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La
sécurité sociale et la lutte des classes (1)
Les quelques garanties des travailleurs salariés en matière d’accès aux soins, de retraite correcte, de revenus en cas de chômage, etc. sont remises en cause dans le monde entier.
Toutes ces conquêtes sociales provenaient de la force collective du prolétariat, par son action directe ou par la simple possibilité de cette lutte de classe. Elles ont inévitablement revêtu des aspects détournés, incomplets et fragiles dans les formations sociales capitalistes puisqu’elles étaient contrôlées par l’Etat bourgeois et devaient rester compatibles avec les rapports sociaux capitalistes, en particulier la propriété privée des moyens de production et la contrainte, pour la masse de la population, de vendre sa force de travail pour vivre.
Il est possible que l’organisation des travailleurs,
leur résistance toujours croissante opposent une certaine digue à l’accroissement
de la misère. Mais ce qui grandit certainement, c’est l’incertitude de
l’existence. (Friedrich Engels, Critique
du projet de programme d’Erfurt, 1891)
La bourgeoisie mondiale a été saisie de nouveau à la gorge en 1973 par la menace de la crise capitaliste qu’elle croyait, comme ses économistes keynésiens lui affirmaient, à tout jamais écartée. Depuis, elle n’a eu de cesse de restaurer le taux de profit et elle y est parvenue. Ce résultat a été obtenu principalement par l’augmentation du taux d’exploitation. Ce renforcement du taux d’exploitation s’est effectué, non sans résistance de la part des travailleurs salariés, dans chaque lieu d’exploitation et à l’échelle nationale grâce à l’Etat de la bourgeoisie : flexibilité de l’emploi, destruction des bastions ouvriers (par la privatisation, l’externalisation, le toyotisme, la délocalisation…), allongement du temps de travail et intensification du travail, segmentation accrue des collectifs de travail (travailleurs immigrés / nationaux, stables / précaires, etc.), réaffirmation brutale de la domination impérialiste et la résurgence des rivalités entre puissances impérialistes, et aussi mise en cause des revenus sociaux, des pensions de retraite, du remboursement des soins, des allocations chômage…
Les Thatcher, Reagan, Chirac, Bush, Koizumi, Merkel, Sarkozy, Fukada, etc. en font des questions de choix individuels, celui de cesser de fainéanter au chômage, celui de moins consommer de médicaments inutiles, celui de prendre sa retraite tôt ou tard, etc. Par exemple, quand Sarkozy veut priver d’allocations les chômeurs qui n’accepteraient pas les dictats de la 5e République bourgeoise, il en revient au 19e siècle quand le futur massacreur de la Commune de Paris en 1871 préconisait l’arbitraire du pouvoir au lieu des droits de la populace :
La bienfaisance publique comme la bienfaisance privée devait rester une vertu. C’est-à-dire rester volontaire, spontanée, libre enfin de faire ou de ne pas faire. Car autrement elle cesserait d’être une vertu pour devenir une contrainte… (Louis-Adolphe Thiers, Rapport général présenté au nom de la commission de l'assistance et de la prévoyance publiques, 1850)
Ces retours en arrière, cette réaction sociale sont possibles pour des raisons politiques. Face à la précédente vague révolutionnaire de la fin des années 1960 à la fin des années 1970, la bourgeoisie mondiale s’était maintenue comme classe dominante tant dans les pays impérialistes que dans les pays dominés grâce à la collaboration de classes des directions syndicales, des partis staliniens, des partis sociaux-démocrates et des organisations nationalistes petites-bourgeoises. Ayant conservé le pouvoir économique et politique au prix de quelques concessions ou de violentes répressions, la bourgeoisie mondiale put reprendre l’offensive en s’appuyant sur le regain de militarisme américain, le chômage de masse des pays capitalistes, les contradictions grandissantes des économies étatisées, voire en attisant le fanatisme religieux.
Dans ce contexte, les réformistes se retrouvent sans réformes. À défaut, ils prétendent que leurs négociations des plans gouvernementaux, leurs gesticulations parlementaires quand ils sont dans l’opposition, leur gestion gouvernementale quand ils sont au pouvoir, limitent les dégâts, sauvent ce qui peut l’être ou plus cyniquement, permettent de « moderniser » les protections sociales « archaïques ». En fait, les anciennes organisations ouvrières accompagnent la réaction bourgeoise, contraintes par leurs maîtres capitalistes de participer à la mise en cause des conquêtes, en abandonnant au passage leur phraséologie socialiste antérieure. Mais le prolétariat ne peut accepter sa déchéance…
Les sociétés esclavagistes et féodales tentaient de contenir le danger de basculement des travailleurs dans la criminalité et, a fortiori, leur soulèvement, par la répression, en recourant au clientélisme individuel auprès des membres de la classe dominante et à la charité structurée par les organismes religieux.
Ainsi, dans la Rome tardive, les paysans déclassés devenaient des « prolétaires » urbains, une fois dépossédés de leurs anciens moyens de production, les terres où les patriciens les avaient remplacés par des esclaves. Ils étaient réduits à se lier à une famille de leurs expropriateurs et à vivre aux dépends des fonds publics, sous forme « du pain et des jeux », tant que l’empire restait prospère et s’étendait. Au Moyen-âge, les « gueux », les serfs chassés par la guerre, les infirmes, les déclassés erraient dans les campagnes ou survivaient dans les quartiers les plus misérables des bourgs ou des villes. Les seigneurs et les bourgeois leur faisaient l’aumône à la sortie de l’office religieux ; l’Eglise organisait la charité, en se servant au passage, sous la forme d’aumôneries, d’hôpitaux et d’hospices. En échange de la charité, les grandes religions (bouddhisme, christianisme, islam…) garantissaient aux donateurs des avantages, passablement hypothétiques, dans la vie future et contribuaient, de manière plus tangible, au maintien de l’ordre social pour les classes exploiteuses.
Dans l’Europe du haut moyen-âge, les monastères étaient les seuls dépositaires du savoir médical issu de l’antiquité grecque et romaine. L’Eglise exerça durant plusieurs siècles un monopole de fait sur les connaissances et sur la pratique médicales. La vocation de leurs infirmeries et de leurs hôpitaux n’était pas seulement médicale : il s’agissait d’y accueillir aussi bien des pèlerins, des pauvres ou des handicapés que les malades sans domicile. Ce sont la lèpre et les grandes épidémies de peste, de variole, etc., aggravées par les guerres dynastiques, qui conduisirent les autorités municipales d’abord, royales ensuite, à intervenir dans le domaine de la santé à partir, surtout, du 14e et du 15e siècle. Elles édictèrent des mesures de protection : formation de cordons sanitaires, isolement et enfermement des malades, quarantaine des vaisseaux, collecte des cadavres… Sous Louis XV et Louis XVI, la lutte contre les épidémies fut à l’origine des premiers éléments d’une politique médicale d’Etat. L’Etat monarchique centralisé commença d’organiser les études de médecine et patronna la création, en 1776, de la Société royale de médecine, chargée, par l’intermédiaire de ses correspondants dans les provinces, de la surveillance sanitaire du royaume.
La Révolution française débutant en 1789, en mobilisant les masses contre la monarchie et le féodalisme, allait conduire à la proclamation, pour la première fois, d’une politique d’assistance et de santé publiques traduite en termes de droits :
Il sera créé et organisé un établissement général de
secours publics, pour élever les enfants abandonnés, soulager les pauvres
infirmes et fournir du travail aux pauvres valides qui n’auraient pu s’en
procurer. (Constitution, 1791, titre 1)
Les secours publics sont une dette sacrée. La société
doit subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail,
soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.
(Déclaration des droits de l’homme, 1793, article 21)
Cependant, ces belles déclarations comme bien d’autres, restèrent lettre morte. Dès la répression des « sans-culottes » par le Comité de salut public et le renversement de Robespierre par les « thermidoriens » en 1794, l’idée même d’un financement public de l’assistance, de la médecine et des hôpitaux fut abandonnée. Le Directoire, le Consulat et l’Empire en prirent le contrepied. L’assistance aux pauvres redevint l’affaire de la charité privée. Les hôpitaux furent cantonnés à leur rôle d’hébergement des déshérités et replacés sous la tutelle des communes. Celles-ci recoururent pour leur financement aux dons et pour leur gestion aux congrégations religieuses.
L’émergence du capitalisme en Grande-Bretagne, en Belgique, en France, en Allemagne, plus tard dans le reste de l’Europe, en Amérique du Nord et au Japon entraîna la subordination du reste du monde et la dislocation des rapports sociaux traditionnels à l’intérieur des pays concernés.
La constitution féodale des campagnes et
l’organisation corporative des villes empêchaient le capital-argent, formé par
la double voie de l’usure et du commerce, de se convertir en capital
industriel. Ces barrières tombèrent avec le licenciement des suites
seigneuriales et l’expulsion partielle des cultivateurs… (Karl Marx, Le Capital,
Dans l’ancienne famille étendue, les membres des diverses générations cohabitaient et s’entraidaient, les tâches se répartissaient en fonction des possibilités de chacun et en fonction de l’âge. Elle allait éclater quand les générations anciennes se trouvèrent sans ressources, tandis que les plus jeunes allaient constituer des familles nucléaires dans les faubourgs populaires des villes et servir de chair à profit dans les manufactures, les mines, les chantiers, les magasins et les transports.
Sur la base du pillage des colonies et de l’exploitation forcenée de la main-d’œuvre libérée des campagnes, la nouvelle classe exploiteurs s’enrichit. À l’accumulation de richesses à un pôle de la société correspond l’accumulation de misère à l’autre. Le prolétariat n’existe que pour créer la plus-value.
De toutes parts affluent les témoignages démontrant que les habitations des travailleurs dans les mauvais quartiers des villes et les conditions de vies habituelles de cette classe sont à l’origine d’une foule de maladies… Les maladies pulmonaires sont la conséquence inévitable de ces conditions de logement et sont de fait particulièrement fréquentes chez les ouvriers. L’aspect étique de nombreuses personnes rencontrées dans la rue montre bien que cette mauvaise atmosphère de Londres, en particulier dans les quartiers ouvriers, favorise au plus haut degré le développement de la tuberculose. Lorsqu’on se promène un peu le matin de bonne heure, au moment où tout le monde se rend au travail, on reste stupéfait par le nombre de gens qui paraissent à demi ou totalement phtisiques… bien que la tuberculose fasse également dans les villes industrielles du Nord une véritable hécatombe chaque année.
La grande rivale de la tuberculose, si l’on excepte
d’autres maladies pulmonaires et la scarlatine, c’est la maladie qui provoque
les plus effroyables ravages dans les rangs des travailleurs : le typhus.
D’après les rapports officiels sur l’hygiène de la classe ouvrière, la cause
directe de ce fléau universel, c’est le mauvais état des logements :
mauvaise aération, humidité et malpropreté… Le typhus fait son apparition dans
les quartiers ouvriers de toutes les grandes villes et même dans quelques rues
mal construites et mal entretenues de localités moins importantes, et c’est
dans les plus mauvais quartiers qu’elle opère ses plus grands ravages. (Friedrich Engels, La Situation de la classe
laborieuse en Angleterre, 1845)
Assoiffé de profits, le capital assassine le plus légalement du monde des générations entières d’ouvriers, d’ouvrières. En trois années, de 1885 à 1887, près de 500 mineurs vont trouver la mort par accident en France, près de 50 000 sont blessés. La mortalité par accident des pêcheurs d’Islande est d’environ 7 % à la même époque : près de 200 disparaissent chaque année.
Il y a déjà pourtant des lois et règlements pour indiquer aux industriels les mesures qu’ils devraient prendre pour sauvegarder la classe sur laquelle repose l’accumulation du capital. Mais le moindre de leurs défauts est d’être à peu près complètement inapplicables et privés en fait de toute sanction. Aucun magistrat n’irait de surcroît appliquer la loi à un capitaliste, quand bien même celui-ci aurait des comptes à lui rendre. Ils appartiennent tous deux à la même classe, et c’est la classe dominante.
Ce sont les travailleurs qui produisent toutes les richesses, à partir de la nature. Mais ils n’en ont pas le contrôle. Peu sont indépendants. Dans le mode de production capitaliste, la plupart des travailleurs sont des salariés, contraints de vendre leur force de travail aux capitalistes qui détiennent les moyens de production.
Il faudrait que notre détenteur d’argent eût
l’heureuse chance de découvrir sur le marché une marchandise dont la valeur
d’usage possédât la vertu particulière d’être source de valeur échangeable, de
sorte que la consommer serait réaliser du travail et par conséquent créer de la
valeur… (Karl Marx, Le Capital,
Par conséquent, les capitalistes organisent le processus de production et sont en mesure de disposer du produit. Ils accaparent ainsi la plus-value qui correspond à la différence entre la valeur nouvelle, créée par le travail, et la rétribution des prolétaires.
La partie du capital transformée en force de travail
change de valeur dans le cours de la production. Elle reproduit son propre
équivalent et de plus un excédent, une plus-value. (Karl Marx, Le Capital,
Le rapport du travail payé au travail gratuit détermine l’évolution des salaires et des conditions d’existence des producteurs dans ce mode de production. Le paupérisme et la mortalité ouvrière sont les conséquences du système capitaliste d’exploitation.
En admettant que la composition du capital reste la même, son accumulation tend à faire monter le taux des salaires. La décomposition du capital en sa partie constante (valeur des moyens de production) et variable (valeur de la force de travail ouvrière, somme des salaires) implique en effet que l’accroissement du capital renferme l’accroissement de sa partie variable. Et la composition organique du capital restant stable, la demande de travail marchera avec l’accumulation, la partie variable du capital augmentant au moins dans les mêmes proportions que sa masse totale. Si la concurrence entre travailleurs diminue et s’ils améliorent leur sort par la lutte collective, la hausse des salaires, étant l’augmentation de la partie rémunérée du travail, s’effectue au détriment de sa partie non payée qui forme la plus-value, base de tous les profits des capitalistes.
L’augmentation des salaires comme la réduction du temps de travail ont donc été, de tous temps, des revendications fondamentales primordiales pour le prolétariat, auxquelles la bourgeoisie ne pouvait céder – de par les conditions sociales et politiques dans lesquelles elle y était contrainte – qu’en acceptant de limiter l’aggravation de l’exploitation du prolétariat ou, et c’est cette dernière solution qui a toujours prévalu en dernière analyse, en augmentant encore et toujours la productivité du travail.
En effet, l’accumulation n’aboutit pas à un accroissement quantitatif simultané des différentes composantes du capital. Sa composition organique est elle-même révolutionnée en permanence par le procès de la production. Les équipements, l’énergie et les matériaux augmentent de plus en plus en comparaison de la somme des forces ouvrières nécessaires à leur mise en œuvre. D’une part, le travail mort, accumulé, domine de plus en plus le travail vivant du prolétaire ; d’autre part, les méthodes que la production capitaliste emploie pour fertiliser le travail sont autant de méthodes pour augmenter la plus-value, pour alimenter la source de l’accumulation et accumuler du capital au détriment du travail.
Du coup, l’accumulation crée, en règle générale, une surpopulation de salariés, une armée de réserve de chômeurs qui pèse sur l’ensemble de la classe ouvrière :
La loi, qui toujours équilibre le progrès de
l’accumulation et celui de la surpopulation relative, rive le travailleur au
capital plus solidement que les coins de Vulcain ne rivaient Prométhée à son
rocher. C’est cette loi qui établit une corrélation fatale entre l’accumulation
du capital et l’accumulation de la misère, de telle sorte qu’accumulation de
richesse à un pôle, égale accumulation de pauvreté, de souffrance, d’ignorance,
d’abrutissement, de dégradation morale, d’esclavage, au pôle opposé, du côté de
la classe qui produit le capital même. (Karl
Marx, Le Capital,
L’insécurité de l’existence des travailleuses et des travailleurs découlait avant tout du risque d’être privé du jour au lendemain de tout salaire, de toute ressource, par le seul fait qu’il y avait un excès de main-d’œuvre sur le « marché du travail », par rapport aux besoins du capital ou par la maladie, l’accident de travail, etc.
Pour les ouvriers, tomber malade, c’était perdre toute ressource et sombrer dans la misère. C’est contre ce risque de la maladie et du chômage, que naquirent les premières mutuelles ouvrières de secours. Ce furent, partout, les premières formes d’organisation de la classe ouvrière. Elles furent, selon les périodes, tolérées ou réprimées. À son niveau le plus général, la lutte du prolétariat vise à supprimer l’exploitation capitaliste, ce qui exige l’expropriation des propriétaires privés des moyens de production et l’appropriation collective de ceux-ci. Il s’y prépare en luttant, à chaque moment de son existence, pour limiter au maximum l’exploitation, réduire la partie non payée de son travail que le capitaliste lui extorque sous forme de plus-value.
La première grande lutte des ouvriers parisiens, en 1848, avait posé le problème du droit au travail garanti par l’Etat, ainsi que le droit à la protection en cas de maladie ou d’incapacité. Dès lors, ces revendications furent reprises par les militants syndicaux, socialistes, en particulier les « communistes », les « marxistes ». Ainsi, le premier programme socialiste pour la France, rédigé en commun par Guesde, Lafargue, Marx et Engels, comprend les revendications suivantes :
Mise à la charge de la société des vieillards et des
invalides au travail. Suppression de toute immixtion des employeurs dans
l’administration des caisses ouvrières de secours mutuels, de prévoyance, etc.,
restituées à la gestion exclusive des ouvriers. Responsabilité des patrons en
matière d’accidents, garantie par un cautionnement versé par l’employeur dans
les caisses ouvrières, et proportionné au nombre des ouvriers employés et aux
dangers que représente l’industrie. (POF, Programme
d’Amiens, 1880)
L’Internationale ouvrière (2e Internationale) affirme, à l’aube du 20e siècle, le droit aux soins, aux retraites, à l’indemnisation du chômage :
Dans la société capitaliste, ce résultat (garantie de
ressources en cas de maladie, chômage, etc.) peut être obtenu au mieux par une
législation d’assurance ouvrière effective. Les travailleurs de tous les pays
ont donc à réclamer des institutions par lesquelles la maladie, les accidents,
l’invalidité soient le mieux possible prévenus et par lesquelles, par
l’assurance obligatoire, il soit donné aux travailleurs un droit légal à des
moyens d’existence suffisants et aux secours médicaux quand par maladie,
accident, invalidité, vieillesse, grossesse, maternité, chômage, ils ne peuvent
plus exercer leur force de travail. (Résolution
du Congrès socialiste international d’Amsterdam, 1904)
Considérant justement que toutes les cotisations à cette fin sont en fait une part du salaire global, l’Internationale déclare que les travailleurs doivent avoir leur contrôle :
Même lorsqu’elles sont payées par les patrons, les cotisations portent toujours sur une partie du salaire. Aussi les travailleurs doivent-ils en fortifiant leur organisation syndicale éviter cette perte de salaire… Les travailleurs doivent exiger que ces institutions d’assurance soient placées sous l’administration directe des assurés et que les mêmes dispositions soient appliquées aux travailleurs de toutes les nations, nationaux et étrangers. (Résolution, 1904)
En fait, ces revendications n’ont jamais été pleinement satisfaites, même au zénith des concessions accordées par la bourgeoisie de Suède, de Grande-Bretagne, d’Allemagne ou de France.
(à suivre)