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48e Congrès de la CGT

La direction confédérale disponible pour le capital

 

 

L’orientation et la direction reconduites

 

Le 48e  congrès de la principale confédération syndicale ouvrière a été un succès pour Thibault et son équipe. Le rapport d’activité a été adopté par 82 % des mandats ; le rapport d’orientation a obtenu 80,4 % ; le secrétaire général, seul candidat, est réélu sans problème et son équipe avec lui ; la modification des modalités de reversement des cotisations, qui n’était pas passée au dernier congrès, a été avalisée cette fois-ci.

Il faut dire que tout y était joué d’avance. Le tri des délégués, le grand ménage dans les amendements et les intervenants, l’ordre du jour escamotant la discussion sur le bilan de l’orientation suivie…

Les textes préparatoires donnaient d’ailleurs le ton : rédigé dans une langue de sociologues, de journalistes, de sociaux-chrétiens, ils noient toute expression claire de l’offensive menée par le patronat et le gouvernement à son service ; ils n’avancent aucune revendication ouvrière, par exemple sur la nécessité d’augmenter les salaires. En bref, ils manifestent la volonté de la direction confédérale CGT de poursuivre la mutation d’une organisation née pour défendre les intérêts de la classe ouvrière contre la classe capitaliste, en « force d’intervention dans le débat public, dans les débats de société ». Rapport d’activité et rapport d’orientation dégoulinent de « citoyenneté », de « nouvelles solidarités » ; les têtes pensantes de la collaboration de classes y font du « sociétal » à toutes les pages.

 

Les organisateurs de défaites se sont donné l’absolution

 

En 2002, la direction confédérale n’avait pas fait défaut à la bourgeoisie française : elle a appelé à voter Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle. Depuis, les gouvernements qu’il a présidés ont logiquement multiplié les coups contre le prolétariat pour assurer le profit des capitalistes et tenter de conforter le capitalisme bleu blanc rouge face à ses concurrents. Ce soutien actif au plan électoral est avalisé par ce congrès qui précise, de surcroît, que la CGT n’appellera pas à voter pour les candidats des partis ouvriers contre ceux des partis bourgeois, sous prétexte... d’indépendance :

Sauf circonstances exceptionnelles, elle ne donne plus de consignes de vote lors des échéances électorales. (I-128)

Le vote Chirac est une manifestation éclatante du lien entre la bourgeoisie et les appareils qui dirigent les organisations ouvrières. Les autres preuves de cette collusion résident dans la ligne suivie par les Thibault et compagnie, face aux attaques menées par le patronat et le gouvernement. Tirer un bilan de cette orientation devrait être le travail d’un vrai congrès syndical ; au contraire, les congrès bureaucratiques comme celui tenu à Lille du 24 au 28 avril, mentent sur le bilan pour protéger la direction et sa politique.

Escamoté, le rôle majeur de la direction confédérale dans les défaites subies, notamment sur les retraites en 2003. Le rapport en renvoie la responsabilité aux travailleurs.

La forte mobilisation – environ 4,5 millions de personnes ont participé à une forme ou une autre d’action – n’a pas permis d’empêcher le vote du projet de réforme… La détermination de la CGT à mener cette bataille a été totale. Mais nous nous sommes heurtés à… des réalités et des vécus différents entre les salariés du public et du privé… Les chiffres des journées de grève du printemps 2003 traduisent cette division que nous n’avons pas surmontée : 3,5 millions pour le secteur public, 250 000 pour le secteur privé…

Oubliée, la déclaration du « syndicalisme rassemblé » de janvier 2003 avec sept organisations syndicales qui se prononçait pour une réforme des retraites en « omettant » de réclamer les 37,5 annuités pour tous. Là encore, la CGT « avait des propositions » et était prête à en discuter avec le gouvernement. En parfaite harmonie avec la CFDT, ils affichaient « un diagnostic partagé » avec le gouvernement Chirac-Raffarin pour « réformer » le système des retraites.

Toujours rassemblé contre la grève générale, ce « syndicalisme » a multiplié les « journées d’action » quand Fillon lui-même déclarait :

Pour que la réforme échoue, il faudrait que le pays soit paralysé par une grève générale. (Le Figaro, 31 mai 2003)

La direction confédérale ne peut cacher que les centaines de milliers de travailleurs mobilisés escomptaient un appel de la direction CGT à la grève générale. Appel qu’elle a refusé de lancer, en arguant d’une mobilisation insuffisante des salariés :

Un débat s’est engagé sur l’opportunité d’un appel à la grève générale. Rappelons que pour la CGT la grève générale ne se décrète pas. Elle est le résultat de la généralisation de la grève et des mobilisations tant dans le public que dans le privé. Objectivement, les conditions n’ont pu être remplies et le mouvement des retraites n’a pu aboutir à la construction de ce rapport de forces optimum.

« Objectivement », les dirigeants de la CGT n’ont pas rompu avec le gouvernement. « Objectivement », la direction Thibault n’a pas engagé le combat pour gagner, c’est pour cela qu’elle a multiplié les journées d’action. « Objectivement », trois ans après, elle n’a même pas inscrit l’exigence d’abrogation de la loi Fillon, le retour aux 37,5 annuités pour tous dans son rapport d’orientation…

Escamoté aussi du rapport d’activité, le rôle de l’appareil CGT face à la privatisation d’EDF-GDF.

Comme pour d’autres privatisations, c’est avant tout le soutien de l’opinion publique et un engagement suffisant des salariés qui ont fait défaut malgré les efforts importants réalisés par nos organisations, le plus souvent dans l’unité.

La réalité est « objectivement » bien différente.

Le 9 janvier 2003, 53,4 % des travailleurs d’EDF-GDF ont répondu NON au référendum sur le plan de destruction de leur régime de retraite concocté par le gouvernement Chirac-Raffarin et la direction de l’entreprise. Après des mois de discussions qui ont abouti à la signature par la CFDT, la CFTC et la CGC d’un relevé de conclusions préparant la fin du statut des gaziers et électriciens ; après des mois de matraquage sur « le caractère inéluctable » de la privatisation, de la perte des acquis sociaux, les travailleurs ont rejeté l’accord. Pourtant, la direction du principal syndicat, la CGT, est allée jusqu’à demander l’organisation du référendum et appeler à voter OUI. Dans un de ses bastions, en soutien aux attaques que prépare le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy-Fillon-Mer, l’appareil de la CGT s’apprêtait à signer le relevé de conclusions. Pour cela, il fallait faire porter la responsabilité de cette trahison aux travailleurs, via le référendum. Le coup a échoué, le vote des travailleurs l’a contrainte à s’abstenir. (Révolution Socialiste, mars 2003)

Voilà pour les « efforts importants » que la direction a déployés à EDF-GDF. Il faudrait sans doute y ajouter la pétition nationale, respectueusement remise le 21 novembre 2005, jour de l’entrée en Bourse d’EDF :

M. le Président de la République, la crise énergétique est profonde et durable. La nation doit préserver de manière exclusive le contrôle et la maîtrise de ce secteur vital. Un projet de financement alternatif pour Edf est possible. En conséquence, je m’oppose à l’ouverture du capital d’Edf. Je vous demande d’user de votre autorité pour stopper ce projet contraire à l’intérêt du pays.

Autre glorieux référendum omis du rapport d’activité, celui concocté par les responsables CGT de la SNCM. Les bulletins de vote avaient été préparés par les dirigeants CGT locaux, avec un soin très particulier :

OUI à la reprise de l’activité pour éviter le dépôt de bilan

NON à la reprise de l’activité = dépôt de bilan.

Après avoir choisi un plan de privatisation plutôt qu’un autre, après avoir avalisé les suppressions d’emplois, Israël et Marty ont organisé la reprise du travail des marins grévistes (voir Révolution Socialiste, décembre 2005). Depuis le mardi 2 mai 2006, la privatisation de la SNCM est définitivement entérinée. C’est une défaite pour le camp des prolétaires, à mettre à l’actif du « syndicalisme de proposition » qui pratique en réalité l’accompagnement de toutes les offensives contre les travailleurs.

 

La CGT force de proposition

 

Ainsi, la direction de la CGT a édité une plaquette intitulée Emploi et politique industrielle, dont un chapitre est consacré aux « convergences industrielles et syndicales ». Alors qu’elle n’a impulsé aucun combat contre les licenciements, contre la réduction des droits des chômeurs, elle expose son soutien aux intérêts des capitalistes français. Elle a sans doute puisé son inspiration dans le colloque tenu par Villepin sur le thème « Emploi et politique industrielle, enjeu social et économique »... auquel la CGT participait. À moins que ses « propositions » proviennent de la commission Beffa, mise en place par Chirac, sur la « ré-industrialisation économique par les nouveaux secteurs industriels de pointe » ?

Le Duigou y siège pour la CGT, comme il a été son représentant au Conseil économique et social, au Conseil d’orientation des retraites, au Conseil de l’Epargne salariale, au Conseil de surveillance de l’Agence de l’innovation industrielle...

La participation à toutes ces instances de collaboration entre exploiteurs et (soi-disant) représentants des exploités injecte dans l’organisation syndicale le point de vue du plus fort, de celui qui a le pouvoir, c'est-à-dire la bourgeoisie. Le Duigou est un produit de l’appareil syndical, pas un corps étranger. Son livre Demain le changement, manifeste pour un nouveau syndicalisme exprime la position la plus conséquente de l’adaptation de la bureaucratie syndicale à la société capitaliste :

Dans un contexte marqué par l’accroissement d’échelle de la concurrence, la base d’un dialogue social ne peut être que de nouveaux objectifs sociaux appuyés d’une recherche d’une nouvelle efficacité économique (p. 169)

En clair, pas question de défendre les droits acquis par la lutte du prolétariat contre la classe des capitalistes, ils mettent en péril la compétitivité des entreprises françaises. Place aux « nouveaux objectifs » digérables par les patrons, autant dire n’ayant rien à voir avec les intérêts des travailleurs. La direction de la CGT n’a cessé de réclamer des « négociations » sur les retraites, la Sécurité sociale, aujourd’hui la précarité. Elle  expose à chaque occasion ses « propositions » de fiscalisation de la sécurité sociale, de liquidation du salaire différé par l’alignement des cotisations dites patronales sur la valeur ajoutée et non sur les salaires, ou de « statut du travail salarié », qui répondent totalement aux exigences de la bourgeoisie et tournent le dos aux véritables revendications ouvrières : Augmentation des salaires ! La sécu, ce n’est pas l’impôt ! Gestion par les représentants élus des travailleurs ! Défense des statuts et des conventions collectives ! Les licencieurs doivent payer ! Abrogation de toutes les dispositions visant à faire baisser l’indemnisation des travailleurs mis au chômage ! Plan de production pour donner du travail à tous ceux qui en réclament, calcul de la durée du travail pour répondre à cette exigence !

Il n’est pas question d’ignorer la contrainte de compétitivité des entreprises. L’idée «d’interdiction des licenciements » est de ce point de vue ni réaliste, ni ambitieuse. Sa mise en œuvre se retournerait très vite contre les salariés. Il faut être beaucoup plus ambitieux et créer un droit d’intégration dans l’emploi. (p. 106-107)

L’objectif des 32 h est dangereux parce qu’il ne correspond en rien au rapport de forces actuel… Le travail a commencé à changer et devient de plus en plus rebelle à son enfermement dans une plage de temps clairement délimitée et mesurable, ce qui constituait une caractéristique essentielle du travail industriel classique (p. 136)

Voilà le vrai visage du syndicalisme de proposition. Il anticipe, parfois, et accompagne, toujours, les offensives menées par la classe ennemie, parce qu’il ne conçoit pas d’autre horizon que la société capitaliste qui le finance pour services rendus.

Tandis que le rapport d’activité fustige les salariés qui n’auraient pas assez fait pour empêcher les privatisations, Le Duigou dans son livre et la direction confédérale au complet dans le rapport d’orientation avouent leur abandon de ces entreprises publiques aux appétits capitalistes et le lâchage de tous ces personnels sur l’hôtel de la rentabilité et de « l’intérêt général ».

L’évolution du secteur public doit donc s’inscrire dans une réflexion plus globale sur une  problématique de « désétatisation des entreprises publiques » qui n’abandonne pas l’objectif de nouvelle efficacité économique face à la contrainte des marchés et de la rentabilité. Il faut savoir distinguer entre les fins et les moyens : des moyens qui deviennent partiellement obsolètes et qu’il faut renouveler ; et des fins, notamment une maîtrise collective de la politique de développement économique et social, qui demeure un objectif plus que jamais indispensable. (p. 216-217)

Il est évident que les entreprises publiques comme les services publics, ont besoin de se transformer. Les données technologiques évoluent modifiant les conditions d’exercice des missions… Autant les graves remises en cause actuelles sont inacceptables, autant nous ne pouvons nous contenter de défendre le statu quo. (II-132)

La Cgt entend imposer un débat sur les finalités des services publics. L’objectif est de faire en sorte que les services publics et les entreprises publiques répondent mieux aux attentes des populations d’aujourd’hui et à l’intérêt général. (II-133)

 

Le « nouveau statut du travail salarié »

 

Parmi toutes les propositions de l’équipe dirigeante, il faut faire un sort particulier au nouveau statut du travail salarié qu’elle élabore depuis plusieurs années et qui est maintenant son cheval de bataille. Il camoufle en réalité une offensive contre les statuts, contre les conventions collectives, contre les dispositions qui subsistent en matière de Droit du travail.

L’intitulé n’est pas choisi au hasard : en opposition aux garanties collectives qui témoignent de la puissance sociale des salariés, d’un rapport de forces à un moment donné entre les deux classes fondamentales, le nouveau statut s’attache à l’individu. Le prolétaire qui est contraint de vendre sa force de travail n’est plus adossé aux autres travailleurs de son entreprise, de sa branche professionnelle mais se retrouve seul face à l’ensemble des exploiteurs et de l’Etat à leur service. Il est plus étroitement soumis aux exigences de « l’efficacité économique » chère à Le Duigou.

Le rapport d’orientation, sous le titre « Pour de nouvelles solidarités territoriales » ne cache pas qu’il ne saurait s’agir, d’ailleurs d’un « statut » garanti nationalement :

Notre bataille pour l’emploi et le nouveau statut du travail salarié s’ancre dans les territoires. (II-36)

Autant de « statuts » que de territoires, de sites, etc.

La direction de la confédération CGT s’aligne sans vergogne sur les besoins du capitalisme français : réduire le secteur public, liquider ses statuts (réforme de l’Etat, privatisations), poursuivre les licenciements dans les secteurs non rentables de son point de vue, restructurer pour rendre compétitifs ses secteurs de pointe. Pour ce faire, baisser la valeur de la force de travail en diminuant le salaire différé, le salaire direct par l’augmentation de la durée du travail ; en réduisant les quelques limites qui subsistent aux licenciements ; en rognant encore les indemnités de licenciements, les indemnités de chômage ; en imposant à la main d’œuvre de se porter sur les branches déficitaires, sans tenir compte de ses qualifications, flexibilité et mobilité étant les maîtres mots.

des droits transférables lors de la mobilité des salariés d’une entreprise à l’autre ; une sécurité sociale professionnelle pour tous les salariés du privé comme du public, pour que leur contrat de travail soit maintenu même si leur emploi est supprimé ; une protection sociale élargie et démocratisée, au financement garanti par une réforme de la cotisation patronale ; une démocratie participative en territoire, avec des lieux d’intervention dotés de réelles prérogatives. (II-42-45)

Cette sécurité sociale professionnelle a un défenseur décidé en la personne du chef de l’UMP et ministre de l’Intérieur, Sarkozy :

Il nous faut adapter les protections du salarié aux besoins d’aujourd’hui. Alors que les parcours professionnels sont discontinus et marqués par des périodes de chômage plus ou moins longues, par des reconversions et l’acquisition de compétences nouvelles, les protections doivent désormais être attachées aux salariés et non aux emplois qu’ils occupent. C’est cela le cœur de la Sécurité sociale professionnelle. (N. Sarkozy, Intervention à l’usine Métaleurop, 13 avril 2006)

Le gouvernement et le ministre Borloo ont préparé leur « contrat de transition professionnelle » par de longues négociations auxquelles la CGT a participé. Il préfigure la dite sécurité sociale professionnelle. Il vise à faciliter les licenciements et les restructurations sur des « sites dans lesquels des risques de licenciements économiques existent »,  en encadrant étroitement les travailleurs pour qu’ils acceptent n’importe quel reclassement. Une « expérimentation » pour deux ans sur sept sites est engagée (décret d’application du 14 avril 2006) .

 

La réorganisation interne pour appliquer la ligne confédérale

 

La direction confédérale est parvenue à faire adopter sa réforme du reversement des cotisations au national. Ces dispositions ont beaucoup occupé les bureaucrates à tous les étages, mais sans qu’ils exposent aux syndiqués le sens de cette réforme, parce qu’elle est totalement liée à l’orientation confédérale, qu’ils ne combattent pas. Il s’agit de financer la restructuration de la CGT, avec l’objectif de ramener le nombre des Fédérations de 33 à 9. La direction de la CGT confirme aussi par là qu’elle veut aider à la suppression des droits et garanties afférents à une branche professionnelle. La restructuration est adossée à l’orientation d’accompagnement des plans anti-ouvriers, dont le nouveau statut du travail salarié et la sécurité sociale professionnelle sont des traductions. Le texte voté par le congrès le dit explicitement :

En lien avec le nouveau statut du travail salarié et la sécurité sociale professionnelle, [il s’agit] de réfléchir autour de champs d’activités tels que: industrie, services, commerce, transports, santé et protection sociale, culture et éducation, environnement, communication, financement. (III-89)

Prête à passer à la trappe les organismes sur lesquels s’est bâtie la CGT, la direction confédérale envisage de rejoindre l’organisation mondiale qui va naître de la fusion entre la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) et la CMT (Confédération Mondiale du Travail).

La première a été fondée en 1949, dans la foulée de la guerre froide, sur des bases violemment anticommunistes. FO y a adhéré. Elle coopère avec l’OIT et dispose d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU. La seconde est un regroupement de « syndicats » chrétiens. La CFTC et la CFDT en sont adhérentes. Sa déclaration de principe affirme que « l’épanouissement des hommes, comme le développement des peuples revêtent des dimensions non seulement matérielles mais aussi spirituelles. » Bel aréopage en vérité ! C’est prostituer le terme d’Internationale que de l’accoler à cette fusion de collaborateurs rétribués par les Etats et les organismes internationaux de la superstructure capitaliste. Thibault et ses adjoints travaillent à la liquidation de la CGT comme organisation ouvrière.

Les syndicats de notre époque ne peuvent pas être plus longtemps réformistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de réformes sérieuses et durables. (Trotsky, Les Syndicats à l’époque de la décadence impérialiste, 1940)

 

L’opposition à la ligne confédérale est inconséquente

 

Les oppositions qui se sont manifestées dans le congrès, qu’elles soient issues de l’appareil ou de ses auxiliaires de la LCR, de LO ou du PT n’ont pas d’orientation alternative à proposer aux syndiqués, aux travailleurs. Elles ont ferraillé sur le vocabulaire utilisé, rédigé des amendements, joué le jeu. Jamais les opposants n’ont dénoncé la participation de la confédération à tous les organes de participation dans lesquels s’élaborent les attaques contre le prolétariat. Ils ont été très brefs sur l’organisation des défaites sur les retraites, la sécurité sociale. La ligne commune qu’ils ont suivie pendant le mouvement contre la loi Villepin dite d’égalité des chances montre que dirigeants et opposants ont entre eux plus de convergences que de divergences : ils ont été d’accord contre la manifestation à l’Assemblée nationale du prolétariat et de la jeunesse pour interdire le vote de la loi. Unis pour ne parler que du CPE, pour multiplier les journées d’action, pour refuser l’appel à la grève générale, pour accepter que le gouvernement s’en tire avec une modification de l’article 8. Parce qu’ils n’ont pas pour stratégie la révolution  socialiste, les opposants domestiqués n’ouvrent pas de perspective aux travailleurs conscients des trahisons de la bureaucratie syndicale.

L’expression d’une opposition conséquente à l’orientation de la direction de la CGT, le rassemblement d’une fraction syndicale lutte de classe, sont indissociables du combat pour construire un parti ouvrier révolutionnaire, pour doter le prolétariat de la direction résolue dont il a besoin pour affronter la bourgeoisie et la vaincre.