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Le 13 mai 2001, les élections législatives italiennes ont vu l’effondrement des partis ouvriers italiens et la victoire de la coalition de partis bourgeois emportés par Silvio Berlusconi, « la Maison des libertés ». La coalition victorieuse se compose du parti de Berlusconi, très majoritaire en son sein, Forza Italia , de l’Alliance Nationale de G. Fini, l’ancien Mouvement Social Italien des nostalgiques de Mussolini, relooké pro-européen, et de la Ligue du Nord d’U. Bossi, pour la composante séparatiste et non moins réactionnaire.
Le gouvernement Berlusconi a immédiatement engagé le combat contre le prolétariat et la jeunesse. Le Monde du 17 juillet 2001 rappelait :
Le gouvernement italien a adopté, lundi 16 juillet,
son programme économico-financier pour les cinq prochaines années. Appelé
document de programmation économique et financière (DPEF), ce texte fixe les
orientations de la politique économique du gouvernement de Silvio Berlusconi.
Le premier objectif est de s'attaquer au déficit des comptes publics pour
revenir si possible à un niveau de 0,8% par rapport au PIB en 2001 comme
l'exige le pacte de stabilité européen. Ce taux est actuellement estimé à au
moins 1,9%, ainsi que l'avait annoncé, la semaine dernière, le ministre de
l'économie et des finances, Giulio Tremonti. […]
Ce dernier n'a pas caché que réduire le déficit public serait un exercice "excessivement difficile". L'objectif est d'atteindre un rapport déficit/PIB égal à zéro en 2003.
Pour les dépenses de santé, particulièrement visées,
les régions seront "responsabilisées",
c'est-à-dire qu'elles devront mettre la main au porte-monnaie en échange de
plus d'autonomie. La puissante confédération syndicale de gauche, la CGIL, et
l'opposition ont aussitôt dénoncé un "démantèlement" du service public de santé. Le
gouvernement veut également réduire les dépenses administratives, "optimiser" la trésorerie, mieux gérer la
dette de l'Etat et accélérer la vente des immeubles de l'Etat. […]
Les retraités devront attendre l'augmentation des pensions promise pendant la campagne électorale. Mais la pression fiscale globale va baisser de 1% par an au cours des cinq prochaines années, précise le texte. Des détaxations rapides et importantes en faveur des entreprises ainsi qu'une libéralisation en vue du système de retraites et du marché du travail ont immédiatement suscité une approbation enthousiaste de la Confindustria, le Medef italien.
Depuis, les coups n’ont pas cessé de pleuvoir.
Quelques jours après l’annonce de ce programme, à Gènes, s’est tenu le G8. Avec la bénédiction des dirigeants impérialistes présents, Berlusconi a dévoilé le volet sécuritaire de sa politique. Après avoir mis la ville en état de siége, il a organisé une répression féroce des manifestants, provoquant la mort par balles de l’un d’entre eux :
La veille, dans une école transformée en centre de
presse où s'étaient installés journalistes et militants, la police a fait une
" perquisition " à coups de matraques. Ils repartent deux heures plus
tard, abandonnant l'endroit dévasté, laissant derrière eux, au mur et au sol,
d'énormes flaques de sang, emportant le matériel informatique qui a échappé à
leur minutieux saccage. Bilan : une centaine de blessés et 96 arrestations. La
police italienne cogne, elle arrête après. Au total, pendant trois jours, il y
a eu 606 blessés et 253 arrestations. (L’Humanité, 24 juillet 2001)
Il s’agissait de montrer aux ouvriers et à la jeunesse que la bourgeoisie italienne entend se donner les moyens d’appliquer son programme.
L’opération « mains propres », dans les années 90, a permis d’épurer l’appareil d’Etat et de liquider la Démocratie Chrétienne inextricablement liée à la Mafia et à l’Eglise. Depuis, lorsqu’ils ne sont pas en prison, ses cadres se sont reconvertis, qui chez Berlusconi, qui dans l’Olivier, constituant à l’occasion de nouveaux partis bourgeois (« la Marguerite », le « Tournesol »…). Cette opération de toilettage de l’État bourgeois italien était un préalable nécessaire pour engager une lutte de classe décisive contre l’ensemble des acquis ouvriers.
Mais la Mafia et l’Eglise sont des alliées historiques de la bourgeoisie italienne et Berlusconi veut restaurer les vieux piliers de l’ordre capitaliste :
Signe d’une certaine stabilisation, le gouvernement
Berlusconi s’apprête à modifier la loi de lutte anti-mafia. Le successeur du
juge Falcone à Palerme explique : « dans
les projets de lois modifiant les règlements de la lutte contre la Mafia,
certaines mesures peuvent conduire à une révision massive de procès pourtant
conclus […] Ces modifications sont
précisément celles que souhaite aujourd’hui, comme hier, Cosa Nostra » (Le Monde,
24 mai 2002)
Le même numéro du Monde livrait cette formule du ministre des travaux publics, P.
Lunardi, à propos de la Mafia : « Il
faut bien vivre avec ».
Cette mansuétude à l’égard des maffieux s’explique par le caractère parfaitement corrompu que revêt tout Etat bourgeois à l’époque de l’impérialisme, y compris « démocratique » :
Dans la République démocratique, poursuit Engels, « la richesse exerce son pouvoir d’une façon indirecte, mais d’autant plus sûre », à savoir : premièrement, par la « corruption directe des fonctionnaires » (Amérique) ; deuxièmement, par l’ « alliance du gouvernement et de la bourse » (France et Amérique)
Aujourd’hui, dans les républiques démocratiques
quelles qu’elles soient, l’impérialisme et la domination des banques ont
développé, jusqu’à en faire un art peu commun, ces deux moyens de défendre et
de mettre en œuvre la toute puissance de la richesse. (Lénine, L’Etat et la Révolution, Ed.
Sociales, 1972)
Berlusconi, en volant au secours de Cosa Nostra n’a fait que prolonger son action en faveur de ses propres malversations. Parlant des mobilisations de magistrats contre ce même gouvernement, Le Monde du 4 mars rapportait :
La ronde est une protestation contre des lois « honteuses » que le gouvernement a fait adopter au pas de course par un parlement où il dispose d’une confortable majorité : dépénalisation, ou presque, du faux en matière de bilan (un motif pour lequel Silvio Berlusconi est lui-même en cours de procès) ; amnistie, ou presque, pour les coupables d’évasion fiscale qui font rentrer leurs capitaux ; restriction de la coopération judiciaire internationale en rendant les commissions rogatoires plus difficiles, et ce avec effet rétroactif : les actes établis par des juges de Genève dans un procès concernant Silvio Berlusconi risquent donc l’annulation et les magistrats devraient repartir de zéro alors que l’on approche du délai de prescription.
Le 28 février 2002, les députés votaient la loi sur « les conflits d’intérêts » garantissant la propriété de l’empire audiovisuel de Berlusconi, après que celui-ci a pris le contrôle de la télévision publique.
Le 13 mai 2001, l’Olivier, la coalition bourgeoise qui regroupe principalement les Démocrates de Gauche (DS) , principal parti ouvrier issu de feu le Parti Communiste italien (PCI) et le pôle de « la Marguerite », exclusivement bourgeois, a obtenu 42 % de voix. Dans cette coalition, DS s’effondre avec 16 % de voix, au profit de « La Marguerite » qui a obtenu 14,5 %. Rien d’étonnant à cela, un tel regroupement bourgeois interdit au prolétariat de voter pour ses organisations. Refondation Communiste (RC), parti lui aussi issu du PCI, qui n’a pas participé aux gouvernements de l’Olivier, mais qui n’hésite pas à diriger des municipalités avec lui, à passer des accords de désistement unilatéraux, a obtenu 5 %, son plus mauvais score historique.
L’Olivier a été au pouvoir depuis 1996. Son bilan, au service des capitalistes italiens, est accablant. Au nom de l’Euro, le premier gouvernement Prodi (dirigeant de l’Olivier issu de la Démocratie chrétienne) mena une brutale offensive de réduction des déficits : réduction de postes dans toute la fonction publique, suppressions de lits d’hôpitaux et doublement du forfait hospitalier. Un « pacte de flexibilité salariale » fut signé par les directions syndicales (y compris la CGIL, seule centrale authentiquement ouvrière) dans six zones d’Italie permettant de payer les salaires sous le minimum légal. En 1998, il obtint la signature de ces mêmes directions pour la destruction de tous les régimes spéciaux de retraites, obtenus antérieurement par les combats de la classe ouvrière.
Pour tenter de prévenir tout risque de mobilisation du prolétariat, un nouveau gouvernement de l’Olivier est nommé en 1999, dirigé par D’Alema, le porte parole des Démocrates de Gauche, qui s’engage dans une politique de réduction des impôts tout en faisant voter des crédits substantiels d’aide au patronat. Ce gouvernement a participé à la guerre impérialiste contre la Yougoslavie en 1999. Depuis 2000, le gouvernement Amato a poursuivi cette politique, il a permis d’achever une gigantesque vague de privatisations. Mieux, il a proposé par referendum une « retouche » au code du travail : empêcher la réintégration des travailleurs licenciés pour motif injustifié. Précisément ce pour quoi le prolétariat se mobilise contre Berlusconi depuis plusieurs mois !
Quant au PRC (Refondation Communiste), ses députés ont voté tous les budgets, sauf en 1998.
Mais devant l’ampleur des coups portés par Berlusconi, les directions syndicales ont dû appeler à la mobilisation, ne pouvant pas empêcher la spontanéité des masses de s’exprimer contre ce gouvernement. Tout d’abord, en décembre et janvier les étudiants ont manifesté contre le projet de privatisation de l’enseignement supérieur.
Puis contre les projets de contre-réforme du code du travail, la mobilisation se développe à partir de février 2002, malgré la volonté des dirigeants syndicaux de l’enrayer :
Les syndicats italiens avaient choisi le 15 février
pour leur épreuve de force avec le gouvernement de Silvio Berlusconi. A
l'occasion de la grève de la fonction publique, dernière étape d'un mouvement
d'agitations régionales et de secteur, CGIL, CISL et UIL avaient appelé les
travailleurs à manifester à Rome pour défendre l'article 18 du Statut des
travailleurs, qui impose la réintégration du salarié frappé par un licenciement
abusif. Mais cette manifestation n'a pas eu l'ampleur prévue : la signature de
la convention collective de la fonction publique a amené les syndicats à
annuler la grève. C'est un accord qui rend aux fonctionnaires ce qu'ils ont
perdu à cause de l'inflation, à la différence de ce qui se passe dans le privé,
mais qui ouvre aussi la porte à l'accentuation du travail précaire au sein des
administrations. Par conséquent, seuls les Cobas (comités de base), les
syndicats non confédérés d'extrême gauche, ont défilé ce matin dans les rues de
Rome, mais avec la participation d'un grand nombre d'adhérents à la CGIL -
surtout dans l'enseignement - qui n'ont pas accepté la décision de leur
centrale.(L’Humanité du 16 février 2002)
Malgré le retrait de la CGIL, il y a eu 100 000 manifestants…
La coalition de l’Olivier ne pouvait rester muette et appelait à une manifestation le samedi 2 mars à Rome. Ce sont 500 000 manifestants qui répondirent à l’appel, huant la plupart des dirigeants ayant perdu les dernières élections, notamment Rutelli, le représentant de l’Olivier et principal dirigeant du parti bourgeois de « La Marguerite ».
Pour garder l’initiative, les dirigeants du principal syndicat ouvrier italien, la CGIL, organisaient une nouvelle manifestation pour le 23 mars et se prononçaient pour l’abrogation de la loi de réforme sur les licenciements.
Le 19 mars, Mario Biagi, conseiller du ministre du travail, chargé de la réforme du droit en matière de licenciement a été tué à Bologne. les « Brigades rouges pour la constitution du Parti communiste combattant » ont revendiqué l’exécution. Une aubaine ! Immédiatement, les dirigeants syndicaux se sont saisi de l’occasion pour réaliser l’Union sacrée avec le gouvernement :
Dès l’après-midi de mercredi 20 mars, des dizaines de milliers d’habitants [de Bologne, NR] se retrouvent Piazza Maggiore, dans le centre historique, à l’appel des syndicats, de la municipalité, des responsables de la province et de la région, « pour défendre la démocratie contre le terrorisme » (…)
Ce mercredi 20 mars Piazza Maggiore, les bannières
de toutes couleurs claquent au gré des prises de parole. Celle des Démocrates
de Gauche, la principale formation de l’opposition, voisine avec celle
d’Alliance Nationale, la parti post-fasciste membre de la coalition de
centre-droit au gouvernement. (Le Monde du 22 mars 2002)
Cette collaboration de classe préparait la manifestation du 23 mars, permettait de dévoyer le contenu que le prolétariat italien pouvait lui donner : A bas le gouvernement Berlusconi et sa politique ! Elle permit aux dirigeants CGIL, aux Démocrates de Gauche et à Refondation Communiste d’enfermer le mouvement des masses dans la défense de la « démocratie », c’est-à-dire de l’Etat bourgeois.
La CGIL a modifié le contenu et la forme de la manifestation, ajoutant au mot d’ordre initial celui de la lutte contre le terrorisme et pour la défense de la démocratie. (…)
Dans les six cortèges
(sic) qui devaient s’ébranler, à 10 heures, de tous les points cardinaux
de la capitale, les banderoles devaient être barrées de noir… (Le Monde, 24
mars 2002)
Pourtant, avec 2 millions de manifestants à Rome le 23 mars, la mobilisation du prolétariat n’a pas reflué, au contraire. Et devant la puissance de la mobilisation, les dirigeants de la CGIL ont été contraint de renoncer à la table ronde convoquée pour le 26 mars par le gouvernement, suivi par les dirigeants de la centrale syndicale catholique CSIL et ceux de l’UIL.
Mais le gouvernement Berlusconi a tenu bon. Le mouvement du prolétariat italien est enferré par ses dirigeants dans la collaboration de classe. Toute mise en cause du gouvernement est exclue. Le 23 mars, la CGIL, la CSIL et l’UIL ont appelé à la grève générale pour le 16 avril, tout en maintenant l’Union sacrée, tout en laissant ouverte la porte des « négociations » :
A l’occasion d’une retraite aux flambeaux intersyndicale convoquée mercredi soir [27 mars 2002, NR] « contre le terrorisme et pour la démocratie » dans les rues de la capitale, Sergio Cofferati, secrétaire général de la CGIL (gauche, 5,4 millions d’adhérents) a sèchement commenté : « nous sommes disponibles à reprendre le dialogue, si le gouvernement supprime l’article 18 de son projet de loi-cadre sur la reforme du marché de l’emploi. » Cet article est un symbole, sa réforme mettant en cause les droits de certains salariés en cas de licenciement. (Le Monde, 29 mars 2002)
Pendant ce temps, Berlusconi poursuivait sa politique en réformant le Conseil supérieur de la magistrature et déclarait le même mercredi 27 mars : « Nous porterons à terme nos réformes, comme nous l’avons promis à nos électeurs ».
Trois semaines après la manifestation de Rome, 13 millions de travailleurs ont répondu à l’appel des principaux syndicats italiens. Très massive, la grève générale de 8 heures n’a pourtant pas débordé le cadre que lui ont donné les appareils réformistes. Pour le comprendre, il suffit de lire les déclarations des dirigeants CGIL, cela suinte la compromission, la volonté d’empêcher que soit mis en cause Berlusconi, comme tout gouvernement au service du capital :
La CGIL, avec la CISL et la UIL, ne demande qu’une chose à ce gouvernement : ôter de la table de négociation les mesures sur les licenciement injustifiés. Ce projet empêche tout rapport avec le gouvernement. Mais une fois cette disposition retirée, nous sommes prêts, le 17 avril au matin, à retourner à la table pour ouvrir une négociation avec le gouvernement sur la réforme du marché du travail. (Walter Cerfeda, dirigeant national de la CGIL, cité dans L’Humanité du 16 Avril 2002)
Parler de licenciements injustifiés, c’est implicitement affirmer qu’il existe des licenciements justifiés, c’est se situer entièrement dans le cadre des lois du régime capitaliste. Le contenu de la « réforme du marché du travail » à laquelle les dirigeants CGIL sont si pressés de s’associer est donné dans le même numéro de l’Humanité :
Sous la pression du patronat italien et au-delà du fameux article 18 sur les licenciements individuels injustifiés qui barre la sortie du marché du travail, Silvio Berlusconi a d’ores et déjà entamé son travail de sape des protections des salariés à l’entrée sur le marché du travail : ainsi, la réforme des agences pour l’emploi –le fameux « collocamento » (placement) – s’inscrit dans la logique ultralibérale de l’individualisation extrême de la recherche d’un emploi et du contrat de travail. En effet, les listes de chômeurs dans lesquelles la durée du travail était prise en compte, sont supprimées et les entreprises peuvent désormais embaucher sans passer par l’office public de l’emploi censé garantir un rapport moins inégal entre le demandeur d’emploi et l’entreprise.
En réalité, il n’y a rien qui puisse être discuté avec le gouvernement Berlusconi dans l’intérêt du prolétariat. Mais les dirigeants CGIL, le parti de Démocrates de Gauche et Refondation Communiste ne veulent pas rompre ave la bourgeoisie, ils ne veulent pas prendre le risque d’ouvrir une situation révolutionnaire et préfèrent couvrir Berlusconi.
Pour l’instant, il leur est impossible de renoncer au mot d’ordre de retrait de la loi d’abrogation de l’article 18 du code du travail sans risquer de perdre le contrôle de la mobilisation. En même temps, ils vident le contenu de cette revendication en réclamant la réforme du marché du travail, c’est-à-dire en réclamant que Berlusconi applique le reste de sa politique. Une telle orientation ne peut que désorienter le prolétariat et le faire refluer.
Dernier avatar de cette politique de collaboration de classes, les dirigeants CISL et UIL ont finalement accepté de se rendre à la table des négociations sur la « réforme du statut du travailleur », tandis que la CGIL :
…appelle à une grève générale tournante, région
après région, tous secteurs confondus, du 20 juin au 11 juillet (Le Monde, 13
juin 2002)
Un tel dispositif est destiné à casser la mobilisation du prolétariat en émiettant sa force, en le dispersant.
Ainsi conforté, le gouvernement Berlusconi peut poursuivre son offensive, en s’en prenant désormais aux immigrés :
Après un débat houleux, mardi 4 juin, la Chambre des
députés a approuvé, par 279 voix contre 203, un projet de loi sur l'immigration
permettant de durcir considérablement les conditions d'entrée et de séjour des
immigrés en Italie. Cette loi est dénoncée comme « raciste » par l'opposition
qui estime qu'elle ne fera qu'augmenter l'immigration illégale. Les mesures les
plus contestées sont les empreintes digitales exigées de tous les étrangers non
originaires de l'Union européenne au moment de la demande ou du renouvellement
du permis de séjour ; l'emploi des navires de la marine militaire pour lutter
contre les débarquements de clandestins ; l'octroi du permis de séjour lié
désormais au contrat de travail ; l'accélération des procédures d'expulsion ;
les regroupements familiaux plus difficiles. Par ailleurs, il n'y aura pas de
régularisation généralisée des immigrés travaillant au noir comme le
demandaient les centristes. (Le Monde, 6 juin 2002)
Les syndicats et partis ouvriers italiens devraient appeler au boycott de toutes les tables rondes, appeler à la grève générale jusqu’à satisfaction des revendications, se prononcer pour l’élimination du gouvernement Berlusconi.
Comme partout ailleurs, en Italie, le processus de décomposition du mouvement ouvrier se poursuit. Malgré l’allégeance de plus en plus ouverte et revendiquée des sommets du mouvement ouvrier à la bourgeoisie, le mouvement spontané du prolétariat ne parvient pas à déborder les vieilles organisations pourries jusqu’à la moelle. La spontanéité du prolétariat ne suffit pas.
Tout montre que la jeunesse et la classe ouvrière italiennes veulent affronter et vaincre le gouvernement Berlusconi. Ce mouvement a cristallisé sur la revendication de l’abrogation de la réforme du statut du travailleur. Mais la tête de ce mouvement est totalement inféodée aux intérêts du capitalisme italien : il faut s’organiser pour lui imposer de rompre avec la bourgeoisie. Une telle orientation signifie opposer aux coalitions bourgeoises de type Olivier le front unique des organisations ouvrières, partis et syndicats, dans la perspective d’un gouvernement de ce front unique.
Car c’est seulement en se situant dans la perspective de la dictature du prolétariat, pour en finir avec le capitalisme qu’il est possible de dégager une orientation de combat face à la capitulation permanente des organisations réformistes. Ce qui manque au prolétariat italien, c’est une organisation d’avant garde combattant pour le socialisme, combattant pour l’unité des rangs ouvriers contre toutes les combinaisons de la collaboration de classe.
Le 25 juin 2002