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Révolution
Socialiste n°4 (juin 2002)
Palestine
Renforcement
de la violence coloniale
Depuis le 29 mars, l’armée israélienne canonne les villes palestiniennes, détruit des maisons, des plantations, des usines, des routes, arrêtent des milliers d’hommes. Les chars veillent au respect du couvre-feu quasi permanent, à la transformation des prolétaires palestiniens en chômeurs obligatoires. Quand le 21 avril, le gouvernement Sharon annonce la fin de l’opération « Rempart », il reconnaît 250 morts chez les Palestiniens. Jénine est dévastée, comme après un tremblement de terre ; toutes les villes arabes de Cisjordanie sont entourées de grillages et de blindés. La « cantonisation » bloque les habitants par localité, il faut des papiers pour aller d’une ville à l’autre. Une population en cage. Dès le 2 mai, les incursions armées dans les « territoires autonomes » reprennent quotidiennement.
Le 16 juin, dans le nord de la Cisjordanie, les bulldozers entament les travaux de construction d’une clôture de 350 km, le long de la frontière Est d’Israël. Le plan du gouvernement sioniste est de la compléter par « une large zone - tampon » où l’armée patrouillera après la nouvelle vague d’expropriations de Palestiniens que l’établissement de cette frontière exige. La Cisjordanie connaîtrait le même enfermement que Gaza, étroite bande de terre enserrée dans une clôture hautement surveillée. Le 19 juin, la bande de Gaza essuie des bombardements. Le 21 juin, le cabinet de sécurité israélien présidé par Sharon décide de réoccuper les villes palestiniennes de Cisjordanie, huit villes dès le début de cette nouvelle offensive militaire.
L’État d’Israël plaide la légitime défense, déclare riposter aux attentats – suicides.
Mais l’État d’Israël n’est pas légitime, il est né de la spoliation violente des Palestiniens, de massacres et d’expulsions. Depuis sa constitution, il n’a cessé de poursuivre la colonisation. Les accords d’Oslo – Washington lui ont donné une nouvelle impulsion : 42 % de la surface du prétendu territoire autonome de Cisjordanie est occupé par des colons (380 000). Des routes de contournement (au profit des colons pour éviter les villes et villages palestiniens), des surfaces déclarées « zones militaires », des « réserves de terres », confisquent 51 km2 de terres palestiniennes « autonomes ».
Cette confiscation vise à empêcher toute continuité
territoriale côté palestinien et réduit son développement économique et
agricole. L’extension des plus grandes colonies autour de Jérusalem pourrait à
terme provoquer une coupure entre le nord et le sud de la Cisjordanie. (Rapport de B’Tselem, organisation israélienne de
défense des droits de l’homme dans les territoires occupés)
Une fois encore, les faits le démontrent :
ü Il ne peut y avoir de paix sans la liquidation de l’État d’Israël, agent surarmé de l’impérialisme américain, État basé sur la religion et la négation des droits des Palestiniens.
ü Il ne peut y avoir de paix en baptisant « État » une mosaïque de ghettos peuplés par des Palestiniens soumis au bon vouloir d’Israël, pour le travail, le droit de circuler, l’accès à l’eau potable etc.
La seule solution, c’est l’édification d’un État laïque sur tout le territoire de la Palestine.
La direction Arafat, l’OLP, participent à l’éloignement de cette issue : après l’opération « Rempart », le bombardement de son QG, la liquidation de ses lieutenants, Arafat a reçu G. Tenet, le chef de la CIA qui entend « l’aider à réorganiser ses services de sécurité ». La collaboration de l’OLP avec les États-Unis, principal acteur de l’édification de l’État colonial en Palestine, son soutien le plus conséquent depuis lors, renforce Israël. Cette collaboration ne peut se faire que sur la ligne de défense des intérêts de l’impérialisme américain. Au moment où l’administration Bush vient de concrétiser ses menaces contre l’Irak, toutes les masses arabes sont affaiblies par l’absence d’une véritable direction révolutionnaire, capable d’organiser la résistance à l’impérialisme.
Les attentats – suicides contre la population israélienne servent eux aussi contre une solution prolétarienne à la souffrance des masses du Proche – Orient. Ils soudent les travailleurs d’Israël au gouvernement Sharon, alors que prolétaires arabes et juifs ont pour ennemie la même classe capitaliste exploiteuse, alors que la fusion de leurs forces est nécessaire pour édifier un État ouvrier garantissant leurs droits.
Œuvrer en France, à la solidarité envers les opprimés, à la résolution des questions démocratiques du Proche-Orient, à la constitution d’une Palestine laïque, c’est :
ü Intervenir en défense des masses palestiniennes, pour que les organisations ouvrières (partis et syndicats) mobilisent, appellent à manifester devant l’ambassade d’Israël pour l’arrêt immédiat des opérations militaires, le démantèlement des colonies, la libération de tous les prisonniers, le retour des réfugiés.
ü Combattre le gouvernement Chirac – Raffarin, gouvernement de guerre contre le prolétariat et la jeunesse, gouvernement de chasse aux immigrés, gouvernement d’un État qui maintient encore sous sa botte des territoires et des peuples de par le monde.
ü Chercher à construire l’Internationale ouvrière révolutionnaire, les Partis ouvriers révolutionnaires dans chaque pays, en France et en Palestine, des partis capables de conduire la classe ouvrière à prendre le pouvoir, à édifier le socialisme, ouvrant ainsi l’avenir de l’humanité.