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Élections au Parlement européen le 7 juin

 

Baisse du temps de travail, expropriation des banques, pouvoir des travailleurs, États-Unis socialistes d’Europe !

 

À travers tout le continent, les travailleurs sont victimes de la crise du capitalisme

 

La multiplication des plans nationaux de « sauvetage des banques » et de « relance de l’économie » n’empêche nullement la crise capitaliste mondiale de s’approfondir. Le volume des échanges entre pays a baissé de 25 %. La production mondiale va diminuer pour la première fois depuis 1945, de 1,7 % en 2009 selon la Banque mondiale. La Commission européenne prévoit une chute de la production de 2 % dans l’Union européenne qui rassemble 27 pays.

Le G20 regroupe les gouvernements des 19 principales économies, la représentation de l’UE, ainsi que le FMI, la BM et l’OMC. Quand il s’est réuni à Londres, le 2 avril, l’Union européenne a affiché ses divisions : le premier ministre britannique, comme le président américain, s’est opposé aux demandes de la chancelière allemande et du président français de plus de contrôle des sociétés et des marchés financiers. Il faut dire que Londres est la plus grande place financière du monde après New-York. Selon la Banque mondiale, 17 pays du G20 ont mis en place des mesures protectionnistes depuis le début de la « récession ». Le président de la banque centrale chinoise a remis en cause le rôle international de la devise américaine.

Ceux qui créent les richesses sont les premières victimes de la dépression. Hier, la classe ouvrière connaissait déjà la flexibilité, l’intensification du travail et l’endettement ; aujourd’hui, elle est frappée de plein fouet par le chômage, les baisses de salaires et de pensions de retraite ; demain, elle subira les conséquences du financement public des entreprises privées, soit par un surcroit d’impôt, soit par l’inflation. La Commission européenne prévoit la suppression de 3,5 millions d’emplois en 2009 pour aboutir à un taux de chômage de 9,5 % en 2010. Les licenciements touchent particulièrement les couches les plus vulnérables du prolétariat : non-qualifiés, vieux, jeunes, femmes, immigrés.

Sans perspective de lutte de classe et d’alternative socialiste, la crise offre un terrain favorable à la recherche, par les réactionnaires, de boucs émissaires, en particulier les minorités nationales (Roms en Hongrie, Bulgarie et République tchèque, Magyars en Slovaquie…) et les travailleurs immigrés. Le 24 septembre 2007, le Premier ministre de sa Majesté promettait au congrès du Parti travailliste « des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques », reprenant un slogan fasciste décliné depuis des décennies dans de nombreux pays. Au lieu de défendre les mêmes droits pour tous, les bureaucraties syndicales britanniques ont répandu à sa suite le poison de la division et de la xénophobie. En Espagne, le gouvernement PSOE pousse les migrants d’Afrique à rentrer chez eux. En France, le gouvernement de Sarkozy chasse l’immigré qu’il a lui-même décrété « illégal ». En Italie, le gouvernement de Berlusconi s’en prend même aux ressortissants de l’Union européenne (Roumains)…

Alignement du droit du travail sur les règles les plus avantageuses de toute l’Europe ! Interdiction des licenciements ! Baisse du temps de travail sans baisse de salaire ! Distribution du travail entre tous les travailleurs! Libre circulation des travailleurs de tous les pays ! Mêmes droits pour tous les travailleurs !

 

Tandis que les « capitalismes émergents » d’Irlande, de la Baltique et de l’Est sombrent, pour chaque bourgeoisie d’Europe, le mot d’ordre est : chacune pour soi !

 

Au sein de chaque pays, la classe dominante recourt au mythe national, voire à la religion, tente de persuader les travailleurs de se serrer la ceinture et de soutenir leur propre bourgeoisie, alors même que celle-ci les a précipités dans la crise.

La dépression ne résulte pas de l’extension à « l’économie réelle » d’une « crise bancaire » par le biais d’une pénurie de crédit, comme le répètent à l’envi les medias, les économistes bourgeois et les réformistes. Elle ne saurait être résolue par l’intervention de l’État pour pallier l’insuffisance de la demande, par  la baisse des taux d’intervention de la banque centrale ou par le soutien étatique de l’investissement ou de la consommation (engendrant un déficit budgétaire). La crise a au contraire éclaté à la suite d’une période d’endettement des ménages, en particulier aux États-Unis, et des faibles taux d’intérêt pratiqués par les banques centrales.

La crise mondiale résulte encore moins du manque de moralité des financiers, qui n’est pas plus grande durant les phases de reprise et d’expansion. La tendance à la crise est inhérente à la production capitaliste qui repose sur l’extorsion de plus-value, de travail non-payé, alors que la lutte contre le prolétariat et la concurrence entre capitalistes poussent au machinisme et à l’automatisation, diminuant la part du travail vivant. Le crédit permet d’échapper temporairement à la baisse du taux de profit en augmentant le taux de rotation du cycle du capital (et de reporter les difficultés de réalisation de la valeur). Pourtant, il accroît, finalement, les effets de la crise en amputant les profits des entreprises productrices de marchandises et en augmentant les risques d’insolvabilité à toutes les étapes de ce cycle. L’hypertrophie financière, qui avait contribué à la phase d’expansion capitaliste mondiale précédente, s’est retournée en son contraire. Le caractère parasitaire de la finance capitaliste, s’il est indéniable, est le signe de la sénescence du capitalisme, de sa phase impérialiste. Aucun charlatan keynésien ne saurait séparer la spéculation du capitalisme, ni lui rendre la jeunesse.

La Banque centrale européenne a abaissé son taux directeur à 1 % et prête en fait à guichets ouverts aux banques de la zone euro. Entérinant le manquement des États membres aux règles de la zone euro qui limitent le déficit public à 3 % du PIB, le Conseil européen a proclamé que l’ensemble des « plans de relance » de l’Union européenne s’élèverait à 400 milliards d’euros. Cependant, cette somme résulte de l’addition de mesures nationales et non d’un plan commun, propre à l’Union européenne. En effet, à l’occasion de la crise, force est de constater que chaque État impérialiste aide ses groupes nationaux au détriment de leurs concurrents étrangers, fussent-ils européens. La ministre de l’économie de la France, Lagarde, a déclaré le 30 janvier : « le protectionnisme peut être un mal nécessaire en tant de crise » ; le 9 février, le plan d’aide aux groupes PSA et Renault exigeait en contrepartie la fabrication en France, suscitant une protestation des concurrents allemands, de la Commission, de la République tchèque et de la Slovaquie.

La principale contradiction du capitalisme n’est donc pas entre « économie réelle » et « finance », mais entre l’expansion des forces productives et les rapports de production, à savoir la relation d’exploitation entre travailleurs salariés et employeurs capitalistes. Un aspect de ces rapports de production est le frein que représente, depuis un siècle, l’étroitesse du cadre de l’État-nation qui constitua initialement un progrès face au morcellement féodal. L’archaïsme des États nationaux s’est manifesté d’abord en Europe, le berceau du capitalisme, sous la forme de deux conflits inter-impérialistes qui ont abouti à la domination mondiale des États-Unis d’Amérique. C’est à cette contradiction que la Communauté économique européenne - Union européenne doit son apparition en 1957 et aussi son impuissance, car les bourgeoisies européennes, dont l’existence a été prolongée par la trahison répétée des révolutions prolétariennes, restent incapables de fusionner, d’unifier le vieux continent.

Ainsi, l’antagonisme entre l’impérialisme français et son rival allemand dont la supériorité économique est sortie affermie de la réunification (que la France a tenté d’empêcher) et de l’ouverture des pays de l’est, a joué un rôle lamentable dans l’explosion de l’ex-Yougoslavie en 1991 et la multiplication concomitante des frontières dans un continent déjà émietté. L’UE était déjà en panne d’une constitution permettant d’assurer un fonctionnement à 27 en préservant la domination de l’Allemagne et de la France. La crise économique n’a fait qu’aggraver les problèmes et les dissensions, à configuration variable, entre Grande-Bretagne, France, Allemagne... 

Les gouvernements des vieilles puissances européennes, qu’ils soient composés de partis bourgeois (Italie, France), de partis d’origine ouvrière au service de la bourgeoisie (Grande-Bretagne, État espagnol) ou de combinaisons des deux (Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas), étaient hier tous « libéraux » quand il s’agissait de démanteler les conquêtes sociales de la classe ouvrière. La crise les a métamorphosés en un clin d’œil en « keynésiens » bien décidés à sauver leurs banques et, pour certains, leurs groupes automobiles. Pas question de laisser le marché opérer et éliminer les entreprises inefficientes ! Qu’il n’y ait pas eu besoin de changement de gouvernement, et encore moins de bouleversements de régimes politiques, prouve que les différentes politiques économiques tiennent plus à la conjoncture qu’à un dogme économique.

Les gouvernements d’Europe centrale et orientale, artisans ou héritiers du rétablissement du capitalisme, mesurent désormais l’ingratitude des États fondateurs de l’Union européenne, qui leur promettaient la prospérité et la solidarité s’ils vendaient leurs fleurons industriels aux oligopoles capitalistes d’Europe occidentale, s’ils leur garantissaient l’exploitation de la main-d’œuvre locale moins coûteuse. Dans l’adversité, ils réalisent que les maîtres impérialistes de l’Union européenne leur refusent l’aide financière dont ils auraient cruellement besoin.

La Hongrie, la Lettonie et la Roumanie ont donc dû, comme les pays européens non-membres de l’UE (Islande, Biélorussie, Serbie, Turquie, Ukraine), se tourner vers le Fonds monétaire international, une institution mondiale mise en place en 1944 par les États-Unis. Le gouvernement hongrois baisse pour cela les salaires des fonctionnaires, le gouvernement letton adopte un budget d’austérité, le gouvernement roumain n’a pas achevé de négocier le plan d’ajustement.

Expropriation des banques, des sociétés de crédit et des sociétés d’investissement ! Contrôle des travailleurs des villes et des campagnes sur la production, le transport, le crédit, le commerce ! Plan de grands projets à l’échelle continentale pour satisfaire les besoins et sauver l’environnement !

 

Les atteintes aux libertés démocratiques et l’aggravation du militarisme

 

Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, les États européens qui détiennent des armes atomiques, qui menacent l’Iran, qui participent à l’occupation de l’Afghanistan, qui contribuent à l’armement d’Israël (qui vient de montrer à quoi il sert en détruisant la Bande de Gaza et en massacrant une nouvelle fois des milliers de Palestiniens) ont partout réduit les libertés démocratiques.

Sous prétexte d’assurer la sécurité de la population, alors qu’ils ont aggravé les inégalités, qu’ils rejettent une partie de la jeunesse et du prolétariat de la production, qu’ils relèguent cette population dans des ghettos, tous les gouvernements bourgeois ont multiplié les prisons, ont augmenté les effectifs des mercenaires qui servent à espionner, à intimider et à réprimer les mouvements des opprimés et des exploités. L’armée patrouille dans nombre de lieux publics.

Sous prétexte d’assurer la paix, la plupart des États membres de l’Union européenne adhèrent à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), une alliance militaire sous hégémonie américaine qui visait à empêcher toute révolution sociale à l’ouest de l’Europe et à rétablir le capitalisme à l’est, tandis que la bureaucratie stalinienne, victorieuse de la contre-révolution politique de 1923 à 1927, complétait le travail en écrasant brutalement les soulèvements prolétariens en Allemagne en 1953, en Hongrie et en Pologne en 1956, en Chine en 1967, en Tchécoslovaquie en 1968, en Pologne en 1971, en Pologne en 1981, en Chine en 1989…

Sous la pression militaire de l’impérialisme américain et de l’OTAN, la bureaucratie de l’URSS s’était engagée dans une ruineuse course aux armements, car elle était bien incapable, à cause de son usurpation du pouvoir politique et de ses privilèges économiques, de s’appuyer sur la mobilisation révolutionnaire du prolétariat de toute l’Europe, qui seule aurait pu sauver la propriété collective à l’est, renverser le capitalisme à l’ouest et ainsi assurer la victoire du socialisme dont la révolution russe de 1917 était le prologue.

La restauration du capitalisme, à partir de 1990, par la bureaucratie stalinienne en Allemagne, en Russie, en Europe centrale et en Chine n’a pas pour autant conduit à la disparition de l’OTAN. Cette dernière a servi de paravent aux interventions conjointes des impérialismes dans les Balkans en 1995 et en 1999, en Afghanistan en 2001. Un pays officiellement neutre comme l’Autriche a aussi participé à ces opérations de l’OTAN. Les 3 et 4 avril, Merkel, Sarkozy, Brown, Berlusconi, Zapatero et compagnie ont célébré le 50e anniversaire de l’OTAN avec Obama. Même si le style a changé, le nouveau président, qui a soulevé tant d’espoir chez les crétins réformistes d’Europe, poursuit les mêmes intérêts que son prédécesseur, ceux de la bourgeoisie étasunienne. La division entre les bourgeoisies européennes les conduit à la subordination aux États-Unis, dont témoigne le maintien de l’OTAN, alors même que le déclin économique de ceux-ci s’accentue.

En effet, les impérialismes européens sont incapables de fusionner leurs armées et de protéger leurs vassaux de l’est contre leur puissant voisin russe qui tente, de son côté, de préserver sa propre sphère d’influence, comme l’ont montré l’invasion de la Tchétchénie et son incursion militaire en Géorgie. Tout au plus, malgré l’opposition du gouvernement britannique, quelques pays de l’UE (France, Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg) ont créé en 1992 un Corps européen de défense (Eurocorps – Eurokorps) d’un potentiel de 60 000 militaires et l’UE a officiellement mis sur pied en 1999 d’une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) qui a vocation à supplanter l’OTAN. En outre, la bourgeoisie allemande, la bourgeoisie française et la néo-bourgeoisie russe ont refusé de suivre la puissance mondiale dans sa deuxième invasion de l’Irak en 2003 (alors que les pays d’Europe centrale et la Grande-Bretagne suivaient l’impérialisme américain). Merkel et Sarkozy ont refusé l’extension de l’OTAN à la Géorgie et à l’Ukraine en avril 2008.

Autodéfense des luttes ouvrières et des organisations ouvrières contre toutes les bandes du capital ! Rupture de tous les pays européens membres de l’OTAN avec celle-ci, suppression de la PESD ! Retrait immédiat de toutes les troupes européennes d’Irak, d’Afghanistan, du Tchad, du Kosovo, de Bosnie, du Liban ! Fermeture de toutes les bases militaires britanniques et françaises dans le monde, fermeture de toutes les bases militaires américaines en Europe ! Dissolution des armées professionnelles et armement de la population !

 

La classe ouvrière et la jeunesse ont besoin de nouveaux partis et d’une internationale ouvrière révolutionnaire pour prendre le pouvoir et en finir avec le capitalisme

 

La destruction de l’Irak et les guerres des Balkans sont un sérieux avertissement. Si les classes ouvrières des États-Unis, des vieux impérialismes européens et japonais, des nouveaux capitalismes à vocation impérialiste de Chine et de Russie ne renversent pas à temps leur classe dominante, les rivalités s’intensifieront et déboucheront de nouveau sur des affrontements pour un redécoupage du monde. Si une solution progressiste, c’est-à-dire révolutionnaire, internationaliste et socialiste, n’apparaît pas, les démagogues fascistes retrouveront une audience et tenteront d’écraser la classe ouvrière et toutes ses organisations. Le temps compte aussi en matière d’environnement. Toute prolongation du capitalisme, ce mode de production basé sur la recherche du profit et sur l’appropriation privée, détériore irréversiblement la planète et la possibilité d’épanouissement futur de l’humanité, d’une association où le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous.

Les élections au Parlement européen auront lieu en juin dans tous les États membres. Il ne saurait être question pour des travailleuses et des travailleurs conscients de voter pour des listes de partis bourgeois ou de coalition avec des partis bourgeois.

Par un vote éventuel pour des candidats d’organisations ouvrières, les travailleurs ont tout au plus l’occasion de s’exprimer à l’occasion de ce scrutin, dont la portée politique est encore plus limitée que les élections nationales. D’abord, elles n’ont lieu que tous les cinq ans, alors qu’une véritable démocratie imposerait la révocabilité des élus. Ensuite, les gouvernements bourgeois nationaux entravent la présentation et l’éligibilité des candidats des « petites listes ». Enfin et surtout, le Parlement européen a moins de pouvoir encore que les parlements nationaux qui servent de façade au pouvoir de la classe bourgeoise. En effet, les décisions de l’Union européenne sont prises par les Conseils européens et les Conseils de ministres, c’est-à-dire par accord entre les pouvoirs exécutifs nationaux (suivant le cas, à l’unanimité ou à la « majorité qualifiée »).

Ce « déficit de démocratie » reflète l’incapacité de la classe dominante, la bourgeoisie décadente, à unifier l’Europe. Les classes intermédiaires de la société capitaliste, la petite bourgeoisie traditionnelle (paysans, artisans, professions libérales…) ou salariée (encadrement) en est aussi incapable, car elle est polarisée par les deux classes fondamentales de la société capitaliste. Seule la classe exploitée, le prolétariat, qui n’a pas de patrie, est capable d’accomplir cette tâche historique, sous la forme des États-Unis socialistes d’Europe, transition vers la République universelle des conseils.

Chaque tentative des travailleurs et des jeunes d’Europe d’en finir avec l’exploitation et de liquider l’ancien fatras capitaliste, colonial, belliciste et réactionnaire de l’Europe s’est heurtée à la politique contre-révolutionnaire des bureaucraties syndicales et des partis sociaux-démocrates ou staliniens, lors de la vague révolutionnaire qui a mis fin à la Première guerre mondiale, du milieu des années 1930, de la fin de la Seconde guerre mondiale, des années qui ont suivi 1968.

Les partis ouvriers bourgeois et les bureaucraties syndicales vivent de plus en plus de subsides de l’État bourgeois et de moins en moins des cotisations des travailleurs. Les vieux appareils réformistes qui ont déjà tant servi la classe dominante (SPD, LP, PS, PSOE, SPO, PCF, PRC…) et les nouveaux qui tentent de jouer ce rôle (Die Linke, NPA, SSP, Respect, Parti de gauche...) respectent de fait « l’Europe » capitaliste qu’il suffirait, selon eux, de rendre plus « démocratique », plus « sociale » et moins « libérale ».

Tous prétendent réformer le capitalisme en régulant la finance, en répartissant mieux les richesses, en prêchant la responsabilisation écologique individuelle, en faisant confiance à l’ONU, en humanisant la « politique de l’immigration », etc. En pratique, les directions syndicales négocient les plans patronaux et gouvernementaux, les appliquent, cogèrent les entreprises ; les partis réformistes qui accèdent au gouvernement gèrent loyalement le capitalisme ; tous sacrifient les travailleurs immigrés, empêchent la grève générale, soutiennent leur propre bourgeoisie. L’opportunisme prône la soumission du prolétariat à ses exploiteurs, sous couvert d’alliance avec telle ou telle aile de la bourgeoisie : la fraction « nationale », « industrielle », « républicaine », « démocratique », « anti-impérialiste »…

Cela inclut l’aile gauche du réformisme. Les « trotskystes » dégénérés soutiennent depuis longtemps les « fronts populaires » contre lesquels Trotsky avait fondé la 4e Internationale. Pendant une décennie, en compagnie des débris du stalinisme, ils ont travesti le Forum social mondial et le Forum social européen en « mouvement anticapitaliste » et ils pratiquent désormais des blocs avec des partis bourgeois quand ils en ont les forces.

En Italie, ils sont restés membres du PRC (une minorité du parti stalinien, l’ex-PCI) quand celui-ci est entré dans le gouvernement de l’Unione en 2006 avec les DS (la majorité de l’ancien parti stalinien) et la Margherita bourgeoise (issue du Parti démocrate-chrétien).

En Grande-Bretagne, le SWP et l’ISG avaient constitué en 2004 Respect, une coalition avec des travaillistes anti-américains (dont le député Galloway), des capitalistes d’origine pakistanaise et des cléricaux (Muslim Association of Britain, Muslim Council of Britain).

En France, la LCR, avant de se dissoudre dans le NPA ouvert aux « écologistes », avait voté pour Chirac en 2002 et s’était présentée sur des listes communes « de gauche » aux élections municipales en 2008, avec des partis bourgeois comme le PRG (issu du vieux Parti radical), le MRC, les Verts… En France toujours, LO a appelé au renforcement de la police à plusieurs reprises, au rétablissement de l’ordre dans les banlieues en 2005 avec toute « la gauche », elle a participé à de multiples listes dès le premier tour des municipales de 2008 avec le PRG, le MRC, les Verts et d’autres partis bourgeois ; le PT, depuis rebaptisé POI, a mené des campagnes chauvines en commun avec le petit parti bourgeois nationaliste MRC et lui aussi participé à des listes « de gauche » avec le MRC, le PRG, etc.

Or, l’ennemi principal du prolétariat est dans son propre pays. Contre la classe dominante et toutes ses institutions, la classe ouvrière doit se défendre et défendre tous les opprimés : femmes, étrangers, minorités nationales, homosexuels… Les ouvriers, les employés, les techniciens, etc. doivent s’unir et rallier les chômeurs, les couches semi-exploitées (travailleurs indépendants, encadrement), les jeunes en formation pour renverser la domination de la minorité bourgeoise, conquérir le pouvoir politique, abolir les anciens rapports de production, étendre la révolution européenne, collaborer avec les autres gouvernements ouvriers issus de la révolution socialiste dans les pays qui constituaient l’UE et les autres (y compris la Turquie que « l’Europe » capitaliste rejette).

Au passage, la révolution prolétarienne résoudra des questions démocratiques restées inachevées : abolition des monarchies, laïcité, droits des minorités nationales, émancipation des femmes, etc. et elle développera les sciences et les techniques vers la satisfaction des besoins sociaux et la préservation de l’environnement.

Pour y parvenir, la classe ouvrière doit abattre la bureaucratie des syndicats et aussi mettre sur pied des organes de lutte plus larges, les centraliser pour prétendre au pouvoir. Mais cela ne suffira pas : toute l’expérience du mouvement ouvrier enseigne que les agents de la bourgeoisie interviennent au sein des organes de double pouvoir pour les soumettre à la classe dominante, à la sauvegarde de l’État bourgeois, à la coalition avec la bourgeoisie, pour finalement les vider de tout contenu et les dissoudre au profit du parlementarisme bourgeois… ou de la terreur militariste et policière.

Depuis l’ouverture de la crise capitaliste, le spectre du communisme hante de nouveau l’Europe. Pour qu’il prenne corps, pour en finir avec les frontières, pour abolir les classes, il faut un parti, il faut une internationale. Les éléments d’avant-garde, les travailleurs et les jeunes révoltés qui aspirent à véritablement changer le monde, aujourd’hui isolés, démoralisés, impuissants, dispersés au sein de la mouvance anarchiste ou des organisations pseudo-trotskystes, réfugiés dans le syndicalisme, stérilisés dans des sectes qui méprisent le prolétariat, doivent se rassembler, s’organiser pour construire, au feu de la lutte des classes et en s’appuyant sur le marxisme, un parti ouvrier, au fonctionnement démocratique, au programme révolutionnaire et internationaliste, sur le modèle du Parti bolchevik de Lénine et de Trotsky.

Indépendance de la classe ouvrière, rupture de toutes les organisations ouvrières avec la bourgeoisie ! Renversement de tous les gouvernements bourgeois, instauration de gouvernements des travailleurs ! Dissolution de l’Union européenne capitaliste, abolition des frontières, États-Unis socialistes d’Europe !

 

30 mai 2009

Groupe Bolchevik (France) & Gruppe Klassenkampf (Autriche)