| Révolution Socialiste | ![]() |
|
Home | Liens | Révolution Permanente | Lucha Marxista | Grupo Germinal |
Grèce
Le capitalisme
grec est traditionnellement dominé par les puissances impérialistes
européennes. En même temps, il joue un rôle important à l’est de la
Méditerranée. L’agriculture reste relativement archaïque à cause de son
morcellement, la bourgeoisie grecque tentant de ménager les petits paysans pour
élargir sa base sociale. L'industrie représente moins d'un tiers du PIB avec
une activité concentrée dans quelques secteurs où la Grèce dispose de
ressources naturelles (textile, aluminium) ou d'un important marché régional
(ciment et raffinage pétrolier). Les deux points forts de l’économie nationale
sont le tourisme et la marine marchande.
Cet
hiver, une grève a touché ce secteur. La Fédération panhellénique des marins
(PNO) a lancé un mot d’ordre de cessation de travail de 48 heures à partir du
16 février, pour réclamer le droit aux allocations de chômage, les retraites et
l'ouverture des négociations pour les conventions collectives de 2006.
La
majorité des 25 000 marins grecs a alors paralysé le trafic maritime.
Devant le refus de l'Union des armateurs grecs de céder, la PNO a reconduit la
grève deux fois. Comme l’économie grecque est largement tributaire du transport
maritime, les patrons du transport routier ont protesté contre l’immobilisation
de 5 000 camions à destination des îles, des paysans ont manifesté en
Crète contre le blocage de leurs produits frais.
Le
gouvernement Costas Caramanlis (Nouvelle démocratie) est alors venu en aide aux
armateurs. Dans la nuit du 21 au 22 février, le gouvernement a réquisitionné
les marins. L’annonce officielle a été faite l’après-midi du 22. Auparavant,
dès 6 heures du matin, des policiers sont allés chercher les travailleurs à
leur domicile pour leur intimer l’ordre de reprendre leur poste. Le soir du 22,
la police est intervenue au Pirée contre les piquets grévistes qui empêchaient
l'amarrage de deux bateaux en provenance de Crète.
Les
22 et 23 février, le mouvement ouvrier a multiplié les actes de
solidarité : grève dans le bâtiment, délégations syndicales aux ports,
soutien sur place des dirigeants et des militants du Parti communiste de Grèce
(KKE), de la Coordination de la gauche (Synaspismos) et de toutes les
organisations qui se réclament du trotskysme et du maoïsme.
Pour
autant, aucune organisation syndicale n’a appelé à la grève générale l’ensemble
des travailleurs de Grèce, ni la confédération GSEE (dont l’appareil est
partagé par la ND et par le PASOK), ni la fédération des marins PNO elle-même
(dirigée par le KKE).
Le
soir du 23 février, le Comité exécutif de la PNO annonça « la
suspension de la grève » à partir du 24. Dans son communiqué, la
direction stalinienne du syndicat déclara avoir pris cette décision « en
prenant en considération tous les facteurs et incidences du mouvement dans tous
les domaines », faisant part de son « sentiment élevé des
responsabilités à la fois vis-à-vis des marins et de la société ». Le
sens de la responsabilité de l’appareil envers la société capitaliste ne fait
pas de doute.