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Intervention d'un militant français
Réunion publique organisée à Liverpool par la Campaign against immigration controls
15 septembre 2009

 

 

Je suis un militant du Groupe bolchevik, de France, il fait partie d’un regroupement international, le CoReP (Collectif Révolution permanente).

Mon organisation a apporté son soutien à la lutte des travailleurs clandestins « sans papiers » en France.

Ce dont je souhaite parler ici, et nous sommes tous là pour ça, c’est la surexploitation et le harcèlement dont font l’objet les travailleurs immigrés. Moins payés que la moyenne des travailleurs, ils sont utilisés comme un outil de pression sur la valeur de la force de travail, au sens d’une armée de réserve. Ils sont utiles à la bourgeoisie seulement dans la mesure où ils peuvent être utilisés comme force de travail. Tel est le sens du concept d’immigration choisie. C’est la raison pour laquelle, dans la plupart des pays impérialistes, y compris en Grande-Bretagne et en France, la pression exercée contre les immigrés n’a fait que prendre de l’ampleur. C’est le cas en France depuis au moins 25 ans, et ce phénomène s’est accentué dans la période récente. Les conditions pour devenir un immigré légal sont devenues de plus en plus sévères, que le gouvernement soit dirigé par le Parti socialiste ou par le principal parti bourgeois.

La période pour l’acquisition de la nationalité française s’est allongée, des restrictions ont été portées à la possibilité du regroupement familial, la réglementation des conditions de vie est devenue de plus en plus stricte, les contrôles quotidiens ont explosé (principalement contre les Noirs et les Arabes), le droit d’asile a été restreint…

Depuis 2002, les lois sur l’immigration sont devenues de plus en plus répressives, avec notamment des objectifs d’expulsions (25 000 en 2008, 30 000 en 2009). En 2008, 29 000 personnes ont été expulsées. Les immigrés doivent à présent prouver leur capacité à parler le français, ils doivent connaître les valeurs de la République, c’est-à-dire les valeurs de la république bourgeoise. A de nombreuses reprises, assez régulièrement, des immigrés sont victimes de violences, dans des commissariats, dans des aéroports, dans des écoles…

En outre, la crise économique est un coup majeur porté au capitalisme, et les capitalistes veulent faire payer les travailleurs, en particulier, ils veulent faire payer plus cher les travailleurs immigrés.

La fonction de surexploitation et d’expulsion des immigrés est garantie par le gouvernement, mais il le fait avec l’aide précieuse des directions syndicales. C’est précisément ce qui est récemment arrivé à Paris. Des travailleurs immigrés sans-papiers occupaient la Bourse du travail depuis mai 2008, contre les lois anti-ouvrières et anti-immigration de Sarkozy. Leur revendication était : Des papiers pour tous ! À bas toutes les lois contre l’immigration!

Malgré quelques tensions, l’occupation a duré, jusqu’au 24 juin dernier, lorsque la direction de la CGT, qui refusait de s’associer à ces mots d’ordre, a expulsé les travailleurs de la Bourse du travail. Face à leur résistance, ils appelèrent la police de Sarkozy pour les aider, avec la complicité du Maire de Paris, membre du Parti socialiste.

De nombreuses personnes furent blessées, certaines furent évacuées à l’hôpital, et ils ont même été accusés de violence par la direction de la CGT. À présent, ils campent jour et nuit devant la Bourse du travail.

Le Groupe bolchevik dénonce avec fermeté la responsabilité des bureaucraties syndicales, qui sont entièrement contrôlées par la classe capitaliste.

Pour lutter contre tous les gouvernements, nous exigeons de tous les syndicats ouvriers et partis ouvriers qu’ils défendent ces mots d’ordre en front unique : Des papiers pour tous ! Ouverture des frontières !

Le seul moyen d’y parvenir est de lutter pour la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire mondial pour tous les travailleurs dans tous les pays, pour en finir avec le capitalisme.