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À la veille d’une nouvelle récession internationale ?

 

La reprise économique est devenue beaucoup plus incertaine. L’économie mondiale souffre de la confluence de deux courants d’évolution défavorables. Premièrement, une reprise beaucoup plus lente dans les pays avancés depuis le début de l’année… Deuxièmement, une forte augmentation de l’incertitude budgétaire et financière, particulièrement prononcée depuis le mois d’août. Chacun de ces courants est préoccupant en soi, mais leur conjonction et leur interaction le sont plus encore. (FMI, Perspectives de l’économie mondiale, septembre 2011)

Après la crise financière de 2007-2008 et la crise économique de 2008-2009 (une baisse du PIB mondial de-0,7 % en 2009), la croissance économique semblait repartie dans les pays avancés et avait retrouvé, après un ralentissement, un niveau élevé dans les « pays émergents » (Chine : +8,8 % en 2011, Inde : +7,3 %, Turquie : +5,3 %). Par conséquent, les échanges internationaux de biens et de services avaient repris, dépassant même le niveau d’avant la crise (-12 % en 2009,  +14 % en 2010), les investissements directs à l’étranger avaient également repris.

Certes, les licenciements et la montée du chômage avaient permis d’augmenter le taux d’exploitation en Amérique du nord et en Europe, mais la destruction de capital a été insuffisante. Les politiques de stimulation artificielle du capitalisme de type keynésien (« relance « par le déficit public et la baisse des taux d’intérêt) employées à grande échelle (y compris en Chine) ont bien différé la dépression. Cependant, les remèdes employés par la bourgeoisie sont devenues les causes de la phase suivante de la crise, celle de la dette publique, sans assurer une croissance économique suffisante pour y faire face.

D’une part, chaque État bourgeois a sauvé ses banques ; en outre, de nombreux États ont augmenté leurs dépenses militaires. Par conséquent, les déficits budgétaires se sont creusés et les dettes publiques ont explosé (Grèce, Irlande, Japon, États-Unis, Portugal, Chine, Italie...). D’autre part, les banques centrales ont aidé les banques en menant une politique monétaire « permissive » par la baisse du « taux directeur » (celui de leurs prêts aux banques). Puis elles ont aidé les banques et les gouvernements en menant une politique « non conventionnelle » (rachat aux banques des titres privés douteux et des titres publics). Les banques centrales ont ainsi contribué à la dépréciation des monnaies et donné des munitions à la spéculation des groupes financiers (et aussi du négoce et de l’industrie) sur les « produits financiers dérivés » dont les « sous-jacents » sont les matières premières (ETC) ou les créances (CDS).

Désormais, le recours massif au crédit montre ses limites. Le taux de profit reste insuffisant pour relancer l’accumulation du capital partout. En effet, la croissance mondiale ralentit (de +5 % en 2010 à +4 % en 2011). D’ailleurs, l’OIT envisage un regain du chômage mondial qui touche déjà 200 millions de travailleurs (Rapport sur le travail dans le monde, octobre 2011). Depuis le 18 juillet, les bourses mondiales sont sous tension. L’économie du Japon est déjà en récession (-0,5 %). La reprise s’essouffle aux États-Unis (+1,5 % en 2011) et dans la zone euro à 17 pays (+1,6 % en 2011). Les plans d’austérité vont peser sur les débouchés en Europe.

L’euro, faute de reposer sur un État fédéral, est lui-même en danger et l’Union européenne expose sa faiblesse au grand jour. D’un côté, les bourgeoisies européennes sont poussées depuis la Seconde guerre mondiale à coopérer (CECA, CEE, PAC, UE, adoption de l’euro) ; d’un autre côté, elles sont incapables de fusionner et d’unifier le continent. En outre, l’Allemagne se renforce sans cesse au détriment de la France (et de la Grande-Bretagne). Le FMI et l’Union européenne éprouvent la plus grande difficulté à sauver l’État grec de la banqueroute, tout en humiliant son peuple. Sous leurs exigences conjointes, l’économie de la Grèce s’enfonce dans la dépression (évolution du PIB : -4,4 % en 2010, -5 % en 2011). Cependant, les confédérations syndicales (GSEE, ADEDY, PAME) et les deux partis réformistes (Parti « communiste » grec KKE, Coalition de la gauche « radicale » Syriza) refusent de créer des soviets, de chasser le gouvernement bourgeois du Parti « socialiste » panhellénique (PASOK) et de postuler au pouvoir. Tous tentent de dissiper la combativité dans des « journées d’action » à répétition, et de détourner la colère dans l’impasse du chauvinisme (qui crée le terrain au fascisme). En outre, les anarchistes et les néostaliniens du KKE et du PAME divisent de façon forcenée les rangs des travailleurs et des jeunes.

Les difficultés de l’UE, la crise économique récurrente, le regain du protectionnisme, la multiplication des interventions impérialistes et des conflits ethniques, le réchauffement climatique et la spéculation financière, la montée de la xénophobie et du cléricalisme sont autant de signes que le capitalisme a fait son temps et qu’il menace d’entraîner l’humanité dans la barbarie. Pour autant, la classe dominante de ce mode de production, la bourgeoisie, ne quittera pas la scène de son plein gré. Seule la classe ouvrière a les capacités de la chasser par la révolution.

Pour cela, il lui faut un programme, une stratégie, un parti. Sans cela, les bureaucraties réformistes canalisent la classe ouvrière dans la cogestion et la démocratie bourgeoise, la petite-bourgeoisie apolitique et pacifiste désoriente les « indignés », les déclassés donnent le ton aux émeutes des quartiers pauvres, les bourgeois islamistes mènent des contre-révolutions… Un programme marxiste, une internationale communiste, des partis de type bolchevik, sont nécessaires pour que le prolétariat prenne le pouvoir. La victoire de la révolution socialiste mondiale permettra de socialiser les moyens de production, de planifier démocratiquement la production et la répartition, de supprimer les frontières dépassées.

 

25 octobre 2011