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Les deux périodes du renégat Chesnais
et la décadence du trotskysme en France

 

La construction d’un parti mondial (et de ses sections nationales) nécessite la transmission de l’expérience révolutionnaire des anciennes générations aux nouvelles. Hélas, comme tant d’autres, notre ancien camarade François Chesnais s’en est révélé incapable.

 

La révolution

 

Durant la plus grande partie de sa vie adulte, François Chesnais est militant de l’Organisation communiste internationaliste (Comité international de la 4e Internationale), qui deviendra en 1981 le Parti communiste internationaliste, tout en travaillant comme économiste à l’OCDE. Il est membre du comité central de l’OCI et écrit sous le nom de « Etienne Laurent »dans sa revue La Vérité.

L’opportuniste de toujours « Lambert » (Boussel), qui dirige l’OCI-PCI, l’aligne sur la bureaucratie syndicale de FO et de la FEN, ainsi que sur la sociale-démocratie européenne, au nom du « front unique » érigé en stratégie. En 1984, Lambert, Cambadélis et Gluckstein entreprennent de liquider le PCI pour créer un « parti large », républicain et patriote, le MPPT (renommé PT puis POI). Tout à son honneur, François Chesnais est de ceux qui s’y opposent. Il est rapidement exclu en 1984 avec Stéphane Just et une poignée de militants. Quelques dizaines seulement défendent le léninisme et le trotskysme, l’internationalisme et la révolution. Par contre, nombreux sont les cadres du PCI qui, réalisant que la place du réformisme est occupée par le PCF et le PS, préfèrent rejoindre directement le PS et des perspectives de carrière plus prometteuses (dont Jospin, Cambadélis, Mélenchon, Grosset…). Ils vont y retrouver de nombreux ambitieux de la LC-LCR, constituée en 1969 par le courant qui a détruit la 4e Internationale en 1951-1953 (dont Dray, Weber, Moscovici, Bel…).

Après avoir participé à la construction d’une organisation qui s’affichait communiste et internationaliste de plusieurs centaines, puis de plusieurs milliers de militants, après avoir participé aux efforts de reconstruction de la 4e Internationale, François Chesnais se retrouve donc dans un groupe de quelques dizaines de militants, isolé nationalement, qui va prendre le nom de Comité pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire (dont est issu le Groupe bolchevik.).

Le réformisme

 

Chesnais devient professeur d’économie à l’Université Paris 13. Au début des années 1990, il quitte le Comité. Il lance en 1995 la revue Carré rouge avec d’anciens militants de l’OCI qui rejettent comme lui le bolchevisme et la dictature du prolétariat. À la mort de Just, une fraction minoritaire fait exploser le Comité en 1997. Le principal responsable de cette scission est aujourd’hui membre du Parti de gauche, le plus chauvin des partis réformistes (qui est truffé d’anciens lambertistes : Mélenchon, Corbière, Présumey, Revol, Goudard…).

Le mouvement des « antimondialistes » apparaît au grand jour à Seattle en 1999, suscitant les mêmes illusions que le mouvement des « indignés » aujourd’hui chez les centristes (à l’époque : LCR, PO, SI… et Carré rouge) qui décrètent abusivement que c’est un « anticapitalisme ». Pour sa part, Chesnais écrit pour ATTAC, fondé par des bureaucrates syndicaux de SUD, CGT et FSU, des gaullistes non repentis et des staliniens défroqués, des faux trotskystes et des vrais chrétiens. Lors du référendum « européen » de 2005, Chesnais se prononce évidement pour le Non, comme la LCR, le PT, LO, une partie du PS, le PCF, une partie de l’UMP et le FN. Après 10 ans de succès (jusqu’à 30 000 membres en 2006), ATTAC décline car la crise capitaliste mondiale fait éclater « l’altermondialisme » (ATTAC, Copernic, Forum social…) entre « décroissance » et « démondialisation », tout aussi réactionnaires mais peu compatibles.

En 2009, tout en restant membre du « conseil scientifique » d’ATTAC, Chesnais mise sur un nouveau cheval, donné alors gagnant dans la course au remplacement du PCF. Il participe à la fondation du NPA, un « parti large » lancé en 2009 par la LCR. Le NPA préconise le changement graduel du capitalisme. Que la LCR puis le NPA passent, comme LO et le PT-POI, des alliances avec des partis bourgeois (Verts, MRC, PRG) ne gêne pas Chesnais. Pas de chance, après un énorme succès médiatique et un certain score électoral (presque 5 % à l’élection européenne), le NPA se dégonfle et laisse, pour l’instant, la place à LO et surtout au « Front de gauche » (PG-PCF).