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Désintégration dans la « période
post-soviétique »
La Spartacist League soutient les troupes américaines à Haïti !
La
dévastation causée par le récent tremblement de terre à Haïti a fixé
l’attention du monde sur la situation critique des masses haïtiennes, leur
gagnant une sympathie de masse parmi de larges couches de la population
. L’urgence immédiate de la situation et les illusions de nombreux
Américains dans la bonne volonté d’Obama ont fourni au gouvernement américain une occasion de
justifier son occupation militaire de ce pays sous le prétexte officiel d’aider
ce peuple.
Alors que
dans la passé, des situations urgentes similaires ont conduit beaucoup, dans la
gauche, à abandonner leurs positions et à soutenir des interventions militaires
impérialistes, depuis le soutien des cliffistes à la présence de troupes
britanniques en Irlande du Nord à la fin des années 60, l’appel du Socialist Workers Party américain
à l’envoi de troupes à Boston au milieu des années 70 ou le soutien très
répandu à l’intervention impérialiste dans la guerre civile bosniaque au milieu
des années 90 , cette fois-ci il semble que presque tout le monde à l’extrême
gauche a reconnu les raisons impérialistes du gouvernement américain d’occuper
Haïti pour ce qu’elles sont et s’y est opposé. Presque tout le monde à l’extrême-gauche,
excepté une exception surprenante, si ce n’est complètement choquante.
La Spartacist League des États-Unis
(section dirigeante de
« Les militaires étasuniens sont la seule
force sur terre avec la capacité – camions, avions, bateaux – d’organiser le
transport de la nourriture, de l’eau, des médicaments et des autres
approvisionnements pour la population
d’Haïti. Et ils le font de la façon typiquement désagréable de l’impérialisme
US. Nous nous sommes toujours opposés aux occupations américaines ou de l’ONU
en Haïti et partout – et il pourrait devenir nécessaire d’appeler à un retrait étatsunien
ou de l’ONU d’Haïti dans un futur proche – mais nous n’allons pas appeler à
arrêter une telle aide dont les masses haïtiennes désespérées peuvent se
saisir. » («
L’horreur du tremblement de terre d’Haïti : impérialisme, racisme et
famine », Workers Vanguard n° 951,
26 janvier 2010)
Personne
proclamant une compréhension marxiste de l’impérialisme ou, en cette matière, ne
serait-ce que quelque connaissance de l’histoire récente, n’aurait le moindre
doute sur les ambitions en définitive prédatrices derrière toute intervention impérialiste à
l’étranger. La situation en Haïti ne pose pas de nouvelles questions qui
diffèrent de précédentes interventions « humanitaires » (pour
lesquelles
« Alors que des « socialistes »
réformistes comme l’International Socialist Organization (ISO) et le Workers World Party (WWP)
appellent les États-Unis à fournir de l’aide sans exercer leur pouvoir
militaire, nous n’avons pas de telles illusions. En effet, les forces
américaines en Haïti ont fait passer la « sécurité » avant les
secours. Tandis que beaucoup d’avions apportant de l’aide ont atterri à l’aéroport
de Port au Prince qui est maintenant contrôlé par les forces américain,
d’autres furent détournés criminellement pendant que la priorité d’atterrissage
était donnée à des avions transportant du personnel militaire. »
L’obstruction
des militaires américains, largement observée, à une aide désespérément
nécessaire et la répression contre le peuple d’Haïti devrait pour le moins
rendre la situation évidente même à ceux guidés par une compréhension purement
immédiate et empirique.
Le programme génère la
théorie et génère le programme
Cependant,
la prétention de
Dans le
cours de sa dénonciation de l’Internationalist Group de Jan Norden qui
publia une déclaration sur Haïti avant qu’ils ne le fissent,
« la forte réalité que l’IG voudrait nier
est que a) même avant le tremblement de terre il n’y avait virtuellement plus
de classe ouvrière à Haïti ; b) qu’à la suite du tremblement de terre, non
seulement l’Etat est « largement réduit à des décombres » mais
également la société dans son ensemble, y compris la population désespérée et
dépossédée, et c) il y a un pouvoir militaire à Haïti qui est loin d’être en
ruines et c’est l’impérialisme étasunien. »
« L’IG exige que « toutes les forces américaines et de l’ONU s’en aillent »,
dépeignant la présence militaire étasunienne d’aujourd’hui comme visant à
supprimer un soulèvement populaire en Haïti
… L’IG joue cyniquement de rhétorique, allègrement indifférent au fait
que, dans le monde réel, si on appliquait la politique qu’ils préconisent, cela
aboutirait à une mort massive par la famine. » (souligné dans
l’original)
L’affirmation
que , même avant le tremblement de terre, il n’y avait
virtuellement plus de classe ouvrière à Haïti a de nombreux parallèles avec les
arguments staliniens sur
« L’amère vérité est que les conditions
désespérées d’Haïti aujourd’hui ne peuvent être résolues à l’intérieur d’Haïti. La clé de la libération d’Haïti se trouve
dans la révolution prolétarienne dans tout l’hémisphère dans laquelle la
mobilisation du prolétariat haïtien important dans la diaspora peut jouer un rôle clé. »
Que cela
laisse les révolutionnaires haïtiens avec le choix soit d’attendre passivement
d’être sauvés par les luttes révolutionnaires dans d’autres pays ou d’émigrer.
De toute façon, cela laisserait en plan les masses haïtiennes en bloc et leurs
luttes, du moins si cela intéressait la SL. Comment des révolutionnaires
auraient-ils dû s’orienter dans des
luttes passées (et futures) telle que «
le mécontentement massif qui chassa Baby doc Duvalier du pouvoir ? »
Cela a-t-il même de la moindre importance pour la SL ?
Invoquer le
truisme que le destin final d’Haïti (ou de tout autre pays, d’ailleurs, quelque
soit son développement économique) repose en dernière instance sur la victoire
de la révolution mondiale agit donc comme un mécanisme d’abandon de la
stratégie de révolution permanente de Trotsky (ou de toute autre
proposition révolutionnaire) pour la
plus grande partie du Tiers monde. Bien sûr,
Si, en
acceptant toujours leur hypothèse, il n’ya réellement pas de classe ouvrière à
Haïti, industrielle, rurale ou autre, cela signifie alors qu’il n’y avait pas
non plus de classe capitaliste suffisamment développée, indigène ou étrangère.
Cela soulève quelques questions sur la nature de l’économie d’Haïti. Donc,
quels étaient exactement les intérêts de classe que l’Etat haïtien
défendait ?En dénonçant d’autres courants de
gauche pour leur suivisme opportuniste envers Aristide,
« Pour des libéraux désappointés par la
politique de l’administration Obama en Afghanistan et
en Irak, le tremblement de terre en Haïti a été vu comme une occasion pour les
Américains de montrer un visage bienveillant .Y ont fait écho ses soutiens
réformistes quelque peu désillusionnés , tels que l’ISO
et le WWP. L’ISO demande que « Obama arrête immédiatement l’occupation
militaire d’Haïti » tout en appelant
les Américains à « inonder le pays de docteurs, d’infirmières, de
nourriture, d’eau et de matériel de construction », Socialist Worker
on line, 19 janvier). De même, une
déclaration du 14 janvier sur le site du Workers
World demande « le retrait de toutes les troupes de combat de l’ONU » tout en appelant à « verser
à Haïti tous les bonus des cadres des institutions financières qui ont reçu du
soutien financier. »
« La notion que l’on puisse exercer une
pression sur l’impérialisme étasunien pour servir les besoins des opprimés
plutôt que ses propres intérêts de classe montre des illusions sans limite dans
les bons offices de la classe dirigeante américaine. Des réformistes tels que
l’ISO et le WWP lancent perpétuellement des appels à des manifestations contre
la guerre américaine en Irak en demandant au gouvernement étasunien de changer
ses priorités de dépenses de la guerre vers les services sociaux comme
l’éducation. Mais la domination néocoloniale et l’expansion sont inhérents à l’impérialisme et aucune quantité de pression et
de plaidoyer ne peut changer cela. »
Mais si « la notion qu’on ne peut exerce de
pression pour que l’impérialisme serve les besoins des opprimés »
montre « des illusions
illimitées », alors pourquoi
« Le moment de répit fourni par la
présence des troupes britanniques est court mais vital. Ceux qui appellent au
retrait immédiat des troupes avant que les hommes derrière les barricades
puissent se défendre eux-mêmes invitent à un pogrome qui atteindra d’abord et
le plus durement les socialistes. » (Socialist Worker, 11 septembre 1969)
Enfin,
quelle attitude prendrait
Dans un
rapport à la treizième conférence nationale de
« Les pressions de la période ont aidé à
créer des tentatives pour trouver un
moyen de « devenir vite riche », c ;a ;d ;
en liquidant notre programme révolutionnaire, internationaliste et prolétarien
de façon à s’accrocher à des forces plus larges, hostiles à la classe ouvrière
et à notre but révolutionnaire » (« Canicule de la période postsoviétique », WV n° 948,
4 décembre 2009)
Il semble
quelque peu pervers de dénoncer ses critiques internes comme « s’accrochant à de plus larges forces
hostiles à la classe ouvrière » (le groupe plutôt petit et sincère des
militants de la cause de Mumia Abu Jamal, même s’il a
commis des erreurs politiques en de nombreuses occasions, dont la plupart a
sans aucun doute une meilleure position sur Haïti que
Pourquoi ?
Beaucoup
ont soulevé des questions sur les motifs derrière les récentes positions de
Comme nous
l’avions pleinement élaboré dans une polémique précédente (« IG : le
programme de transition de Trotsky ou la boussole politique de Robertson »,
6 mai 2009),
Ceux qui
abandonnent la classe ouvrière sont forcés de chercher d’autres forces sociales
pour leur salut. durant les années 1980, dans une
désorientation symétrique à celle d’aujourd’hui,
Wohlforth et
Robertson
Au moins,
d’une certaine manière, il apparaît que le dirigeant spartaciste
Jim Robertson est arrivé au même point, bien qu’à un rythme différent, que son ancien
Némésis, Tim Wohlforth. En dehors du fait que tous
deux commencèrent comme des opposants au tournant vers le révisionnisme pabliste
du Socialist Workers Party
au début des années 1960 et tous deux finirent tragiquement en dirigeant de
cultes anti-trotskystes bureaucratisés, il apparaît que Jim Robertson en vient
finalement maintenant aux vues de Wohlforth sur
l’impérialisme « humanitaire ».
Un article
de
Un navire qui sombre
Le rapport
de la treizième conférence nationale de
Cette
démoralisation évidente, l’effectif en chute drastique, le récent conflit
interne avec Rachel Wolkenstein et le plongeon plus
récent sur une question internationale-clé d’aujourd’hui, tout cela indique que
Dans sa
transformation d’un groupe révolutionnaire de propagande en un culte de chef
sectaire,
Comme le
vaisseau amiral est en train de sombrer et que ses ramifications stagnent sous
leurs propres directions gériatriques permanentes, nous appelons tous ceux
sincèrement intéressés en avançant tout ce qui fut révolutionnaire dans l’héritage
de
15 février 2010