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Journées d’études bolcheviks des Devrimci parti gücleri & du Groupe bolchevik

 

L’Internationale communiste au temps de Lénine

 

A la suite de plusieurs interventions politiques en commun, les Forces du Parti Révolutionnaire (DPG France) et le Groupe Bolchevik pour la construction du POR et de l’IOR ont décidé de tenir en commun des Journées d’études bolcheviks. Durant deux jours, les membres et sympathisants des deux organisations ont donc examiné ensemble le bilan des débuts de la 3e Internationale, qui a tenu quatre congrès du vivant de Lénine, de 1919 à 1923.

Venant de deux traditions différentes, les militants ont discuté loyalement et polémiqué franchement. Les camarades des DPG sont des immigrés qui constituent la branche en France d’une organisation en rupture avec le stalinisme. Celui-ci domine le mouvement ouvrier en Turquie, qui est confronté à une grande violence étatique. Pour revenir au léninisme, les DPG ont édité en Turquie les thèses et résolutions des quatre premiers congrès. Le GB est un groupe issu de l’Internationale communiste, de la 4e Internationale et de sa section française, via l’ex-OCI et le Comité de Stéphane Just.

Les représentants du DPG ont défendu la lutte contre la démocratie bourgeoise, l’insurrection et l’instauration de la dictature du prolétariat, et pour cela, d’un parti différent de la social-démocratie d’avant 1914 et délimité de la social-démocratie d’après 1917. Ces acquis programmatiques figurent dans la plateforme du Groupe bolchevik. Ils sont étrangers au PS, reniés depuis longtemps par le PCF, « oubliés » aussi par tous les faux trotskystes comme la LCR, LO ou le PT en France.

La bourgeoisie a besoin de larbins qui jouissent de la confiance d'une partie de la classe ouvrière et qui parent, enjolivent la bourgeoisie par des propos sur la possibilité de la voie réformiste, qui bandent ainsi les yeux du peuple, qui le détournent de la révolution en étalant les charmes et les perspectives de là voie réformiste. (V. Lénine, Les Tâches de la 3e Internationale, 14 juillet 1919)

Pour le GB, les quatre premiers congrès de l’IC donnent aussi des leçons précieuses de stratégie et de tactique pour construire le parti révolutionnaire et conquérir les masses : nécessité d’un programme de revendications transitoires et d’un mot d’ordre de gouvernement ouvrier (ou de gouvernement ouvrier et paysan), bataille pour arracher les travailleurs à la bourgeoisie et à ses agents (élections, travail dans les syndicats de masse, front unique ouvrier en direction des réformistes…).

Pour les DPG, les quatre premiers congrès de l’IC constituent le programme le plus avancé qu’ait jamais eu le prolétariat mondial. Les partis communistes ont régressé, après la mort de Lénine, à cause de l’incompétence de ses héritiers, dans la social-démocratie.

Pour le GB, la lutte de classes ne s’est pas interrompue et l’élaboration programmatique non plus. La dégénérescence  de l’IC provient de la victoire de la bureaucratie incarnée par Staline en URSS, qui a transformé ses sections en instruments contre-révolutionnaires. L’Opposition de gauche de l’IC, puis la 4e Internationale ont enrichi le programme sur la lutte contre le fascisme, par le rejet du « front populaire » néo-menchevik, avec l’analyse de la nature de l’URSS comme Etat ouvrier dégénéré, avec la généralisation de la stratégie de la révolution permanente, etc.

Conformément aux quatre premiers congrès de l’IC, le GB pense d’une part qu’on ne peut construire un parti dans un seul pays sur une base correcte (d’où sa participation au Collectif Révolution Permanente), d’autre part, il veut intervenir en direction des travailleurs étrangers :

Traditionnellement, les organisations françaises n’ont pas un caractère de masse. Dans une certaine mesure, elles ont pour base l’aristocratie politique et syndicale de la classe ouvrière. L’écrasante majorité de celle-ci demeure inorganisée et à l’écart des activités des organisations politiques et syndicales. En France, c’est la question cruciale. Il me semble que le rôle joué par les travailleurs étrangers en France secouera le conservatisme profond de ce pays. (L. Trotsky, Lettre à « Klorkeist » et aux travailleurs juifs de France, 10 mai 1930)

De leur côté, les militants des DPG entendent participer à la lutte des classes dans le pays où ils vivent et où ils travaillent, contrairement à la plupart des organisations révolutionnaires turques.

Les deux organisations vont donc poursuivre la discussion.