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60 ans après les massacres par la République en Algérie
Le Groupe bolchevik participera à la « Marche des Indigènes de la République » parce qu’il approuve sans réserve la dénonciation qui vertèbre l’Appel, du passé et du présent colonial de l’Etat français. Il considère la lutte contre son propre impérialisme comme le premier de ses devoirs. Haïssant le chauvinisme bleu blanc rouge, la défense patriote des exploiteurs français et de l’Etat bourgeois à leur service, il a fait sienne la devise de Karl Liebknecht : « L’ennemi est dans notre propre pays ».
Le Groupe bolchevik ne plonge pas ses racines dans le culte de la « République une et indivisible » mais dans la lutte des insurgés de mai 1848 tombant sous les balles de la IIe république, dans le combat des Communards de 1871 assassinés par la IIIe république, dans la révolution russe d’Octobre 1917 attaquée par une coalisation dont l’armée républicaine française fut partie prenante, dans la résistance de toutes les populations colonisées par les troupes des républiques bourgeoises que la France a connues.
Les militantes et militants du Groupe bolchevik défileront à Paris à la mémoire des Algériens massacrés à Sétif le 8 mai 1945, pour le retrait immédiat de toutes les troupes françaises qui sévissent de Côte d’Ivoire à l’Afghanistan, la fermeture de toutes les bases militaires tricolores, en soutien à tous les travailleurs étrangers et leurs familles privés de papier et soumis aux rafles, pour la défense de tous les opprimés et exploités, dont la fraction immigrée ou d’origine immigrée du prolétariat constitue la partie la plus discriminée.
Les partis qui sont nés des luttes de la classe ouvrière, qui se sont appelés « socialiste » puis « communiste » en donnant à ces mots un sens marxiste, les syndicats qui leur sont liés, ont abandonné depuis longtemps le combat pour le pouvoir ouvrier. Tous s’accommodent du maintien du capitalisme et des Etats par lesquels la bourgeoisie exerce sa domination. Cette allégeance a pour conséquence de faciliter l’agression sans cesse renouvelée du Capital contre le Travail, avec son cortège de misères pour le prolétariat, de pillages des pays dominés. PS et PCF se sont ralliés sans vergogne aux « politiques d’immigration », ont adopté des lois répressives quand ils formaient la majorité parlementaire (lois Chevènement et Vaillant). Ils refusent la régularisation de tous les sans-papiers. 147 de leurs députés ont voté la loi raciste et discriminatoire contre le voile, alors qu’à l’unanimité à l’Assemblée nationale, ils ont rendu hommage, debout, au chef de l’Eglise catholique qui a toujours accompagné la colonisation. A propos de la loi scélérate « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », promulguée le 23 février 2005, PS et PCF se sont déclarés en désaccord avec le montant des indemnisations, mais pas un de leurs députés ne s’est indigné de ce que :
La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.
Qui a oublié que le PS et le PCF ont voté les pouvoirs spéciaux en 1956 pour « pacifier l’Algérie » ? Auparavant, alors qu’ils sont au pouvoir en 1936, ils maintiennent la botte de la république sur les colonies. Idem le 8 mai 1945, au moment des massacres de Sétif ordonnés par De Gaulle, et en octobre de la même année, pour l’Indochine ; en 1947 ils sont encore au gouvernement quand l’armée réprime à Madagascar. Le gouvernement Mitterrand-Fabius, appuyé sur une majorité parlementaire PS-PCF-PRG, liquide les dirigeants radicaux Kanaks en 1984 et continue l’oppression de ce qu’ils appellent la « Nouvelle Calédonie ».
En 1980, le PCF a attaqué au bulldozer un foyer de travailleurs immigrés à Vitry. En 1981, le PCF a pris l’initiative d’une ratonnade à Montigny-les-Cormeilles en désignant un innocent comme « le Marocain-pourvoyeur-de-drogue » à la vindicte médiatisée. Au travers de SOS-Racisme, le PS et ses alliés dévoie la bataille pour l’égalité des droits et prêche « l’intégration » individuelle dans la république bourgeoise, le « devenez un vrai Français ». Avec Ni Putes-Ni Soumises, il complète le tableau : les banlieues sont les lieux de l’oppression des femmes, les ennemis des femmes sont musulmans.
Trois jours avant la date prévue pour la tenue des Assises auxquelles convie l’Appel des Indigènes de la République, la CGT a annulé le prêt de la salle.
La LCR a commis, le 7 avril 2005, une dénonciation de cette déclaration que nombre de ses militants et les JCR avaient pourtant signée. La direction de la LCR s’est reconnue dans la description que l’Appel donne des renégats à la cause des opprimés. La LCR estime que le « communautarisme » menace la république dés que les signataires d’un appel ont des noms aux consonances peu gauloises. Elle ne peut tolérer la signature de Ramadan mais peut participer au même référendum que Le Pen et de Villiers et utiliser le même vote « non ».
LO est sur la même ligne, qu’elle essaie de maquiller plus gauche (Lutte Ouvrière, 11 mars 2005) : quand l’Appel dénonce la France, il engloberait patrons et ouvriers, gouvernement et gouvernés, oppresseurs et opprimés. LO a décidé de ne pas comprendre que la France, c’est l’Etat français. Pourtant, quand par exemple dans sa revue Lutte de classe (n°86), LO écrit que « les accords de Marcoussis, en janvier 2003, [sont signés] sous l’égide de la France », elle ne doit pas vouloir dire que ce sont les ouvriers du bâtiment, ou les instituteurs qui décidaient… Mais LO refuse surtout son soutien à l’Appel des Indigènes de la République parce qu’elle a été la championne de la loi Chirac contre le voile musulman que seul un catholique fervent peut prendre pour une loi laïque, puisqu’elle permet de poursuivre le financement des écoles privées à 95 % catholiques.
La faiblesse de l’Appel est de ne pas désigner
clairement l’adversaire et de rester fort vague quant aux perspectives. Ainsi,
il s’en prend au « contexte du
néolibéralisme » pour préconiser « l’émergence d’une dynamique autonome qui interpelle le système
politique et ses acteurs, et, au-delà, l’ensemble de la société française, dans
la perspective d’un combat commun de tous les opprimés et exploités pour une
démocratie sociale véritablement égalitaire et universelle ».
Parler de « néo-libéralisme », c’est trop concéder aux sociaux-impérialistes des bureaucraties syndicales, du PS, du PCF et de la LCR. De cette manière, les réformistes accusent une idéologie ou une politique, et non les rapports sociaux capitalistes. Il suffirait d’un meilleur gouvernement, ou même de persuader l’actuel gouvernement d’infléchir sa politique pour améliorer la situation du pays tout entier et donc le sort des travailleurs.
Toutes les exigences d’égalité sont justifiées ! Mais les revendications sérieuses amènent à mettre en cause le gouvernement Chirac, la Ve République, l’Etat bourgeois et le capitalisme mondial. Seule la classe ouvrière est capable de détruire la République bourgeoise et d’exproprier le capital. Elle doit arracher le pouvoir à la classe dominante, à la bourgeoisie. Cette révolution ouvrira la voie au socialisme, qui ne peut être que mondial.
Il est donc naïf de s’adresser « au système politique » et à tous ses « acteurs », car l’Etat et ses dirigeants ont pour fonction de protéger les rapports d’exploitation, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières. L’Etat actuel est l’héritier du colonialisme et le défenseur actuel du capitalisme et de l’impérialisme français. La classe dominante est numériquement réduite. Son « système politique » et tout son personnel politique jouent en permanence de la répression, mais aussi du nationalisme, et de la xénophobie, pour souder à leurs côtés les petits-bourgeois et les prolétaires, pour diviser les rangs des travailleurs. Pour compléter, ils accordent des prébendes aux appareils des organisations ouvrières et à certaines associations locales et nationales (SOS Racisme, Ni putes ni soumises, LDH, ATTAC…) qui, en retour, sont chargées d’agir au sein des masses pour maintenir l’ordre bourgeois.
Pour ne pas leur laisser les mains libres, les éléments les plus décidés parmi les travailleurs doivent se regrouper. Pour purger le mouvement ouvrier français du chauvinisme, du réformisme et des traîtres, les marxistes s’appuient sans crainte sur les membres les plus exploités et les plus opprimés de la classe ouvrière, les chômeurs, les jeunes Arabes et Noirs, les prolétaires non qualifiés, les femmes travailleuses et les travailleurs immigrés de toutes origines.
Le GB propose aux militants de l’Appel de construire ensemble un tel parti, ouvrier, internationaliste et révolutionnaire.