Révolution Socialiste  

Home

Liens

Révolution Permanente

CRP en el Perú

Grupo Germinal

 

 

 

Face à l’expédition au Liban, au budget 2007, aux licenciements, aux privatisations, aux opérations de police…

Seule la lutte de classe du prolétariat et de la jeunesse à ses côtés peut bloquer l’offensive

 

Le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy n’est pas resté paralysé à l’approche des échéances électorales : intervention militaire au Liban, refus de délivrer des titres de séjour à la majorité des parents étrangers qui ont leurs enfants à l’école et évacuation brutale du squat de Cachan le17 août, nouveaux mensonges du ministre de l’intérieur contre les jeunes des banlieues suivies d’interventions policières massives aux Tarterêts et aux Mureaux, privatisation de GDF, projet de budget pour 2007, etc.

 

Le budget 2007 : moins de professeurs, plus de gardiens de prison et de policiers

 

Le volet dépenses du budget donne les moyens à l’Etat de remplir son rôle. Dans le monde entier, la part des dépenses qui correspondent en partie aux concessions aux exploités et aux opprimés diminue à l’avantage du financement de l’appareil de répression qui est le cœur de l’Etat bourgeois.

En 2007, 8 700 postes seront supprimés dans l’enseignement public secondaire… (Les Echos, 28 septembre 2006)

Pour maintenir l’ordre mondial, conserver une place à l’impérialisme français, défendre les intérêts à l’étranger des grands groupes capitalistes, pour maintenir les bases militaires et intervenir au Liban, en Afghanistan, en Côte d’ivoire, à Haïti, il faut des instruments de destruction et des mercenaires grassement payés qui servent, en cas de crise révolutionnaire, à la guerre civile.

Avec 36,29 milliards alloués pour 2007, les crédits de paiement de la mission Défense ressortent en hausse (+ 2,5 %). À cela, deux raisons : l’évolution de la masse salariale liée aux embauches du service des armées ou de la DGSE, mais surtout le respect de la loi de programmation militaire… À eux seuls, les crédits de paiement à la LPM représentent 15,1 milliards pour 2007. De quoi poursuivre les grands programmes d’armement : avion de combat rafale, véhicule blindé d’infanterie, frégates multimissions… 700 millions d’autorisations d’engagements au titre du projet de deuxième porte-avions… (Les Echos, 28 septembre 2006)

Pour maintenir l’ordre intérieur, contenir les comportements asociaux engendrés par la misère et la discrimination, traquer les étrangers pauvres, matraquer les étudiants et les grévistes, décourager toute rébellion collective, il faut des douaniers, des policiers, des juges et des gardiens de prison.

Avec 6,27 milliards (+ 4,9 %), la justice s’inscrit parmi les grands gagnants du budget. (Les Echos, 28 septembre 2006)

Au total, l’Etat recourt à 660 000 personnes  pour maintenir l’ordre (« justice », « défense », « sécurité »…). En outre, la République verse les salaires des 130 000 enseignants de « l’enseignement privé sous contrat » qui sont embauchés (et parfois licenciés) par l’Eglise catholique. Il subventionne « les entreprises », c’est-à-dire les petits-bourgeois et les capitalistes à qui elles appartiennent, au titre de la « recherche » et de « l’emploi » (2 550 dispositifs pour l’emploi pour un total de 19 milliards d’euros en 2006).

Le volet impôts du budget de l’Etat obéit à la même logique sociale et politique que le volet dépenses.

Les entreprises obtiendront au total plus de 3,45 milliards d’euros d’allègements fiscaux et sociaux. (Les Echos, 5 septembre 2006)

Les impôts progressifs, ceux dont le taux augmente pour les revenus élevés, ne représentent qu’une minorité de la fiscalité : respectivement 12,6 % pour l’impôt sur le revenu des personnes physiques et 0,7 % pour l’impôt de solidarité sur la fortune. Les impôts sur la consommation, qui frappent proportionnellement plus les revenus les plus faibles, l’emportent largement : la taxe sur la valeur ajoutée rapporte 32,5 % des impôts, la taxe intérieure sur les produits pétroliers 6,6 %.

La partie la plus riche de la population finance de moins en moins les dépenses de l’Etat, la majorité des contribuables moins fortunés assumant de plus en plus le fardeau fiscal. Le budget 2007 prévoit à ce titre le maintien des « niches fiscales », un « bouclier fiscal », la baisse des taux de l’impôt sur le revenu, l’entrée en vigueur de la réforme de la taxe professionnelle.

À rentrer dans le détail des mesures annoncées, on découvre que les quatre cinquièmes de cette somme vont revenir à une petite minorité de contribuables, les plus riches. (Alternatives Economiques, octobre 2006)

 

Au nom de l’emploi, le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy précarise

 

Officiellement, le nombre de chômeurs a diminué de 125 000 en 2005 et il a encore baissé de 136 000 de janvier à août 2006. Le gouvernement UMP s’en attribue le mérite.

Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, expliquait hier, en inventant un néologisme que n'aurait pas renié Raffarin, que la France « est sur la pentification vertueuse qui nous conduit vers les 8  % » de taux de chômage. (Libération, 31 août 2006)

Les travailleuses et les travailleurs ne doivent pas prendre au sérieux les propos des ministres des gouvernements bourgeois, quels qu’ils soient, pas plus que les promesses des candidats à la présidence de la 5e République. Quand le chômage diminue, comme aujourd’hui, il s’agit de mécanismes qui leur échappent car le capitalisme est incontrôlable. Le voudraient-ils, ils seraient bien incapables d’en finir avec le chômage. En fait, les politiciens bourgeois n’y tiennent pas, quoiqu’ils en disent publiquement. Le thème de l’emploi leur sert à justifier leur véritable objectif, l’augmentation du taux d’exploitation.

Les modes de calcul de l’ANPE et de l’INSEE conduisent à sous-estimer les effectifs des sans-emploi. Même si les nombres officiels étaient justes, ils resteraient accablants pour le capitalisme français : cela fait quand même plus de 2,4 millions de chômeurs, soit 9 % de la population active. Le capitalisme rejette de la production une partie variable de la population, alors que bien des besoins sont insatisfaits et que les patrons (et l’Etat en tant qu’employeur) exigent de plus en plus d’efforts et de temps des salariés qui ont un emploi. Le chômage de masse, qui frappe particulièrement les femmes, les immigrés, les non diplômés et les jeunes conduit à la relégation des familles les plus pauvres et les plus précaires dans les « banlieues ».

La diminution du nombre de travailleurs sans emploi est en partie fictive et en partie réelle. D’une part, le gouvernement a fait radier en masse les chômeurs. L’ANPE a radié 68 000 personnes de plus au premier semestre 2006 qu’au premier semestre 2005. D’autre part, le chômage est la différence entre la « population active » et le nombre des « actifs occupés ». Or, la croissance de la population active ralentit. En 2003, elle avait augmenté de 277 000 personnes ; en 2005, elle n’a crû que de 119 000 personnes. Il faut donc moins de création d’emplois qu’autrefois pour aboutir à une baisse du chômage.

À taux de croissance égal, on n’a jamais créé aussi peu d’emplois salariés. (Les Echos, 15 septembre 2006)

Ces emplois nouveaux sont pour la plupart précaires :

La part des embauches sur des contrats de moins d'un mois est passée de 35 % en 2000 à 53 % en 2006. Et les recrutements se réalisent, à 78 % sur des contrats à durée déterminée (CDD), sans compter l'intérim. Les embauches sont donc de plus en plus précaires et pour des durées de plus en plus courtes. (Xavier Timbeau, Le Monde, 5 septembre 2006)

L’armée de réserve des chômeurs, si elle présente l’inconvénient de peser sur les débouchés des marchandises, a un grand mérite aux yeux des capitalistes, de leurs économistes et de leurs représentants politiques car elle sert de pression sur le reste de la classe ouvrière. D’ailleurs, un certain nombre de mesures du gouvernement tendent à augmenter le nombre de chômeurs : amendements aux lois Aubry de flexibilité favorisant l’allongement de la durée hebdomadaire de travail, lois Juppé et Fillon conduisant à des retraites plus tardives, budgets de l’Etat qui réduisent les postes de la fonction publique, etc.

Comme tous les gouvernements depuis la réapparition du chômage de masse à partir de la crise capitaliste de 1973, dont ceux qui comprenaient le PS et le PCF, le gouvernement actuel utilise le thème du chômage et de l’emploi pour étrangler la Sécurité sociale et pour miner les dispositions du Droit du travail qui limitaient l’exploitation : instauration de nouveaux contrats de travail (contrat nouvelle embauche, contrat d’apprentissage junior), multiples exonérations de cotisation sociales et même la combinaison des deux sous la forme de « contrats aidés » par l’Etat (contrat d’accompagnement dans l’emploi, contrat d’avenir, contrat d’insertion RMI, contrat initiative emploi).

Parallèlement, le patronat et le gouvernement mettent en cause les statuts qui protégeaient certains secteurs. Les contrats précaires dans la fonction publique, la LOLF, la loi Fillon contre les retraites, la décentralisation des personnels non enseignants de l’Education nationale, les privatisations de des PTT, d’EDF-GDF servent à cela.

 

Gaz de France privatisée avec la complicité du PS, du PCF et des directions syndicales

 

Les gros actionnaires de Suez passent avant tout. (Lutte Ouvrière, 7 septembre 2006)

Quelle raison y a-t-il à privatiser GDF ? Aucune, si ce n’est de « servir toujours plus de dividendes à quelques actionnaires privilégiés », dixit Alain Bocquet, président du groupe communiste. (L’Humanité, 28 septembre 2006)

Le gouvernement sert toute la bourgeoisie française, et pas simplement « quelques actionnaires ». En cassant l’entreprise publique EDF-GDF et en privatisant ses deux composantes, il poursuit deux buts : d’une part, constituer des grands groupes capitalistes français capables d’affronter la concurrence mondiale dans l’énergie ; d’autre part, casser un bastion des luttes capable de bloquer l’économie capitaliste française toute entière.

Dans une première étape, il a séparé les deux entreprises et a transformé leur statut, avec l’accord de toutes les directions syndicales.

EDF est réformée. M. Sarkozy s’est emparé de ce dossier avec détermination, a passé des heures à négocier avec les syndicats… mais a réussi une transformation que ses prédécesseurs n’avaient pas pu opérer. (Le Monde, 28 novembre 2004)

La loi du 9 août 2004 a transformé EDF-GDF en deux sociétés anonymes. Après cette victoire contre les gaziers et électriciens, contre toute la classe ouvrière, le gouvernement est passé à l’étape suivante : la privatisation des deux groupes. Elle a débuté l’an dernier, à l’été 2005, l’Etat a vendu une partie des actions de GDF ; à l’automne 2005, la direction d’EDF a augmenté le capital social en émettant de nouvelles actions à la Bourse de Paris (Euronext). L’épisode en cours est l’achèvement de la privatisation de GDF et sa fusion avec le groupe Suez. Evidemment, les statuts actuels des travailleurs de GDF (garantie de l’emploi, retraite...) n’y résisteront pas.

À chacune de ces trois étapes, Chirac, le gouvernement, l’UMP ont pu compter sur la veulerie des partis réformistes et des bureaucraties syndicales qui ont appelé à voter Chirac en 2002 et qui ont empêché la grève générale en 1995 contre la loi Juppé, en 2003 contre la loi Fillon et en 2006 contre la loi Villepin.

Alors que seule la grève générale des travailleuses et des travailleurs d’EDF et de GDF aurait pu mettre en échec le gouvernement, les directions des syndicats d’EDF-GDF ont multiplié les journées d’action impuissantes.

Les partis ouvriers traditionnels se sont contentés de pitoyables gesticulations à l’Assemblée nationale, où ils savent être minoritaires. Il faut dire qu’ils privatisent tout autant quand ils sont eux-mêmes au gouvernement. Le gouvernement Jospin-Buffet-Fabius avait vendu tout ou partie de France Télécom, la CNP, Air France, EADS, Crédit Lyonnais, CIC, Thomson, ASF…

Selon la Constitution, la privatisation de GDF exigeait une loi. Le gouvernement a donc déposé un projet sur l’énergie qui prévoit, dans son article 10, la diminution de la participation de l’Etat au capital de GDF à un tiers des actions.

Au lieu d’appeler les travailleurs à la grève totale et illimitée, à manifester à l’Assemblée, le PS et le PCF avaient annoncé leur intention de bloquer la discussion parlementaire en déposant une multitude d’amendements au projet, au total 137 499, ce qui n’aurait en rien empêché son adoption. Même cette mascarade a fait long feu :

Hier, après neuf jours de débat sur le projet de loi énergie, le très chiraquien président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a annoncé en personne la surprenante issue de la concertation intervenue quelques minutes plus tôt dans son bureau entre les présidents des groupes socialiste, communiste et UMP. Les responsables de l'opposition et de la majorité sont tombés d'accord pour clore les débats sur le texte organisant la privatisation de GDF dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 septembre, et fixer le vote solennel au 3 octobre… (Libération, 20 septembre 2006)

La CFDT, ainsi que tous les syndicats de Suez, a soutenu le « projet industriel » du gouvernement qui va permettre de liquider les statuts des gaziers.

Les fédérations CGT et FO de l’énergie ont appelé à de nouvelles « journées d’action » bidon le 12 septembre et le 3 octobre. Les bouffonneries de « mariage EDF-GDF » ou  « enterrement de la fusion GDF-Suez » étaient à l’honneur. En sus, elles ont organisé des référendums démoralisants et fait signer des suppliques à Chirac pour lui demander de défendre « l’intérêt du pays » et des « citoyens ».

LO et la LCR soutiennent systématiquement les « journées d’action » bidon, ils sont incapables de tracer une autre voie, basée sur la lutte des classes parce qu’il leur faudrait affronter les appareils qui trahissent les travailleurs.

Ce serait le moment, pour les directions des confédérations syndicales qui prétendent défendre les travailleurs, de nous dire ce qu’elles comptent faire pour organiser la riposte qui s’impose… (Lutte Ouvrière, 1er septembre 2006)

Même si l’Assemblée a voté la privatisation de GDF, le 3 octobre, le chemin des libéraux est semé d’embûches. La confédération CGT propose l’organisation de manifestations unitaires le samedi 14 octobre. Cela peut être l’occasion d’associer tous les secteurs publics, les usagers, les associations, les forces politiques. (Rouge, 6 octobre 2006)

LO et la LCR s’opposent  même aux propositions de grève totale et illimitée, de manifestation à l’Assemblée,  parce qu’ils ont renoncé à la révolution socialiste, choisi de conseiller le réformisme (surtout le PCF et l’appareil CGT) et accepté de constituer l’extrême-gauche de la 5e République bourgeoise et impérialiste.

 

Pour vaincre, les travailleuses et les travailleurs doivent surmonter la politique de collaboration de classes

 

Les travailleurs salariés ont le potentiel de paralyser l’économie, de faire reculer le pouvoir, de le renverser, de résoudre les problèmes cruciaux de la société : chômage, racisme, oppression, guerre, environnement…pourtant, ils subissent recul sur recul, défaite sur défaite.

Car les bureaucraties syndicales et les partis réformistes les entravent, les divisent, les démoralisent, les trahissent. Les bureaucraties corrompues par la classe dominante relaient et répercutent toutes les idées de la classe dominante : l’inévitabilité du capitalisme, l’intérêt commun aux classes, les illusions dans la 5e République et la citoyenneté, le patriotisme et la xénophobie, la confiance dans les représentants de la classe exploiteuse et les prêtres, etc. Ils renforcent l’arrogance et l’agressivité des partis bourgeois, du gouvernement, des patrons.

Par conséquent, la préservation des intérêts des travailleurs et la conquête d’un avenir pour leurs enfants imposent de surmonter la politique des réformistes, de combattre au sein des syndicats pour que ceux-ci jouent leur rôle, de créer des organismes démocratiques en cas de lutte et de les fédérer pour déborder les directions syndicales et postuler au pouvoir, de construire un nouveau parti, internationaliste et révolutionnaire, pour souder les éléments les plus conscients.

Une organisation vraiment socialiste, vraiment communiste n’aurait pas pour première préoccupation de désigner une candidate ou un candidat à l’élection présidentielle, mais d’exiger de toutes les organisations ouvrières qu’elles rompent avec la bourgeoisie :

qu’elles appellent à la grève générale contre la privatisation de GDF, à la manifestation à l’Assemblée pour le retrait du projet de budget 2007, à la mobilisation sous toutes les formes pour en finir avec l’intervention des troupes françaises au Liban, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et à Haïti ;

qu’elles réalisent l’unité pour l’augmentation des salaires et des revenus sociaux, pour l’interdiction des licenciements, pour l’abrogation des lois Juppé et Fillon, pour l’abrogation des lois Sarkozy ;

qu’elles s’engagent dans la voie d’un gouvernement des travailleurs, de l’expropriation des groupes capitalistes, d’un plan de production et de répartition pour répondre aux besoins sociaux.

L’issue passe par la lutte de classe, la dislocation de l’Etat bourgeois, le pouvoir ouvrier, le socialisme.

7 octobre