulmans, interdite depuis des décennies dans le pays. Après six mois de vaines tentatives, un consensus a donc été trouvé entre les Comités de coordination qui sont en Syrie à la pointe du combat contre le régime de Bachar Al-Assad et la myriade de formations en dehors du pays. Seule la Coordination nationale des forces démocratiques, qui rassemblent des nationalistes arabes et des nassériens, a choisi de rester à l’écart de la nouvelle structure. (Le Monde, 4 octobre 2011)

Cela ne s’est sûrement pas fait sans heurts au sein des Comités locaux car une fraction de la jeunesse et des travailleurs comprend certainement, au feu de la lutte, la nécessité de s’armer. Des organes d’auto-défense de la révolution, peuvent diviser les corps de répression, en faire basculer une partie dans le camp de la révolution, paralyser et défaire les autres. Tout est une question de programme, de direction.

Une minorité de l’opposition, le CNCD, s’oppose à juste titre à la subordination du CNS aux impérialismes occidentaux et à la bourgeoisie turque :

Le CNS peine encore à rallier l'ensemble de l'opposition syrienne. Le Comité national pour le changement démocratique (CNCD), qui regroupe des partis « nationalistes arabes », kurdes, socialistes et marxistes, ainsi que des personnalités indépendantes a élu son propre conseil central, composé de quatre-vingts membres, dont un quart de « jeunes révolutionnaires », ces militants qui ont lancé le mouvement… (Le Monde, 29 septembre 2011)

Mais le CNCD partage le parlementarisme et le pacifisme du CNS et il veut «  entamer une réconciliation entre l'armée et le peuple » au lieu de préconiser l’insoumission, le retournement des armes contre les gradés assassins  du peuple, l’armement des travailleurs et la dissolution de l’armée bourgeoisie.

 

Les héritiers du stalinisme continuent leur sale besogne de soumission du prolétariat à la bourgeoisie

 

Comment des « marxistes » pourraient-ils cautionner de telles stupidités, aussi contraire à ce qu’ont défendu Marx, Engels, Luxemburg, Lénine et Trotsky ? En fait, les prétendus « marxistes » du CNCD sont les disciples de Staline, Kroutchev et Brejnev.

Né en 1924, le Parti communiste du Liban et de la Syrie est passé dans les années suivantes , comme toute l’Internationale communiste, sous le contrôle de la bureaucratie qui s’était emparée du pouvoir en URSS.  Au début des années 1930, la perspective est « atteindre l’indépendance politique nationale et de créer un certain nombre d’États arabes ». En 1944, il soutient l’entrée en guerre de la Syrie et du Liban aux côtés des impérialismes français, britannique et américain en février 1945. Ingrat, l’impérialisme français bombarde Damas qui s’était soulevée pour l’indépendance. Pourtant, devant la grève générale, la France doit évacuer les deux protectorats fin 1945.

La direction du PCS a toujours soumis le prolétariat à une ligne de front populaire ou d union nationale avec la représentation civile de la bourgeoisie nationale ou avec les généraux qui ont, alternativement, gouverné depuis l’indépendance.

Tout ce que nous cherchons, c’est de développer  le sentiment national dans notre pays pour qu’il devienne une force invincible. (Khaled Bagdash, Le Parti communiste dans la lutte pour l’indépendance et la souveraineté nationale, 1944)

En 1972, le PCS prend part au Front national progressiste (FNP) sous l’égide du Parti Baas. En contrepartie de sa vile soumission, le parti stalinien reçut des postes lucratifs avec la bénédiction de la bureaucratie du Kremlin qui signe en 1980 un « Traité d’amitié » avec Assad père.

Aujourd’hui, deux fractions du PCS soutiennent toujours Bachar Al-Assad, tandis que deux autres ont rejoint l’opposition bourgeoise. Le Parti démocratique du peuple (PDP) court après les islamistes (comme le Parti communiste du Liban) et est membre du CNS et le Parti d’action communiste (PAC) soutient le CNCD.

Tous les héritiers du stalinisme restent liées à l’une ou l’autre des fractions de la bourgeoisie, sous prétexte de lutte pour la « démocratie » ou pour l’« anti-impérialisme ».

Les travailleurs ont besoin de soviets,  pour renverser au plus tôt la dictature sanglante, pour empêcher qu’une autre fraction de la bourgeoisie s’empare du pouvoir, pour jeter les bases de la république des conseils des ouvriers, des paysans et des conscrits.

Les travailleurs et la jeunesse ont besoin d’un parti révolutionnaire qui s’oppose aux alliances avec la bourgeoisie, lutte pour le socialisme et aide les masses révolutionnaires à s’armer et à prendre le pouvoir.

 

Pour la révolution permanente

 

Pour arracher les droits démocratiques, pour garantir le respect des minorités nationales et religieuses, l’égalité des droits pour les immigrés, pour obtenir le droit de faire grève et de se syndiquer, le préalable est de chasser Al-Assad, son clan de pillards et le Baas.

Pour y parvenir, les travailleurs des villes et des campagnes doivent s’émanciper de tous les représentants de la bourgeoisie. Il leur faut prendre le contrôle des Comités locaux ou les remplacer, construire leurs syndicats et leur propre parti, un parti ouvrier révolutionnaire en lien avec tous les prolétaires du monde. Les dirigeants du Baas reconvertis en opposants, les Frères musulmans, les salafistes, les capitalistes kurdes sont des ennemis du prolétariat et de la jeunesse.

Les Comités locaux peuvent, en se centralisant et en utilisant les méthodes prolétariennes, la grève, la milice ouvrière et populaire, décider du sort de la lutte. La centralisation des Comités locaux de coordination ouvrirait la perspective d’un pouvoir des ouvriers et des paysans, seul à même de garantir les libertés démocratiques et de répondre aux revendications sociales : assemblée constituante, séparation de la religion et de l’État, remise des terres aux paysans, confiscation des grandes entreprises, droit de séparation des Kurdes, émancipation des femmes…

Si le prolétariat conquiert son indépendance et, avec son parti, prend la tête de tous les exploités et de tous les opprimés, alors la démocratie sera garantie.

La révolution s’approfondira en Syrie en révolution sociale. Elle se renforcera par son extension en Irak, en Turquie, au Liban, en Palestine… et sa reprise dans les pays voisins où la contre-révolution sévit, que ce soit sous le visage sans fard de l’autocratie (Bahreïn, Yémen, Iran) ou sous le masque de la démocratie (Tunisie, Égypte, Libye). Elle ouvrira une voie aux prolétariats du sud de l’Europe qui sont plongés dans l’impasse, au premier chef celui de la Grèce.

 

Grève générale !

Armement des travailleurs et des jeunes!

À bas Al-Assad et le Baas !

Libération de tous les prisonniers politiques !

Libertés démocratiques et ouvrières !

Démantèlement de tous les corps de répression !

Expropriation des patrons du Bass et des groupes impérialistes !

Assemblée constituante !

Mêmes droits pour tous : Kurdes, Palestiniens, Irakiens !

Élection et centralisation des comités en un organe central !

Gouvernement ouvrier et paysan basé sur les comités !

Fédération socialiste du Proche Orient !

 

17 octobre 2011