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Elections présidentielles d’avril et de mai 2006 au Pérou

Ni patrons, ni milices, pas une voix pour les partis de la bourgeoisie, ni pour la bureaucratie opportuniste

 

Pendant cinq années, les masses travailleuses ont lancé offensive après offensive contre ce gouvernement, engageant des secteurs importants de la population et des régions complètes pour se défendre contre les attaques des gouvernants bourgeois de service ou exiger l'élévation de leurs conditions de vie à une époque où les indicateurs économiques explosent[1]. Le discrédit des pouvoirs de l'Etat de la classe dominante a atteint des proportions très élevées ; l’impopularité de Toledo[2], du gouvernement dirigé par Kuczynski, des juges et des membres du Congrés[3] n’ont pas de précédent pour un gouvernement issu d’élections.

Ainsi, les situations pré-révolutionnaires se sont succédé. Cependant, une nouvelle fois, nous nous trouvons face à un reflux de la mobilisation des masses et à une nouvelle légitimation de la légalité bourgeoise grâce aux élections générales, ce qui n'est pas pour nous étonner. C’est le résultat du succès obtenu jusqu'à aujourd'hui par la grande alliance de tous les partis et organisations économiques de la bourgeoisie avec la crème des crèmes de la bureaucratie syndicale et populaire, exprimée dans l'Acuerdo Nacional[4] qui défend l’Etat capitaliste. Ainsi, tous les partis parlementaires, depuis l’Unidad Nacional[5] et l'APRA[6] jusqu'à l’UPP[7] et le Partido Socialista[8], se sont disposés pour soutenir Perú Posible[9] et le FIM[10], avec la complicité des plus hauts dirigeants de la CGTP[11] (Huamán, Gorriti, Auris) et des Fronts Régionaux. Ceci explique pourquoi le prolétariat et le peuple ont subi des défaites partielles et s’apprêtent à encaisser les nouvelles agressions du parti bourgeois qui a accédé au pouvoir en juillet.

Outre le PPC-UN[12], l'APRA, le belaundisme[13] et le fujimorisme[14], vieux oppresseurs bien connus, nous sommes placés devant l’apparente nouveauté du mouvement d'Ollanta Humala[15]. Mais tout travailleur conscient de ses intérêts de classe saura reconnaître ce subterfuge de l'ennemi. Imprégné de démagogie patriotique, garantissant aux magnats et à l'impérialisme toute tranquillité pour leur rapine, les masses n’ont rien à attende de ce mercenaire patenté de la bourgeoisie, opposé aux intérêts de la classe ouvrière et du peuple. Lui qui fustige les « politiciens traditionnels », énumère les mesures capitalistes les plus traditionnelles en accord avec les politiciens rancis de l'UPP. Que peut offrir d’autre un agent de la dictature de Velasco, qui a prodigué aux ouvriers et aux paysans en lutte de traditionnels massacres et l’exploitation par ses millionnaires orgueilleux comme Dionisio Romero. À un Ollanta Humala président est destinée, comme pour les autres candidats, Lourdes Flores, Alan García ou Paniagua, la colère populaire qui a abrégé la carrière du colonel Lucio Gutiérrez en Équateur, fantoche de l'impérialisme.

De son côté, la bureaucratie réformiste est apparue aux élections avec la langue alerte. Elle est la championne des journées d’action, voué à sauver Toledo et la démocratie bourgeoise des assauts des masses – sans oublier les visites de soutien au Palais du Gouvernement, dont la servilité est mal récompensée. Moreno et la couche des faux communistes[16] subissent un rejet général, résultat d'une vie de tromperies et de trahisons pour mettre le peuple aux pieds de la classe dominante et de l'impérialisme. Nous connaissons trop les domestiques des capitalistes et de leur Etat, qui engourdissent les travailleurs avec leur frauduleuse Nouvelle République qui maintiendrait aux affaires du pays les mêmes propriétaires. Et si quelqu'un demandait des nouvelles du Partido Socialista, l'ex-PUM aux poses radicales, il les trouvera dans sa transformation en parti bourgeois par le chef d'entreprise touristique Diez Canseco et des patrons d'ONG qui défendent les impérialismes européens qui les financent.

Dans ces circonstances, le seul vote de défense des intérêts du peuple travailleur, le seul vote de classe, est le vote nul. Nous n'avons rien à gagner à soutenir aucune des candidatures de la bourgeoisie, ni celles des opportunistes de la gauche délabrée. En fin de compte camarades travailleuses et travailleurs, les élections n'ont jamais résolu le problème de l'indigence et des opprimés et elles ne les résoudront jamais. Seules la mobilisation massive des détachements prolétariens, la lutte politique décidée des travailleurs des villes et des campagnes et de l'ensemble du mouvement populaire peuvent ouvrir le chemin de la libération sociale et permettre le passage  du pouvoir aux  mains des travailleurs.

Pour que ce combat ne soit pas en vain, nos objectifs les plus importants doivent être très clairs:

·    Empêcher le TLC[17] par une grève générale illimitée qui exige aussi la répudiation de la dette extérieure et la rupture avec l'impérialisme.

·    Débureaucratiser la CGTP et lui redonner sa raison d’être, en organisant une centrale de classe et de masse.

·    Impulser des Assemblées Populaires vers une Assemblée Populaire Nationale défiant le pouvoir bourgeois.

·    Construire un parti ouvrier révolutionnaire, section d'une internationale ouvrière révolutionnaire, qui dirige la prise du pouvoir et l'instauration d'un gouvernement ouvrier, paysan et populaire.

Grève illimitée contre le traité de libre-échange !

Vote nul, vote de classe !

23 mars 2006

Colectivo Revolución Permanente en el Perú por el camino de Lenin y Trotsky

 

1 Le Pérou a connu une croissance de 5,7 % en 2005.

2 Alejandro Toledo est le président sortant, élu en 2001.

3 Le Congrès de la République est la chambre unique, élue pour 5 ans.

4 Accord national, une initiative de 2004 du gouvernement péruvien, pour favoriser la collaboration de classes avec l’aide de l’Eglise catholique.

5 Unité Nationale (UN), coalition bourgeoise autour du PPC.

6 Alliance populaire révolutionnaire américaine (PAP/APRA), vieux parti nationaliste bourgeois membre d de l’Internationale socialiste

7 Pérou possible (PP), parti du président Toledo et membre de la coalition gouvernementale sortante.

8 Parti socialiste (PS). Un parti petit-bourgeois caméléon. Créé comme parti castriste sous le nom ronflant de Vanguardia Revolucionaria en 1965 (sans pratiquer la guérilla). Reconverti en 1984 en Partido Unificado Mariateguista (PUM). Avec la restauration du capitalisme en Russie, a rejeté officiellement le « marxisme-léninisme » et s’est renommé Partido Democrático Descentralista, admirateur de Lula, Chavez et compagnie. Vient de se rebaptiser PS. Il a tenté en vain de faire un bloc électoral avec le parti nationaliste bourgeois AP.

9 Union pour le Pérou, parti nationaliste bourgeois.

10 Front indépendant moralisateur, parti bourgeois participant au gouvernement sortant.

11 La centrale syndicale, dirigée par le PCP. Patrie Rouge dirige pour sa part le syndicats enseignant.

12 Parti populaire chrétien (PPC), parti bourgeois

13 Acción Popular (AP), fondée par Fernando Belaunde Terry, qui fut président autrefois.

14 Cambio 90, mouvement d’Albertoi Fujimori, tríos fois présidents, particulièrement autoritaire, répressif et corrompu.

15 Humala a mené une campagne nationaliste avec son parti, le Parti nationaliste péruvien (PNP). Il s’agit d’un ancien officier qui a trempé dans les arrestations, les tortures et les milliers d’assassinats commis par l’armée dans les années 1980 et 1990.

16 L’ancien parti stalinien pro-Moscou Partido Comunista  Peruano (PCP) a constitué un bloc électoral avec l’ancien parti stalinien pro-Pékin Partido Comunista del Perú - Patria Roja d’Alberto Moreno. Leurs ouvertures à l’étoile montante du nationalisme bourgeois, Humala, ont échoué.

17 Projet de traité de libre-échange avec les Etats-Unis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Le Pérou a connu une croissance de 5,7 % en 2005.

[2] Alejandro Toledo est le président sortant, élu en 2001.

[3] Le Congrès de la République est la chambre unique, élue pour 5 ans.

[4] Accord national, une initiative de 2004 du gouvernement péruvien, pour favoriser la collaboration de classes avec l’aide de l’Eglise catholique.

[5] Unité Nationale (UN), coalition bourgeoise autour du PPC.

[6] Alliance populaire révolutionnaire américaine (PAP/APRA), vieux parti nationaliste bourgeois membre d de l’Internationale socialiste

[7] Pérou possible (PP), parti du président Toledo et membre de la coalition gouvernementale sortante.

[8] Parti socialiste (PS). Un parti petit-bourgeois caméléon. Créé comme parti castriste sous le nom ronflant de Vanguardia Revolucionaria en 1965 (sans pratiquer la guérilla). Reconverti en 1984 en Partido Unificado Mariateguista (PUM). Avec la restauration du capitalisme en Russie, a rejeté officiellement le « marxisme-léninisme » et s’est renommé Partido Democrático Descentralista, admirateur de Lula, Chavez et compagnie. Vient de se rebaptiser PS. Il a tenté en vain de faire un bloc électoral avec le parti nationaliste bourgeois AP.

[9] Union pour le Pérou, parti nationaliste bourgeois.

[10] Front indépendant moralisateur, parti bourgeois participant au gouvernement sortant.

[11] La centrale syndicale, dirigée par le PCP. Patrie Rouge dirige pour sa part le syndicats enseignant.

[12] Parti populaire chrétien (PPC), parti bourgeois

[13] Acción Popular (AP), fondée par Fernando Belaunde Terry, qui fut président autrefois.

[14] Cambio 90, mouvement d’Albertoi Fujimori, tríos fois présidents, particulièrement autoritaire, répressif et corrompu.

[15] Humala a mené une campagne nationaliste avec son parti, le Parti nationaliste péruvien (PNP). Il s’agit d’un ancien officier qui a trempé dans les arrestations, les tortures et les milliers d’assassinats commis par l’armée dans les années 1980 et 1990.

[16] L’ancien parti stalinien pro-Moscou Partido Comunista  Peruano (PCP) a constitué un bloc électoral avec l’ancien parti stalinien pro-Pékin Partido Comunista del Perú - Patria Roja d’Alberto Moreno. Leurs ouvertures à l’étoile montante du nationalisme bourgeois, Humala, ont échoué.

[17] Projet de traité de libre-échange avec les Etats(Unis.