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Révolution Socialiste n°14

 

Solidarité de toutes les organisations ouvrières et paysannes du monde avec le peuple tchétchène opprimé !

La responsabilité des syndicats et des partis ouvriers est d’appeler à manifester à l’ambassade de Russie à Paris pour le retrait immédiat de toutes les troupes de l’armée russe de Tchétchénie et d’Ingouchie, le droit d’autodétermination de toutes les minorités nationales de l’Etat russe, l’indépendance de la Tchétchénie…

 

Massacre d’écoliers et de travailleurs en Ossétie : un acte de barbarie dont les victimes sont des enfants et des travailleurs

Le 3 septembre, au moins 338 personnes ont été tuées et plus de 700 blessées à Beslan, en Ossétie du Nord, dans le Caucase, au cours d’un affrontement entre les forces spéciales russes et un commando d’une trentaine de nationalistes tchétchènes et ingouches. Celui-ci séquestrait depuis le 1er septembre, jour de la rentrée des classes, environ 1 200 élèves, parents d’élèves et enseignants. Ses exigences étaient la libération de guérilleros emprisonnés en Ingouchie et l’évacuation de la Tchétchénie par l’armée russe.

D’après les témoignages des survivants, à partir du deuxième jour les preneurs d’otages refusèrent l’eau à leurs otages, y compris les enfants, malgré la chaleur. Dans des circonstances mal définies, le troisième jour, les explosions et la fusillade ont conduit non seulement à la liquidation du commando, mais au massacre des enfants et des travailleurs ossètes.

Cette atrocité est avant tout la conséquence de l’occupation militaire de la Tchétchénie, avec l’appui de toutes les puissances impérialistes. Mais elle est aussi le produit du caractère réactionnaire du nationalisme tchétchène, qui reproduit à son échelle la barbarie du pouvoir grand-russe.

La Russie capitaliste est une prison de peuples d’Asie

Ce qui crée des gens capables de tels actes n’est pas chercher très loin : il suffit de franchir la frontière. L’origine de telles abominations est l’oppression nationale du peuple tchétchène par la nouvelle bourgeoisie russe, issue de la restauration du capitalisme opérée par la bureaucratie privilégiée qui usurpait le pouvoir de la classe ouvrière depuis les années 1920. Le nouvel Etat capitaliste russe dirigé successivement par Boris Eltsine et par Vladimir Poutine a repris le drapeau des tsars et a refait de l’Eglise chrétienne orthodoxe une religion d’Etat. Il fait de la Russie une prison pour de nombreux peuples d’Asie.

Dans l’Ingouchie voisine, depuis plusieurs mois, les escadrons de la mort du gouvernement de Mourat Ziazikov, un proche de Poutine et comme lui un ancien officier des services secrets russes (FSB), multiplient les enlèvements de civils. Memorial, une organisation des droits de l’homme russe, en avait recensé 50 de janvier 2003 à juillet 2004.

Quelques jours avant la séquestration, la presse titrait : " Suppliciée depuis dix ans, fuie par les plus chanceux, Grozny se résigne à subir ‘‘l’élection’’ présidentielle " (Le Monde, 29 août) Mais le sous-titre du même journal était plus terrible : " La gégène semble devenue l’instrument central de la chasse aux ‘‘terroristes’’ ". De 1994 à 1996, et de nouveau à partir de 1999, l’armée fédérale russe, ses supplétifs locaux et les services secrets russes occupent la Tchétchénie, bafouent tous les droits de la population, arrêtent, violent, torturent et exécutent. La corruption et le banditisme règnent. Le pays est exsangue, la capitale Grozny est en ruines. Les casernes ont remplacé les usines, les trafiquants et les escadrons de la mort se sont substitués aux instituteurs et aux médecins.

Dans ce territoire équivalent à deux départements français, la population s’élevait à un million de personnes avant les deux guerres menées par la Russie. Désormais, elle est évaluée à 500 000. En un an, 37 000 habitants ont demandé officiellement l’asile politique en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord et depuis l’occupation, 70 000 civils auraient été assassinés.

Les autorités russes ont menti sur le nombre d’otages, caché les revendications du commando, censuré la diffusion des images de l’affrontement, empêché les journalistes de se rendre sur place. Deux d’entre eux, renommés pour leur indépendance, ont tenté de se rendre à Beslan : le 2 septembre, Andreï Babitsky a été arrêté à l’aéroport et, le même jour, Anna Politkovslaïa a été victime d’un empoisonnement. Le peuple russe subit les conséquences de ce conflit : les dépenses militaires grèvent le budget, les services secrets et l’armée sont hypertrophiés, la censure règne. Parmi les centaines de milliers de conscrits qui ont servi en Tchétchénie, beaucoup sont devenus des estropiés, des alcooliques, des criminels ou des flics pratiquant la violence contre la population.

Tous les terroristes dotés d’armes de destruction massive sont complices de l’oppression du peuple tchétchène

Si la nouvelle bourgeoisie russe, issue des rangs des bureaucrates et des mafieux, a des rêves de grande puissance et tente de maintenir pour cela sa domination sur l’Est et le Sud du territoire, au mépris de nombreuses minorités nationales, les vieilles puissances impérialistes lui disputent les dépouilles de l’ex-URSS. Ainsi, les Etats impérialistes d’Europe ont attiré dans leur Union européenne les anciens pays du glacis occidental de l’URSS. De leur côté, les Etats-Unis les ont accueillis au sein de l’OTAN. L’armée américaine occupe, avec les impérialismes européens, l’Afghanistan et a réussi à implanter une base militaire en Géorgie.

Tous approuvent l’oppression de la nation tchétchène par les argousins grands-russes. Le président gaulliste Chirac et le chancelier social-démocrate Schröder s’étaient déplacés pour congratuler Poutine à l’issue de la parodie d’élection présidentielle de Tchétchénie du 29 septembre. Comme le travailliste Blair, ils ont assuré Poutine de leur soutien après le massacre. Bush, le bourreau des peuples d’Irak, et son allié Sharon, lui-même bourreau du peuple arabe de Palestine, ont également manifesté ouvertement leur appui à Poutine, le persécuteur du peuple tchétchène. A l’issue du massacre, l’Etat sioniste, spécialiste depuis sa fondation du terrorisme à grande échelle contre les Palestiniens, a proposé à l’Etat russe qui terrorise le peuple tchétchène le renforcement de leur coopération… " contre le terrorisme ".

Pour ouvrir une issue, le prolétariat doit défendre les droits des minorités nationales et prendre la tête de la lutte du peuple tchétchène

La résistance tchétchène est actuellement dirigée par des nationalistes, dont le but est de constituer un Etat bourgeois, xénophobe et clérical, dont ils constitueraient l’appareil pour garantir la propriété privée, les privilèges du clergé musulman, l’exploitation des travailleurs des villes et des campagnes, l’oppression des femmes et de la jeunesse. L’indépendance d’un tel Etat serait largement illusoire. Une petite Tchétchénie capitaliste arriérée sombrerait fatalement dans la dépendance d’un pays voisin ou d’une puissance impérialiste.

Dès maintenant, la politique des nationalistes est une catastrophe, surtout pour les Tchétchènes eux-mêmes. Ils se révèlent incapables de lutter efficacement contre Poutine, car ils refusent d’en appeler à la mobilisation de la force sociale la plus apte à affaiblir l’Etat russe et à le renverser, à savoir les travailleurs, qu’ils soient russes ou tchétchènes, ossètes ou ingouches. Tout au contraire, cette direction pro-bourgeoise de la résistance s’en prend à des hôpitaux (juin 1995, janvier 1996), à des logements populaires (septembre 1999), à des théâtres et des concerts (octobre 2002, juillet 2003), aux trains et au métro (décembre 2003, février 2004), à des avions civils ( août 2004) et enfin à des écoles (septembre 2004). Ces actes archi-réactionnaires, anti-ouvriers, divisent les travailleurs, affaiblissent la cause du peuple tchétchène, renforcent la bourgeoisie exploiteuse du prolétariat de toute la Russie et son Etat, pilier de l’ordre mondial et oppresseur de nombreux peuples en ses frontières. D’ailleurs, Poutine en a tiré immédiatement prétexte pour renforcer les forces de répression et diminuer l’autonomie des régions.

Pour que les peuples du Caucase et de toute la Russie puissent coexister et collaborer, il faut revenir à la laïcité, en séparant l’Etat de l’Eglise orthodoxe, il faut reconnaître à tous les peuples l’égalité la plus totale, donc le droit des minorités nationales de se séparer de la Russie. Dans le cas de la Tchétchénie, après les deux guerres menées par l’armée russe et après des années terribles d’occupation militaire et d’oppression nationale, l’indépendance est le seul moyen de réconcilier le peuple russe et le peuple tchétchène. Le droit à l’indépendance politique de la Tchétchénie doit donc être reconnue sans condition par les travailleurs de nationalité russe. En effet, le prolétariat de l’Etat russe ne pourra souder ses rangs, reprendre le chemin d’Octobre 1917, renverser la nouvelle bourgeoisie russe et son représentant Poutine, établir son propre pouvoir en reformant des soviets, qu’en cessant dès maintenant tout appui à ses exploiteurs, particulièrement à leur oppression des minorités nationales.

Pour une révolution prolétarienne au Caucase et dans toute la Russie, il faut renouer avec le bolchevisme

Dans toute la République de Russie, il est indispensable que les travailleurs avancés se regroupent, reconstituent leur propre parti, liquidé autrefois par Staline. Un tel parti ne peut se construire qu’en lien avec les véritables communistes du monde entier, que sur le programme de Marx et d’Engels, de Lénine et de Trotsky. Seul un parti de type bolchevik, un parti ouvrier révolutionnaire et internationaliste, sera capable de résoudre la question nationale, en dirigeant la révolution sociale et en ouvrant à nouveau, comme en Octobre 1917, la voie du socialisme au monde entier.

A bas Poutine et la bourgeoisie russe !
Gouvernement ouvrier et paysan en Tchétchénie ! Fédération des républiques ouvrières et paysannes du Caucase !
Pour un parti révolutionnaire de toute la Russie !

Paris, le 14 septembre 2004

Groupe bolchevik
pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire,
de l’Internationale ouvrière révolutionnaire

www.revolution-socialiste.info