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Immigration, salaires, sécurité sociale, services publics

Sarkozy mène la guerre à l’extérieur comme à l’intérieur du pays

 

Déchaînement anti-immigrés

 

L’UMP, son chef, ses ministres, ses élus rivalisent de férocité dans leurs attaques contre la fraction la moins protégée de la classe ouvrière, les travailleurs et les jeunes étrangers qui cherchent refuge en France, fuyant la misère, la répression ou la guerre. Le 8 mars, l’ancienne porte-parole de l’UMP, la députée C. Brunel déclare à la presse dans les couloirs de l’Assemblée nationale :

Il faut rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée. Après tout, remettons-les dans les bateaux !

La traque se poursuit sans relâche, sous l’égide de Guéant, digne successeur d’Hortefeux, qui réclame 28 000 expulsions en 2011, annonce une baisse de 20 000 titres de séjour accordés l’an prochain, éructe sa « croisade » et ses « Français qui ne se sentent plus chez eux ». Sous couvert de « laïcité », la stigmatisation des musulmans déferle tandis que Sarkozy fait son pèlerinage au Puy-en-Velay, vante « les racines chrétiennes de la France », envoie son premier ministre au Vatican prier dans la rue, entouré de longues robes, de cornettes et de voiles, pour soutenir que le dernier pape mort fait des miracles.

Le 16 mars, la 5è loi depuis 2003 durcissant encore les conditions d’entrée et de séjour en France a été adoptée par l’Assemblée nationale. Le Sénat y a ajouté un amendement, le 13 avril, qui stipule que les étrangers « ne peuvent être soignés qu’en cas d’absence de traitement dans le pays d’origine ». Cela signifie concrètement que ceux qui ne peuvent pas se payer de soins dans les pays dont ils sont issus, où la santé est un luxe que seuls les riches se permettent, n’ont qu’à mourir. Pas de souci, par contre, pour les présidents-dictateurs-capitalistes-généraux-et leur famille qui continueront à être soignés dans les grands hôpitaux français ou les meilleures cliniques.

Le 17 avril, le gouvernement Sarkozy-Fillon a décidé de bloquer les trains à la frontière avec l’Italie pour empêcher les migrants, essentiellement tunisiens et munis d’autorisation de circuler dans « l’espace Schengen », d’entrer en France. Le vieux colonisateur montre une nouvelle fois que les traités qu’il signe avec les autres bourgeoisies sont faits pour garantir leurs intérêts communs et ne constituent jamais un carcan en cas de désaccord. Copé, secrétaire général de l’UMP, avoue dans ses termes à lui qu’il s’agit d’une lutte de classes :

L'Europe en général, et la France en particulier, n'a pas les moyens d'assumer une immigration à caractère social. (Europe 1, 17 avril 2011)

 

Capital contre Travail

 

C’est contre les intérêts de toute la population laborieuse que Sarkozy et ses semblables gouvernent. Le secrétaire d’Etat à la fonction publique vient d’annoncer la poursuite du gel des salaires des fonctionnaires ; la ministre de l’Economie a déclaré que le SMIC au 1er juillet sera relevé de 2 % quand la hausse des prix, officielle, dépasse les 2,2 % sur l’année, quand le gouvernement a avalisé la nouvelle augmentation du prix du gaz (+ 60 % en 5 ans), quand le prix de l’essence, des loyers, de l’alimentaire s’envolent. Le ministre du Travail se réjouit de la baisse du nombre de chômeurs indemnisés (ce qui ne signifie pas baisse du chômage). Le ministre de l’Education nationale confirme la suppression de 1 500 classes de primaire alors que le nombre d’enfants scolarisés augmente. Le Premier ministre assure que la saignée dans les services publics va se poursuivre, avec 34 000 postes en moins en 2011, complétant le saccage des 33 800 suppressions en 2010, les 30 500 en 2009, les 22 900 en 2008. Le ministre du Budget salue la réalisation de 1,7 milliard d’euros de ponction sur les prestations versées par la sécurité sociale, essentiellement grâce aux conséquences de la dernière attaque contre les retraites et à quelques « économies » faites sur le dos des salariés : recul du remboursement des médicaments sous vignette bleue de 35 à 30 %, et de certains actes médicaux, hausse du forfait hospitalier (18 € par jour) et du ticket modérateur (20 % sur tous les actes jusqu’à 120 €), baisse de l’aide au logement étudiant (fin de la rétroactivité), réduction (d’un mois) de l’allocation versée à la naissance d’un enfant…

Ces attaques contre les conditions de vie et de travail de l’immense majorité visent à assurer à la classe capitaliste qui est le maître de Sarkozy et de son personnel politique l’augmentation des profits qu’elle tire de l’exploitation du travail. Qu’elles touchent à la durée du travail, au salaire direct ou différé (sécurité sociale), aux conditions d’entretien et de reproduction de la main d’œuvre, toutes ces mesures se conjuguent pour faire baisser la valeur de la force de travail, pour améliorer la place des capitalistes français face à leurs concurrents. Il n’y a pas plus « d’intérêt général » que de gouvernement, d’Etat, neutres.

Ainsi, le même gouvernement qui mène la chasse aux pauvres, qui trouve que la santé, l’éducation, tous les services à rendre au public, tous les droits acquis par le combat de générations de prolétaires pèsent trop lourd dans le budget de l’Etat, n’a pas manqué de modifier l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). 300 000 nantis se trouvent exonérés et tous les assujettis voient leur taux d’imposition divisé, au minimum, par deux. L’Union syndicale SNUI-SUD Trésor a analysé la bonne affaire :

L’ISF serait applicable lorsque le patrimoine net imposable dépasse 1 300 000 euros (800 000 auparavant), comportant deux tranches, la première allant de 0 à 3 millions d’euros (avec un taux d’imposition de 0,25 %) et la seconde au-delà de 3 millions d’euros (avec un taux d’imposition de 0,5 %).

Ce nouvel ISF se traduirait concrètement ainsi :

·  Un redevable disposant d’un patrimoine net imposable à l’ISF de 3 millions d’euros paie aujourd’hui 16 555 euros. Avec une telle réforme, il paierait demain 7 500 euros.

·  Un redevable disposant d’un patrimoine net imposable à l’ISF de 10 millions d’euros paie aujourd’hui 112 250 euros d’ISF. Il paierait demain 42 500 euros.

·  Un redevable disposant d’un patrimoine net imposable à l’ISF de 100 millions d’euros paie aujourd’hui 1 722 065 euros d’ISF (soit un taux effectif d’imposition de 1,7 %). Il paierait demain 492 500 euros.

·  Un redevable disposant d’un patrimoine net imposable à l’ISF de 500 millions d’euros paie aujourd’hui 8 922 065 d’euros d’ISF (taux effectif d’imposition de 1,72 %). Il paierait demain 2 492 500 euros.

Une telle réforme se traduirait donc par un allègement conséquent qui se retrouve au niveau des simulations publiées : le nouvel impôt rapporterait 2,5 milliards d’euros au lieu de 4 milliards d’euros aujourd’hui.

En outre, la déclaration serait « simplifiée » : le détail des évaluations patrimoniales (portefeuille d’actions, résidences secondaires, liquidités, résidence principale…) ne figurerait plus dans la déclaration, laquelle comporterait une simple évaluation globale de l’ensemble du patrimoine. L’administration fiscale serait privée des éléments que tout système déclaratif doit comporter, dont la contrepartie est le contrôle. Celui-ci serait rendu extrêmement difficile. Autant assumer l’idée d’un appel à la charité des plus aisés pour qu’ils versent l’obole de leur choix ! (Communiqué de presse, 4 mars 2011)

Ces cadeaux scandaleux aux capitalistes et à leurs amis (du moins ceux qui n’échappent pas totalement à l’impôt, par fraude légale et/ou par évasion fiscale) sont censés compenser pour les malheureux riches la perte du « bouclier fiscal ». Double arnaque, en réalité ! Les bienfaits du « bouclier fiscal » vont perdurer deux ans, ce qui permettra par exemple à la Bettencourt de payer 10 millions d’impôts au total en 2011, au lieu de 40, pour un revenu déclaré de 250 millions d’€. Elle aura le même taux d’imposition (4 %) qu’un salarié qui gagne 1 300 € par mois.

 

Battus, usés, Sarkozy et l’UMP sévissent toujours

 

Les résultats des élections cantonales de mars donnent une idée du rejet de Sarkozy et de sa politique chez l’écrasante majorité des salariés. L’UMP perd 59 sièges et 2 départements. Nombre de ses candidats ont caché leur étiquette pour essayer de sauver leur place et jusqu’au bout, Fillon a serré les fesses dans l’attente des résultats dans la Sarthe. Sa base électorale a tenu chez les agriculteurs, fondu dans la petite bourgeoisie commerçante, les professions libérales.

L’Union pour un mouvement populaire se transforme en désunion, et pour ce qui est de la popularité… tous les sondages disent Sarkozy au plus bas. Les magistrats, les avocats ont protesté contre Sarkozy et son gouvernement en février, bloquant 170 tribunaux sur 195, une première dans ces couches très liées à l’appareil d’Etat. Le rassemblement de la plupart des formations bourgeoises autour du petit Bonaparte est en train de sombrer. Il apparaît de moins en moins, dans son camp, comme le candidat obligé à l’élection présidentielle et bien d’autres prétendants se signalent.

Et pourtant, Sarkozy et sa majorité parlementaire se maintiennent au pouvoir. Le PS, le PCF, le PG, et les directions des syndicats prêchent qu’il faut attendre mai 2012 et déposer un bon papier dans l’urne. Combien de licenciements d’ici-là ? Combien de familles chassées de leur logement faute d’argent ? Combien d’autres expulsées parce que les préfets de Sarkozy refusent les papiers ? Combien d’étudiants qui ne se soignent plus ? Combien d’ouvriers qui meurent avant de profiter de leur retraite ?

La démocratie exige qu’au plus tôt Sarkozy et sa bande soient chassés ; le respect des institutions de la 5è République lui laisse les mains libres pour continuer à s’en prendre au prolétariat, au compte de la classe bourgeoise.

 

Grâce à la politique des réformistes

 

Le PS, le PCF, le PG ont acquiescé à l’agression militaire contre la Libye. Ils ont appelé à voter UMP au second tour des cantonales en cas de duel avec le FN. Ce sont des manifestations de leur indéfectible soutien à la bourgeoisie, l’affirmation qu’ils sont d’accord sur l’essentiel. A l’issue du scrutin, aucun dirigeant d’aucun des partis qui réclament les votes des travailleurs n’a mis en cause la légitimité de Sarkozy et de l’Assemblée à sa botte de rester au pouvoir et poursuivre leur politique anti-ouvrière. Hollande reçoit gentiment Sarkozy en Corrèze, quelques jours plus tard.

Les yeux rivés sur 2012, les réformistes ne servent à rien, aujourd’hui, pour empêcher les attaques du gouvernement et laissent entrevoir que, demain, ils les perpétreront eux-mêmes, en gérants loyaux du capitalisme français.

Le « programme socialiste » décline « 30 propositions majeures », en trois chapitres. Le premier s’intitule :

Redresser la France et imposer un nouveau modèle de développement.

Beau début ! Derrière « la France », il y a deux classes fondamentales, aux intérêts diamétralement opposés et on voit bien au service de quelle classe le présidentiable Strauss-Kahn, directeur général du FMI, déploie déjà ses efforts… En Grèce, en Irlande, pour s’en tenir à l’UE, les ouvriers, les employés, les retraités, les chômeurs vivent dans leur chair ce que signifie « « le redressement du pays » sous l’égide du FMI.

Pour « refaire de la France une nation qui compte », plus crûment dit, pour défendre le capitalisme français, le PS fourgue quelques recettes protectionnistes pour être au goût du jour, comme « les droits de douanes modulables ». Il laisse aux patrons la liberté d’effectuer de bonnes mises à la porte et veut « dissuader les licenciements boursiers ». Il appelle à une autre « réforme des retraites » qui autoriserait le départ à 60 ans, mais en se gardant bien de dire avec combien d’annuités et avec quelle pension, en n’avançant nullement l’abrogation de toutes les attaques antérieures, en particulier de 1993 (Chirac-Balladur) à 2010 (Sarkozy-Woerth).

Au chapitre 3 « Rassembler les Français et retrouver la promesse républicaine », la « proposition 27 » assure, très poliment, que les frontières ne seront pas ouvertes, les papiers pas donnés mais les pattes blanches toujours demandées.

Pour une politique juste et efficace en matière d’immigration, nous voterons tous les trois ans une loi d’orientation et de programmation qui sera élaborée en concertation avec les partenaires sociaux et les territoires qui assurent l’accueil et l’insertion des migrants ; nous renforcerons la lutte contre les employeurs qui ont recours au travail clandestin et contre les trafiquants ; nous créerons un vrai contrat d’accueil et d’intégration, fondé sur des obligations réciproques et insistant sur la maitrise de la langue et la compréhension des droits et des devoirs républicains. Nous accorderons le droit de vote aux étrangers aux élections locales.

Le Front de gauche, pour sa part, discute encore du « programme partagé » entre le PCF, le PG et ses autres composantes. Il y a à parier qu’il pourfendra celui du PS, tout en « partageant » avec lui « le redressement et le rayonnement de la France », « la plus juste répartition des richesses ». Pour l’heure, loin de s’adresser à la population laborieuse pour l’appeler à la lutte contre la politique de Sarkozy et du patronat, pour organiser sa force sociale, Mélenchon et compagnie ne sont intéressés que par les « citoyens – citoyennes » sans distinction de classe, par les « électeurs – électrices » qui voudront bien attendre mai 2012.

Nous voulons engager un véritable élargissement populaire et citoyen du Front de Gauche, en nous adressant largement aux électeurs et électrices socialistes, écologistes, républicain-ne-s, communistes, alternatifs mais plus largement à tous les hommes et les femmes qui veulent que ça change. (site, 21 avril 2011)

 

Les directions syndicales désarment le prolétariat

 

Face au chômage qui frappe 4 045 400 personnes recensées, au rejet de milliers de prolétaires dans la clandestinité, face à la précarité, à la vie chère, aux salaires insuffisants pour finir le mois, à l’augmentation de la durée et de l’intensité du travail, les travailleurs ont besoin, tout de suite, de s’unir pour se défendre, avec les organisations nées dans le mouvement ouvrier, partis et syndicats. Or, ces syndicats qui devraient être un outil de résistance et de conquêtes, présent au plus près sur les lieux de travail, regroupant les salariés d’une même branche, sont dirigés par une bureaucratie de même engeance que les PS, PCF, PG, assistés de NPA et LO. Leur récente trahison du combat de millions de travailleurs en France pour empêcher un nouveau coup contre les retraites le démontre une fois encore.

Alors que la décision du gouvernement de ne remplacer qu’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique, d’appliquer une révision générale des politiques publiques (RGPP) constitue une offensive majeure contre les fonctionnaires et contre toute la population laborieuse par la liquidation de pans entiers des services publics, les dirigeants des fédérations de fonctionnaires de la CGT, de FO, avec l’UNSA, la CFDT, la CFTC et la CGC ont offert à ce même gouvernement, le 31 mars, leurs signatures au bas d’un accord. D’accord avec Sarkozy-Fillon-Tron ! Et à quoi ont-ils donné leur aval ? Sous prétexte de « résorber la précarité », ils ont signé le recours aux contrats à durée indéterminée contre les titularisations sur postes de fonctionnaire. Ils prêtent la main à la bourgeoisie française qui privatise, ils votent pour l’extinction du statut de fonctionnaire.

Les bureaucrates tentent de justifier leur capitulation en expliquant qu’ « un CDI, c’est mieux qu’un CDD ». Mais c’est moins bien qu’une titularisation ! Le CDI est un contrat lié au métier. Si le poste de travail est supprimé, le contrat est rompu, le licenciement est rendu possible. Titularisé dans un corps et un grade, le fonctionnaire, lui, si son poste est supprimé, obtient une nouvelle affectation : pas de licenciement !

Le gouvernement reconnaît 872 000 non titulaires dans les trois fonctions publiques ; avec l’accord des dirigeants syndicaux, il prévoit, sur 4 ans, la CDIsation de 100 000 CDD à condition qu’ils remplissent toute une série de conditions, dont une ancienneté de 6 ans. Pour la même période, il annonce la suppression de 100 000 postes sous statut de fonctionnaires (non remplacement de départs en retraite).

Il n’y a aucun « moindre mal » à laisser 772 000 précaires sur le carreau ! Il n’y a aucun « moindre mal » à accepter la fin du statut de fonctionnaire et la destruction des services publics ! Dirigeants des fédérations syndicales de fonctionnaires, retirez votre signature ! Organisez la véritable défense de tous les précaires dans la fonction publique en exigeant la titularisation de tous, la création de tous les emplois qui manquent tant dans les services dont la population a besoin !

Est-ce également « un moindre mal » que d’avoir signé, le 15 avril, l’accord national sur les métiers portuaires ? Le gouvernement, lui, parle d’un franc succès et il a raison : privatisation, soutien de la CGT aux reculs sociaux pour être compétitifs, association des représentants des personnels à la politique de l’Etat et des patrons dans un conseil d’administration taillé sur mesure.

Avec la signature des partenaires sociaux, l’Unim [patrons], l’UPF [Etat] et la FNPD CGT, la réforme portuaire peut désormais s’engager. Cette signature marque l’étape ultime de cette réforme engagée en 2008 pour accroître la compétitivité des ports français face à leurs concurrents européens. Elle prévoit de recentrer les missions : […] Les grands ports maritimes(GPM) n’interviendront plus dans les opérations de manutention dont les personnels (grutiers, portiqueurs) seront transférés vers les entreprises privées. […] La modernisation de la gouvernance des GPM est engagée, avec un conseil de surveillance comprenant 15 membres, dont 4 représentants de l’Etat, 4 représentants des collectivités locales et 3 représentants des salariés. (Ministère des Transports, Réforme portuaire, 16 avril 2011)

Pendant des mois, dans les ports, la direction de la CGT a saucissonné la force des personnels, en grèves perlées d’une heure par jour, chez les grutiers, les dockers ; en grèves tournantes par site (Fos, Le Havre). Elle a vendu la signature de la « réforme des ports » en faisant croire qu’elle avait gagné sur la pénibilité. En réalité, elle a signé, là aussi un recul : les ouvriers effectuant les travaux les plus pénibles pourront partir deux  ans avant l’âge légal de retraite (repoussé comme chacun sait) alors qu’ils partaient cinq ans plus tôt auparavant.

Cette tactique mortelle de division est appliquée partout : alors qu’en dépit de la terrible pression du chômage, les travailleurs essaient d’obtenir des augmentations de salaires, comme les agents du nettoyage d’Orly, les ouvriers de l’usine Toyota d’Onnaing, les directions des confédérations syndicales ouvrières n’organisent aucune centralisation. Elles circonscrivent les combats aux seuls sites où ils éclatent, quand elles ne se dépêchent pas de faire reprendre, comme chez Carrefour ; elles refusent d’engager la bataille unie pour l’augmentation générale des salaires.

Pire, elles acceptent de discuter de « la prime Sarkozy », cette arnaque de bonimenteur de foire : regardez ! y’a 1 000 € ! Eh hop ! y’a plus rien !

La « prime Sarkozy » aux salariés fond à vue d’œil. Il n’y aura pas de montant minimal et le gouvernement ne fixera pas d’autorité le montant de la prime que les entreprises de plus de 50 salariés, versant des dividendes en hausse à leurs actionnaires devront octroyer. La hausse se mesurera, en outre, par rapport à la moyenne des dividendes versés sur les deux années précédentes. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, le versement d’une prime sera facultatif. Toutes les entreprises auront une incitation à verser la prime : les exonérations de cotisations sociales dont pourront bénéficier ces entreprises devraient ainsi être effectives bien au-delà de 1 000 € de prime, le chiffre de 1 500 € étant à l’étude. (Le Monde, 29 avril 2011)

La prime, quand elle existera, sera prise sur le salaire différé, appelé « cotisations sociales » par les patrons. Les salariés financeront donc leur prime, en amputant ce qui devrait revenir à la santé, aux retraites, à l’indemnisation du chômage, des accidents du travail. Et Sarkozy demande aux représentants des syndicats de « négocier » cette arnaque. Dirigeants des syndicats, dénoncez « la prime Sarkozy » pour ce qu’elle est ! exigez l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux ! Pas de salaire à moins de 1 600 € !

Ces revendications expriment les intérêts du prolétariat dans son ensemble. Elles sont légitimes au regard de la place qu’occupent les travailleurs dans la société : ils produisent toutes les richesses, ils font tourner tous les services, ils accomplissent toutes les tâches utiles. Seule la paralysie des exploités qu’imposent les directions du mouvement ouvrier, au premier chef des syndicats, par leur politique de collaboration incessante avec le gouvernement et le patronat, de capitulation devant la bourgeoisie, permet à Sarkozy et sa majorité parlementaire, sa police, ses préfets, de ne pas être catapultés par la lutte résolue du prolétariat.

 

Pour un programme de victoire de la classe ouvrière

 

Au nord comme au sud de la Méditerranée, l’irruption des larges masses d’opprimés est indispensable. Les solutions au chômage, à la misère, à tous les maux que le mode de production capitaliste engendre, ne sortiront pas du résultat d’une élection. Si le taux d’abstention au dernier scrutin a battu des records dans les villes et les quartiers ouvriers (au niveau national, 55,2 % des inscrits, 7,1 % de votes blancs ou nuls), si le PS, le PCF ont perdu des voix, c’est que nombre de travailleurs n’attendent aucun bouleversement à la sortie des urnes et comprennent que les partis réformistes n’ouvrent pas d’alternative à la politique réactionnaire de Sarkozy.

Mais ils ne seront une force sociale révolutionnaire que s’ils s’unissent, s’ils expriment consciemment les mots d’ordre utiles à la mobilisation au premier rang desquels : échelle mobile des heures de travail pour répartir le travail entre toutes les mains ! augmentation générale des salaires et garantie de leur niveau contre la hausse des prix ! régularisation de tous les sans-papiers ! ouverture des frontières ! santé et instruction gratuites ! arrêt immédiat des interventions militaires françaises, fermeture de toutes les bases ! Les syndicats à notre service : dirigeants des syndicats, cessez votre collaboration avec le gouvernement, reprenez ces revendications, appelez à la lutte unie pour les arracher !

Pour obtenir satisfaction, le capital doit être exproprié, les grands moyens de produire, de distribuer, doivent être socialisés sous contrôle ouvrier : il faut que le prolétariat prenne le pouvoir, renverse l’État bourgeois, se dote de son propre gouvernement, de son propre État basé sur la propriété collective.

Dans le monde et en France, construire le parti ouvrier révolutionnaire qui porte ce programme, qui concentre les acquis des victoires ouvrières, de la Commune de Paris à la Révolution russe, qui a tiré le bilan des défaites de notre classe dont l’effondrement des quatre internationales : telle est la tâche, incontournable, urgente, pour laquelle milite le Groupe bolchevik, le Collectif révolution permanente. Ils appellent tous ceux qui n’ont que leurs chaînes à perdre, à y participer.