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Immigrés
Une fois encore, le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy s’acharne à planifier, par la loi, une dégradation des conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France, un durcissement des pratiques d’expulsions. Pour qui connaît la situation dramatique que vivent aujourd’hui des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, le caractère plus que restrictif des lois françaises en matière d’immigration, il semble impossible de rajouter encore des obstacles au droit de résider dans ce pays. Le discours de Villepin devant le Comité interministériel de contrôle de l’immigration (29 novembre 2005) donne une idée des attaques subies depuis quatre ans (s’ajoutant évidemment aux mesures des gouvernements précédents) :
Le nombre d’éloignement d’étrangers en situation irrégulière a plus que doublé depuis 2002 et il devrait dépasser 20 000 en 2005. Nous avons doublé les places dans les centres de rétention administrative. […] Depuis novembre 2004, les maires peuvent contrôler les attestations d’accueil. Les premiers visas biométriques ont été délivrés en mars 2005 et nous avons décidé d’accélérer leur déploiement dans un plus grand nombre de consulats. Le contrôle des conditions d’accès à l’aide médicale d’Etat a été renforcé en août 2005. L’aide au retour a été rendue, en septembre, plus attractive et mieux contrôlée. Le droit aux allocations familiales pour les étrangers a été mieux encadré par la loi de financement de la Sécurité sociale, afin de les réserver aux familles en situation régulière. La loi de finances 2006 réforme les allocations des demandeurs d’asile.
Il restreint considérablement le regroupement familial, soupçonne de fraude tout mariage entre Français(e) et étranger(e), suspecte de fausse déclaration les pères étrangers d’enfants français. Le projet de loi entérine la quasi-disparition de la « carte de résident ». Il envisage de supprimer la régularisation au bout de dix années passées sur le territoire, poussant à plein régime la fabrique de clandestins perpétuels.
Sous le vocable d’«immigration choisie », le gouvernement de défense des intérêts capitalistes français s’organise pour trier les étrangers immédiatement rentables, considérés comme « utiles » économiquement. Les étudiants étrangers passeront au même tamis économico-policier. Chirac-Villepin-Sarkozy entendent instaurer, après les CNE, CPE, un CDD de séjour à durée limitée au bon vouloir des patrons.
Une circulaire des ministères de l’intérieur et de la justice en date du 21 février 2006 explique à tous les traqueurs de sans-papiers comment magouiller les convocations, les contrôles, etc., pour ne pas risquer de vice de forme quand ils arrêtent nos frères et sœurs de classe dans des préfectures, des locaux associatifs, des écoles… Faire du chiffre exige de savoir tromper et de rejeter toute humanité.
De nombreuses associations de défense des travailleurs sans-papiers, des droits des étrangers, ont dénoncé ce projet de loi et la situation faite à ces centaines de milliers de personnes, souvent très isolées. Elles tentent de combler le vide criminel creusé par les partis et les syndicats qui disent représenter les intérêts des plus faibles dans la société capitaliste et n’organisent aucune riposte centrale aux attaques incessantes dirigées contre la fraction immigrée du prolétariat.
La tâche de partis et de syndicats combattant vraiment contre la politique du gouvernement et des patrons, est de mettre leur presse au service de l’information des syndiqués et des travailleurs, leurs moyens au service de l’unité de tous les travailleurs contre l’aggravation du droit d’asile des étrangers ; leur responsabilité est d’appeler à manifester en masse à l’Assemblée nationale pour interdire le vote de la loi qu’il entend faire passer.