| Révolution Socialiste | ![]() |
|
Accueil |
Liens |
CoReP |
CRP en el Perú |
Grupo Germinal |
L’indépendance
de classe passe par le refus des instances de cogestion
Le gouvernement, le ministère de la Santé et les directeurs de centres hospitaliers instaurent actuellement un maillage de structures de participation, les « conseils de pôle », pour compléter la Haute Autorité de santé, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, le Haut Conseil de la santé publique, les agences régionales de l’hospitalisation, les conseils d’administration des établissements...
En application du plan Hôpital 2007 (voir Révolution socialiste n° 18), les conseils de pôle ont pour fonction de faciliter la mise en place d’une nouvelle organisation du travail, en invitant les salariés et les syndicats à « participer à l’élaboration du projet de contrat interne, de permettre l’expression des personnels, de favoriser les échanges d’information et faire des propositions sur les conditions de fonctionnement…» (Décret, 26 décembre 2005) et ceci dans tous les secteurs de l’hôpital : services de soins, administratifs, logistiques, techniques, directions…
En réalité, cette nouvelle instance a pour but de faire participer les travailleurs à la « gestion des dépenses médicales, pharmaceutiques, hôtelières et générales, du personnel non-médical et médical, de l’équipement » (idem), c’est-à-dire tenter d’associer les travailleurs de la santé à la gestion de l’hôpital dans le cadre de la restriction générale des moyens financiers décidée par les gouvernements.
Il est prévu que les services, « représentés » par leurs conseils de pôle, qui n’auront pas atteint leurs objectifs financiers soient sanctionnés. Ils verront diminuer leurs budgets, seront transférés au secteur privé ou simplement supprimés. Cette attaque se poursuit depuis la mise en place du plan Hôpital 2007, qui prévoit dans le domaine de la psychiatrie, un démantèlement du soin, la mise en cause de la notion de secteur qui permettait une prise en charge adaptée… mais coûteuse.
Au Centre Hospitalier Guillaume
Régnier de Rennes, confrontées à la suppression des 45 postes de soignants, les
sections CGT et SUD ont appelé au boycott des élections des 22 conseils de pôle
prévus. Avec la direction, seuls les responsables CFDT ont docilement mené
campagne en parlant des pôles comme une « première étape ». Malgré le
soutien de la CFDT et les pressions exercées par l’encadrement, la direction
vient de subir un échec car elle n’a obtenu que 42 % des candidatures
escomptées, la plupart médecins ou membres de droit, sans obtenir pour certains
services de candidat dans des catégories entières : techniques,
infirmiers, aides-soignants. Quant aux élections, la participation de certaines
catégories a été très faible : il y a un service qui n’a vu que 4 votants
sur 90 inscrits, un autre service 3 sur 71, un autre 7 sur 73, voire 0. Par
conséquent, certains pôles ne fonctionneront qu’avec des membres de la
direction, des médecins, des cadres… et la plupart n’auront pas toutes les
catégories de personnel représentées.
Beaucoup de travailleurs de ce centre hospitalier ont compris qu’il n’y a rien à attendre de bon de tels organismes de concertation qui s’inscrivent dans les attaques envers eux-mêmes et dans les atteintes au service public hospitalier. D’ailleurs, ils avaient en mémoire la décision du directeur de supprimer les 45 postes, de diminuer les journées de formation continue, de menacer les RTT…
Alors que les « pôles » sont en cours d’installation dans tout le pays, cet exemple devrait être repris par les fédérations et les centrales syndicales. Jusqu’à présent, toutes apportent leur caution. Les responsables fédéraux SUD et CGT refusent de boycotter les « conseils de pôle » et les conseils d’administration, conformément à la ligne Thibault d’ouverture de bons services à Sarkozy et à son gouvernement :
La démocratie ne se réduit pas à l’expression
citoyenne à l’occasion d’une élection. Elle implique que les grandes décisions
économiques et sociales soient soumises à concertation et négociation. (Déclaration
confédérale CGT, La
Vie Nouvelle, mai 2007)
C’est donc bien la pression qui va obliger le
ministère à discuter ! (SUD Santé, 11 juin
2007)
Nous portons l’exigence d’un réel dialogue social qui
crée les conditions d’évaluations partagées sur les politiques mises en œuvre,
ainsi que sur le débat concernant l’organisation sanitaire et sociale… (Nadine Prigent, secrétaire générale de la fédération CGT, Lettre
aux ministres, juin 2007)
Les travailleuses et les travailleurs de la santé ont besoin, pour se défendre efficacement, que les organisations syndicales soient à leur service, ce qui commence par la rupture avec le gouvernement Sarkozy-Fillon-Bachelot, par le refus de discuter ses attaques, par le boycott de tous les organismes qui ont pour fonction de les appliquer sur le terrain.
17 juin 2007, correspondant