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Congrès du syndicat CGT
du Centre Hospitalier Guillaume Régnier (CHGR) de Rennes, 2 et 3 mars 2009

 

Intervention

Comme il est relevé dans le document d’orientation, le service public est menacé (la Poste, France Télécom, etc.).Le secteur de la santé et celui des hôpitaux ne sont, bien sûr, pas épargnés…

Le gouvernement Sarkozy-Fillon a décidé de s’attaque au système public de santé avec le budget, la loi Hôpital Santé et Territoires, la loi Bachelot. Comme dans d’autres secteurs, il a décidé de changer le statut des hôpitaux  et de l’ouvrir à l'investissement privé, au capital.

Après la privatisation de France Télécom et la création de la Banque postale, chacun comprend que cela équivaut à la privatisation, à la liquidation du statut de fonctionnaire, à l'aggravation des conditions de travail, à la baisse des salaires, à des suppressions d'emplois et à des licenciements. Cela signifierait la fin du service public, la fin de l'égalité d'accès aux soins.

Il faut souligner que c’est seulement depuis la fin janvier que la fédération CGT demande, à juste titre, le retrait de la loi Bachelot. Avant cette date, elle demandait de « peser sur le contenu » car elle considérait que des améliorations étaient possibles même avec ce gouvernement anti-ouvrier.

Mais s'en remettre aux « usagers », s'adresser à tous les élus quelle que soit leur étiquette, faire signer des pétitions, demander un « grand débat public », comme nous le demande la direction de la fédération santé CGT, c'est laisser le gouvernement mettre en place son plan. C'est entraver le nécessaire combat de classe des hospitaliers, les dessaisir de leur avenir en laissant croire que la solution est ailleurs et que leur défense, sans parler de la satisfaction de leurs revendications, pourrait se faire hôpital par hôpital, département par département, région par région…

Le fait que les responsables syndicaux siègent dans toutes les instances possibles, à commencer par le Conseil d'Administration de l’hôpital, n'a jamais empêché la moindre attaque contre les hospitaliers, on l’a vu lors des suppressions de poste, le directeur est passé par-dessus les votes qui lui étaient défavorables. Cela a par contre facilité la collaboration dans « l’intérêt de l’entreprise », donc la tâche du gouvernement.

Par contre, de l’argent, Sarkozy en trouve parfois : 360 milliards d’euros pour les patrons des banques, mais pour les salariés, c’est 400 000 emplois de moins pour les salariés. À l'horizon de juin 2009, le taux de chômage remonterait à 8 % en France métropolitaine… Les statisticiens sont obligés d'aller rechercher jusqu'en 1984 pour retrouver la même envolée du chômage. Nombre de salariés qui conservent leur emploi travaillent moins et gagnent moins. En effet, les entreprises multiplient les mesures de chômage technique : ArcelorMittal, Citroën-PSA, Peugeot-PSA, Renault, Renault Trucks-Volvo, Toyota, Ford, Faurecia, Michelin, STMicroelectronics…

En plus de la santé, les secteurs de l’éducation sont touchés par les « réformes » : 30 000 suppressions de postes de professeurs, raccourcissement de l’enseignement professionnel (le bac pro passant de 4 ans d’études à 3 ans). L’offensive est tous azimuts : la recherche, l’université, les IUT, les lycées…

À  ce sujet, dans les rues de Saint-Lô, au moment où Sarkozy clamait son respect des professeurs, sa police gazait, matraquait et arrêtait les enseignants et les lycéens qui osaient protester en sa présence contre les suppressions de postes. Dans ce secteur lycéen, le recul partiel du gouvernement devant le mouvement de la jeunesse scolarisée illustre que la mobilisation, alimentée par la crise du capitalisme, est dangereuse pour lui. La jeunesse est en train de défendre son avenir et montre sa capacité à se mobiliser.

Au CHGR, nous avons une grande quantité de jeunes étudiants à l’IFSI. Je pense que notre syndicat doit aller vers eux et travailler avec eux non seulement à leur défense ponctuelle mais à une prise en charge plus globale des problèmes rencontrés par leur devenir dans l’hôpital qui sera de plus en plus dur. Nous devons prendre cette tâche à bras le corps pour aller vers eux. Nous devons intervenir vers cette future masse laborieuse

La grève massive du 29 janvier est restée sans perspective, jusqu’à l’annonce d’une autre journée d’action prévue pour le 19 mars. Hallucinant quand on sait que 2 millions à 2,5 millions de salariés sont descendus dans la rue avec de grands secteurs du privé. Les excuses furent nombreuses : les vacances, donner le droit au chef de l’État de donner une réponse aux inquiétudes, etc., etc. On peut quand même se poser la question suivante : les coups donnés et annoncés ne suffisaient-ils pas pour justifier la grève générale ? Combien faudra-t-il être dans la rue ? Combien de milliers de chômeurs en plus faut-il ? Combien de licenciements ? Combien de mise au chômage partiel ? Combien de SDF, de précaires, d’exclus en plus ? Combien de bénéficiaires à la CMU en plus etc. etc. pour que les dirigeants syndicaux comprennent que ce n’est pas en accumulant les journées d’action, de manifestations, de débrayages que l’on pourra gagner sur nos justes revendications ?

Pendant ce temps, le gouvernement essaye de gagner du temps : télévision, négociations, tables rondes, Grenelle divers, envois de médiateurs et aussi envoi de policiers comme en Guadeloupe, St Lô… Par rapport à cela, je soumettrai au congrès une motion du même type que celle adoptée au congrès départemental santé CGT d’Ille et Vilaine.

Pour conclure je pense que ce congrès est un moment fort pour réfléchir, proposer et nous unir pour que demain, la classe ouvrière toute entière  dont nous faisons partie ne vive pas une période noire.

 

Motion adoptée par le congrès

Le syndicat GGT du CHGR, réuni en congrès les 2 et 3 mars 2009, condamne toutes les attaques qui se trouvent dans le projet Hôpital, Patients, Santé et Territoires présenté par le gouvernement Sarkozy-Fillon-Bachelot et exige :

    le maintien de tous les hôpitaux publics

    l'augmentation des crédits de fonctionnement

    la création de postes nécessaires et la titularisation de tous les contractuels ou

    travailleurs précaires

    l'abrogation du forfait hospitalier, le remboursement intégral de tous les soins

    la défense des statuts de la fonction publique hospitalière

    la non privatisation de tous les services de soins, techniques, administratifs, logistiques

    de l'hôpital

Il demande à la fédération CGT Santé Action Sociale de stopper le processus démobilisateur et inefficace des journées d'action à répétition et mandate la direction fédérale CGT en lien avec la confédération de refuser tout projet de loi et de préparer dès maintenant une manifestation nationale à l'Assemblée Nationale pour empêcher son adoption et d'organiser la mobilisation jusqu'au retrait du texte.

(pour : 18, contre : 6, abstentions : 13)