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20 ans d’austérité contre la santé publique

Front unique des organisations syndicales pour le retrait du plan Hôpital 2007

 

 

Le droit de se soigner est en péril

 

Comme tout ce que le prolétariat a acquis par sa lutte de classe, l’accès aux soins pour tous est remis en cause par la bourgeoisie. La classe des capitalistes entend liquider ce qu’elle a dû concéder après la deuxième guerre mondiale, en particulier le paiement d’un salaire différé, l’existence d’un secteur hospitalier public couvrant tout le territoire et dispensant l’ensemble des soins disponibles. A rebours des besoins de la population, l’offensive est permanente pour « maîtriser les dépenses », c’est à dire faire payer les travailleurs ou les priver de soins, réduire les effectifs et l’activité hospitalière, tandis que les capitalistes du médicament voient leurs profits exploser, tandis que les cliniques et laboratoires privés vivent grassement sur le dos de la Sécurité sociale.

 

20 ans de plans d’austérité et d’attaques contre la Sécurité sociale

 

● En 1982, le gouvernement Mitterrand - Mauroy - Delors, avec Ralite (PCF) comme ministre de la santé, instaure le « forfait hospitalier » (montant équivalant à 3 euros) : les malades doivent payer de leur poche, comme si être à l’hôtel ou à l’hôpital, c’est la même chose… En 1983, les hôpitaux sont soumis au « budget global » ; à eux de se débrouiller pour ne pas dépasser l’enveloppe allouée, quelles que soient la demande de soin, l’augmentation des prix des médicaments, de l’énergie, etc. Ce budget global a pour inconvénient notoire de restreindre les progrès en terme de recherche et d’enseignement, secteurs dans lesquels les gestionnaires vont chercher la rallonge qui leur manque. L’année suivante, la « réforme du financement » impose aux hôpitaux les normes capitalistes d’évaluation des coûts ; la chasse aux économies sur le dos des personnels et des patients est renforcée.

● En 1987, Chirac réunit des « Etats généraux de la Sécurité sociale » au terme d’une campagne d’intoxication sur le « trou » de la Sécu, désignant les hôpitaux comme des gouffres financiers. L’objectif prioritaire est de préparer la fiscalisation de la Sécurité sociale : en faire un chapitre du budget de l’Etat, exonérer à terme les patrons du versement du salaire différé.

● En 1990, Rocard, premier ministre de Mitterrand, répond à cette demande de la classe bourgeoise en créant la Contribution sociale généralisée (CSG), un impôt supplémentaire, prélevé à la source, destiné à financer l'assurance maladie, les prestations familiales et le Fonds de solidarité vieillesse. Son montant est voté par le parlement. Il n’a cessé d’augmenter depuis sa création.

● Après la mise en place des Schémas régionaux d’organisation sanitaire (en 1991) qui visent une diminution des dépenses, Balladur engage, deux ans plus tard, la « restructuration hospitalière » : l’heure est à la fermeture de petits hôpitaux, à la suppression de services entiers dans les structures restantes, au regroupement d’unités.

● En 1995, Juppé, son successeur à Matignon, annonce à l’Assemblée nationale un plan d’envergure contre le droit à la santé et contre la Sécurité sociale : le parlement aura à voter une loi de financement, c’est à dire l’enveloppe consacrée aux dépenses de santé. Comme si ce n’était pas l’argent des salariés ! La « loi de financement » vole le prolétariat.

● Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH) sont l’aboutissement des mesures Juppé - Balladur : définition de « l’offre régionale de soins hospitaliers », « coordination de l’activité des établissements des santé publics ou privés », « détermination de leurs ressources » (ordonnance du 24 avril 1996).

● En 1998, Chirac est président et Jospin premier ministre : le ministre Aubry de l’emploi et de la solidarité annonce, lors des Assises nationales de l’hospitalisation, « une large concertation pour accomplir la réforme hospitalière ». Des « Etats généraux de la santé » suivront, avec la participation des dirigeants syndicaux. Au menu, économies à tout va sur le dos des patients et explosion des manques d’effectifs, avec la mise en place de l’Aménagement - réduction du temps de travail (lois Aubry).

Quant à la « nouvelle carte hospitalière », elle prévoit le renforcement de la chirurgie dans le secteur privé. Selon un rapport de la Sécurité sociale de 1998 « 65 % des dépenses remboursées aux cliniques privées concernaient la chirurgie », activité la plus rentable, car mieux rémunérée par le système de tarification. Autre saccage, la restructuration des maternités. Les maternités réalisant moins de 300 accouchements par an seront fermées. Idem pour des services d’urgences et de cancérologie, une « complémentarité public - privé » devra être assurée… au profit du privé qui se voit confier les activités les plus lucratives.

Résultat : le secteur public comptabilise 60 000 fermetures de lits en sept ans, 100 000 en vingt ans (Etudes et résultats- Drees, juillet 1999).

Avec le gouvernement Chirac - Raffarin, en 2002, la fermeture estivale de lits à l’hôpital connaît un saut. En août de l’année suivante, une surmortalité de 15 000 décès atteste de cette « nouvelle gouvernance du système de santé et de l’assurance maladie ». Il faut dire que le ministre Mattéi avait aussi relevé le seuil pour obtenir l’Allocation personnalisée d’autonomie et gelé 100 millions d’euros destinés aux maisons de retraite.

En 2003, le forfait hospitalier augmente de 22 % (de 10,67 à 13 euros) et Mattéi présente son plan Hôpital 2007. Il engage des déremboursements massifs de médicaments. Les mêmes qui avaient été produits grâce aux subventions gouvernementales pour la recherche, les mêmes qui avaient obtenus une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) et qui du jour au lendemain sont déclarés inefficaces. L’objectif est évidemment de peser sur les patients, pour qu’ils se soignent en payant de leur poche, ou qu’ils renoncent à se soigner. Dans le même temps, les mutuelles augmentent leurs tarifs.

Présenté en avril 2004, le plan Douste-Blazy relaie les attaques contre les salariés et contre la Sécurité sociale, au nom des éternels couplets contre les travailleurs qui se soigneraient trop, contre le trou béant que seraient les dépenses de santé, etc.

Il instaure une « contribution forfaitaire » de 1 euro non remboursé, pour toute consultation d’un médecin. Cette somme peut être modifiée par décision de l’UNCAM (instance nationale de direction des caisses d’assurance maladie). Sont décidées une majoration de 0,4 % de la CSG pour les retraités imposables, de 0,15 % pour les salariés. La liste des médicaments plus ou peu remboursés s’allonge, le forfait hospitalier passe à 14 euros. Le gouvernement Chirac - Raffarin - Douste impose le médecin traitant référent et le dossier médical partagé : l’accès aux spécialistes est entravé, les généralistes sont priés de veiller aux coûts.

Dans le même temps, 1,5 million de personnes étaient affiliées, au 31 décembre 2003, à l'assurance maladie sur critère de résidence (CMU de base) ; 22 % des ménages de bénéficiaires de la CMU depuis plus d'un an déclarent avoir renoncé à au moins un soin dans les douze mois précédents. (Source : Ministère des affaires sociales, 2003).

 

Le plan Hôpital 2007, réduction des dépenses de santé et privatisation de l’hôpital public

 

Le plan Hôpital 2007 cadre l’offensive contre la santé ; son objectif est la réduction des dépenses de santé. Ainsi, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris est sommée de réaliser 240 millions d’économies. Les patients sont ravalés au rang de clients, à traiter en fonction de leur solvabilité, voire de la rentabilité de leur affections. Ce plan comporte trois volets :

  L’investissement hospitalier

Des emprunts contractés auprès des banques (qui se réjouissent de l’aubaine) doivent fournir 6 milliards d’euros pour construire et rénover dans le public mais aussi dans le secteur privé, en favorisant les « groupements de coopération sanitaire ». Une « mission nationale d’appui à l’investissement » étudie les possibles fusions privé-public. Il est utile de rappeler que 200 petits hôpitaux ont été fermés depuis la « nouvelle carte hospitalière ». Qui peut croire que « fusions » et « regroupements » profiteront au secteur public ?

  La tarification à l’activité (T2A)

Elle conditionne les rentrées d’argent en fonction du nombre d’actes et de leur niveau de qualité. L’étranglement financier menace déjà 200 structures sur 1 000 (sources ministérielles) ; la fédération de la santé et de l’action sociale CGT estime que les trois-quarts des hôpitaux publics vont être dans l’impossibilité de boucler leurs budgets de fin d’année.

La T2A est une remise en cause des soins et de leur exécution. Beaucoup sont retirés de la nomenclature. Que les malades se débrouillent. Les établissements devront estimer leurs dépenses avant de toucher le budget. C’est la porte ouverte au refus de malades parce que l’hôpital aura dépassé son enveloppe en cours d’année ou parce que telle pathologie lourde grèverait son budget ! Accueil des malades rentables et solvables, les autres, s’abstenir. La notion de service rendu à tout patient va disparaître au profit d’un soi-disant intérêt général. Les premières applications (suppression d’actes infirmiers ou médicaux, concurrence entre les établissements) touchent les services de chirurgie et d’obstétrique.

                                 La nouvelle gouvernance

Les ARH organisent l’application des directives gouvernementales (moyens matériels et humains, priorités et services sacrifiés, etc.). Les conseils d’administration des hôpitaux appliquent.

Plusieurs activités seront regroupées en « pôles », au nom de la rentabilité (regroupements de petits hôpitaux, de service) qui est volontairement confondue avec l’efficacité. Ces pôles d’activité géreront les personnels et les actes. En clair il s’agirait pour ce volet de la T2A de régenter de plus en plus le travail, les horaires, la rentabilité, la qualité du travail ce qui débouchera forcément sur un déplacement des personnels, une réduction de l’offre de soins par site. Ce mode de gestion privée s’oppose aux missions de l’hôpital. Il pousse à la constitution d’établissement public industriel et commercial (EPIC), l’hôpital - entreprise, établissement public avec un statut privé. Contre France Télécom, EDF, GDF, La Poste, c’est ainsi que la privatisation a pris corps.

La nouvelle gouvernance s’intéresse aussi beaucoup aux dépenses pharmaceutiques dans les hôpitaux. Ces coûts ont augmenté de 10 % en moyenne. Les capitalistes producteurs des médicaments sont les responsables. Mais pas question pour les gouvernements bourgeois de toucher aux profits.

Le marché mondial des médicaments continue à progresser à un rythme soutenu, avec une croissance de 7 % à 8 % cette année. (Les Échos, 27 octobre 2005)

Les bénéfices engrangés par les capitalistes du secteur sont colossaux :

Par exemple, pour les anti-inflammatoires de la famille des Cox, ils sont arrivés sur le marché il y a quatre ans alors que les études comparatives ne portaient que sur deux années. Cette insuffisance n’a pas empêché l’obtention d’un prix trente-cinq fois supérieur aux traitements de référence ! La révélation de la malversation n’a pas poussé à réviser le prix. Pire encore : un décret sur les Cox prévoyait une baisse du prix au bout de trois ans. Ce décret a été annulé par Mattei, sans que personne sache pourquoi ». (Philippe Pignarre, L’Humanité, 24 avril 2004)

La concurrence entre laboratoires est acharnée, la recherche du profit passe avant les besoins de la population. Ainsi, les firmes des capitalistes du médicament ne se lancent-elles pas dans la fabrication massive de génériques pour les populations africaines atteintes du virus du sida, malgré le nombre de malades sur ce continent : les possibilités d’empocher grassement n’existent pas.

La propriété des moyens de produire et de distribuer apparaît encore plus scandaleuse quand il s’agit de la santé. Surtout que le mode de production capitaliste engendre une montagne de souffrances, d’accidents de travail, de maladies professionnelles, de catastrophes écologiques ou sanitaires qui ont des conséquences dramatiques pour l’humanité.

 

La psychiatrie, domaine non rentable

 

En particulier, les conditions de vie qu’impose la société capitaliste fabriquent, déclenchent, aggravent la maladie mentale : chômage qui exclut, solitude, misère, logement indécent ou inexistant, précarité, brisent les plus fragiles. Consommation en hausse d’alcool, de drogues ; de psychotropes, de somnifères…

Qu’à cela ne tienne, le gouvernement Chirac – Douste-Blazy en octobre 2004 a exclu du droit au remboursement à 100% un grand nombre de pathologies dont les malades souffrent vraiment, mais que les ministres et les gestionnaires à leur service ont qualifié de « non manifestes ». Le statut des hospitalisés change : du secteur sanitaire (prise en charge par la Sécurité sociale, personnel qualifié), ils passent en secteur médico-social (participation des familles, encadrement moindre, passage au privé…). Un projet de réduction de moitié de l’allocation adulte handicapé, pour les patients hospitalisés, est étudié.

Ces mesures aggravent un état des lieux déjà désastreux : après des années de baisse des budgets, 30 000 lits fermés, 5 000 infirmiers en moins, 800 postes de psychiatres à pourvoir, une privatisation accélérée des services techniques et logistiques. Le résultat, ce sont des conditions d’hospitalisation difficiles, la dégradation des soins d’accompagnement et de prévention, de plus en plus d’hospitalisations sous contrainte, de plus en plus de prisonniers soignés dans les hôpitaux psychiatriques.

Les conditions de travail des personnels médicaux, para-médicaux, techniques, administratifs atteignent l’insupportable ; après la mort de deux soignantes à Pau, Douste-Blazy s’est senti obligé d’annoncer « un plan d’aide à la psychiatrie hospitalière de 1 milliard d'euros sur cinq ans, dont 750 millions d'euros pour l’investissement immobilier et 300 millions d'euros pour le fonctionnement et l’emploi », ce qui laisse entrevoir l’ampleur des besoins. Mais le ministre ne s’est pas engagé à ce que ces sommes ne soient pas ponctionnées sur les budgets d’autres secteurs (chirurgie, maisons de retraite). Dans le même discours, il a également promis « 2 500 postes médicaux et non médicaux en psychiatrie ». Rappelons qu’il faut dix ans pour former un interne et quinze ans pour former un psychiatre, 3 ans pour un infirmier…

 

La loi 2006 de financement de la Sécurité sociale

 

Xavier Bertrand, ministre du gouvernement Chirac - Villepin - Sarkozy, a présenté à l’Assemblée nationale les mesures contre le droit à la santé que les députés UMP ont votées le 24 novembre 2005. Cette loi met en place un forfait de 18 euros pour les actes à partir de 91 euros, elle augmente encore le forfait hospitalier : 15 euros en 2005, 16 euros en 2006. Au 1er mars, 156 médicaments ne seront plus remboursés ; 62 auront un taux de remboursement de 15 % au lieu de 35 %. Les salariés paieront +0,2 % pour leur cotisation retraite, tandis que seule une augmentation de 0,1 % est demandée aux patrons pour la branche accidents du travail - maladies professionnelles. Or ces pathologies sont en augmentation, à cause de l’intensification du travail, de la précarité qui place des intérimaires sur des postes qu’ils connaissent mal, etc.

Les allocations familiales ne seront plus versées aux parents lorsque leurs enfants étrangers ne sont pas rentrés en France au titre du regroupement familial. Cette mesure s’ajoute aux attaques contre cette partie si menacée de la population, les travailleurs sans-papiers, les demandeurs d’asile : l’aide médicale d’état (AME) est réduite, deux décrets votés le 28 juillet 2005 rendent encore plus difficile l’obtention de cette aide. Une étude de Médecins du monde montre que le nombre de ceux qui n’ont plus accès aux soins a augmenté de 10% depuis un an, 10 000 bénéficiaires de moins entre mars et juin 2005.

 

La collaboration des directions syndicales

 

Même quand elles l’ont critiqué, les directions syndicales n’ont pas rejeté le plan Hôpital 2007.

Le plan Hôpital 2007 de Mattéi introduit une logique libérale et une privatisation de l’offre de soins. Une véritable négociation s’impose ! (Tribune FO Santé, mars 2004)

Pendant des mois, toutes ont réclamé la concertation avec le gouvernement, sur la base de son plan de casse de la santé publique.

Les organisations syndicales demandent de réviser les méthodes de discussion. (déclaration commune CGT, FO, UNSA, CFTC, SUD au Conseil supérieur de la fonction hospitalière, 7 octobre 2003)

Les sommets syndicaux ont demandé un débat national, ont répondu « présents » pour les colloques, les tables rondes dont le point de départ était la « nécessité de réduction des dépenses de santé » :

Entrer dans la démocratie participative : c’est à partir de ces débats que doit être décidé ce qui doit être remboursé par la Sécurité sociale, c'est-à-dire les soins utiles. (Bulletin SUD, janvier 2004)

Par leur participation tout azimut, ils ont accompagné la « réforme » hospitalière :

Le mode de financement à l’activité ? pourquoi pas, à condition qu'il y ait des outils pour mesurer l'activité hospitalière. Le financement à l’activité ? pourquoi pas, si l'on tient compte des coûts (CGT, Nouvelle Vie Ouvrière, 7 janvier 2004)

À grand renfort de pétitions et de lettres ouvertes, les directions des fédérations et des syndicats essaient d’entraîner les personnels hospitaliers dans l’impasse : s’adresser au gouvernement pour qu’il entende les revendications ; expliquer, à lui et à sa majorité réactionnaire, que les mesures qu’ils décident massacrent la santé publique, au cas où ils ne le sauraient pas…

La délégation reçue par le Cabinet du Ministre de la santé n’a pas trouvé de la part du Gouvernement l’écho attendu.  (tract CGT pour le 4 octobre 2005)

Les députés entendront-ils les revendications des salariés ? Voteront-ils une loi ambitieuse de financement de la Sécurité Sociale qui permettra une véritable politique sanitaire et sociale en adéquation avec tous les besoins de la population faisant du service public hospitalier une priorité nationale ou une loi de régression ? (tract CGT, bilan du 20 octobre 2005)

Ce gouvernement est l’ennemi déclaré de la population laborieuse et de la jeunesse, de leurs droits, au premier rang duquel, celui d’être soigné. Que peut-on discuter avec lui ? Il faut le combattre, lui infliger une défaite, lui faire ravaler son plan Hôpital 2007.

Au contraire, la multiplication des « journées d’action », les sempiternelles délégations et les marches devant les agences régionales d’hospitalisation, les manifestations « décentralisées » ou parisiennes sans préparation aucune, les journées de grève sans assemblées générales pour débattre et s’organiser, sans lendemain, rendent impuissante la classe ouvrière.

La politique de participation des bureaucraties syndicales et leurs manœuvres contre une réelle riposte empêchent la réalisation d’un front unique pour la satisfaction des revendications urgentes :

Accès libre et gratuit aux soins pour tous

Restitution de tous les fonds volés à la Sécurité sociale, abrogation de la CSG et de toutes les mesures de fiscalisation

À bas le plan Hôpital 2007, non aux fermetures de lits, de services ou d’hôpitaux, création des postes statutaires à la hauteur des besoins

Arrêt des subventions au secteur privé, nationalisation sans indemnité ni rachat des cliniques, laboratoires et firmes pharmaceutiques

 

Pour se défendre efficacement

 

Il faut isoler le gouvernement qui orchestre les coups, le priver de tout soutien. Cela exige d’imposer aux représentants des syndicats qu’ils rompent immédiatement toute discussion avec Chirac – Villepin – Bertrand. Il y a deux camps antagoniques : que ceux qui disent parler au nom des travailleurs se tiennent à leurs côtés, pas dans les centaines d’organismes dans lesquels s’élaborent les attaques contre le droit de se soigner. A tous les niveaux, boycott des instances de cogestion, comme les conseils d’administration des hôpitaux où les élus syndicaux sont associés à la gestion de la pénurie.

Des hôpitaux en grève (Villejuif, Pau), des services d’urgences (avril 2005), une catégorie de soignants (grève des internes dans 19 villes universitaires sur 26) : aucun appel national, dans l’unité, à la grève jusqu’à satisfaction ; à la place, des coups de chapeau hypocrites mais en fait, l’isolement des résistances. Partout les revendications sont les mêmes, assez du saucissonnage par site, par catégorie. Que les syndicats servent au contraire à l’organisation de la lutte unie contre le gouvernement et sa politique !

Des dizaines de milliers de postes de médecins, d’infirmières, manquent dans les hôpitaux ; des centaines de milliers de travailleurs renoncent à aller voir le médecin, le dentiste, faute de pouvoir payer un traitement de moins en moins bien remboursé : le prolétariat tout entier, les personnels hospitaliers, aspirent à ce que les confédérations organisent le combat contre le gouvernement.