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Le capitalisme français aux abois

 

Les travailleurs n’ont pas à faire les frais de la crise : front unique ouvrier contre l’austérité !

 

La précarisation aggravée de la classe ouvrière

 

Dans le capitalisme, ce ne sont pas les moyens de production qui sont au service du travailleur, mais le travailleur qui est au service des moyens de production. (Marx, Le Capital, 1867, livre I, ch. 25)

L’emploi a subi les conséquences de la chute de la production : -35 000 postes en 2008, -320 000 postes en 2009, +180 000 en 2010, +135 000 prévus en 2011. Comme la population active a augmenté : +52 000 personnes en 2008, +202 000 en 2009, +87 000 en 2011, le chômage s’est accru considérablement  lors de la récession : +87 000 personnes en 2008 (taux de chômage : 7,7 % de la population active de la métropole en fin d’année), +522 000 personnes en 2009 (9,5 %).

La durée du chômage s’allongeant, le nombre de chômeurs de longue durée croît. La plupart perdent les indemnités du régime de l’assurance chômage.

453 jours, telle était la durée moyenne en juillet 2011 avant de retrouver un emploi en France métropolitaine, 63 jours de plus que deux ans auparavant. Et 38,1 % des demandeurs d’emploi cherchaient un emploi depuis plus d’un an, soit 1 572 000 personnes (1 703 000 avec les Dom). Par ailleurs, 1,07 million de chômeurs ont perdu leurs droits à l’assurance chômage entre juin 2010 et mai 2011. (Alternatives économiques, 4e trimestre 2011)

Certes, le chômage a temporairement baissé avec la reprise (-93 000 chômeurs en 2010, quand même 9,2 % de la population active), mais la plupart des emplois créés sont précaires (intérimaires + CDD + « emplois aidés »).

Avec la reprise de la croissance, l’amélioration de la situation du marché du travail entamée fin 2009 s’est poursuivie tout au long de l’année 2010. L’emploi s’est accru de près de 200 000 postes en un an. La moitié des créations nettes d’emploi de 2010 a reposé sur le dynamisme de l’intérim… le nombre de salariés en emploi aidé est resté stable. La proportion d’emplois sous contrat temporaire et le «sous-emploi» ont continué de s’accroître. (DARES analyses, 31 août 2011)

Le capitalisme français exclut de la production 3,4 millions de travailleurs.

En moyenne, sur le deuxième trimestre 2011, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 9,6 % de la population active en France (y compris Dom). Pour la France métropolitaine, le taux de chômage s’établit à 9,1 %, soit 2,6 millions de personnes… Plus généralement en France métropolitaine, 3,3 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaitent travailler… (INSEE, Informations rapides, 1 septembre 2011).

Une partie de la population est paupérisée.

Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 954 euros mensuels en 2009. 13,5 % des personnes vivent en dessous de ce seuil, soit 8,2 millions de personnes. Le taux de pauvreté s’accroît de 0,5 point entre 2008 et 2009. (INSEE première, août 2011)

Le nombre de dossiers de surendettement déposés au cours des douze derniers mois, de septembre 2010 à août 2011, s'élève ainsi à 229 964, soit une augmentation de 5,47% par rapport aux dépôts enregistrés lors des douze mois précédents, de septembre 2009 à août 2010 (Banque de France, Statistiques mensuelles de surendettement, août 2011)

Le chômage pèse directement sur les travailleurs qui en sont les victimes, mais aussi sur ceux qui conservent leur emploi et qui sont contraints de travailler plus intensément ou de gagner moins.

Le progrès industriel, qui suit la marche de l'accumulation, non seulement réduit de plus en plus le nombre des ouvriers nécessaires pour mettre en œuvre une masse croissante de moyens de production, il augmente en même temps la quantité de travail que l'ouvrier individuel doit fournir… (Marx, Le Capital, 1867, livre I, ch. 25)

L’emploi dans l’industrie a été particulièrement touché durant la crise. De début 2007 à la moitié de 2011, 335 000 emplois ont été détruits.

 

L’affaissement de la base nationale de l’impérialisme français

 

La crise n’a pas touché de la même manière tous les pays capitalistes. Parmi les vieux pays impérialistes, l’Allemagne sort son épingle du jeu, tandis que, parmi les capitalismes dits émergents, la Chine et l’Inde n’ont connu qu’un simple ralentissement de leur croissance en 2009.

Par contre, le déclin économique de la France se confirme.

Entre 1977 et 2010, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée totale a diminué de 3,7 points, représentant 13,9 % du PIB en 2010. Dans le même temps, l’industrie a détruit plus de 2,2 millions d’emplois, réduisant les effectifs de 40 %. (OFCE, L’Économie française 2012, La Découverte, 2011, p. 64)

En 1990, la France réalisait plus de 6 % des exportations mondiales. En 2009, sa part de marché est tombée à moins de 4 %. Le solde commercial français, largement excédentaire dans les années 1990, s’est ensuite effrité de manière continue ; en 2009, la France affichait un déficit de 1,7 % du PIB. Et encore, ce résultat bénéficiait-il de la bonne tenue des exportations de services ; limité aux échanges de biens, le déficit commercial français n’atteignant pas moins de 2,3% du PIB. (CEPII, L’Économie mondiale 2012, La Découverte, 2011, p. 104)

Même si le capital français a une dimension mondiale significative par ses groupes transnationaux, la bourgeoisie française et tous ses représentants politiques, qu’ils gèrent présentement ses affaires collectives ou qu’ils aspirent à le faire, sont angoissés par l’affaissement national.

FO prodigue des conseils au gouvernement pour conserver l’activité des groupes capitalistes français sur le territoire et y attirer les groupes étrangers.

Une réelle politique industrielle implique une réflexion et des objectifs à long terme, c’est-à-dire sur une durée qui n’est pas celle, à court terme, du marché… La France conserve une bonne image vis-à-vis des investisseurs extérieurs, en particulier par rapport à la qualification de la main-d’œuvre et à la qualité de ses infrastructures, historiquement liée à l’intervention publique… (Mailly, FO Hebdo, 25 février 2004)

La direction de la CGT est allée jusqu’à proposer au gouvernement de défendre ensemble la France et son industrie. Sarkozy a saisi la main qui était tendue par Thibault.

Les syndicats m'ont proposé d'organiser des états généraux de l'industrie. J'ai annoncé leur lancement au mois de septembre parce qu'il était devenu urgent en vérité de reprendre à zéro la réflexion sur la situation de l'industrie dans notre pays. (Sarkozy, Discours de clôture des États généraux de l’industrie, 4 mars 2010)

Mais assurer la compétitivité du territoire français amène fatalement à demander des efforts aux travailleurs et à multiplier les exemptions et subventions aux capitalistes. Le Medef s’engouffre dans la brèche.

Les prélèvements obligatoires représentent 26,4 % de la valeur ajoutée des entreprises françaises. Conclusion : les entreprises françaises ne se battent pas «à armes égales» avec leurs rivales. Laurence Parisot juge donc urgent de revenir à une «compétitivité équitable» - son leitmotiv depuis un an. (Le Figaro, 8 février 2011)

Et, comme les dépenses sociales sont un handicap pour le capitalisme français, les représentants de la CGT, de FO, de la CFDT, de l’UNSA siègent –moyennant rétribution– au Conseil d’orientation des retraites (COR) qui prépare toutes les attaques contre les retraites.

 

La tentation grandissante du protectionnisme

 

L’échec du référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne témoignait des divisions de la bourgeoisie face au déclin du capitalisme français et à la prédominance du capitalisme allemand. Les partis gouvernementaux (UMP, PS) étaient favorables au Oui, ainsi que les Verts, le Modem, le PRG. Mais ils se sont tous deux divisés, une minorité du PS et une minorité de l’UMP se positionnant comme le FN, le PCF, la LCR et LO, pour le Non.

Depuis, le débat fait rage dans le personnel politique de la 5e République et parmi les économistes, entre ceux qui préconisent le maintien du bloc avec l’Allemagne (la majorité) et ceux qui préconisent de le rompre pour une alliance avec la Chine (la minorité), entre ceux qui veulent jouer le protectionnisme à l’échelle de l’UE (la majorité) et ceux qui veulent l’établir aux frontières de la France (une minorité), ceux qui veulent sauver l’euro (la majorité) et ceux qui veulent revenir au franc (une minorité).

Sarkozy, affolé, s’arcboute sur les activités pour lesquelles le capitalisme français bénéficie traditionnellement d’atouts, bien que certains paraissent menacés par le tarissement probable des subventions de l’UE (agriculture), par la concurrence de nouveaux pays producteurs (TGV, automobile), par des nouvelles techniques (substitution d’autres formes d’électricité au détriment de l’industrie nucléaire).

Par conséquent, Sarkozy a jeté par dessus bord son « Grenelle environnement » et, au passage, l’ancien « ministre de l’Écologie », devenu aussi encombrant que la « secrétaire aux Droits de l’homme ».

J'en ai parfois un peu assez d'entendre que l'on reproche à l'industrie, qu'elle pollue, ce n'est pas beau, bien sûr, mais sans industrie il n'y a plus de croissance. (Sarkozy, Discours de Toulouse, 13 janvier 2011)

L’argument écologique ne sert plus à Sarkozy qu’à réclamer à ses partenaires de l’UE d’édifier des barrières protectionnistes contre les importations en provenance des pays émergents, en particulier de la Chine.

Je me suis toujours battu pour la protection de notre industrie, la réciprocité et la fin de la naïveté dans les discussions commerciales avec nos principaux partenaires. (Sarkozy, Voeux télévisés, 31 décembre  2010)

La Chine n’est cependant pas le pays avec lequel la France échange le plus, loin de là, mais c’est celui avec lequel elle affiche le plus fort déficit (26 milliards d’euros en 2010). L’impérialisme chinois ne se contente pas d’exporter des biens, il en importe, au vif contentement de la bourgeoisie allemande. Et, comme tout impérialisme, il exporte du capital, à la satisfaction de l’État dominé grec, sous forme d’investissements financiers (IDE qui lui procurent en retour le contrôle d’entreprises situées en Europe).

La Grèce et la Chine devaient signer lundi soir un nouvel accord de coopération économique et commerciale, à l'occasion de la visite de plusieurs hauts responsables chinois, assorti de commandes chinoises de quelque 550 millions d'euros, a indiqué le ministre du Développement grec… Parallèlement des discussions en vue d'investissements ont eu lieu dans les secteurs des télécommunications, services bancaires, automobile, équipements ferroviaires, immobilier, brasserie, électronique, textile et verre… « Il y a des perspectives majeures de développement en matière de coopération gréco-chinoise », a dit le ministre grec après avoir rencontré son homologue au port du Pirée, où le groupe chinois Cosco est déjà implanté. (Les Échos, 24 octobre 2011)

 

En contrepartie du militarisme et du sauvetage du capitalisme, une dette démesurée

 

Face à la crise du capitalisme, Sarkozy et Lagarde (alors ministre de l’Économie) volent au secours des banques et des groupes de l’automobile, en recourant au colbertisme et au keynésianisme effrénés.

Avec la crise financière, l’État revient en force dans le capital des sociétés, principalement pour éviter l’insolvabilité du système bancaire, mais aussi pour sauver les entreprises en difficulté des secteurs dits « stratégiques ». La société des prises de participation de l’État, créée en octobre 2008, a lancé un plan de recapitalisation de près de 21 milliards pour les banques françaises… et injecté 1 milliard dans le sauvetage de Dexia. De plus, un fonds stratégique d’investissement doté de 20 milliards d’euros a été créé pour répondre aux besoins en fonds propres d’entreprises porteuses de croissance… (OFCE, L’Économie française 2012, La Découverte, 2011, p. 66)

Le sauvetage des banques françaises par l’État français, des banques allemandes par l’État allemand, des banques britanniques par l’État britannique… étaient déjà des entorses au libre-échange en général et aux règles de la concurrence de l’Union européenne en particulier. La Commission européenne les a pourtant autorisées.

De façon permanente, l’État entretient des services secrets et une armée de mercenaires (plus de 250 000), il achète à l’industrie d’armements des moyens de destruction massive (dont des armes nucléaires). Pour ce qu’il baptise « la défense » confiée à l’ancien fasciste Longuet, il dépense officiellement 2,2 % du PIB, soit 40 milliards d'euros prévus en 2012 (dont 9 milliards d’euros pour les retraites des militaires : un officier a une pension de retraite complète après 27 ans de service). S’ajoutent aux prévisions les dépenses exceptionnelles comme celles occasionnées par la guerre à la Libye.

La France est déjà engagée dans une vingtaine d'opérations extérieures, au Kosovo, au Liban, ou encore en Côte d'Ivoire. Elle participe également à la Force internationale d'assistance et de sécurité en Afghanistan. À l'été 2010, environ 8 700 militaires étaient engagés dans ces opérations extérieures, "OpEx". Pour la seule année 2010, cet engagement a coûté 866 millions d'euros (contre 570 budgétés). Et 630 millions d'euros ont été budgétés pour les OpEx en 2011. Un budget qui a des chances d'être encore dépassé cette année. (L’Expansion, 23 mars 2011)

Comme l’État n’a pas l’argent qu’il confie généreusement aux patrons des banques ou qu’il dépense pour bombarder Tripoli et Syrte, il l’emprunte.

En France, le solde public a chuté de plus de 4,4 points de PIB entre 2007 et 2010 et la dette publique s’est alourdie de 18 points de PIB en l’espace de trois ans. (OFCE, L’Économie française 2012, La Découverte, 2011, p. 85)

Bref, Sarkozy a pulvérisé la « règle d’or » de l’UE (3 % de PIB pour le déficit, 60 % de PIB pour la dette), menaçant ainsi l’appréciation de la « dette souveraine » de l’État français par les agences de notation.

À la fin du deuxième trimestre 2011, la dette publique s’établit à 1 692,7 milliards d’euros, soit 86,2 % du PIB. (INSEE, Informations rapides, 30 septembre 2011)

L’accroissement d’une dette, qu’elle soit privée ou publique, finit, agences de notation ou pas, par entraîner la méfiance des créanciers donc l’augmentation du taux d’intérêt qu’ils exigent pour prêter.

 

Le fardeau de la dette retombe sur la classe ouvrière et la petite-bourgeoisie

 

En fait, la classe dominante prête à l’État, contre intérêts, ce que l’État bourgeois dépense avant tout pour garantir l’exploitation des travailleurs par les capitalistes, un argent qu’elle refuse de lui verser en tant que contribuable. D’abord, les capitalistes fraudent d’autant plus facilement qu’ils jouent sur différents pays et qu’ils recourent aux « paradis fiscaux » que les G20 dénoncent devant les caméras, mais qu’ils ménagent en pratique (comme Monaco, pour la France). Ensuite, ils utilisent en toute légalité des « niches fiscales » qui ont été conçues surtout pour eux. Enfin, ils ont été les principaux bénéficiaires des baisses des impôts depuis 25 ans (dont celles du gouvernement PS-PCF- PRG-Verts de Jospin).

Toutes les entreprises fraudent, mais, d’après le Conseil des prélèvements obligatoires, les PME sont contraintes de verser à peu près 30 % de leurs bénéfices déclarés, les grandes entreprises 13 % en moyenne, celles du CAC40 8 % en moyenne.

De même, les 50 000 personnes les plus riches versent aux « administrations publiques » sous forme de prélèvements obligatoires (impôts directs+ impôts indirects type TVA + cotisations sociales) une part moins importante de leur revenu que les pauvres (sans tenir compte de la fraude sur les revenus).

Si l’on classe les Français en fonction de leur revenu total avant impôt (travail et capital), on obtient les résultats suivants :

Les 50 % des Français les plus modestes, gagnant entre 1 000 euros et 2 200 euros de revenu brut par mois font actuellement face à des taux effectifs d’imposition s’étageant de 41 % à 48 %, avec une moyenne de 45 %.

Les 40 % suivants dans la pyramide des revenus, gagnant entre 2 300 euros et 5 100 euros par mois sont tous taxés à des taux de l’ordre de 48 % à 50 %.

Puis, à l’intérieur des 5 % des revenus les plus élevés (gagnant plus de 6 900 euros) et surtout des 1 % les plus riches (gagnant plus de 14 000 euros), les taux effectifs d’imposition se mettent très nettement à décliner et ne dépassent guère les 35 % pour les 0,1 % des Français les plus aisés. (Landais, Piketty, Saez, Pour une révolution fiscale, Seuil, 2011, p. 48-49)

Le budget 2012, côté recettes, ne bouleverse pas l’inégalité fiscale. À côté d’une taxe exceptionnelle de 3 % sur les plus hauts revenus (tels qu’ils sont déclarés, donc très sous-estimés), l’État va taxer les mutuelles de santé et les sodas et envisage une augmentation de la TVA, trois impôts qui frapperont surtout les travailleurs.

Côté dépenses, la charge de la dette devient officiellement le premier poste de dépenses de l’État avec 48,8 milliards d’euros. Les dotations aux collectivités territoriales sont gelées. Le pouvoir politique prévoit, une nouvelle fois, de supprimer 150 000 postes de fonctionnaires. À peine le budget sera-t-il voté que d’autres mesures d’austérité seront prises.

 

Le prolétariat ne peut pas attendre pour se défendre et ouvrir une perspective à la société

 

Un tel budget aurait mérité un soulèvement de la population. Il n’en a rien été.

Le PCF et le PS n’envisagent pas d’annuler la dette, ni d’exproprier les banques. Le PS espère gérer loyalement le capitalisme bientôt, le PCF s’y associerait volontiers contre un poste de ministre ou deux.

Au lieu du recours aux marchés financiers pour rembourser les banques, nous proposons que la BCE les refinance pour un autre crédit favorisant l'emploi et qu'elle finance directement les dettes d'État pour développer les services publics. (PCF, Résolution finale du 35e congrès, juin 2010)

Il est urgent de procéder à la réduction des déficits et de la dette rendue possible par le soutien à l’activité et non par le choix de l’austérité… La BCE sera autorisée à financer la dette souveraine des États membres de la zone euro pour leur permettre de s’affranchir de la pression exercée par les marchés financiers… (PS, Projet socialiste, mai 2011)

Les dirigeants syndicaux ont appelé à une « journée d’action » le 11 octobre, sans exiger le retrait du projet de budget d’austérité, sans s’en prendre au gouvernement ni au président, mais pour améliorer la politique de l’UMP et de Sarkozy.

Les organisations syndicales estiment indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement, le patronat, les débats parlementaires en cours et à venir… (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, Communiqué, 1 septembre 2011)

Les chefs syndicaux ne s ‘appuient pas sur la grève de Mayotte qu’il laissent isolée. Ils ont reçu l’appui du PG, du PS, de LO, du PCF, du NPA et de LO.

Une première journée de grèves et de manifestations, où tous les travailleurs, du public comme du privé, seraient appelés à joindre leur protestation, serait bien la moindre des choses après des mois d'attaques incessantes. Tout en étant conscient qu'une seule journée est loin de suffire, cela permettrait de se compter. Et ce pourrait être une première étape vers une véritable mobilisation. (Lutte ouvrière, 2 septembre 2011)

Le 11 octobre n’a pas été une « première étape vers une véritable mobilisation » et ne pouvait pas l’être. Les agents de la bourgeoisie dans la classe ouvrière ont volontairement dénié tout caractère national et unitaire, imposé des débrayages séparés. Ils n’ont fixé aucun objectif à atteindre, démobilisant ainsi la classe ouvrière, laissant les mains libres au « capitaliste collectif » qu’est l’État bourgeois.

Partis ouvriers bourgeois et bureaucraties syndicales respectent le calendrier électoral et entretiennent la duperie que les urnes amélioreront en mai 2012 le sort des travailleurs. Pendant ce temps, Sarkozy, malgré son discrédit, continue à présider au compte de la classe capitaliste, l’armée à intervenir dans d’autres pays, la police à chasser les travailleurs immigrés, les capitalistes à intensifier le travail et à licencier.

Sur les lieux de travail, dans les quartiers, au sein des syndicats, regroupons-nous pour en finir avec le capitalisme, fauteur de crises, de guerres et de misère :

·      Retrait du projet de budget 2012 ! Annulation de la dette publique de tous les États européens! Expropriation des banques et des autres sociétés financières !

·      Arrêt des suppressions de postes et des licenciements ! Diminution du temps de travail sans baisse de salaire ! Contrôle des travailleurs sur l’embauche et la production !

·      Soins de santé de qualité et gratuits ! Logement de qualité à bon marché pour tous ! Annulation de toutes les attaques contre les retraites !

·      Rupture avec tous les capitalistes, leur gouvernement et leur État ! Gouvernement ouvrier ! Plan d’urgence, sous contrôle des travailleurs, pour produire ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins de la population laborieuse !

·      Fin des interventions impérialistes ! Mêmes droits pour tous les travailleurs ! Suppression des frontières en Europe ! États-Unis socialistes d’Europe !

 

25 octobre 2011