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Assemblée des peuples…
…mais pour construire le pouvoir prolétarien qui rompt avec la bourgeoisie

 

Indépendance politique de classe

 

Samedi 8 novembre est prévue la nomination du Comité d’organisation d'une « Assemblée Nationale des Peuples », convoquée principalement par les directions de la CGTP, de la CUT et de la Coordinadora Político Social. Est prévue aussi l'approbation des Principes, des Bases Programmatiques et la mise en forme organisationnelle de cette ANP.

Un organisme qui unifie le mouvement ouvrier et populaire pour construire le pouvoir des travailleurs face à celui de la bourgeoisie, est une longue ambition de masses dans ce pays et partout ailleurs dans le reste du monde. Toutefois, pour atteindre un tel objectif, les travailleurs doivent se battre pour un des principes politiques les plus élémentaires de notre lutte : l'indépendance politique de classe. Pas pour rien, l'histoire a démontré, maintes et maintes fois, que toute subordination aux organismes de la classe dominante signifie la défaite irrémédiable des peuples.

Hélas, l’indépendance de classe n’est pas  la politique des directions qui convoquent l’assemblée. Pour les dirigeants nationaux de la CGTP, de la CUT et les partis traditionnels du mouvement des  exploités (comme le PCP, Patria Roja, le PS et leurs alliés), les travailleurs doivent pactiser avec les organisations de leurs oppresseurs, comme ils le font dans la Coordination Politique & Sociale avec le Partido Nacionalista Peruano, dirigé et financé par des notables de l’armée réactionnaire liés aux capitalistes. De plus, les dirigeants de ces mêmes partis autoproclamés « de gauche », comme Ricardo Letts et Javier Diez Canseco, sont également des chefs d'entreprise.

Une Assemblée Populaire est un organe de front unique en marche vers sa transformation en un organe de pouvoir des travailleurs, dans la conception de la tactique anti-bourgeoise du front unique prolétarien, initiée à partir de 1921 par l'Internationale Communiste. Un tel front est toujours établi entre toutes les organisations de travailleurs des villes et des campagnes, jamais entre exploitants et exploités.

Mais la convocation à l'ANP est explicitement élargie aux «  chefs d'entreprise petites ou moyennes » responsables de l'exploitation des masses qui survivent sans aucun droit du travail, d’aucune sorte. Il inclut ainsi également des organismes étrangers au mouvement populaire comme les ONG et les ordres des professions libérales.

 

Programme révolutionnaire

 

Dans la convocation à l'ANP, nous pouvons constater leur but :

Sans renoncer à la démocratie représentative (…) l'Assemblée Nationale des Peuples se propose de donner cours à la démocratie participante et directe.

Un organisme de front unique qui se forge comme un organe de pouvoir prolétarien, le fait en faisant face à l'Etat de la bourgeoisie et à sa fausse démocratie, pour ériger l'Etat des travailleurs. Il ne peut pas avoir un autre sens, parce que la permanence de l'Etat capitaliste signifie la perpétuation sans fin de l'oppression. Prétendre réformer la démocratie bourgeoise sous couvert d’instaurer une « démocratie participative » est un suicide, parce que cela permet le maintien de la classe dominante au pouvoir.

Pour que le mouvement ouvrier et populaire parvienne à vaincre à son ennemi ne soit pas à nouveau cruellement mis en échec, comme les fois précédentes, il a besoin d'un programme révolutionnaire. Au cours du combat pour ce programme, le prolétariat se renforce et construit son pouvoir. Quelles sont les revendications les plus importantes, partie intégrante de ce programme et pour lesquelles il faut combattre ? Arrêt  des privatisations et des concessions aux entreprises privées. Annulation des Traités de Libre Échange (TLC) avec les États-Unis et les autres pays. Salaire décent qui couvre les besoins familiaux. Services publics et combustibles à des prix populaires. Nationalisation sans rachat des entreprises privatisées, sous contrôle de leurs travailleurs. Contrôle direct de toutes les entreprises étatiques par leurs  travailleurs. Étatisation du commerce extérieur du pays. Expropriation des entreprises multinationales, des banques et des grandes entreprises. Suppression des entreprises d’intérim. Contre la précarité du travail, garantie d’emploi pour tous et réintégration des chômeurs. Plan général de travaux public pour un plein emploi de qualité et l’accès universel au logement. Santé et éducation publiques, gratuites et de qualité, sous contrôle des organisations populaires. Terres et crédits pour les petits paysans. Annulation de la dette extérieure. Rupture avec les gouvernements impérialistes, avec le FMI, la Banque Mondiale, la BID (Banque interaméricaine de développement), l'OMC, l'APEC (Coopération Économique pour l’Asie- Pacifique).

 

Forger le pouvoir prolétarien

 

Loin de lutter pour  un programme permettant atteindre le pouvoir, les sommets bureaucratiques syndicaux et politiques conduisent les travailleurs vers des diversions comme « l’Assemblée Constituante » et « la révocation du président », alors que celles-ci ne sont rien d’autre que les pièges de la pseudo-démocratie bourgeoise.

Jamais une assemblée constituante ou une action juridique révocatoire - dans un pays à la  démocratie formelle – n’a renforce lé mouvement des travailleurs et ne l’a aidé à renverser la bourgeoisie. Au contraire, ce type de consigne l'a à chaque fois désorienté et écarté de ses objectifs historiques, l'ont domestiqué et conduit à la défaite. Les actuels cas de nationalisme bourgeois en Bolivie et en Équateur, montrent la soumission que représente à l’avantage de la bourgeoisie la ligne de l'Assemblée Constituante dans le mouvement de masses.

Au contraire, la lutte pour la construction d'organismes comme les Assemblées Populaires, dans chaque localité et région, et pour les détachements d'autodéfense de masses en leur sein, est la seule voie possible vers des chances de remporter la victoire. Le mouvement populaire a démontré qu'il est capable d'abandonner le pacifisme absurde dans lequel persistent ses directions, tandis que la police et l’armée continuent à le massacrer.

Sur ce chemin vers le pouvoir, d'autres organismes existants comme les Fronts Régionaux doivent être épurés des organismes et éléments bourgeois, pour servir à la constitution d'Assemblées Populaires de classe.

Dans la création d'un embryon de pouvoir prolétarien comme l'ANP, un élément s'avère indispensable : le régime de démocratie prolétarienne qui un jour sera le nouveau régime étatique des travailleurs. Ce n’est qu’au moyen d’une haute et véritable représentativité des vastes masses, avec des délégués démocratiquement choisis et révocables à tout moment dans des assemblées de base, avec une vie interne où sont respectées la libre expression et la volonté de la base et de ses délégués, qu’une Assemblée Populaire constituera une conquête historique de classe. Malheureusement, c'est la bureaucratie syndicale et politique traditionnelle qui organise l'Assemblée et s’attribue évidemment automatiquement la représentation des bases ouvrières et populaires.

Ce n'est pas le premier projet d’Assemblée Populaire au plan national envisagé au Pérou. Une Assemblée Nationale Populaire a déjà été édifiée en novembre 1987 à Ville El Salvador. Convoquée dans des circonstances nationales et internationales beaucoup plus favorables qu’aujourd'hui, cette ANP n'a pas pu se transformer un organe de pouvoir, en véritable soviet, parce que la politique des directions réformistes l'a délibérément fait avorter : ce ne fut qu’une opération de propagande des dirigeants pour couvrir leur opportunisme électoral : l'ANP de 1987 comptait des bourgeois intellectuels et militaires en son sein, qui s’étaient identifiés comme nationalistes velasquistes et chrétiens. Cette direction correspondait, dans son immense majorité, aux mêmes partis qui convoquent maintenant la nouvelle ANP, alliés encore une fois  avec des partis de la bourgeoisie.

 

Forger un parti ouvrier révolutionnaire : Non à la résurrection de la Gauche Unie

 

La Coordinadora Político Social (Coordination politico-sociale) est l'alliance des partis traditionnels du camp des travailleurs avec le Parti Nationaliste bourgeois d'Ollanta Humala. Son objectif déclaré est de négocier une liste conjointe pour les élections de 2010 et 2011. Son objectif n'est pas l'organisation de l'avant-garde prolétarienne dans des assemblées détenant le pouvoir, dans des organismes d'autodéfense, dans un parti révolutionnaire pour créer un État des travailleurs. Son objectif est les mairies, les sièges au Parlement, les postes de conseillers régionaux, les ministères, les présidences, l'administration de l'État bourgeois.

La CPS est une nouvelle version de la Gauche Unie (1980 – 1995), front de conciliation de classes sans avenir après toute une histoire d'opportunisme et de trahisons du  mouvement ouvrier et populaire. Avec un programme réformiste et une politique de collaboration permanente avec la bourgeoisie, la Gauche Unie s'était faite une spécialité d’utiliser le vote des masses appauvries pour s'assurer des situations rentables dans l'État de l’ennemi, avant d’être largement répudiée par le peuple qu’elle parasitait.

À l’opposé, le prolétariat continue à démontrer sa capacité de lutte pour les droits des peuples et sa volonté de mettre un terme à la domination du capitalisme spoliateur. Domination qui ne terminera pas logiquement avec la « refondation » bourgeoise de l'État revendiquée par la CPS, mais avec  la construction du pouvoir ouvrier, l’orientation de la grève générale illimitée que les bureaucraties détestent, l'organisation d'un parti ouvrier révolutionnaire, communiste, comme section d'une internationale ouvrière révolutionnaire, pour prendre le pouvoir.

    Pour la démocratisation de la CGTP et ses Fédérations Départementales

    Pour la Centrale Unique de Classe et de Masse, sur la base de  la CGTP et de la CUT

    Pour des Assemblées Populaires avec démocratie prolétarienne dans toutes les Régions

    Assemblée des Peuples, sans patrons ni militaires, ni bureaucratie réformiste !

    À bas le Gouvernement et le Congrès !

    Grève générale illimitée, maintenant !

    Gouvernement ouvrier, paysan et populaire !

(Colectivo Revolución Permanente en el Perú, Lucha Marxista n° 14, 7 novembre 2008, 91e anniversaire de la révolution soviétique)