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Toutes les organisations qui se réclament des travailleurs et des jeunes doivent appeler à une manifestation à l’Assemblée nationale pour arracher :

 

Retrait du projet de loi Villepin !


 

 

Le chômage pour les uns et l’exploitation pour les autres

 

Le capitalisme est incapable d’assurer un emploi pour tous les travailleurs. Le chômage frappe singulièrement les travailleurs âgés et les travailleurs jeunes, et plus encore les jeunes arabes et les jeunes noirs, même diplômés. En même temps, ceux qui ont un poste travaillent de plus en plus intensément ; des centaines de milliers de jeunes travaillent dans les entreprises, mais gratuitement ou quasi- gratuitement, sous forme de « stages » de plus en plus longs.

Les gouvernements successifs au service du capitalisme français non seulement ne combattent pas le chômage mais en tirent prétexte pour multiplier les cadeaux aux  patrons et pour saper les quelques conquêtes que la classe ouvrière avait arrachées autrefois : accès à l’enseignement public, Sécurité sociale et assurance chômage, Droit du travail. De cette manière, le gouvernement ne crée pas des emplois, quoiqu’il prétende : il rend les travailleurs moins chers et plus facilement licenciables.

La justice bourgeoise œuvre dans le même sens. La Cour de cassation a décidé le  12 janvier que les patrons pouvaient désormais licencier « préventivement », sans avoir à prouver des difficultés économiques. Les tribunaux correctionnels ont condamné sévèrement les lycéens qui avaient osé s’opposer au projet Fillon et les jeunes qui avaient participé au soulèvement des banlieues pauvres, confrontées au chômage et aux persécutions policières.

 

Avec le « contrat première embauche », ce serait encore plus de flexibilité et de précarité

 

Le 11 janvier, le Conseil des ministres présidé par Chirac a adopté un projet de loi « pour l’égalité des chances » qui élargit les « zones franches » où les patrons sont exonérés d’impôts et de charges sociales et qui abaisse l’âge de l’apprentissage à 14 ans. Le 16 janvier, de Villepin, Duteil, Copé, Breton, Begag et Borloo ont ajouté à ce projet de loi des aides à l’apprentissage, l’institutionnalisation des « stages » de longue durée, la création d’un contrat à durée déterminée pour les seniors et d’un contrat baptisé « contrat première embauche » pour les jeunes.

Le projet de CPE du gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy vise les moins de 26 ans. La période d’essai serait portée à deux ans. Par conséquent, les jeunes travailleurs seront soumis à une pression renforcée des patrons. En outre, si la travailleuse ou le travailleur a été auparavant au chômage six mois, l’employeur bénéficiera de l’exemption totale des cotisations sociales normalement à sa charge, durant trois ans. Ravi, le MEDEF réclame l’extension du procédé, ce que le gouvernement prépare :

Après le contrat nouvelles embauches pour les entreprises de moins de 20 salariés et le CPE pour les jeunes de moins de 26 ans, le premier ministre est prêt à entamer une nouvelle étape… la généralisation de la période d’essai de deux ans à tous les CDI et, parallèlement, la suppression des contrats à durée déterminée. (Le Monde, 26 janvier 2006)

Par le biais des jeunes et des seniors, c’est bien à l’ensemble des travailleurs que le gouvernement s’en prend.

 

Comment obtenir le retrait du projet de loi, comment battre le gouvernement

 

Les partis ouvriers (PCF, PS…), les fédérations syndicales de l’enseignement (FSU, UNSA…), les confédérations syndicales (CGT, FO….), les directions étudiantes et lycéennes (UNEF, SUD, FIDL, UNL)  condamnent le contrat première embauche. Fort bien. Mais alors, pourquoi n’appellent-ils pas dans l’unité tous les jeunes, tous les travailleurs à une manifestation monstre à l’Assemblée nationale pour contraindre le gouvernement et sa majorité à retirer la loi de précarisation ? Pourquoi les sempiternelles « journées » d’action de 24h, qui plus est, dans la plus grande dispersion : le 31 janvier, le 2 février, le 7 février… Parce que l’objectif des Thibault, Mailly et compagnie n’est pas de battre le gouvernement, d’imposer le retrait. Il faut tirer les leçons des multiples « journées d’action » impuissantes, de la privatisation d’EDF, de l’adoption de la loi Fillon, du mouvement pour défendre les retraites, de la grève de la SNCM, du soulèvement des jeunes des banlieues.

Le gouvernement Chirac avait dû reculer en 1986 sur le renforcement de la sélection à l’université et le gouvernement Balladur en 1994 sur les CIP, ancêtre du CPE : ce qui les a bloqués, c’est la grève générale des étudiants, la mobilisation massive, les manifestations de dizaines de milliers de jeunes qui exigeaient le retrait du projet de loi, pas sa « réécriture concertée ».

Dans les assemblées générales, dans les réunions de sections syndicales, la volonté d’infliger un coup d’arrêt à la politique anti-ouvrière, réactionnaire, du gouvernement doit imposer aux dirigeants qui disent représenter les travailleurs et les jeunes :

 

Manifestation à l’Assemblée nationale pour empêcher l’adoption de la loi Villepin !

Aucune négociation des plans réactionnaires du gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy ! Retrait du projet d’apprentissage à 14 ans et du CPE !

Abrogation du CNE ! Interdiction des licenciements et des stages non rémunérés ! Diminution du temps de travail sans baisse de salaires !

Amnistie de tous les lycéens et de tous les jeunes des quartiers pauvres condamnés pour avoir manifesté contre le pouvoir !

 

 

29 janvier 2006