Révolution Socialiste  

Accueil

CoReP

CRP en el Perú

 

 

10e congrès de la fédération CGT santé action sociale
6-10 juin 2011

 

Intervention à la réunion du syndicat du CH Guillaume Régnier de Rennes

 

Depuis le dernier congrès fédéral qui s’est tenu en juin 2008, nous avons connu deux graves défaites, en dépit de la mobilisation des travailleuses et des travailleurs de la santé et de toutes les branches d’activité :

·                       l’adoption de la loi contre l’hôpital, les patients et la santé,

·                       l’adoption de la loi contre les retraites.

Ces attaques du gouvernement Sarkozy-Fillon-Bachelot sont passées parce que les dirigeants des syndicats, de tous les syndicats, ont fait des propositions au lieu de défendre nos revendications. Ces attaques sont passées parce que les dirigeants des syndicats, de tous les syndicats, ont dispersé la force des travailleurs dans des « journées d’action » au lieu d’appeler à la grève générale.

Comme les textes qui nous sont soumis ne tirent aucun bilan sérieux de ces graves défaites et comme les textes qui nous sont soumise proposent de reconduire l’orientation qui nous a fait perdre et qui affaiblit la CGT, il faut voter contre. Évidemment, il faut proposer une autre voie au congrès de la fédération, celle de la lutte de classe.

 

Sur le bilan

 

La direction confédérale a fait des « propositions » pour une prétendue « réforme de la retraite » et nous avons eu la loi Sarkozy-Woerth contre les retraites. La direction fédérale actuelle a fait « des propositions pour une réforme de notre système de santé » (Bilan, p. 6) et nous avons eu la loi Sarkozy-Bachelot contre les hôpitaux publics.

Un syndicat a des revendications, pas des propositions. Un syndicat n’a pas de propositions, parce que nous n’avons pas affaire à un partenaire. Nous avons affaire à un ennemi qu’il faut vaincre, pour sauver les acquis et arracher les revendications. Tout ce que nous avons, nous lavons eu par la lutte collective ou par la menace de la lutte.

La Commission Exécutive Fédérale sortante vante l’orientation confédérale de l’automne 2010 : « Cette mobilisation a été inédite par sa durée, du printemps à l’automne, par ses formes d’actions, par sa forme unitaire large, par les formes de luttes diversifiées et massives, par l’implication de toute la CGT et des militant-es, par le turnover citoyen dans la participation à la mobilisation de semaine, et de week-end… « (Bilan, p. 10)

Elle prétend même : « nous avons gagné la bataille des idées » (p. 10). Belle consolation pour ceux qui partiront à 62 ans ou avant avec une pension diminuée. Encore quelques victoires de ce type et le Front National aura un boulevard, encore quelques victoires de ce type et il ne restera plus rien des conquêtes sociales !

Quand toutes les confédérations syndicales ont accepté qu’il y avait une crise des retraites et siégeaient avec le gouvernement et les patrons au « Conseil d’orientation des retraites », elles avaient déjà perdu la prétendue « bataille des idées ». Quand Thibault a trinqué au champagne avec Sarkozy après l’annonce par celui-ci que le gouvernement attaquerait de nouveau les retraites, la direction confédérale avait déjà perdu la prétendue « bataille des idées ».

Quand toutes les directions confédérales ont imposé sans nous consulter des « journées d’action » et proposé des « grèves reconductibles » au lieu d’appeler à la grève générale, nous avons perdu la bataille tout court.

Par conséquent, je voterai contre le bilan de la direction fédérale et j’appelle à voter contre son bilan.

 

Sur les perspectives

 

La Commission Exécutive Fédérale sortante prétend que le gouvernement « lance des débats » (Document d’orientation, p. 7). Le gouvernement ne lance pas « des débats », il prépare des attaques contre la sécurité sociale et contre le statut de fonctionnaire qui nous protège.

La direction fédérale actuelle ne prévoit pas la plateforme revendicative qui est nécessaire.

·                       La décision n °1 prétend « redonner au statut de la fonction publique son rôle de garant du service public » mais la résolution 8 veut aligner la fonction publique sur un « nouveau statut du travail salarié » incluant visiblement le privé. Quoi d’étonnant que le document d’orientation ne se prononce pas clairement pour la défense des statuts comme garantissant les droits des travailleurs de la fonction publique eux-mêmes.

·                       De même, la résolution 8 envisage de « combattre la précarité ». Pour la supprimer, il faut la titularisation de tous les travailleurs déjà précarisés de la santé publique. Elle est absente du document d’orientation.

·                       La décision n  1 évoque vaguement « la création d’un grand service public de la santé » mais elle oublie concrètement le rétablissement des établissements supprimés dans la santé publique et le rétablissement des lits supprimés dans les HP.

·                       De même, que deviendrait ce prétendu « grand service public » si les cliniques privées en font partie ? En fait, la réponse est dans les décisions 5 et 7 qui entérinent l’existence et le futur du « lucratif ».Il faut exiger l’expropriation des groupes capitalistes des soins.

·                       La décision n° 2 accepte le projet de Sarkozy de séparer la prise en charge des personnes âgées des branches de la Sécurité sociale. La résolution n° 8 n’exige pas l’abrogation des attaques de 2010, de 2007, de 2003 et de 1993 contre les retraites, l’abrogation de la CSG sur les salaires et les pensions, la gratuité des soins pour les travailleurs et leurs familles.

Par conséquent, j’appelle à voter contre l’orientation proposée par l’ancienne direction fédérale et je propose une motion à présenter au congrès fédéral pour qu’il la reprenne et trace la voie de l’indépendance syndicale et de la lutte de classe.

 

Résolution de la section du CH Guillaume Régnier de Rennes soumise au congrès fédéral

 

Le syndicat du centre hospitalier Guillaume Régnier tire un bilan négatif des « discussions » des projets gouvernementaux et des « journées d’action » à répétition, tant dans la santé que pour l’ensemble des travailleurs salariés, qu’ils soient dans la fonction publique ou les entreprises, qu’ils soient français ou immigrés.

Elle se prononce pour la sortie immédiate du COR des représentants de la CGT et le refus de toute discussion des plans du gouvernement. La CGT doit demander aux autres organisations syndicales d’en faire autant.

Si le gouvernement passe outre au refus des organisations syndicales, la fédération et la confédération doivent préparer, pour le vaincre, la grève générale jusqu’au retrait des prochaines attaques et à la satisfaction des revendications.

La fédération, la confédération n’ont pas de proposition à faire au gouvernement ni aux patrons. Elles défendent les intérêts des travailleurs de la santé et de tous les travailleurs contre les exploiteurs et leur État, ce qui implique :

·                       L’abrogation de la loi HPST de privatisation, de la loi Sarkozy-Woerth contre les retraites, de toutes les attaques antérieures contre les acquis sociaux.

·                       Le rattrapage du pouvoir d’achat perdu par les fonctionnaires et l’indexation des salaires sur les prix, la réouverture des lits, des services et des établissements publics  fermés, le recrutement des personnels nécessaires à leur fonctionnement.

·                       La défense des statuts de la fonction publique et leur extension à tous les travailleurs précaires de la santé publique.

·                       L’augmentation des cotisations des employeurs, la suppression de la CSG sur les salaires et les pensions, la gratuité de tous les soins (incluant ceux qui permettent l’autonomie des personnes âgées).

·                       La nationalisation sans indemnité des groupes capitalistes des soins, des médicaments et vaccins, des assurances.