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Sans déclaration de guerre, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, sous couvert de l’ONU, ont bombardé un pays, ont envoyé leurs mercenaires sur place (les « forces spéciales ») et contribué au lynchage d’un chef d’État. La ville de Syrte a été détruite. De multiples pogromes ont visé les ouvriers noirs.
Les impérialismes français, américain et britannique ont propulsé un gouvernement à eux, autoproclamé, le « Conseil national de transition » (CNT). Il s’agit à la fois d’empêcher la révolution (dans le pays et dans la région) et de s’emparer d’une part plus grande des ressources naturelles (au détriment des autres puissances impérialistes, en particulier l’Allemagne et la Chine).
Membre de l’OPEP, la Libye détient les plus importantes ressources prouvées de pétrole en Afrique (8e au monde), et elle exporte la majorité de son pétrole. Elle est également un producteur majeur de gaz naturel.
Historiquement, le territoire actuel de la Libye fut successivement occupé par l’empire ottoman jusqu’en 1911, par l’Italie jusqu’en 1942, par la Grande-Bretagne. Premier pays d’Afrique à avoir atteint son indépendance en 1951, la Lybie fut unifiée par la monarchie d’Idris Ier. Le roi fut renversé en 1969 par le coup d’État d’une junte militaire. Celle-ci comprenait le colonel Mouammar Kadhafi qui supplanta ses complices et exerça le pouvoir jusqu’à octobre 2011.
Expression locale du nationalisme bourgeois qui prétendait unifier le monde arabe, Kadhafi copiait à ses débuts le colonel égyptien Nasser. Comme lui, Kadhafi faisait vaguement référence au socialisme.
Par « socialisme » Kadhafi entendait nationalisation des banques et des entreprises pétrolières au détriment des puissances impérialistes, alliance avec feue l’URSS, mais aussi régime policier et interdiction des grèves ou des syndicats, autodafés de disques étrangers et de livres marxistes, imposition d’une religion d’État et de la charia en guise de code civil (en 1994), recours massif à l’immigration pour la domesticité et l’industrie. Toutes choses, comme on voit, n’ayant rien à voir avec le socialisme.
Toutes les tentatives d’unifier la Libye et d’autres États arabes échouèrent pitoyablement. Par contre, Kadhafi « arabisa » effectivement, au sein des frontières héritées du colonialisme : expulsion des Juifs et des Italiens (dans le droit fil de la monarchie), persécution des Berbères (comme le régime militaire en Algérie).
Dans les années 1990, le particularisme berbère a été
sévèrement réprimé et de nombreux Berbères ont été emprisonnés plusieurs années
pour avoir professé leur langue. (Patrick Haimzadeh, Au cœur
de la Libye de Kadhafi, Lattès, 2011,
p. 30)
Certes, la rente pétrolière et gazière a permis, comme dans les monarchies du Golfe, une amélioration de la santé (espérance de vie de 75 ans) et de l’éducation (82 % d’alphabétisation). Elles ont aussi servi à un gaspillage en armements et les inégalités sont aussi grandes que dans les monarchies du Golfe.
Cela tient à deux facteurs, la répartition inégale de la manne par l’intermédiaire des tribus (un archaïsme entretenu par le régime et qui a mis en péril l’unité nationale) ; l’accaparement des activités les plus juteuses par le clan au pouvoir (comme en Tunisie).
Depuis 1993… le régime s’est replié autour des clans qui
forment la tribu du colonel Kadhafi. Ces derniers sont présents dans les
Comités révolutionnaires et la Garde révolutionnaire, devenus les véritables
piliers du régime… Ce rétrécissement tribal du régime nourrit les critiques
d’une population exaspérée par les choix incompréhensibles du gouvernement et
par le gâchis des ressources effectué au profit d’une minorité. (Luis Martinez, « Les enjeux de la réorientation
de la politique libyenne », Afrique
du Nord – Moyen Orient 2005-2006)
Plusieurs experts s'accordent à dire que la fortune
personnelle de Mouammar Khadafi s'élèverait à
plusieurs milliards de dollars… Sa'adi, le troisième
fils de Kadhafi, détient une société de production cinématographique. Il joue
un rôle de tout premier plan dans le tourisme. Il est aussi incontournable pour
tout ce qui est des infrastructures libyennes. La fille du dictateur, Aisha, a des intérêts dans Saint James, une clinique privée
à Tripoli. On lui prête des connexions aux secteurs de l'énergie et du BTP.
Patron du Comité olympique libyen, Muhammad, l'aîné, contrôle 40 % de la
société franchisée qui distribue Coca-Cola dans le pays. Via l'autorité
nationale des télécoms qu'il dirige, il a la haute main sur les services gérés
par cette instance. (Les Échos, 24 février 2011)
Une caractéristique partagée par les monarchies voisines et la république libyenne est le recours massif aux travailleurs immigrés. Une grande partie de la classe ouvrière est donc étrangère et considérée comme telle, même quand elle est arabe ou musulmane.
L’État bourgeois, prétendument panarabe puis panafricain, s’en est pris maintes fois aux travailleurs immigrés arabes puis noirs.
En juin 1977, Kadhafi décide d’expulser 225 000
travailleurs égyptiens. (Alexandre Najjar, Anatomie d’un tyran, Mouammar Kadhafi, Actes Sud, 2011, p. 44)
En août 1985, le colonel ordonne l’expulsion de milliers
d’ouvriers tunisiens, en les spoliant de leurs biens et en gelant leurs avoirs.
(p. 46)
En 1995, la Libye expulsa environ 30 000 Palestiniens… (Migration news, juin 1996)
De 2003 à 2005, le gouvernement libyen a expulsé environ
145 000 migrants, essentiellement vers les pays sub-sahariens. (Migration
information source, novembre 2006)
La Libye doit cesser ses pratiques de discrimination raciale
contre les Noirs africains, particulièrement ses persécutions raciales envers
les 2 millions de travailleurs immigrés. (Conseil
des droits de l’homme de l’ONU, 16 février 2010)
Parmi les bénéficiaires des largesses de Kadhafi figurait Haider, le fondateur du FPO-BZO d’Autriche (voir Spiegel, 2 février 2010). Ces partis ont pour cible principale les immigrés turcs et prônent l’interdiction totale de l’immigration en provenance des pays musulmans. L’héritier désigné de Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhafi (Saïf al-Islam signifie « sabre de l'Islam ») assista aux obsèques du fasciste en 2008.
En 1988, l’ONU imposa des sanctions économiques à la Libye en raison d’un soutien « à des organisations terroristes ». Elles furent levées à partir de 2003, alors que Kadhafi commençait à démanteler son programme nucléaire et coopérait avec les États-Unis. Il commença à privatiser des entreprises précédemment nationalisées, à les ouvrir à des capitaux étrangers. C’est alors que les capitalismes américain, italien, allemand, chinois, français, russe se sont positionnés. Bien que le régime restât despotique et que la torture fût courante, Kadhafi était accueilli partout à bras ouverts par les grandes « démocraties », dont la France.
En 2004, Gerhard Schroeder signait un accord pétrolier avec Kadhafi (la Libye est devenue alors le troisième fournisseur en pétrole de l’Allemagne). Siemens, BASF, et d’autres firmes multinationales allemandes sont implantées en Libye. La même année, Tony Blair signait des contrats pétroliers et vendait des armes pour des dizaines de milliards de dollars. En 2007, Nicolas Sarkozy vendait pour 400 millions de dollars de missiles à Kadhafi, qui a récemment déclaré avoir financé sa campagne électorale. De 2004 à 2009, l’Italie a fourni 276,7 millions de dollars d’armes à la Libye, ce qui en fait le principal exportateur devant la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Était signé en 2008 un traité « d’amitié, de partenariat et de coopération ».
En 2008, Condoleeza Rice visitait Kadhafi pour lui vendre des milliards de dollars d’armes. Les relations s’apaisèrent et le Département d’État assura que le gouvernement libyen avait « continué à coopérer avec les États-Unis et la communauté internationale pour lutter contre le terrorisme et son financement… Les représentants du renseignement espèrent accroître leur aide à la Libye en matière de contre-terrorisme durant les exercices financiers de 2010 et 2011 » (Centre international de recherche contre le terrorisme, mai 2011). Il est vrai que la Banque centrale libyenne intervient dans le capital de Halliburton, Xerox, Honeywell, Exxon, Chevron, Pfizer… En 2010, Vladimir Poutine vendait 1,8 milliard de dollars d’armes à Kadhafi.
L’insurrection a démarré le 12 février lorsque, en écho aux révolutions tunisienne et égyptienne naissantes, une émeute spontanée (attaques de postes de police, de tribunaux, de prisons…), principalement des travailleurs, éclata à Benghazi, à l’est du pays, plus hostile au pouvoir de Kadhafi.
Dans les principales villes du pays, les Libyens sont alors descendus dans la rue pour en finir avec Kadhafi. Des comités populaires furent créés localement, dans une optique d’auto-organisation. Le mot d’ordre de départ de Kadhafi était crié le 17 février lors de manifestations où la police tira sur la foule et tua plusieurs personnes. Une partie des policiers et des militaires rejoignit les manifestants. Des dizaines de milliers de personnes scandèrent : « À bas Kadhafi ! À bas le régime ! », mais aussi « Non à l’intervention étrangère ! Le peuple libyen peut se débrouiller seul ! » Le gouvernement riposta en tirant sur la foule, avec les armes fournies par les impérialismes français, britannique et russe, les communications furent coupées.
Le soulèvement en Libye est un prolongement des révolutions qui ont chassé Ben Ali et Moubarak de Tunisie et d’Égypte. Mais en Libye, le prolétariat est majoritairement étranger (2,5 millions d’immigrés pour une population de 6 millions de Libyens), aucune organisation ouvrière de taille significative n’existait et aucune lutte des salariés n’a précédé le soulèvement. Au contraire, la Tunisie et les grèves du bassin minier de Gafsa en 2008 et les grèves massives en Égypte depuis 2004, ont été des préparatifs à l’irruption du prolétariat dans la lutte démocratique.
Faute d’organisations ouvrières, syndicats, partis, soviets, l’espace était largement ouvert à des fractions de la bourgeoisie opposées – de longue date ou tout récemment– à Kadhafi. Elles formèrent ainsi le CNT.
Créé le 27 février, après le déclenchement de la révolution, le Conseil national de transition (CNT) est composé d’anciens adjoints de Kadhafi, de chefs islamistes, de monarchistes, d’agents de la CIA… Il est financé par l’État américain par le biais d’un fonds spécial (LIEM). Son président, Mustafa Abduljalil, était encore ministre de la Justice aux premiers jours du soulèvement. Il s’agit de l’homme qui avait confirmé la peine de mort pour les infirmières bulgares et le médecin palestinien torturés et emprisonnés entre 1999 et 2007 alors qu’il était président de la Cour d’appel de Tripoli. Mahmoud Jibril, président du conseil exécutif du CNT, était de 2007 à 2010, à la tête du Bureau de développement économique national. Abdelhakim Belhadj, qui a dirigé la prise de Tripoli, est un ancien émir du Groupe islamique des combattants libyens, proche d’Al-Qaeda. Ali Abdelaziz al-Essaoui, chargé des Affaires étrangères, fut ministre de l’Économie entre 2007 et 2009, artisan des privatisations…
Avec de tels individus, la xénophobie avait libre cours.
Une conséquence de ce racisme fut des arrestations en masse
de Noirs et d’horribles assassinats – parmi les diverses atrocités desquelles
les rebelles sont accusés par les organisations de droits de l’homme. (The Guardian,
30 août 2011)
Le CNT a rédigé un projet de charte nationale dont le premier article énonce que « la religion de la Libye est l’islam et les principes de la charia islamique sont la source de ses lois ». Religion et capital font bon ménage, puisque le principal rédacteur de ce projet, Mohammed Busidra, assurait qu’il « restait favorable à l’Occident, ses gouvernements et ses compagnies pétrolières » (Globe and Mail, 5 août). Le premier contrat du nouveau gouvernement pour l’exportation du pétrole libyen fut signé avec Tesoro, une compagnie américaine (1,2 millions de barils), en réponse de quoi le Département d’État annonce « le soutien américain pour des ventes ultérieures de pétrole par le CNT » (Il Manifesto, 10 juin).
La prise de direction par le CNT et sa vassalisation par l’OTAN ont ranimé un légitime sentiment national. Le 1e juillet, un million de manifestants sr sont rassemblés à Tripoli pour protester contre l’intervention étrangère.
Dès la semaine qui a suivi le soulèvement, les impérialismes envisageaient d’intervenir (des services secrets, notamment britanniques, américains et français, étaient sur place ; voir Sunday Mirror, 20 mars ; International Herald Tribune, 31 mars) alors que Kadhafi était en difficulté. Le 28 février, 80 % du pétrole lui échappait.
Le 10 mars, Sarkozy, qui s’était obstiné à soutenir Ben Ali en Tunisie, fut le premier à reconnaître le CNT comme solution de rechange contre l’incapacité de Kadhafi à stabiliser la Libye. Il fut immédiatement suivi de Cameron, le Premier ministre anglais.
Le 10 mars, l’ONU votait l’établissement d’une « zone d’exclusion aérienne » (résolution 1973) qui correspond, comme en Serbie voici un peu plus de dix ans, à un permis de faire la guerre.
L’Allemagne, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie se sont abstenus. Les impérialismes chinois et russe avaient plus à perdre qu’à gagner au changement de régime (« ils n’ont pas soutenu l’imposition de fortes sanctions au régime de Kadhafi… ils ont d’importantes compagnies pétrolières qui cherchent des marchés en Afrique », New York Times, 22 août), sans parler du mauvais exemple que donne tout soulèvement contre un despotisme. Le calcul allemand fut dévoilé plus tard par Kadhafi : «Les Allemands ont pris une très bonne position envers nous, très différente de celle adoptée par d’autres pays occidentaux. J’imagine qu’à l’avenir, nous pourrions collaborer avec des entreprises allemandes » (Il Giornale, 15 mars). Merkel fut critiquée alors pour « la plus grave erreur commise par ce gouvernement en politique étrangère » (Süddeutsche Zeitung, 27 août). Elle décida donc, en juin, d’intervenir.
On peut à présent concevoir qui va gagner, et ce n’est pas Kadhafi… Les compagnies occidentales se positionnent… D’ici cinq ans, la production en Libye sera supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui et les investissements vont affluer… (Washington Post, 11 juin 2011)
Comme la constitution de la 5e République bourgeoise l’y autorise, le président Sarkozy a engagé la France dans cette guerre.
La guerre en Libye est un test majeur pour les organisations d’origine ouvrière. La plupart d’entre elles soutient l’intervention impérialiste, tandis que d’autres défendent le régime de Kadhafi.
Dans un communiqué du 19 mars, le PS « se félicite de la détermination de la communauté internationale… pour mettre en œuvre la résolution 1973, enfin adoptée par l’ONU pour protéger le peuple libyen ». Le candidat Hollande se disait fier d’avoir « approuvé l’intervention dans le cadre de l’ONU qui a favorisé l’opposition libyenne » (Le Monde, 20 octobre).
Le PCF assure « son plein soutien aux forces qui agissent pour la démocratie en Libye, avec le Conseil national de transition » (Communiqué, 18 mars). Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche, a voté en faveur d’une résolution du Parlement européen défendant l’intervention militaire en Libye. Il l’a votée « en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire », il est « partisan d’un ordre international garanti par l’ONU » et pense que « la politique menée [par Sarkozy sur la Libye] est conforme à l’intérêt de la France » (Libération, 21 mars).
Un appel du « Collectif de solidarité avec le peuple libyen » a été signé le 26 mars par le PCF, le PG, le NPA. Il ne se prononce pas contre l’intervention, ni pour l’arrêt des bombardements ; au contraire il propose la « reconnaissance du Conseil national de transition intérimaire, seul représentant légitime du peuple libyen ».
Le NPA soutient une fois de plus l’ONU :
Nous ne pouvions pas… nous opposer à la zone d’exclusion aérienne et au bombardement initial des blindés de Kadhafi, mesures réclamées avec insistance par le soulèvement. (Tout est à nous, 22 avril 2011)
L’agression a visé des zones très peuplées, elle a détruit
des installations militaires, mais aussi des cibles « stratégiques »
(administrations civiles, usines) ou « psychologiques »
(assassinat des familles des dirigeants, en réalité destruction de maisons
individuelles). Ont été aussi bombardés des écoles, des universités, des
hôpitaux… Plus de 50 000 bombes ont été larguées sur la Libye. Le CNT
lui-même estime à 50 000 le nombre de personnes tuées par les bombes de
l’OTAN (c’est-à-dire beaucoup plus). Début septembre, Syrte (75 000
habitants) est bombardée par l’OTAN. Six semaines plus tard la ville est
dévastée. Rien n’a été épargné, toute la ville ressemble à un champ de ruines.
Elle a fait l’objet de bombardements, mais également de pillages par le CNT.
Abduljalil, le président du CNT, remerciait les impérialismes qui étaient intervenus militairement :« Sans le soutien militaire de l’OTAN, les rebelles ne seraient jamais parvenus là où ils sont aujourd’hui » (AFP, 29 août) – et les assurait de sa coopération : « Nous allons honorer les anciens contrats, et nos amis auront un rôle initiateur conformément à leurs efforts dans le soutien de la Libye » (cité dans Info-Palestine, 26 septembre).
Fin août, le CNT annonça clairement que les pays l’ayant aidé à prendre le pouvoir sont ceux qui auraient le plus d’opportunités dans l’industrie pétrolière après le départ de Kadhafi. C’est ainsi qu’une conférence intitulée (sans rire) conférence des « amis de la Libye » fut organisée à Paris le 1e septembre (date anniversaire de la révolution de 1969) par Sarkozy et Cameron. Elle réunit 31 chefs d’État, c’est-à-dire non seulement les impérialismes ayant agressé la Libye mais également l’Allemagne, la Chine, le Brésil, la Russie et l’Inde qui se sont abstenus lors du vote de la guerre à l’ONU, ainsi que la Ligue arabe et le CNT. Il fut alors dévoilé que la France aurait conclu le 3 avril, au début des bombardements, un accord avec le CNT lui assurant 35 % du pétrole en échange d’un soutien total et permanent du gouvernement français (Libération, 1e septembre). Bien que niant l’existence de cette lettre, Alain Juppé estime que « l’opération… est aussi un investissement sur l’avenir » (Le Parisien, 26 août).
Les communistes n’ont jamais eu d’illusions dans le nationalisme bourgeois panarabe. Ils n’en ont pas plus dans la variante panislamiste du nationalisme bourgeois.
La classe ouvrière doit conquérir son indépendance politique vis à vis de ses exploiteurs, donc bâtir son propre parti, pour se défendre et ouvrir une alternative au cléricalisme, au despotisme, à la mainmise impérialiste.
Libertés
démocratiques sans restriction ! Égalité totale entre hommes et femmes!
Séparation de la religion et de l’État ! Droit de se réunir, s’organiser,
de manifester, de faire grève ! Droit de former ses syndicats et ses
partis !
Pour
l’organisation des travailleurs salariés en une centrale syndicale ouvrière
indépendante de l’État ! Pour la construction du Parti ouvrier
révolutionnaire !
Nationalisation
sans indemnité de toutes les installations pétrolières ! Confiscation de
tous les biens du clan Kadhafi sous contrôle ouvrier !
Bas
les pattes devant les ouvriers noirs ! Ouverture des frontières !
Dehors les services secrets des pays impérialistes ! Aucune installation
de base militaire étrangère !
À bas le gouvernement
autoproclamé des islamistes et des ex-kadhafistes !
Gouvernement ouvrier et paysan ! Fédération socialiste d’Afrique du nord
et du Proche-Orient !
1er novembre 2011