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Le FN, une expression du capitalisme en putréfaction

 

L’UMP concurrencée par le Front national

 

Les medias ne cessent de bruire du Front national : remplacement à sa tête d’un Le Pen par une autre, modernisation du parti fascisant par celle-ci, adhésion de responsables syndicaux, sondages donnant sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle 2012, le FN « parti ouvrier », etc. :

La classe exploiteuse est aussi la classe dominante. Si tous les exploités étaient spontanément conscients à tout moment, à quoi bon un programme marxiste, à quoi bon un parti révolutionnaire, à quoi bon une stratégie, des tactiques, la lutte ? Tout parti bourgeois important, en temps ordinaire, peut compter sur une base dans le peuple. Ainsi, en France, le parti gaulliste RPF-UDR-RPR-UMP a un soutien non seulement dans la bourgeoisie (capitalistes, hauts fonctionnaires), mais dans la petite bourgeoisie traditionnelle (travailleurs indépendants), la petite bourgeoisie salariée (encadrement) et même dans les couches arriérées de la classe ouvrière (classe qui ne se borne pas aux « ouvriers » de l’INSEE et des journalistes, mais englobe les « employés » et les « professions intermédiaires »).

Le Front national se construit , à la droite du parti gaulliste, en captant dans les années 1980 une partie de sa base populaire. Le candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy parvient à la reprendre au FN en 2007. Comme la crise capitaliste mondiale accentue le déclin de la France, augmente le chômage et la misère de certains quartiers et de zones rurales, et que le prolétariat apparaît incapable de tracer une voie, Marine Le Pen prépare la revanche du FN contre l’UMP en mai 2012. Elle s’appuie sur l’héritage de son père, la création d’un parti électoraliste par un individu qui, lui, est pourtant un fasciste.

 

La trajectoire d’un fasciste

 

En France, dans les décennies d’après la Deuxième guerre mondiale, il n’y a guère de place pour un parti fasciste de masse, tout au plus des groupuscules comme Occident - Ordre nouveau (dont un dirigeant est Longuet, l’actuel ministre de la défense). Cela tient d’une part au prestige du général De Gaulle, édifié avec l’aide du PS et du PCF ; d’autre part, au rôle du parti gaulliste RPF et de son service d’ordre dans les années 1950 et 1960, puis de l’UDR et de son « service d’action civique » (dirigé par Pasqua) dans les années 1960 et 1970. Les nervis gaullistes se chargent à cette époque d’intimider et d’attaquer physiquement les organisations ouvrières, en particulier le PCF et les organisations révolutionnaires, avec la complicité de la police, de la caste militaire et du banditisme.

Jean-Marie Le Pen s’est formé comme un étudiant fasciste, comme un participant aux guerres coloniales (en Indochine, en 1955, il est journaliste militaire ; en Algérie, en 1957, il est officier de renseignement à une époque où la torture est pratiquée à grande échelle), comme un député de l’UDCA en 1956 qui organise temporairement une révolte de commerçants, de paysans et de petits patrons menacés par la concurrence du grand capital et par l’ouverture des frontières. Non réélu, il fonde avec Gaultier (un ancien lieutenant des SS) la SERP, qui édite, en 1963, un disque intitulé Philippe Pétain, maréchal de France et, en 1965, Le IIIe Reich, voix et chants de la Révolution allemande.

En 1965, il devient le directeur de campagne de l’avocat des terroristes de l’OAS Tixier-Vignancour quand celui-ci se présente à l’élection présidentielle. Tixier rassemble 1,2 million de voix (5,2 % des suffrages) : l’ancien électorat de l’UDCA, la frange des fascistes et des collaborateurs orphelins de Pétain et de Hitler (ennemis de toujours du gaullisme), les déçus du gaullisme (dont des militaires et nombre de colons rapatriés d’Algérie, etc.

En 1968, Tixier et ses partisans attaquent physiquement les grévistes. Ensuite, les chemins de Le Pen et de Tixier se séparent. Tixier rejoint l’UDR ; plus tard, il participera au PFN, un parti fasciste qui concurrencera un temps le « Front national ». En 1977, le petit patron Le Pen devient riche grâce au testament de l’héritier des Plâtres et Ciments Lambert quand celui-ci décède d’une crise d’éthylisme. Il s’approprie personnellement cette fortune, désappointant les dirigeants du FN qui pensaient ainsi financer le parti. Le Pen bénéficie ultérieurement d’autres largesses. Marine Le Pen, sa fille née en 1968 à Neuilly, grandit donc dans un manoir de 430 m² situé dans un parc d’un demi-hectare.

 

Un parti de la 5e République

 

La leçon de la présidentielle de 1965 n’est pas perdue pour Le Pen. En 1972, il lance un parti pour fédérer les familles politiques qui sont à la droite des partis bourgeois traditionnels (UDR-RPR et UDF) : fascistes, monarchistes, fondamentalistes chrétiens, nostalgiques des colonies… sur le double thème du nationalisme français et de l’immigration arabe, pour tenter de dévier le mécontentement populaire vers une partie des travailleurs, souvent parmi les premières victimes du chômage.

C’est un parti anti-ouvrier car il est financé par le grand capital et parce que sa cible est une partie de la classe ouvrière. Le ralliement récent de quelques responsables syndicaux n’y change rien.

Pour autant, cela ne suffit pas à caractériser le FN comme un parti fasciste au sens strict, ne serait-ce que la xénophobie touche toutes les formations politiques bourgeoises d’Europe, y compris les partis bourgeois traditionnels. Par exemple, en 1986, le programme UDF-RPR prévoit d’« affermir l’identité nationale en luttant contre l’immigration clandestine ». En 1988, le RPR Pasqua, alors ministre de l’Intérieur et parrain de Sarkozy, déclare que « sur l’essentiel, le FN se réclame des mêmes préoccupations que la majorité ». En 1991, Chirac diagnostique une « overdose » d’immigration. Il dénonce « le bruit et l’odeur » de ces familles « avec un père, 3 ou 4 épouses, une vingtaine de gosses, qui gagnent 50 000 F de prestations sociales sans naturellement travailler ».

En outre, le FN accepte la 5e République gaulliste et se tourne surtout vers les élections. Cela le différencie d’un parti fasciste dont la perspective est de mettre fin à la démocratie bourgeoise et au mouvement ouvrier, qui mobilise pour cela les bandes de petits-bourgeois et de déclassés.

Le fascisme remet en selle des classes qui se trouvent immédiatement au-dessus du prolétariat et craignent d’être précipitées dans ses rangs ; il les organise, les militarise grâce aux moyens du capital financier, sous la couverture de l’État officiel, et les envoie écraser les organisations prolétariennes, des plus révolutionnaires aux plus modérées. (Léon Trotsky, « La révolution allemande et la bureaucratie stalinienne », 1932, Comment vaincre le fascisme, La Passion, p. 59)

Les partis ouvriers traditionnels qui sont ralliés à leur bourgeoisie depuis 1914 (pour le PS) et 1934 (pour le PCF) facilitent la tâche du FN. Dans les années 1970, le parti stalinien fait campagne pour « produire français » et se prononce au début des années 1980 pour la limitation de l’immigration. Le 24 décembre 1980, le maire PCF de Vitry fait détruire un foyer de travailleurs immigrés.

Les débuts du parti fascisant sont laborieux. En 1973, aux législatives : 1,3 % des voix. En 1974, à la présidentielle : 0,75 %. En mai 1981, Le Pen ne peut se présenter à l’élection présidentielle, faute de signatures de maires en nombre suffisant. Lors des élections législatives de 1981, le FN recueille 0,8 % des voix (100 000 suffrages).

Mais, trois ans plus tard, en 1984, aux élections européennes, à cause de l’incapacité du PS et du PCF à améliorer sa situation, une partie de la petite-bourgeoisie se tourne vers le Front national qui bénéficie de 10,9 % des voix (2 200 000 suffrages).

La société contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, le prolétariat et les classes moyennes, ou petite-bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes déterminent en fin de compte la situation politique. Les classes fondamentales sont la grande bourgeoisie et le prolétariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique indépendante, claire et conséquente. La petite-bourgeoisie est caractérisée par sa dépendance économique et son hétérogénéité sociale. Sa couche supérieure touche directement la grande bourgeoisie. Sa couche inférieure se fond avec le prolétariat et tombe même dans le lumpenprolétariat. Conformément à sa situation économique, la petite-bourgeoisie ne peut avoir de politique indépendante. Elle oscille constamment entre les capitalistes et les ouvriers. (Léon Trotsky, Où va la France ? 1934, GB, p. 19)

Le sort de son rival, le « Parti des forces nouvelles » (1974-1984), conforte les choix légalistes et électoraux du FN. En 1981, quand le front populaire « Union de la gauche » accède au pouvoir, le PFN croit venue l’heure du fascisme. En 1982, ses nervis attaquent deux ministères dirigés par le PCF, puis un défilé d’anciens combattants du PCF. Mais il ne trouve pas de base sociale suffisante et la plupart de ses membres, dépités, rejoignent le FN ou le RPR.

En 1984, avec le passage au scrutin proportionnel voulu par Mitterrand afin de contrer le RPR, le FN, avec 9,8 % des suffrages exprimés, obtient 35 députés. Aux élections européennes de 1984, le FN récolte 11 %. Aux législatives de 1986, 9,6 % des voix. En 1998, à la présidentielle, 14,4 % ; aux législatives, 9,7 %.En 1989, aux européennes, 11,7 %. En 1993, aux législatives, 12,4 %. En 1994, aux européennes, 10,5 %. En 1995, à la présidentielle, 15 %. En 1996, aux législatives, 14,9 %. En 1999, aux européennes, 5,7 %.

Désormais, le FN est installé dans la vie politique officielle dont il respecte le cadre, d’autant que ses résultats électoraux lui assurent un confortable financement public : 1,8 millions d’euros en 2009, sans compter les indemnités des élus (voir Journal officiel, 29 décembre 2010). Pourtant, le PCF, le PS et leurs acolytes d’extrême-gauche s’obstinent à le présenter comme d’une nature radicalement différente du RPR-UMP, qui serait, lui, « démocrate » et « républicain ».

 

Quand le FN sert à faire voter UMP

 

De 1997 à 2002, le gouvernement PCF-PS-MDC-PRG-Verts dirigé par Jospin privatise à tour de bras, allège l’impôt sur les entreprises et sur les riches, renforce les lois contre l’immigration… Par conséquent, au premier tour de la présidentielle de 2002, le FN décroche 16,9 % des voix, soit plus que le candidat du PS, Jospin (16,2 %) qui est donc éliminé.

Loin d’en tirer les leçons, le PS et le PCF redoublent dans la capitulation. Le travestissement du FN en parti fasciste, qui a toujours été une exagération, leur sert alors de prétexte à voter pour le candidat du principal parti de la bourgeoisie impérialiste, comme si des bulletins de vote pouvaient protéger du fascisme (voir Révolution socialiste n° 7). La LCR, qui se prétend « section français de la 4e Internationale », appelle aussi à voter Chirac, ce qui prépare sa liquidation ultérieure dans le NPA (voir Révolution socialiste n° 30).

Le grand capital commande tant aux bandes fascistes qu’aux partis bourgeois « démocratiques ». Faire croire au caractère démocratique de la bourgeoisie, de son État, de la 5e République, de l’UMP est une mystification. La domination des producteurs par les exploiteurs, du plus grand nombre par quelques riches, est une loi fondamentale des formations sociales de classe, y compris les sociétés capitalistes aux formes les plus démocratiques. Toute l’histoire montre que la bourgeoisie n’hésite pas à réprimer les grèves et les manifestations ouvrières à l'intérieur, à menacer les autres peuples et à les soumettre par la violence à l’extérieur.

Au second tour de 2002, le candidat RPR-UMP est plébiscité avec 82,2 % des suffrages. Le Pen obtient 17,8 %. Aux élections législatives qui suivent, le Front national revient à 11,3 %. Le gouvernement UMP va appliquer la politique conforme aux intérêts de la bourgeoisie, politique largement partagée par le FN : privatisations, avantages fiscaux aux patrons, criminalisation des jeunes des quartiers pauvres, restriction des libertés démocratiques, prérogatives accrues de la police, renforcement des corps répressifs de l’État, attaques contre les travailleurs de la fonction publique et les travailleurs sans-papier, limitation du droit de grève…

En mars 2011, le PS et ses alliés remettent cela, ils appellent à voter UMP quand le FN est présent au second tour des élections cantonales... sans oser, cette fois-ci,  prétendre que le fascisme risque, sinon, de triompher.

 

Retour au franc et sortie de l’UE

 

Depuis, le FN aurait radicalement changé.

Comme la fille n'a pas les mêmes idées que son père, tout est à refaire… Un vrai changement de doctrine : le père était ultralibéral, car anticommuniste, la fille se veut sociale et protectionniste. (L’Expansion, avril 2011)

La première partie du programme économique pour 2012 se nomme « Un socle : se réarmer face à la mondialisation » et comporte trois sortes de mesures : la sortie de l’euro, l’élévation de barrières protectionnistes, « un État fort et stratège » (Projet économique du FN, I, avril 2011). Cela ressemble terriblement au vocabulaire et aux thèmes récurrents du PCF, du PG, du POI et, dans une moindre mesure, du PS et de LO.

Devant une telle affirmation du rôle de l’État, ceux qui avaient appelé à voter « non » au référendum de 2005, ceux qui prétendent que le libéralisme est la cause des malheurs des travailleurs, ceux qui croient naïvement que l’État bourgeois peut réguler le capitalisme, ceux qui opposent « la finance » à « la production », ceux qui se lamentent que « Bruxelles » dicte odieusement sa loi à « la France » sont soit séduits, soit se retrouvent en triste compagnie.

La lutte contre la débâcle économique ne doit pas aboutir à la confiance en l’État, elle doit aboutir à la revendication d’un État dirigé par les prolétaires et les semi-prolétaires. (Vladimir Lénine, « La Débâcle économique et la façon prolétarienne de la combattre », 1917, OEuvres t. 25, p. 42)

D’abord, les réformistes qui considèrent que le FN est fasciste ne devraient pas être surpris par cet étalage d’étatisme bourgeois. Après tout, Mussolini et Hitler n’étaient pas si libéraux. Quand ils accédèrent au pouvoir, tous deux commencèrent par des grands travaux publics et poursuivirent par la militarisation de l’économie :

Il s’agit surtout de restituer leur rentabilité aux entreprises capitalistes par des moyens artificiels et aux dépends des masses populaires. Ces expédients, bien sûr, n’ont rien de spécifiquement fasciste ou national-socialiste… L’économie fasciste n’est qu’une forme accentuée de l’économie capitaliste dite dirigée… (Daniel Guérin, Fascisme et grand capital, 1936, Maspero, p. 199)

Ensuite, les travailleuses et les travailleurs ne doivent pas prendre trop au sérieux les « programmes » des démagogues de la classe dominante. Même ceux des partis bourgeois les plus établis : celui de Sarkozy ne comportait-il pas en 2007 la réduction de la dette publique, le conditionnement des exonérations de charges des entreprises à l’augmentation des salaires, l’augmentation du budget de l’enseignement supérieur de 50 %, la réduction de la présence militaire en Afrique, etc. ?

À l’examen, le « projet économique » provisoire rédigé par l’universitaire Richard Sulzer se révèle  moins « social » que ne le dit la presse bourgeoise :

·    il dissimule l’inflation qui serait induite par le renchérissement des importations comme le pétrole et le gaz en cas de dépréciation de la monnaie (I, A)

·    il prévoit que les nationalisations des banques de dépôt seront « provisoires », autrement dit, elles seront reprivatisées après renflouement par les fonds publics (I, C)

·    il dissimule que la France ne peut pas utiliser ses propres frontières pour le protectionnisme sans sortir de l’Union européenne (I, B)

·    il minimise la riposte inévitable des autres États au détriment des exportations françaises et donc de l’emploi local (II, B)

·    il veut baisser l’impôt sur les sociétés (II, B)

·    il se propose de faire travailler plus longtemps les travailleurs âgés (II, E)

·    il refuse d’annuler les intérêts et le remboursement de la dette publique antérieure (III, B)

·    quand il prétend réhabiliter la dépense publique, sur 7 exemples qu’il cite, 5 sont liés au maintien de l’ordre bourgeois : police, gendarmerie, armée, tribunaux, préfectures (III, A)

·    il vise à diviser les salariés et priver une partie de la classe ouvrière de ses droits (III, A)

Enfin, le programme de l’extrême-droite de la 5e République ne se borne pas à ce document provisoire : les déclarations de Le Pen et les « fiches de campagne » du FN sont plus explicitement capitalistes(voir Prométhée, 25 avril). De toute façon, aucune des promesses du FN aux salariés, aux travailleurs indépendants, aux petits patrons ne pourrait être remplie dans le cas de l’adoption de la stratégie qu’il trace pour le capitalisme français. La destruction de l’UE et le repli sur l’hexagone l’affaibliraient encore plus vite.

Le capital est un fléau international et c’est bien pour cette raison que tous les pays sont à ce point liés les uns aux autres que le naufrage des uns entrainera tous les autres dans l’abîme. (Vladimir Lénine, « Discours au congrès des ouvriers de la confection », 1926, OEuvres t. 32, p. 118)

 

Un reflet de l’impasse du capitalisme français et de tout le mode de production

 

Le Projet économique du FN ne constitue pas une simple manoeuvre électorale, il révèle aussi les difficultés du capitalisme français et, au delà, l’impasse du capitalisme mondial.

La croissance de la France est faible (+ 1,5 % en 2010), le déficit des échanges de biens et de services s’accroit (51 milliards d’euros en 2010), la part de marché des produits français dans le monde diminue (3,5 % en 2010 contre 6 % en 1993). L’affaiblissement du capitalisme tricolore dans le monde, en particulier face à l’émergence de l’impérialisme chinois, et dans l’Union européenne, où l’Allemagne s’affirme, provoque des tensions au sein de la bourgeoisie, de son État, des partis de gouvernement.

Le principal représentant de la bourgeoisie française, Sarkozy, préconise depuis le début de son mandat la dépréciation de l’euro et le protectionnisme aux frontières de l’Union européenne, sous prétexte des pratiques déloyales des pays émergents. Le nouveau programme du PS témoigne de même de ces préoccupations de la bourgeoisie française.

Le FN exprime plus nettement que l’UMP et le PS la tentation du repli national, parce qu’il représente davantage la fraction du capital qui n’a pu, contrairement aux entreprises du CAC 40 et aux principaux groupes de la banque et de l’assurance, s’insérer dans les oligopoles mondiaux. La classe ouvrière n’a à attendre, des uns comme des autres, que des coups. La racine est dans le mode de production capitaliste lui-même : le chômage et l’incapacité à unifier pacifiquement l’Europe en sont la preuve.

Le FN n’est pas un phénomène isolé. Des partis « populistes » sévissent dans tous les pays impérialistes : Tea Party aux États-Unis, One Party en Australie, PS en Finlande, DFP au Danemark, FPÖ et BZÖ en Autriche, DS et PNOS en Suisse, FN et VB en Belgique, LN en Italie, NPD en Allemagne, PVV aux Pays-Bas, Libertas et Samoobrona en Pologne, PRM en Roumanie, NS en République tchèque, BNP en Grande-Bretagne, Jobbik en Hongrie, LAOS en Grèce... Tous servent à diviser la classe ouvrière en mettant en cause, non les patrons et encore moins le capitalisme, mais une partie des travailleurs (à cause de leur nationalité, de leur religion, de leur ethnie...).

L’économie mondiale connaît crise sur crise. Le monde va être repartagé entre les anciennes puissances impérialistes et les nouvelles, en piétinant au passage les pays qui n’en sont pas ou qui n’en sont plus. Le marché mondial risque de se disloquer.

L’irrationalité du capitalisme décadent grandit. Avec son délire autarcique et raciste, le FN en témoigne.

Pour le combattre, il faut non seulement réfuter son ignominie, ses mensonges et sa folie, mais tracer une voie, celle de la révolution prolétarienne.

Pour gagner la petite-bourgeoisie, le prolétariat doit conquérir sa confiance. Il faut pour cela qu’il ait lui-même confiance en sa propre force. Il lui faut un programme d’action clair et une détermination à lutter pour le pouvoir par tous les moyens… (Léon Trotsky, Où va la France ? 1934, GB, p. 23)