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Pour empêcher la privatisation de La Poste

Dirigeants des syndicats, boycottez la commission Sarkozy – Ailleret !

 

Voracité capitaliste

Depuis la séparation de la poste et des télécommunications, les attaques contre le caractère public de ces secteurs n’ont pas cessé. France Télécom a été privatisée.

D’ores et déjà, la mise en cause du statut de fonctionnaires à La Poste prive 40 % des agents des garanties Fonction publique ; depuis 2002, tous les nouveaux embauchés sont sous contrat de droit privé. Les 300 000 travailleurs de La Poste sont soumis à la mobilité, aux restructurations de services, aux fermetures de bureaux, aux pressions de la hiérarchie pour accroître les ventes, faire du chiffre ; la notation individuelle et la mesure de la rentabilité par agent ont accompagné la création des « filiales » préfigurant la dislocation du troisième plus gros employeur de ce pays.

Une nouvelle étape de ce démantèlement est à l’ordre du jour : avec l’accord du gouvernement, véritable patron de La Poste, Jean-Paul Bailly, son président, a confirmé le 28 août en conseil d’administration, la décision de transformer La Poste en société anonyme.

En Grande Bretagne, la privatisation a signifié la réduction massive des effectifs de postiers, la dernière purge, baptisée « accord sur l’efficacité » (2003), éliminant 33 000 emplois à temps plein et 25 000 à temps partiel. Pour doper les profits, en Allemagne, Deutsche Post a transformé 30 000 temps pleins en temps partiels et transféré 25 000 emplois à des sous-traitants qui paient de faibles salaires. Les mêmes causes produiront les mêmes effets en France. De surcroît, le service rendu à la population baissera puisque soumis étroitement aux exigences de rentabilité : fin du prix unique du timbre, fermeture des bureaux à la campagne parce que déficitaires, augmentation des tarifs pour les colis et les services bancaires, réduction de la fréquence de distribution du courrier...

 

Réactions syndicales

Les représentants des organisations syndicales CGT, FO et SUD, flanqués de la CFDT et de la CFTC, ont adopté une « déclaration unitaire » le 2 septembre, à l’issue d’une rencontre pour « faire le point sur le projet de privatisation de La Poste ». Ils y appelaient « l’ensemble des postiers et des postières à la grève nationale unitaire avec manifestations le 23 septembre ».

Une fois encore, les dirigeants syndicaux ont choisi la journée d’action de 24 heures pour faire semblant d’organiser la riposte, mais en réalité sans menacer d’aucune façon le gouvernement et la direction de La Poste à sa botte. Ils anémient l’action des salariés. Pas question d’appeler à la grève générale, de mettre sur pied, dès maintenant, la manifestation à l’Assemblée nationale si le gouvernement présente son projet de loi de transformation de la poste publique en société anonyme.

Refusant de mobiliser réellement la force des 300 000 postiers, les directions syndicales misent sur « les usagers » auxquels il s’agit de faire « signer une pétition » et sur « tous les élus et partis politiques » auxquels « il convient également de s’adresser ». (Déclaration du 2 septembre)

Les sommets des fédérations et confédérations entravent la lutte de classe des postiers au profit de « la démocratie de l’opinion », de « l’union sans étiquette ».

Avec les citoyens, les usagers, les élus et les autres organisations professionnelles, Force Ouvrière combat ce projet de privatisation et demande qu’un large débat public s’organise pour étudier toutes les solutions alternatives à une ouverture du capital. (Tract fédéral FO, 19 septembre)

Mailly montre les muscles pour réclamer… ce que le gouvernement a prévu :

Le gouvernement envisage un débat public organisé autour de réunions publiques structurées avec les préfets et les directeurs de La Poste, dans les différentes régions. (Le Monde, 12 septembre)

Les dirigeants des syndicats savent que les travailleurs de La Poste ne veulent pas de la société anonyme et de l’ouverture du capital ; ils savent que leurs revendications de défense du statut de la fonction publique, d’embauche avec ces garanties de tous les contractuels, de maintien de tous les bureaux, rencontrent un immense écho dans la population laborieuse de ce pays. Au lieu d’organiser la résistance ouvrière, avec les méthodes de lutte du salariat contre le patronat et le gouvernement à son service, Mailly et Thibault s’en remettent à Sarkozy, chargé de décréter un référendum.

Aussi, FO réitère sa demande d’un référendum sur l’avenir de La Poste. La Nation ne doit pas être volée d’un débat sur l’avenir de son grand service public qu’est la poste. (Tract fédéral FO, 19 septembre)

« Il s’agit de l’avenir d’un service public et par définition, il appartient à la nation, à chacun de nos concitoyens ». Bernard Thibault estime que le projet de changement de statut de La Poste en société anonyme doit faire l’objet d’un débat public, avec éventuellement un référendum. (Le Journal du Dimanche, 23 septembre)

Le vendredi 12 septembre, à la Bourse du Travail, sous l’impulsion de FO, de la CGT et de SUD, un « collectif pour un référendum » sur l’avenir de la poste s’est constitué, avec l’appui de FSU, CFTC, PS, PCF, Verts, LCR, MRG, ATTAC, DAL… Le MoDem s’étant prononcé lui aussi pour un référendum, le collectif devrait encore recruter et œuvrer au bon fonctionnement des institutions de la 5e République.

 

À bas la participation !

Dans leur déclaration du 2 septembre, les signataires se plaignent de « la volonté de la direction et du gouvernement de passer en force ». En d’autres termes, ils réclament d’être consultés. Mais qu’est-ce que les postiers ont à gagner à la participation de leurs organisations syndicales à l’élaboration et la mise en place des plans de la direction et du gouvernement ? Le fait que les représentants syndicaux siègent dans toutes les instances possibles, à commencer par le conseil d’administration de La Poste, a-t-il déjà empêché la moindre attaque ? La réponse est non. Est-ce que cela a facilité la tâche du gouvernement et des patrons ? Oui, sans aucun doute.

L’association des syndicats à l’offensive menée contre les salariés permet à la classe bourgeoise de s’abriter ; elle évite que se constitue un front des organisations ouvrières, du prolétariat, contre sa politique. Elle désoriente les travailleurs et leur prêche de s’en remettre aux bavardages et aux compromis.

Sarkozy, comme ses prédécesseurs, utilise à fond la ficelle :

L’idée de créer une commission de réflexion sur l’avenir de l’entreprise, composée d’élus et de syndicats aux côtés de représentants de l’Ėtat et de La Poste, a été arbitrée le 5 septembre par le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, lors d’une réunion entre le premier ministre François Fillon, la ministre de l’économie Christine Lagarde, le secrétaire d’Ėtat à l’industrie Luc Chatel, le conseiller social du président de la République, Raymond Soubie, et le secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol. (Le Monde, 23 septembre )

La présidence de cette instance chargée de faire passer la pilule (somnifères, édulcorants, enrobages sucrés déjà sur l’ordonnance) est confiée à François Ailleret, ex PDG d’EDF, privatisée depuis, et actuel président du groupe des entreprises publiques du Comité économique, social et environnemental. Elle rendra un rapport le 30 novembre. Sa première réunion a eu lieu le 26 septembre, rassemblant 5 représentants de l’Ėtat et de La Poste, 6 « personnalités qualifiées », 6 élus (dont 1 PS et 1 PCF) et 6 « syndicalistes » (CGT, FO, SUD, CFDT, CFTC, CGC). Tous y sont allés.

 

Front unique pour défendre la poste

Les postiers ont manifesté leur refus de la privatisation. Le seul mot d’ordre qui respecte leur volonté, c’est « À bas la transformation en société anonyme, La Poste, c’est la Fonction publique » ! Comment faire reculer le gouvernement Sarkozy et la direction Bailly en se tenant du même côté de la barricade que lui ? Pour le faire reculer, il faut l’affronter, être face à lui, pousser ensemble et le faire chuter.

Dirigeants de la CGT, de FO, de SUD, quittez la commission Sarkozy-Ailleret ! Rompez avec le gouvernement ! Déclarez qu’en cas de maintien de son plan, vous appellerez les postiers à la grève générale, vous organiserez une manifestation unie à l’Assemblée nationale pour empêcher l’adoption du projet de loi de privatisation.

1er octobre 2008