Révolution Socialiste  

Accueil

CoReP

CRP en el Perú

 

 

 

Comment vous définissez-vous politiquement ?

 

L’analyse du Groupe bolchevik pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire, de l'internationale ouvrière révolutionnaire, inspirée de Marx, Engels, Luxemburg, Lénine et Trotsky, confortée par la récurrence des guerres impérialistes et des crises économiques, est que le capitalisme a achevé son rôle progressiste. Ce mode de production, basé sur l’exploitation de la force de travail, est entré depuis un siècle dans sa phase de déclin, si bien que la classe dominante risque d’entraîner toute l’humanité dans une spirale de destruction de l’environnement, de retour de l’obscurantisme et du cléricalisme, d’oppression des femmes et des minorités nationales, de conflits ethniques et de racismes, de domination de quelques puissances sur le monde et d’une poignée de parasites sur le reste de la société, d’interventions impérialistes et de conflits entre impérialismes. L’industrie, la technique et la science modernes, la mondialisation de l’économie et l’extension du salariat sont les bases léguées par l’ancien monde qui ouvrent la possibilité d’un nouveau, le mode de production socialiste-communiste, qui permettra le contrôle conscient de l’économie par la société.

Bien avant l’émergence du capitalisme, l’État est né des antagonismes entre les classes des sociétés basées sur l’exploitation ; pour autant, il n’est jamais neutre, car il est le garant idéologique, politique et armé de l’inégalité sociale et des rapports de classes. Le déclin du capitalisme impose des interventions économiques répétées de l’État bourgeois (que le technocratisme, le corporatisme fasciste, le keynésianisme… tentent de justifier) et entraîne l’hypertrophie de son appareil répressif (armée, polices, services secrets, prisons…). Les travailleuses et les travailleurs ne peuvent placer leur confiance dans l’État bourgeois, comme l’y incitent tous les courants « réformistes », c’est-à-dire les agents de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière. Il leur faut disloquer l’État (en l’occurrence la 5e République bourgeoise) et instaurer un État à eux (sur le modèle de la Commune de Paris et des soviets russes), jusqu’à ce que la victoire mondiale et l’abondance rendent tout État superflu.

Le but stratégique du Groupe bolchevik est donc d’encourager l’auto-organisation des exploités et des opprimés et, surtout, d’édifier avec leurs éléments les plus avancés un parti mondial de la révolution socialiste (voir la plateforme du Groupe bolchevik Pour la révolution socialiste, 2002, ainsi que le manifeste du Collectif révolution permanente Pour les États-Unis socialistes d’Europe, 2005). De telles organisations sont indispensables à la classe ouvrière pour renverser la bourgeoisie, détruire l’État bourgeois et prendre le pouvoir, ouvrir la voie aux États-Unis socialistes d’Europe. La dictature locale du prolétariat ouvrira une révolution permanente : extension internationale de la révolution, développement des forces productives sous contrôle des producteurs, dépérissement des classes… jusqu'à la réalisation du communisme.

Dans cette perspective, le Groupe bolchevik se prononce pour la séparation de l’État et des religions, pour la défense des libertés démocratiques et des acquis sociaux du prolétariat qui sont mis à mal par le gouvernement Sarkozy-Fillon. Il défend toutes les revendications politiques et économiques qui correspondent aux intérêts des travailleurs (dont la composante immigrée, y compris tous ceux qui sont dépourvus de titres de séjour) et de la jeunesse en formation, qui sont incompatibles avec le gouvernement Sarkozy-Fillon et la 5e République, avec le militarisme français, ses bases à l’étranger et ses interventions impérialistes, avec la propriété privée des moyens de production et le maintien des frontières nationales archaïques.

 

Quelle est votre définition du trotskysme ?

 

Le « trotskysme » d’avant 1917 n’a pour nous qu’un intérêt historique. Malgré la clairvoyance de Trotsky sur la nature de la révolution à venir en Russie, il s’est comporté entre 1905 et 1917 en conciliateur entre les deux fractions du Parti social-démocrate russe, donc il rendait service à la fraction menchevique qui voulait soumettre le prolétariat à la bourgeoisie démocratique. C’est la fraction conduite par Lénine, devenue le Parti bolchevik, qui a su donner une direction à la classe ouvrière russe et qui a su prendre ses responsabilités internationales à partir de 1914, face à l’effondrement de la 2e Internationale et à la trahison de ses principaux partis (dont le PS-SFIO).

Le « trotskysme » de 1924 à 1940 était l’étiquette dont ses ennemis ont affublé le courant qui a tenté d’empêcher la dégénérescence de l’État surgi de la révolution russe et redresser la 3e Internationale puis qui s’est prononcé pour la révolution contre la bureaucratie au pouvoir et pour une nouvelle internationale ouvrière révolutionnaire quand Staline a transformé dans les années 1930 l’Internationale communiste en instrument du maintien de l’ordre, de l’alliance avec la bourgeoisie (les « fronts populaires ») et de la contre-révolution (particulièrement en Espagne). Le Groupe bolchevik fait sien ce trotskysme-là, que Trotsky appelait « bolchevisme-léninisme ».

Le « trotskysme » est depuis un demi-siècle une mouvance opportuniste, à la suite de l’abandon de son programme par la direction de la 4e Internationale en 1951 (telle est l’origine de la LCR en France) et de l’incapacité des sections qui avaient résisté au pablisme de reconstruire celle-ci. Cet effondrement a aussi laissé une place à des groupes qui avaient rompu avec la 4e Internationale du vivant de Trotsky (comme LO en France) et à d’autres régressions politiques (anarchisme, stalino-maoïsme…). Les courants centristes contemporain qui usurpent la référence à feue la 4e Internationale ne sauraient résoudre la crise de la direction révolutionnaire du prolétariat, mais, au contraire, l’accentuent. À titre d’exemple, pour en rester à ce pays, on a vu le PT manifester avec le MRC contre la domination fictive de l’UE sur « la nation », la LCR soutenir l’ONU et voter Chirac, LO en appeler à l’augmentation des forces de police… Certes, ces organisations comportent des centaines de militants rassemblés, à l’origine du moins, sous le drapeau de la révolution mondiale et de la 4e Internationale. Mais elles ont systématiquement capitulé, depuis des décennies, devant les partis ouvriers bourgeois (PS et PCF en France), dont elles copient les mœurs électorales. Elles ont capitulé, parallèlement, devant les appareils syndicaux corrompus et conservateurs dont elles sont de plus en plus une composante (en France notamment la CGT, la FSU, SUD et FO). Comme les bureaucraties mutualistes, syndicales et politiques du mouvement ouvrier, les organisations « trotskystes » se sont installées dans leur impérialisme qu’elles prétendent pacifier et aménager. Ce prétendu « trotskysme », nous le rejetons.

 

Quel est approximativement le nombre de vos militants actuels ?

 

Une douzaine. L’avant-garde n’échappe pas, hélas, aux conditions générales du mouvement ouvrier.

 

Peut-on avoir une idée même partielle de votre implantation géographique ?

En France, le Groupe bolchevik est présent en Région parisienne et dans l’Ouest. Le Collectif révolution permanente, auquel il est affilié, intervient aussi au Pérou et en Autriche.

 

Peut-on de la même manière avoir une idée même partielle du profil sociologique de vos militants ?

 

Le groupe comporte à peu près un tiers d’enseignants, un tiers d’autres fonctionnaires ou de salariés d’entreprises publiques, un tiers de travailleurs d’entreprises privées.

 

Quels sont vos terrains d'intervention privilégiés ?

 

La taille actuelle de notre organisation limite ses possibilités. Nous publions des tracts, un site (revolution-socialiste.info), un bulletin trimestriel (Révolution Socialiste), des brochures (dont le Manifeste du parti communiste de 1848, le Programme d’action de 1934, le Programme de transition de 1938, le Manifeste de 1940…) et nous assurons l’édition française de la revue du Collectif révolution permanente (Révolution Permanente).

Pour préserver les acquis et arracher les revendications, le Groupe bolchevik défend le front unique, c’est-à-dire l’unité de combat de toutes les organisations issues de la classe ouvrière, qui culmine dans la nécessité d’un gouvernement ouvrier. Les militants se syndiquent dans le syndicat majoritaire de leur lieu de travail ou de leur branche ; ils y luttent contre la collaboration de classes, en particulier contre la cogestion-participation et contre l’acoquinement grandissant des bureaucraties syndicales à l’élaboration des plans gouvernementaux et patronaux contre les travailleurs. Ils combattent pour la grève générale contre les « journées d’action » à répétition et les « grèves reconductibles » site par site qui dispersent l’énergie des travailleurs salariés et des jeunes en formation. Dans les luttes, ils préconisent l’élection de comités et leur centralisation, pour surmonter la politique des directions syndicales et pour préparer le pouvoir des travailleurs. De même, ils encouragent l’autodéfense des grèves, des manifestations et des organisations de travailleurs contre toutes les bandes du capital.

Plaçant au centre de son programme l’internationalisme, le Groupe bolchevik intervient, dans la mesure de ses forces, pour la régularisation de tous les « sans papiers » et il s’efforce de se lier aux organisations qui, dans ce pays et ailleurs, tentent de renouer avec la révolution, l’internationalisme et le marxisme.