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Rien n’a vraiment gêné
le projet contre les retraites annoncé par Sarkozy aux chefs syndicaux, au
Palais de l’Elysée, dès le 31 décembre (ce qui ne les a pas empêchés de boire
ensuite du champagne avec lui). Rien n’a vraiment dérangé le calendrier annoncé
par Woerth le 26 mars : consultation des « partenaires sociaux »
de mars à mai, annonce du projet en juin, adoption par le Parlement en
septembre.
Toutes les directions
confédérales ont abandonné la revendication des 37,5 annuités. Toutes ont
participé au « Conseil d’Orientation des Retraites » qui a remis au
gouvernement des rapports le 14 avril et le 12 mai pour justifier la nouvelle
attaque contre les retraites. Toutes les directions confédérales se sont
rendues aux convocations de Sarkozy, à ses « sommets sociaux » le 15
janvier, le 15 février et le 11 mai. Toutes ont accepté de discuter avec
Woerth, le 26 mars, le 12 avril, le 26 avril, le 4 mai, le 18 mai…
Parallèlement, les
directions confédérales, avec le soutien de tous les partis réformistes et
semi-réformistes (PS, PDG, PCF, NPA et LO) ont appelé à des diversions, à des
« journées d’action » : le 23 mars, le 1er mai, le
27 mai, le 15 juin, le 24 juin, le 7 septembre, le 15 septembre, le 23
septembre... pour améliorer le projet.
À l’Assemblée
nationale, les députés du PS, du PDG et du PCF ont, eux aussi, réclamé un
aménagement du projet gouvernemental, ce qui n’a évidemment pas empêché la
majorité UMP d’adopter tel quel le projet de loi capitaliste le 15 septembre.
Après ce simulacre, le PS demande de bien voter… en 2012, tandis que le PCF et
le PDG sollicitent un référendum… auprès de Sarkozy.
Le 8 septembre, au
moment où Thibault (CGT), Chérèque (CFDT), Olive (UNSA), Groison
(FSU) et Coupé (SUD-Solidaires) ont décidé de convoquer à « des
grèves » et « des manifestations » les 15 et 23 septembre, ils
ont envoyé une supplique « au président, au premier ministre, aux membres
du gouvernement, aux députés et aux sénateurs », pour s’accorder avec
eux :
Au nom des salariés, nous
vous demandons solennellement d’entendre le point de vue des organisations
syndicales dans la perspective de définir un ensemble de mesures justes et
efficaces…
Comme si les amis de
Bettencourt, Tapie, Bouygues, Pinault, Lagardère, Dassault, etc. allaient
œuvrer pour les travailleurs, au moment où ils étranglent les hôpitaux et
l’école publique, ouvrent une honteuse chasse aux Roms, préparent un budget
d’austérité et mettent la dernière main à leur loi contre nos retraites.
Thibault, sentant le
mécontentement de la base monter contre cette orientation conciliatrice et les
journées d’action impuissantes, envisage de canaliser la frange combattive dans
des « grèves reconductibles » site par site, isolées les unes des
autres (interview au Monde du 10 septembre).
Le temps presse. Les
travailleurs doivent s’organiser pour empêcher une nouvelle défaite, qui n’a
rien de fatal. Dans l’immédiat, il faut s’organiser, se regrouper pour exiger,
dans chaque réunion syndicale, dans chaque assemblée générale, que les
organisations qui parlent au nom des salariés cessent d’amender le projet et
appellent dans l’unité à la grève générale jusqu’à son retrait.
Dirigeants de la
CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, de l’UNSA, cessez toute discussion avec
le gouvernement et quittez le Conseil d’Orientation des Retraites !
Dirigeants de la
CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, de l’UNSA, appelez à la grève générale
jusqu’au retrait de la loi Sarkozy-Woerth !
22 septembre 2010
Groupe Bolchevik